jeudi 15 avril 2021

Mouvement de masse et individu


 Jeudi 15 avril 2021

 


 

L’homme qui n’est pas ancré dans le divin  
n’est pas en état de résister, par la seule vertu de son opinion personnelle, 
à la puissance physique et morale qui émane du monde extérieur.
Pour s’affirmer en face de ce dernier, 
l’homme a besoin de l’évidence de son expérience intérieure, 
de son vécu transcendant, qui seuls peuvent lui épargner 
l’inévitable glissement dans la masse collective....
.
Un mouvement de masse, comme on peut s'y attendre, 
glisse de préférence sur un plan incliné qui est déjà préformé par le grand nombre; 
là où il y a une multitude, on se trouve en sécurité; 
ce qui est la croyance d'un grand nombre de gens ne peut manquer d'être la vérité; 
ce que beaucoup d'individus veulent doit être désirable, voire nécessaire et donc bon.

Dans le désir du grand nombre se trouve la puissance qui permet de forcer les choses 
et de parvenir à la réalisation des souhaits; le plus beau semble pourtant être 
de se laisser glisser avec douceur et sans douleur
vers une espèce de pays de l'enfance 
où l'on peut s'abandonner à la vigilance des parents et se dépouiller, 
comme lorsqu'on était enfant, des soucis et de la responsabilité.
Ne pense-t-on pas et ne s'occupe-t-on pas de vous en haut lieu ? 
A toutes les questions, des réponses sont prévues; 
pour tous les besoins, le nécessaire est fait.


Ce somnambulisme infantile de l'homme de masse
est si éloigné de la réalité qu'il ne se pose jamais la question :
qui donc paie pour ce paradis ? 
Pour le règlement de l'addition,  
on s'en remet aux institutions supérieures, 
ce que celles-ci acceptent volontiers, car leur puissance 
se trouve augmentée par cette exigence.

Mais plus leur puissance augmente, 
plus l'individu isolé se trouve dépourvu et affaibli.
Chaque fois qu'un tel état social prend des proportions importantes, 
il prépare le chemin de la tyrannie
il lui ouvre les portes et la liberté de l'individu  
se transforme en un esclavage physique et spirituel.


La tyrannie étant en soi immorale et prête à tout pour atteindre son but, 
elle est naturellement plus libre dans le choix de ses moyens 
qu'un régime qui tient encore compte de l'individu.
Lorqu'un tel régime entre en opposition avec une tyrannie, 
il éprouve rapidement l'inconvénient effectif 
qu'entraîne la sauvegarde de la moralité 
et se sent bientôt incité à utiliser si possible les mêmes moyens. 
De cette façon, le mal se répand presque obligatoirement, 
même si une contamination directe pouvait être évitée.


Cette contamination est partout menaçante à l'extrême 
dès que les grands nombres et les valeurs statistiques ont acquis un poids déterminant. 
Cela est précisément le cas à un degré élevé dans notre monde occidental.

Le grand nombre -c'est-à-dire les masses et leur puissance écrasante - 
nous est présenté jour après jour par les journaux sous une forme ou une autre. 
L'insignifiance de l'individu se trouve ainsi si clairement démontrée 
que celui-ci doit perdre tout espoir de se faire entendre 
où que ce soit et par quelque moyen que ce soit.


Les idéaux de liberté, d'égalité, de fraternité, usés jusqu'à la corde, 
ne lui sont plus d'aucun secours, car il ne peut adresser ses appels 
qu'à ses propres bourreaux, les représentants de la masse.

Seul peut résister à une masse organisée le sujet 
qui est tout aussi organisé dans son individualité que l'est une masse.
.

C.G. JUNG

.

 

 

lundi 1 mars 2021

L'instant de vérité

Lundi 1er mars 2021




Pendant longtemps, je ne notais que les rêves
qui me frappaient le plus, et encore, pas tous.
Même une fois notés avec grand soin, la plupart de ces rêves
 restaient pour moi totalement énigmatiques.
Avaient-ils seulement un sens ? 
Je ne me serais pas avancé à me prononcer à ce sujet. 
Certains, surtout parmi ceux que je ne notais pas, 
ressemblaient plus à une histoire de fous
qu'à un message porteur de sens !

C'est en août 1982, six ans après mon premier travail sur un rêve, 
qu'a eu lieu un grand tournant dans ma relation aux rêves et au Rêveur. 
A ce moment, j'ai compris que tout rêve était porteur d'un sens, 
caché souvent (à dessein, sûrement) sous des dehors déroutants 
-que tous sortent de la même Main. 

