vendredi 30 janvier 2015

Debout

Mardi 29 mai 2012

La fin du rêve montre un mouvement général qui est aussi un "changement de posture"...et donc un changement d'attitude. Les femmes qui étaient couchées face contre terre, une par une, lentement, se redressent...et se mettent debout.
Le passage de la position horizontale à la position verticale est en lui-même un symbole  fort : les femmes quittent leur position recroquevillée, apeurée, soumise...et retrouvent leur dignité perdue...elles montrent enfin leur visage, leur véritable identité. Elles montrent une féminité fière et authentique.



Dans leur nudité sombre, elles sont belles, magnifiques...comme le sont en général les femmes africaines à la silhouette élégante et au port altier (j'ai toujours admiré la grâce, la souplesse de la démarche des femmes noires, leur beauté et leur sensualité, leur joie et leurs danses aussi).

La "blessure" est oubliée, c'est une sorte de "guérison" collective à laquelle nous assistons. Le mouvement de la première femme a entraîné celui des autres, comme si elles n'attendaient que ce signe, cet "exemple" pour se lever à leur tour.
Et là, j'ai l'impression que c'est la "terre" elle-même qui se lève, qui re-vit...c'est comme un grand printemps, une croissance, une "floraison" longtemps attendue...

(Cf Histoire de "Kirikou et la sorcière" : tout se met à refleurir quand la "Puissance féminine" - vue jusque-là comme "mauvaise" et "sorcière" - est enfin guérie...et aimée. C'est la fin de la sécheresse et de la stérilité...les "hommes-choses" redeviennent humains...c'est le retour tant attendu de l'abondance, de la joie et...de l'amour ! )


A la fin du rêve, c'est comme si l'inconscient collectif (représenté par le champ), ayant longtemps gardé les graines enfouies, germait et donnait enfin son "fruit" : l'éveil et l'épanouissement du Féminin.
C'est comme si le Féminin sortait du sommeil, de l'indifférencié (materia prima) et trouvait enfin son expression, sa "forme humaine"...et sa beauté.

Le Principe Féminin retrouve sa liberté et sa splendeur,  sa valeur spirituelle et sacrée (verticalité entre Terre et Ciel)...celle qu'il avait perdue depuis des millénaires, dans l'esprit des hommes...et des femmes aussi...puisque, pendant tout ce temps, seul le Principe masculin était honoré et respecté.

Et dans cette "guérison" et cette "ascension" du Principe féminin, c'est aussi la Nature et toute la Terre qui guérissent et qui ascensionnent...qui s'élèvent à un autre niveau.


Quand la Vie féminine retrouve sa dignité, quand elle est à nouveau respectée, la Nature l'est aussi...automatiquement. On cesse de vouloir la contrôler, la dominer, l'asservir... la Terre redevient la "Terre-Mère", la Déesse antique et nourricière, la "Grande Mère universelle" qui détient les secrets de la vie et de la mort...
Elle n'est plus "ressource à exploiter", "matière obscure", "motte sans âme", elle redevient une entité "vivante" (Gaïa).

Quand les valeurs féminines ne sont plus méprisées, ni haïes, quand elles sont reconnues, admirées, le monde redécouvre la valeur des relations humaines, du partage, de la coopération et...de l'amour.
Le Principe Féminin et le Principe Masculin ayant retrouvé chacun leur dignité et leur juste place, les hommes et les femmes retrouvent également la leur et peuvent avancer main dans la main. Leur union redevient source vivifiante, source d'eau vive, source de joie.


C'est une évidence, c'est une urgence aussi... et je ne suis pas la première à l'annoncer :
"la femme est l'avenir de l'homme" :

''Si les femmes s'unissent dans le but sublime de régénérer l'humanité,
elles gagneront l'estime des hommes. 
De nouveau, ils seront obligés de les respecter, de les admirer,
de les estimer, et d'être inspirés par elles...
L'époque qui vient sera celle de l'amour : cela signifie que ce sera l'époque de la femme.''
O-M AIVANHOV

En se mettant à l'écoute de soi-même, chacun, homme ou femme, peut recevoir un écho de cette réalité profonde : la femme est la dépositaire d'une dimension sacrée que des siècles d'oppression ont engloutie mais qui demande aujourd'hui à resurgir pour le plus grand bien de tous.
Paule Salomon
"La femme solaire"

Dans la grande entreprise de laminage de l'ère patriarcale, la femme n'a pas seulement été soumise et infériorisée sous le joug, la loi du masculin, elle a aussi perdu sa valeur d'initiée ou, du moins, elle l'a engloutie sous les eaux de l'inconscient. Comme Blanche Neige ou la Belle au bois dormant, elle est la princesse endormie, protégée d'un destin plus funeste par son sommeil même.
Elle dort et veille sur le possible tout à la fois comme la graine enfouie dans le sol pendant les froidures de l'hiver et elle attend le printemps de son âme. La femme se garde et a placé au plus profond de son coeur le message de l'amour, et nul ne sait qui viendra la délivrer et libérer le passage. C'est toute l'histoire du Graal et des chevaliers en quête de la coupe de la féminité, du vase sacré.


