mercredi 25 février 2015

Rêve et temps

Vendredi 4 avril 2014



Jung écrit (« Sur la méthode de l’interprétation des rêves » p. 15) :

« La série onirique est comparable à une sorte de monologue qui s’accomplirait à l’insu de la conscience.
Ce monologue, parfaitement intelligible dans le rêve, sombre dans l’inconscient durant les périodes de veille, mais ne cesse en réalité jamais.

Il est vraisemblable que nous rêvons en fait constamment, même en état de veille, mais que la conscience produit un tel vacarme que le rêve ne nous est alors plus perceptible. »



Les rêves, comme les empreintes digitales, portent la marque de la singularité de chaque individu à partir d’éléments communs à tous.
Ils peuvent être des révélateurs de certains de nos traits de personnalité mais ils brouillent aussi les cartes et nous égarent. Plus on les étudie et plus le mystère qui les accompagne s’épaissit.

Il n’y a pas d’inventaire possible de l’inconscient au moyen des rêves. Le travail des rêves et sur les rêves creuse un sillage éphémère qui se comble rapidement ; les traces se perdent et chaque nouveau rêve nous met devant une forêt touffue à explorer.



En tout cas il faut nous rendre à l’évidence, le temps du rêve n’est pas celui d’une chronologie linéaire.
Pour Jung, le temps de l’inconscient se présente comme un temps « disloqué » s’inscrivant dans un champ duquel est absente la continuité telle que nous la vivons dans nos sensations et perceptions conscientes.

Sa longue pratique de l’étude des séries de rêves le persuade que les contenus oniriques ne dérivent pas les uns des autres, mais se rattachent à un centre non identifiable à partir duquel ils rayonnent dans l’espace psychique.



La remémoration, elle, ne peut s’effectuer que dans un ordre chronologique, du fait du franchissement du seuil de la conscience. Mais "la série qui nous paraît chronologique" n’est pas la véritable série (…).

La véritable configuration du rêve est radiale : les rêves rayonnent à partir d’un centre et ne viennent qu’ensuite se soumettre à l’influence de notre perception du temps ».

C’est en raison de ce caractère disloqué du temps que certains rêves apparaissent comme annonciateurs. 

Claire Dorly  "Les territoires du rêve"  

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