Que chacun, si anodin ou si scabreux qu'il puisse paraître, 
ou si loufoque ou foireux, ou si fragmentaire ou fumeux...
que chacun, sans exception est une parole vivante du Rêveur ; 
une parole souvent espiègle, ou un fou-rire derrière des airs graves voire lugubres
 (il n'y a que lui pour faire saisir au vol et faire éclater le comique ou le cocasse,
 même là où on s'y attend le moins...);
parole drue ou parole truculente, jamais banale, toujours pertinente,
toujours instructive, et bienfaisante 
- création, en un mot, sortie toute chaude des mains du Créateur !
Une chose unique, différente de toutes celles qui furent ou qui seront jamais créées, 
et créée là sous tes yeux et avec ton involontaire concours, 
sans tambour ni trompette et (semblerait-il) à ta seule intention. 

Un don princier, oui, et un don à l'état pur, entièrement gratuit. 
Sans charge pour toi de gratitude, ni même d'en prendre note seulement, 
de la gratifier même d'un regard. 
Incroyable , et pourtant vrai !

Ce qui est vrai, en tout cas, c'est que parmi la multitude de rêves 
que j'ai notés tout au long des dix années écoulées 
(il doit y en avoir pas loin d'un millier, dont bien trois ou quatre cents 
dont j'ai pu saisir le message), 
il n'en est pas un seul qui à présent me donne l'impression
de faire exception à la règle ; 
d'être, non pas une création, mais le produit 
de quelque mécanique psychique plus ou moins aveugle,
 ou de quelque force  à la recherche d'une gratification, 
que ce soit celle des sens, ou celle de la vanité.
 Dans tous, sans exception, à travers toute leur prodigieuse diversité, 
je sens la même "griffe", j'y perçois le même souffle. 
Ce souffle-là n'a rien de mécanique, et il ne vient pas de moi.


Le rêve messager -ou l'instant de vérité

Mais , dans les premières années, je ne me posais aucune telle question. 
Je ne prêtais aucune attention aux rêves qui, à ce moment, 
m'apparaissaient encore comme du "tout-venant". 
Et même parmi ceux que je notais, je ne m'attardais guère que sur les rêves 
que j'appelais alors les "rêves messagers". 
C'étaient, en somme, ceux pour lesquels il était clair, d'emblée, 
par je ne sais quelle prescience obscure, 
qu'ils étaient bel et bien porteurs d'un "message".

Maintenant que je sais que tout rêve porte un message, 
et qu'il arrive que des rêves d'humble apparence
expriment un message de grande portée,
 ce nom de "rêve messager" m'apparaît ambigu, 
et j'ai quelque réticence à l'utiliser encore.

 Ce sont aussi les rêves, qui, d'emblée, se signalent à l'attention 
comme des "grands rêves". 

"Grands", non pas forcément, par leur longueur ou leur durée, 
ou par leur richesse en épisodes ou en détails marquants ; 
mais dans le sens ou parfois telle oeuvre de la main ou de l'esprit-tableau, 
roman, film, voire un destin - nous frappent comme une chose "grande". 
Un des signes d'un tel rêve,
c'est une acuité exceptionnelle des perceptions et des pensées, 
et parfois une force bouleversante des émotions.

Comme si le Rêveur voulait bousculer notre inertie invétérée, 
nous secouer, nous crier à tue-tête : 
"Eh espèce d'endormi, réveille-toi pour une fois 
et fais attention à ce que je suis en train de te dire !"

Ce sont aussi les rêves au langage transparent, sans "code" secret
 ni jeux de mots d'aucune sorte, sans rien qui cache ou qui voile. 
Le message y apparaît avec une clarté fulgurante, indélébile, 
tracé dans la chair même de ton âme par une Main invisible et puissante, 
toi-même lettre vivante et vibrant acteur de la Parole à toi adressée. 

Et chaque mot porte, qui s'accomplit en toi
pour exprimer par les mouvements de ton âme 
un sens qui te concerne, toi et nul autre,
le poser dans ta main afin que tu t'en saisisses.
 Celui qui parle en ton coeur comme personne ne pourrait te parler. 
Il te connaît infiniment mieux et plus intimement
que tu ne te connais toi-même. 
Quand le temps est venu, mieux que personne,
il sait quels sont les Mots vivants 
qui trouveront en toi résonances profondes 
et quelles sont les cordes secrètes qu'elles feront vibrer.

En bref, le "rêve messager" est celui où le Rêveur "met le paquet" 
pour te dire ce qu'il a à te dire, avec une force et une clarté exceptionnelles. 
S'il y met une telle insistance, c'est, à coup sûr, que le message est lui aussi exceptionnel, 
qu'il te dit une chose essentielle, une chose qu'il faut absolument que tu saches. 

Peut-être le rêve vient-il te révéler des ressources insoupçonnées enfouies en ton être 
- une force intrépide qui s'ignore encore, ou une profondeur vacante, 
ou une vocation qui t'attend, un destin à accomplir...- 
quelque chose à quoi jamais tu n'aurais osé rêver à l'état de veille ! 
Ou peut-être est-il venu pour t'encourager à te séparer de quelque poids écrasant 
que tu traînes depuis de longues années, pendant ta vie entière peut-être...