Mais les chevaliers de la Table ronde se sont évanouis à l'horizon. Ils ne reviendront pas car il n'appartient plus aux hommes de sauver l'âme malade du monde, malade d'un manque d'amour. Les femmes commencent à savoir que le chevalier, le prince tant attendu, surgira en elle et que l'attente doit se convertir : d'extérieure elle doit devenir intérieure. 
Une musique très lointaine se fait entendre, plaintive encore, souffrante et discordante. Celle des femmes qui se relèvent et se réveillent dans un ballet incertain.

Comme elles sont mutilées et incomplètes, ces femmes ; comme elles se cherchent, comme elles s'auto-détruisent, comme elles s'entre-détruisent, ignorantes de leur beauté et de leur sororité. Pourtant, des mains s'élèvent, se rejoignent, esquissent la forme d'une coupe, font naître un soleil. Ce soleil pâlit et l'on peut croire qu'il va disparaître, mais à nouveau il brille au-dessus des têtes.
Les chants deviennent plus mélodieux, plus puissants. Une onde se déverse en pluie fécondante sur l'humanité assoiffée. Le chant de l'être se répand et irrigue toutes les âmes. L'espoir de ce monde est entre les mains des femmes.

Paule Salomon  (en 1997)
(suite du texte ici)


La Licorne


P-S : Le film "Kirikou et la sorcière", de Michel Ocelot, peut être vu en intégralité dans l'article suivant.


Autre article en lien avec le sujet : La femme, l'espoir de la terre 

8 commentaires:

  1. Je suis là, je lis, j'apprends ...Amitiés oniriques.

    Commentaire n°1 posté par Ariaga le 30/05/2012 à 19h21

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    1. Ravie de pouvoir t'apprendre quelque chose ! ;-)
      Bises.

      Réponse de La Licorne le 31/05/2012 à 20h50

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  2. "L'espoir de ce monde est entre les mains des femmes." dit Paule Salomon.
    Or, l'avenir de chaque femme est entre ses propres mains, dépend de sa possibilité d'aller vers elle-même en apprenant à se connaître et en apprenant "à échanger avec Dieu."

    Le passage ci-dessous, extrait de l'ouvrage de Barbara Hannah "Rencontres avec l'âme – L'imagination active selon C.G.Jung " est le récit d'un dialogue d'imagination active entre Anna Marjula et la figure de La Grande Mère.

    Dieu a besoin des femmes pour...le charmer :
    « .........................................................

    Rêve archétypique

    Quelques jours plus tard, elle eut un rêve très court mais extrêmement archétypique :

    Elle entend une voix masculine, la voix de Dieu, qui l'appelle au secours. Au lieu d'utiliser le mot courant « secours », Dieu répète plusieurs fois le mot « succor », ancien terme biblique dans la langue de la patiente.

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  3. Voilà la totalité du rêve.
    Ce rêve fut suivi d'une conversation avec la Grande Mère, dans laquelle cette dernière expliquait comment les êtres humains peuvent être utiles à Dieu.

    Vingt-huitième Conversation avec la Grande Mère

    La Grande Mère : Le docteur Jung t'a dit un jour que les êtres humains sont les yeux et les oreilles de Dieu et qu'ils doivent donner la conscience à Dieu à travers leur vie. C'est maintenant comme si Dieu t'avait appelée à l'aide parce qu'il désire cette part de conscience que tu peux Lui donner.

    La Patiente : J'ai eu une fantaisie difficile que je voudrais maintenant vous raconter. Elle disait que Dieu est courroucé parce que les hommes ont dérobé des parcelles de Lui-même qu'il n'avait pas destinées à être dans des mains humaines. Ces parcelles, ce sont le secret de la nature sur la fission nucléaire et, son équivalent, la connaissance de Jung concernant la Déité. Dieu n'avait pas l'intention que les êtres humains connussent quelque chose de Son côté sombre. Il entendait rester inconscient sur cet aspect de Lui-même. Il veut refouler cette fâcheuse affaire. Il a des résistances. Par conséquent Jung et ses élèves, tous, sont] damnés à Ses yeux.