Ecouter un tel rêve, entendre son message évident, irrécusable, 
et accueillir la connaissance qu'il te porte, accepter cette vérité qui t'est offerte - 
c'est aussi voir ta vie changer profondément, dans l'instant même. 
C'est changer, c'est te renouveler, en cet instant.

Plus jamais tu ne seras celui que tu étais avant l'instant de vérité.



Alexander Grothendieck

mercredi 10 février 2021

Rêves et confinement

 Mercredi 10 février 2021

 

 

Le confinement influence nos vies psychiques. Anxiété, tristesse, colère, ennui : telles sont les émotions dominantes que les mesures de distanciation sociale semblent nourrir : de premières données de la littérature scientifique internationale suggèrent une augmentation de la prévalence (du nombre de cas) des troubles anxieux, des syndromes de stress post-traumatiques et des épisodes dépressifs. Mais cette politique de prévention peut-elle troubler durablement nos vies oniriques ? C’est la question que se posent divers scientifiques, psychanalystes, historiens, sociologues et anthropologues qui, pour répondre, ont lancé des collectes de rêves.

 

Les individus confinés se souviennent bien de leurs rêves

Une première collecte d’informations concernant les songes des individus confinés a été lancée au Centre de recherche en neurosciences de Lyon : début avril, une enquête a été élaborée en seulement une semaine, révèle à l’AFP Perrine Ruby, neuroscientifique qui a pris part à ces recherches. "On sait qu'on rêve de ce qu'on vit, de notre quotidien, de ce qui nous préoccupe, et de nos souvenirs émotionnels. Donc il y avait toutes les raisons de penser que la pandémie allait s'incorporer dans les rêves", souligne-t-elle.

Et si cette investigation se poursuit, des résultats préliminaires montreraient déjà des perturbations du sommeil liées au confinement. En particulier, 2.700 participants auraient indiqué "dormir plus" mais avoir "plus de mal à s'endormir" et connaître "plus de réveils" au cours de la nuit. Cette augmentation de la fréquence des réveils, accompagnée de l’intensité émotionnelle importante générée par le contexte épidémique, aurait eu un premier effet sur les rêves des volontaires : au réveil, ces songes généreraient plus de souvenirs qu’auparavant. Beaucoup d’interrogés auraient en effet affirmé se rappeler davantage de leurs rêves. 

 

Deux types de songes

D’après les premiers résultats de cette recherche, le confinement produirait par ailleurs deux grands types de songes : certains apparaîtraient centrés sur des thèmes tels que la maladie, la mort, l’étouffement, l’isolement, etc. alors que d’autres évoqueraient plutôt la fête, la coopération, les interactions avec autrui et révéleraient un "érotisme accentué", décrit Perrine Ruby.

"Il y a vraisemblablement un côté cathartique - les émotions très pénibles qu'on vit dans la journée s'expriment à travers le rêve - et il y a aussi le côté compensation : tout ce qu'on ne peut pas vivre la journée, on le vit dans les rêves", explique-t-elle.

La mort remplacée par des trains et des papiers

De leur côté, dans le cadre de leur « laboratoire de psychanalyse nomade », la psychanalyste Elizabeth Serin et l’historien Hervé Mazurel auraient recueilli par mail à l’adresse revesdeconfins@gmail.com des données (récits de songes, ébauches d’interprétation, informations sociologiques et ethnographiques) concernant plus de 300 rêves. "Cet événement socio-historique majeur qu’est la pandémie ébranle manifestement notre vie psychique et, l’avenir le dira, peut-être le fera-t-elle durablement", souligne Hervé Mazurel.

Les résultats préliminaires de cette investigation qui se poursuit montreraient eux-aussi une évolution des rêves depuis la mi-mars. Au début du confinement, les songes se seraient fixés sur le thème de la mort ainsi que sur celui de l’adieu, confirme Elizabeth Serin. Cependant, d’après la psychanalyste, la présence de trains, l’angoisse des "papiers" qu’il faut "montrer" puis la transformation des habitats auraient ensuite émergé.

L’acceptation de nouvelles normes ?

Le sociologue Bernard Lahire, dans la continuité du travail réalisé dans son livre L’interprétation sociologique des rêves, aurait recueilli 380 rêves d’individus confinés cependant encore peu représentatifs de la population française. "Je souhaite essayer de comprendre en quoi nos rêves sont poreux par rapport au monde social dans lequel nous vivons, et comment cela fonctionne", résume-t-il.

"[C'est que] les rêves ont incorporé les normes, le vécu du confinement et la peur de la maladie", explique à l’AFP Arianna Cecconi, anthropologue à l’Ecoles des hautes études en sciences sociales (EHESS) qui travaille en partenariat avec l'artiste Tuia Cherici. D’après cette chercheuse, qui a notamment travaillé sur les rêves des habitants des quartiers Nord de Marseille et qui s’intéresse à la façon dont l’expérience de la pandémie de Covid-19 pourrait habiter les individus non pas seulement à court terme mais pendant une longue durée, l’épidémie et le confinement pourraient avoir été intégrés comme de nouvelles normes, à tel point qu’ils pourraient influencer les songes de la population pendant longtemps. "Combien de temps va-t-on continuer à rêver [de la pandémie] ?" s'interroge-t-elle.

 

Article de Sciences et Avenir

 

 

 

mardi 1 décembre 2020

Un rêve prophétique ?

 Mardi 1er décembre 2020

 

Voici un rêve que j'ai découvert aujourd'hui...

et qu'il m'a paru intéressant de partager :



Rêve "prophétique" : l'écroulement du "système"...

.

 

mardi 7 janvier 2020

Citations de Jung (2)



A la question qui m’a été mille fois adressée :
« Que puis-je faire ? » je ne connais d’autre réponse que :
« Deviens celui que tu as été depuis toujours ! ».

C’est-à-dire, efforce-toi d’atteindre à cette totalité,
à cet épanouissement de toi-même
que nous font perdre les circonstances d’une existence consciente et civilisée,
à cette totalité que chacun porte potentiellement en lui-même à son insu.
.


Le sens de mon existence est que la vie me pose une question.
Ou inversement, je suis moi-même une question posée au monde
et je dois fournir ma réponse,
sinon j’en suis réduit à la réponse
que me donnera le monde. 
.

C.G. Jung






Croyez-moi :
Ce n'est pas une doctrine, pas un enseignement que je vous donne.
D'où tirerais-je le droit de vous donner des leçons ?
Je vous révèle le chemin de cet être humain,
son chemin mais pas votre chemin.
Mon chemin n'est pas votre chemin ;
je ne peux donc pas vous instruire.
Le chemin est en nous, mais pas dans les dieux,
 ni dans les doctrines ni dans les lois.
C'est en nous qu'est le chemin, la vérité et la vie.

Malheur à ceux qui vivent selon des modèles !
La vie n'est pas avec eux.
Si vous vivez selon un modèle, vous vivez la vie d'un modèle,
mais qui vivra votre vie sinon vous-mêmes ?
Donc vivez-vous vous-même.

Les panneaux indicateurs sont tombés,
des sentiers incertains se déroulent devant nous.
Ne soyez pas avides d'avaler les fruits qui se trouvent dans le champ des autres.
Ne savez-vous pas que vous êtes vous-mêmes le champ fertile
qui porte tout ce qui vous est utile ?
Mais qui le sait aujourd'hui ?

Qui connaît le chemin qui mène aux champs éternellement fertiles de l'âme ?
Vous cherchez le chemin par le biais d'éléments extérieurs ;
vous lisez des livres et écoutez des avis : à quoi bon ?

Il n'y a qu'un seul chemin et c'est votre chemin.
Vous cherchez le chemin ?
Je vous mets en garde contre mon chemin.
 Il peut être pour vous le mauvais chemin.
Que chacun suive son propre chemin.
.
C.G. Jung
Livre rouge
(p. 147)  
.



mercredi 1 janvier 2020

Citations de Jung (1)

Mercredi 1er janvier 2020

Pour bien commencer 2020,
 quelques citations de Jung : 




L'humanité souffre 
d'une immense carence introspective.

 On parle de l'enfant,
alors qu'on devrait entendre 
l'enfant en l'adulte.
Car il y a dans l'adulte un enfant,
un enfant éternel toujours en état de devenir,
jamais terminé,
qui aurait besoin constamment
de soins, d'attention et d'éducation.
.

La chose la plus terrifiante, 
c'est de s'accepter soi-même.
.

Nourrir ceux qui ont faim, 
pardonner à ceux qui m'insultent
et aimer mon ennemi,
voilà de nobles vertus.
Mais que se passerait-il
si je découvrais
que le plus démuni des mendiants
et que le plus impudent des offenseurs
vivent en moi, 
et que j'ai grand besoin 
de faire preuve de bonté à mon égard, 
que je suis moi-même l'ennemi 
qui a besoin d'être aimé ?
Que se passerait-il alors ?

.
C.G. Jung

.


lundi 9 décembre 2019

Nous sommes d'un âge immense

 Lundi 9 décembre 2019


Le rêve de Jung, qui montre un Chevalier en armure 
au milieu de la foule des passants de Bâle, 
met en scène, d'une façon qui marque l'esprit, 
l'irruption du Moyen-Âge dans la période dite "moderne"...
Une irruption étonnante...
mais dont on retrouve néanmoins un écho 
au détour de certaines oeuvres de fiction...

Ainsi, dans le film-comédie "Les Visiteurs" (1993), 
Godefroy de Montmirail et son serviteur
débarquent avec fracas en plein vingtième siècle...
tandis que dans le film "Le Roi pêcheur" (1991), 
un chevalier "rouge" apparaît en plein New-York à Henry, 
le personnage joué par Robin Williams.