    La Grande Mère : Le danger pour vous tous n'est pas imaginaire. Tu as fait toi-même l'expérience de cette énorme tension ; je veux dire la tension qui existait dans ton âme lorsque tu devais devenir consciente de tes côtés sombres, ou lorsqu'un processus créateur était sur le point de se manifester en toi. Peut-être Dieu créera-t-il des choses très positives dès qu'il sera assez conscient pour commencer à agir. Mais s'Il ne devient pas conscient de Satan comme Son Fils, alors Son propre côté sombre peut se projeter sur les êtres humains. Il peut laisser déferler Son ressentiment sur l'humanité dans une catastrophe mondiale. Par la suite, II accusera le Dr Jung et le professeur Einstein de l'avoir provoquée. Ils seront les boucs émissaires.
    Maintenant, écoute : tu es très proche de Jung et, naturellement, tu seras détruite avec lui si le pire doit arriver. Mais toi, en tant que femme, tu peux faire une chose que le Dr Jung ne peut pas faire, parce qu'il est un homme : tu peux charmer Dieu. Toi et les autres femmes pourriez Le réveiller. Le faire serait moins dangereux pour toi que pour Jung, parce qu'un homme est susceptible d'exciter l'ardeur au combat masculine de Dieu. En outre, Dieu n'a pas besoin de devenir conscient de Sa masculinité mais de Son côté sombre qui inclut la féminité. C'est un travail de femme que de L'en rendre conscient. Sois le serpent du Paradis et fais manger à Dieu le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. La vérité est que les êtres humains l'ont mangé et que Dieu ne l'a pas fait. Fais manger à Dieu le fruit que tu Lui offres. C'est la même chose que de Le faire jouer sur ta harpe.

    La Patiente : Mais c'est exactement ce qu'il a refusé de faire.

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  4. La Grande Mère : Oui. Mais à ce moment-là tu n'étais pas encore suffisamment consciente de ton ombre. Tu ne peux le faire faire à Dieu que si ton ombre et toi avez suffisamment fusionné.

    La Patiente : Oh, ma Grande Mère, je ne suis pas à la hauteur de cette tâche ! Votre féminité et la sagesse du Soi sont nécessaires à la réalisation d'une telle mission. Seule la Sophia elle-même pourrait peut-être avoir assez de pouvoir.

    La Grande Mère : Oui, c'est vrai. Mais dans ton rêve, la voix de Dieu t'appelait à l'aide. Écoute : nous, grands archétypes féminins de l'inconscient collectif, pouvons contrebalancer le côté trop masculin et, par conséquent, l'attitude dangereuse de Dieu. Mais pour sauver l'humanité, les êtres humains doivent nous donner une prise. Cela ne peut pas se faire seulement dans notre monde spirituel. Et dans ce cas particulier, nous avons besoin des femmes, des femmes terrestres. Nous avons besoin de cet aspect terrestre de la féminité. Une quantité suffisante pourrait faire pencher la balance et mettre les plateaux en équilibre. Joue ton rôle. Voilà le sens de toute ta vie.
    ....................................................................................................................................................................... »
    Barbara Hannah "Rencontres avec l'âme – L'imagination active selon C.G.Jung " - ÉDITIONS DU DAUPHIN / ÉDITIONS JACQUELINE RENARD – Psychologie – Collection la Fontaine de Pierre

    Commentaire n°2 posté par Amezeg le 04/06/2012 à 11h03

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    1. Il se trouve que j'ai justement relu une grande partie de ce livre la semaine dernière ! ;-)
      L'extrait que tu cites est très intéressant...(même s'il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont le mot "Dieu" est employé ici..).
      Il est évident que c'est individuellement, en travaillant chacune sur leur propre ombre que les femmes peuvent faire avancer les choses...
      D'ailleurs, dans mon rêve, la "terre sombre", la "noirceur" de la peau peuvent aussi évoquer cette "ombre"...
      Parmi les livres très intéressants, il y a aussi "La femme et son ombre" de Silvia Di Lorenzo.
      Comme je l'avais expliqué dans un autre article, le "grand rêve "donne la direction...mais ne signifie pas que le problème est résolu...
      "Un rêve positif montre dans quelle direction le rêveur doit aller pêcher et indique que là le poisson est à sa disposition. Mais évidemment, il reste toujours l'écart entre la coupe et les lèvres -entre le rêve positif et la solution intégrée, vécue. Il y a néanmoins un espoir de progrès lorsque l'on sait vers quoi se diriger et où se trouvent les énergies. La prise de conscience a eu lieu, mais la transformation doit encore être assimilée, intégrée et incarnée dans la vie."
      Marie-Louise Von Franz -"La femme dans les contes de fée"

      Réponse de La Licorne le 04/06/2012 à 11h15

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  5. Je vais m'empresser de commander les deux livres cités !

    Commentaire n°3 posté par Kélilan le 05/06/2012 à 08h11

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    1. Ce sont de très bons livres, effectivement...
      D'ailleurs, en général, les meilleurs livres sur le thème du Féminin sont écrits...par des femmes !
      (Marie-Louise Von Franz, Silvia Di Lorenzo, Clarissa Pinkola Estes, Paule Salomon, Barbara Hannah, Françoise Gange, Audrey Fella, Annick De Souzenelle...).
      Je me demande bien pourquoi...??? :-)

      Réponse de La Licorne le 05/06/2012 à 11h41

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