Je ne citerai  pas les innombrables histoires
 (bandes dessinées, livres, jeux ...etc) 
qui font intervenir de vaillants chevaliers,
 traversant moult épreuves au péril de leur vie...
cela prendrait trop de temps...




Mais, à voir leur succès, il semblerait bien 
que le thème de la chevalerie fasse encore "rêver",
"frissonner" ou..."sourire"...
et que nous soyons encore capables 
de nous identifier à eux et à leur "quête"...

Jung lui-même , de son propre aveu, 
s'est passionné pour ce genre d'histoires 
(surtout celles autour du Graal),
à l'adolescence.
 C'était aux alentours de ses quinze ans, 
à l'époque où ses camarades de collège,
un peu moqueurs, 
l'appelaient "le Patriarche" 
et où lui-même se sentait parfois 
"appartenir à un autre temps"...

Toute une série de rêves viendra ensuite
confirmer cette impression
de ne pas "appartenir totalement à son époque":
 Celui du "Chevalier dans la ville
qui s'inscrit dans le prolongement de celui des "Gisants"
 (dans lequel un gisant du 12ème siècle "revient à la vie"),
 qui lui-même est le prolongement de celui de la "Maison"
 (maison dont le sous-sol évoque plusieurs époques superposées)...
sans oublier celui, plus tardif, de "La quête du Graal".

Tous ces rêves impressionnants insistent sur le même point : 
les grandes questions qui se sont posées dans l'Histoire
ne se sont pas "évaporées" : 
bien que leurs protagonistes soient décédés depuis longtemps, 
ces questions cruciales, datant d'époques anciennes, 
s'agitent encore en nous, dans notre inconscient. 
Elles reviennent nous hanter, encore et encore, 
en attente d'une solution,
ou tout du moins, d'une compréhension. 
Elles s'emparent de quelques individus, 
plus réceptifs ou plus prédisposés
et sollicitent leur attention.

Ainsi, les questions de fond qui ont traversé les siècles précédents, 
du douzième siècle (temps des Croisades, romans du Graal) 
au dix-septième siècle (époque culminante de l'Alchimie) 
vont s'imposer à Jung et le "travailler" en profondeur 
pendant une bonne partie de sa vie.




Mais il les traitera sur un plan psychique, bien sûr,
et non plus sur un plan "concret".

Là où le Croisé maniait l'épée pour délivrer Jérusalem,
"Centre de la chrétienté", 
Jung maniera l'épée du discernement et de l'analyse 
pour "délivrer" le Centre spirituel  de l'Etre,
 qu'il appellera le Soi.

Là où l'alchimiste manipulait éprouvettes et creusets,
 penché sur son "feu secret",
 il observera la transformation à l'oeuvre 
dans l'intériorité de ses patients, 
dans l'intimité de son cabinet de psychanalyste.

Cependant, alors que Freud, spécialiste des névroses, 
se limite à explorer les problèmes personnels de ses patients, 
il se sent, lui, poussé à aller beaucoup plus loin.
Il veut "pénétrer les mystères de la personnalité et de l'âme" 
et dans ce but, il va être amené, au fil des années, 
à étudier de vastes pans de l'épopée de l'humanité : 
il va peu à peu acquérir une immense culture dans de nombreux domaines 
(archéologie, sciences naturelles, histoire des religions,
histoire de la philosophie, mythologie, alchimie...etc). 
Désireux de comprendre "les grands mouvements de l'âme humaine",
et aiguillonné par les grands rêves cités précédemment,
 il va  être conduit à explorer des problèmes d'une toute autre ampleur que Freud 
et va se pencher sur des problèmes qui embrassent 
toute une part de l'Histoire humaine.

Après avoir examiné des milliers de rêves dans lesquels il reconnaîtra  
une "Connaissance millénaire" qui ne peut pas, à l'évidence, 
être issue de la seule expérience personnelle du rêveur, 
il finira par avancer l'hypothèse d'un inconscient collectif..

 Nous aurions en effet "en nous"
la trace d'une ribambelle d'ancêtres, 
qui, du fond des âges, attendent que nous poursuivions, 
autant qu'il nous est possible, leur quête non aboutie.

Notre âme, à la naissance, n'est pas "vierge" : 
elle est déjà lourde de tout un passé qui, bien qu'inconscient,
tire les ficelles de notre vie et de notre destin.
Ce passé se révèle être à la fois un poids...et une chance. 
A nous de composer le mieux possible avec lui, 
pour en tirer "l'or" qu'il recèle potentiellement.

Si, comme le disait Teilhard de Chardin, 
nous sommes des "êtres spirituels"
 connaissant, pour un temps, l'incarnation, 
alors notre Âme et notre Esprit,
sont bien plus "vieux" que notre corps : 
ils sont comme le disait Jung, "d'un âge immense
et parfois de l'âge de l'Humanité.

Les questions de nos ancêtres
viennent régulièrement nous "revisiter",
 à la fois semblables et différentes. 
Dans la grande "spirale" de l'Evolution,
 elles ont accompli un ou plusieurs tours 
et demandent à être revues "un cran plus haut", 
sur un plan plus élevé,
 afin que nous affinions sans cesse
la conscience du monde et de nous-mêmes,
à l'infini...

Jung, fidèle à son nom et au blason originel de sa famille (un Phénix),
 ne sera pas celui qui "perpétue les limites du passé et les protège"...
il sera celui qui les laisse "monter en lui"
puis qui les dépasse en les renouvelant. 
Il sera à la fois "homme du Passé" ("Patriarche") 
et "homme de l'Avenir", pionnier vaillant et courageux, 
qui sèmera, dans le domaine de la Connaissance de l'Etre humain, 
les premiers jalons d'un "nouveau cycle",
et peut-être même d'une nouvelle "ère".

Le "gardien de l'ancienne Monarchie impériale et royale"
 ne le lui pardonnera pas...
mais, ça, c'est une autre histoire... ;-)

La Licorne
.



En complément, je vous offre  ci-dessous
quelques citations de Jung,
 extraites de ses Mémoires, 
qui viennent "éclairer" cet article :


"Nous ne sommes pas d'aujourd'hui ni d'hier ;  
nous sommes d'un âge immense."


"Notre âme, comme notre corps, est composée d'éléments 
qui tous ont déjà existé dans la lignée des ancêtres. 
Le "nouveau" dans l'âme individuelle est une recombinaison, 
variée à l'infini, de composantes extrêmement anciennes. 
Ainsi, corps et âme ont-il un caractère éminemment historique 
et ne trouvent-ils dans le "réellement -neuf-qui-vient-de sourdre" 
nulle place convenable, 
autrement dit les éléments ancestraux ne s'y trouvent 
que partiellement chez eux. 
Nous sommes loin d'avoir liquidé le Moyen-Âge, l'antiquité, la primitivité
 et d'avoir répondu à leurs propos aux exigences de notre psyché !" 
(p 273)

"J'ai toujours pensé que, moi aussi,
 j'avais à répondre à des questions que le destin 
avait déjà posées à mes ancêtres, 
mais auxquelles on n'avait encore trouvé aucune réponse... 
ou bien que je devais terminer ou simplement poursuivre des problèmes
 que les époques antérieures laissèrent en suspens. 
Il est d'ailleurs difficile de savoir si ces problèmes
 sont de nature personnelle ou plutôt de nature générale (collective).
 Il me semble que c'est plutôt le dernier point qui est le cas...."
 (p 271)





samedi 7 décembre 2019

Les autres symboles du rêve : noms de lieux


Ville de Bâle (Suisse)


Dans le  rêve du  "Chevalier en pleine ville"
Jung se trouve dans un endroit qu'il désigne 
comme étant  à la fois
 le quartier Kohlenberg de Bâle
et une ville d'Italie, Bergame.
Or, ces appellations contiennent toutes deux
la syllabe BERG,
qui, en allemand, désigne la "montagne".

"Kohlenberg" ,
c'est la "montagne de charbon"
et Bergame pourrait se décrypter,
comme le signalait judicieusement Amezeg,
dans les commentaires,
comme Berg-âme,  
la "montagne de l'âme".

Au tout début de ce blog, j'avais publié un article
et voilà, entre autres, ce qu'on pouvait y lire:


"L'ascension d'une montagne évoque 
un progrès dans la connaissance de soi-même.
Sans doute la montée est-elle avant tout une intériorisation.
Le sommet de la montagne symbolise
les qualités supérieures de l'âme.



Gravir sa propre montagne intérieure
c'est concilier les principes opposés en soi-même (sa terre et son ciel), 
c'est parvenir à ce que l'historien des religions Mircea Eliade appelait 
la coïncidence des opposés
à savoir faire des principes opposés de réels complémentaires, 
en vue de l'union ultime avec soi-même, 
avec les autres et avec l'univers.

.

Bergame (Italie) - rue en escalier

L'escalier de la rue où se trouve Jung rappelle
que pour parvenir à cela, il y a des "marches" à gravir,
des "paliers" et donc des étapes à traverser.
C'est une démarche longue et ardue, 
une élévation progressive,
le travail de toute une vie.

(Le symbole de l'escalier
a déjà été étudié sur ce blog)

Tout en bas de cette rue en escalier,
il y a la "Barfüsserplatz" de Bâle,
nom qui se traduit en français 
par "Place des "Va-nus-pieds" 
(ou des "pieds nus").
C'est une allusion aux moines franciscains 
qui, faisant voeu de pauvreté,
marchaient sans chaussures (et plus tard, en sandales).
En français, on a traduit cela par l'expression
 - moins péjorative sans doute - 
de "Place des Cordeliers"
(la corde étant aussi une partie importante 
de la tenue des franciscains) 


Jung connaissait bien ces lieux,
puisqu'il avait fait ses études à Bâle
et y avait passé une partie de sa jeunesse.

Or, la chevalerie templière et l'ordre franciscain
(dit aussi Ordre des Frères mineurs)
sont nés à la même époque environ:
à la fin du douzième siècle 
et au début du treizième siècle.

Il semblerait bien qu'aux alentours de l'an 1200,
se soit fait sentir, dans l'inconscient collectif,
un grand besoin de retourner
aux "sources du christianisme".
Les Croisés l'ont fait à leur façon,
de façon très concrète et "guerrière"
et Saint François, lui, l'a fait d'une façon plus "spirituelle"
en revenant à des valeurs de simplicité et d'authenticité.




Les deux mouvements ne sont d'ailleurs pas sans rapport
et finiront par se rencontrer ainsi qu'on peut le lire
dans cet article Wikipédia consacré à l'ordre franciscain :

En vertu de deux bulles du pape Clément VI en1342,
"Gratias agimus" et "Nuper carissimae", 
les franciscains de Terre sainte
revendiquent la « garde des Lieux saints ». 
Ce privilège s'explique par le rôle pacificateur 
joué par saint François d'Assise
lors de la cinquième croisade en 1219.

Ainsi, depuis le XIVème siècle, 
les franciscains sont les gardiens
 de nombreux sanctuaires en terre Sainte,
dont le Saint Sépulcre à Jérusalem.

 .

La Licorne





mercredi 4 décembre 2019

Entre douze et treize

Mercredi 4 décembre 2019


Le "rêve du chevalier" de Jung commence par une indication temporelle : il se passe entre douze et treize heures.
Ce détail, qui pourrait paraître anodin, ne l'est cependant pas, surtout si l'on se souvient que les Croisés et les Templiers ont connu leur heure de gloire entre le douzième...et le treizième siècle !

Le nombre Douze, étudié récemment, est un nombre qui est très lié aux cycles temporels (douze heures, douze mois, douze signes du zodiaque).


Le Treize, lui, est l'élément qui, en ajoutant une unité au douze, va venir briser la stabilité et entraîner vers autre chose. C'est l'élément de trop, celui qui fait passer d'un cycle à l'autre avec ce que ce changement implique d'anxiété par l'arrivée d'un nouveau cycle inexploré. Il est ce qui vient briser l'ordre antérieur, il est le pas en avant qui fait plonger dans l'inconnu, il est "signe de rupture".

Avec lui, il y a toujours destruction puis reconstruction, mort puis renouveau (dans le Tarot, la treizième lame est d'ailleurs celle de la "Mort", qui n'a rien d'une mort définitive, puisque 8 lames suivent la treizième).
C'est donc, en ce sens, un nombre "initiatique" : un nombre évoquant un passage difficile ou une épreuve débouchant potentiellement sur une "renaissance").


Voyons cela de plus près :






Entre douze et treize heures :  c'est l'heure de la pause méridienne. On cesse le travail pendant un moment (cassure du rythme journalier) avant de reprendre pour une deuxième "tranche".

Entre douze et treize mois :  En accédant à la marche, l'être humain quitte son statut de "bébé" et devient un "enfant".

Entre douze et treize ans : c'est l'âge moyen de l'apparition des règles chez les filles et, plus généralement, c'est l'âge du début de l'adolescence. L'enfant "meurt" et passe à une autre étape de vie, plus mature.

Entre le douzième et le treizième siècle : ce fut une époque de "très grands changements", l'Histoire du Moyen-Âge arrive à un tournant.
En 1205, Saint-François d'Assise a une vision dans laquelle le Christ lui demande d'aller "rebâtir son Eglise en ruines"...
C'est l'essor des Croisades, l'époque des chevaliers du Temple de Salomon, ou Templiers...
Et c'est l'époque aussi de la construction accélérée de la plupart des grandes cathédrales en Europe.

Beaucoup plus récemment, à la fin de 2012 (donc juste avant 2013), nous avons assisté à la mise en scène des frayeurs liées à l'anticipation d'une "fin du monde" (ou "fin d'un monde") qui nous amènerait, soit vers la destruction, soit vers du "tout nouveau", une sorte de "nouvelle ère".

Cette prévision se basait d'ailleurs sur le calendrier maya, qui, contrairement au nôtre, est fondé sur le nombre treize et comprend des cycles de 20 X 13 jours (20 semaines de 13 jours = 360 jours).

Le nombre 13 est donc, très concrètement, lié au "passage" d'un état vers un autre état, d'un cycle vers un autre cycle. Ce qui est certes dérangeant, mais pas forcément catastrophique...



La culture celtique se basait sur un rythme naturel de 13 "mois lunaires" (13 x 28 jours = 364 jours).
Le Zodiaque traditionnel compte 12 signes, mais on en comptait autrefois un treizième : le Serpentaire (ou Ophiuchus).

Chez les Mayas et les Aztèques, il était symbole de transformation, de renaissance à un niveau supérieur. 

Si on le considère sous la forme d'une roue à 12 rayons, c'est-à-dire comme 12 unités autour d'un centre, il est bénéfique.
C'est en tant que "nombre premier" qu'il peut parfois poser problème.


Sa mauvaise réputation actuelle lui vient, semble-t-il, de deux événements marquants :

- La dernière Cène, pendant laquelle Jésus et les douze apôtres sont réunis et qui sera immédiatement suivie par l'arrestation puis la mise à mort de Jésus. (Cela ancrera, entre autres, la superstition consistant à éviter d'avoir "treize convives à table")

- L'arrestation de tous les Templiers de France au matin du vendredi 13 octobre 1307.
Ordonnée par Philippe le Bel, qui les fera ensuite interroger, incarcérer et torturer, avant de les condamner au bûcher, cette arrestation  restera dans les mémoires comme un "jour funeste". On raconte que le jour de son exécution, le 18 mars 1314, le grand maître des Templiers, Jacques de Molay, aurait maudit ses tortionnaires pour leur "traîtrise" du vendredi 13.

Ce fut là le point de départ de la fameuse paraskevidékatriaphobie. ;-)


La Licorne



mardi 3 décembre 2019

Symboles : Le rouge et le blanc




Le blanc et le rouge, associés dans une même vision, figurent parmi les symboles les plus chargés de sens. Ils expriment une des plus fortes antinomies auxquelles l'homme ait à faire face, sans grand espoir de réaliser, par rapport à elles, une harmonie pérenne. Lorsque apparaissent le blanc et le rouge couplés, ce sont peut-être les opposés les plus fondamentaux de la vie qui sont en confrontation brutale dans la psyché.

L'imaginaire fait appel à des images extrêmement variées pour mettre en scène les deux couleurs. De l'aigle blanc aux yeux rouges à l'hirondelle rouge à calotte blanche, en passant par le tambour rouge et blanc, la petite fille en robe blanche et à chaussures rouges, le pigeon blanc qui sort du ventre ouvert, rouge de sang, la fusée à carreaux rouges et blancs, le pape vêtu de blanc, résidant l'assemblée des cardinaux rouges, des dizaines de visions, parfois très originales, n'ont d'autre but que d'exposer ensemble les deux symboles.



A l'instant où l'on entre dans l'interprétation de ces derniers, il est difficile de se défendre d'un certain vertige, doublé d'un sentiment d'impuissance. Cela parce que le blanc et le rouge entraînent des prolongements d'une telle ampleur qu'il semble impossible de les décrire en évitant que les mots exercent un rôle de banalisation.

Le blanc exprime l'absolu, une origine et un but qui se confondent dans l'unique, l'éternel, le temps indifférencié de l'innocence, de la non-manifestation. Le blanc imaginaire est, par nature, un blanc immaculé. Il est en dehors de l'acte. Il est pureté, innocence, sublimité. Mais ces valeurs s'opposent à la vie manifestée qui est dualité, engagement, risque, acceptation de la souffrance. Le blanc protège mais isole. Au plan de l'esprit, il est perfection, au plan terrestre, il est stérilité.

Le rouge, c'est l'implication, le sentiment, la passion, l'amour, la souffrance, l'incarnation, la violence, le rythme. C'est le temps terrestre, le temps séquentiel, mesuré, cadencé, le temps compté. C'est la matière animée, le sang qui bat dans les veines. Au plan de l'esprit, c'est la mort, au plan terrestre, c'est la vie. Le rouge, c'est l'univers de la compétition, de la puissance, de la possession.
Pour utiliser une formule simple, le blanc est pouvoir spirituel, le rouge pouvoir temporel.

Dans le rêve, comme dans la vie, cette dualité d'orientation de la volonté de puissance va imprégner des situations apparemment fort éloignées les unes des autres.
(...)

L'alchimie offre aussi l'image de l'oeuf d'où émerge un aigle à deux têtes, l'une portant la tiare pontificale de la puissance spirituelle, l'autre la couronne impériale, emblème du pouvoir temporel.


Les exemples où le blanc et le rouge associés affichent la double mission spirituelle et temporelle ne manquent pas.

Les Templiers, moines-soldats, arborent la croix de sang sur leur tunique immaculée.
Les croisés portent de semblables marques.



Le pharaon, unique délégué du dieu sur la terre, et souverain absolu dans l'ordre temporel, porte la double couronne rouge et blanche.



Les chouans, autres soldats du roi et de la religion avaient choisi pour insigne le Sacré Coeur rouge sur fond blanc.


Plus près de nous la croix rouge, le croissant rouge expriment aussi la volonté de porter l'effort humanitaire au coeur même de la tourmente guerrière.

La houppelande rouge et blanc du Père Noël, personnage qui fréquente volontiers le rêve, est le signe évident d'une fête où le sacré se mêle étroitement aux réjouissances les plus terre à terre.




Georges Romey
"Dictionnaire de la symbolique"
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