lundi 8 octobre 2018

Le symbolisme de la pierre

Lundi 8 octobre 2018
 

La pierre est un symbole de l’Etre, de la cohésion et de la cohérence avec soi-même.

Sa dureté et sa durée ont impressionné les hommes depuis toujours. Ils y ont vu un symbole de pérennité, face aux changements du monde biologique, soumis de façon permanente aux lois de la naissance et de la mort.

Dressée vers le ciel, la pierre a toujours été un symbole de communication entre l’homme et la Divinité.

La pierre est vivante et toutes les traditions sont d’accord sur ce fait. Nous pouvons le constater dans l’expression de leur énorme capacité de résistance, dans leur volonté de maintenir la cohésion de leurs molécules, pour ne pas se casser ou se briser (ce qui, pour elles, signifierait la mort).

Davantage de volonté signifie davantage de vie. C’est pourquoi la pierre constitue la première solidification du rythme créateur, la musique pétrifiée de la création, et les plus beaux monuments érigés par l’homme ont toujours été réalisés en recourant à la pierre comme élément de base pour leur construction et leur ornementation.

La pierre, entière et intacte, symbolise l’unité et la force, l’affirmation de soi. Mais, brisée et éclatée en de multiples éclats, elle représente le démembrement et la désagrégation de la psyché, la maladie, la déroute, l’échec et la mort.

De nombreuses traditions mentionnent les pierres « noires » ou aérolithes tombés du ciel : la Cybèle de Pessinonte ou la Ka’ba de la Mecque ; le Graal du cycle arthurien ou la pierre philosophale des alchimistes. Ces pierres peuvent être classées dans la catégorie des « bétyles » (de l’hébreu Beth El, « Maison de Dieu »), c’est-à-dire, des pierres considérées comme des « demeures divines ».

(...)



La pierre précieuse par excellence, et considérée comme le symbole le plus achevé de la dureté et de la brillance, est le diamant, que toutes les traditions conçoivent comme symbole de l’ordre et de la perfection, de la stabilité, de la lumière et de l’immortalité.

Platon appelait le pilier du monde « l’axe de diamant ». Dans le symbolisme hindou et bouddhiste, tout ce qui a une signification associée à l’idée de « centre » ou d’ « axe » est généralement assimilé à cette pierre précieuse.
 Le diamant est aussi le symbole du Christ, l’identifiant ainsi à la « pierre précieuse » avec le symbole de « pierre angulaire » qui soutient son Eglise.

Les deux représentent la perfection et l’accomplissement, l’axe qui maintient l’édifice vivant, ce qui équivaudrait, en alchimie, à la « Pierre philosophale » car celui qui l’obtient a trouvé son propre centre et sa véritable identité.

Il a découvert sa « colonne de lumière », qui symbolise son propre être intérieur, qui va lui donner la force de rester toujours droit, vertical et fidèle à lui-même.

Article ICI



Tel le centre psychique, la pierre est parfois l'image du Soi.
(...)

Selon Marie-Louise Von Franz  : 
"Jung insistait toujours sur le fait que la poussée vers l'individuation 
étant ce qu'il y a de plus essentiel chez l'être humain, 
elle fraie son chemin coûte que coûte en chaque individu 
et que, si elle n'est pas aidée consciemment, 
elle se réalisera malgré tout, mais sous une forme négative :
ainsi, au lieu de  trouver la "pierre philosophale" en soi-même, 
on se pétrifie
(...)


La pierre peut revêtir plusieurs aspects symboliques dans les songes.
La pierre est l'existence à l'état pur, aussi éloignée que possible
des émotions, des fanatismes et de la pensée discursive de la conscience.

Comme les cristaux et par son caractère achevé et durable,
la pierre évoque la permanence en nous.

La pierre est ce qui permet la construction, l'édification.
Ce sont alors parfois des pierres parallélépipédiques,
image du fondement d'une évolution possible et de son aboutissement.




La pétrification

Toute pétrification d'un être vivant, dans un rêve,
correspond au blocage d'un principe dynamique capable de revenir à la vie
 et de se renouveler comme un principe vivant.

Cette pétrification des images oniriques s'observe partout
où le principe dominant de la conscience ne reconnaît pas
le caractère toujours en mouvement de l'inconscient.
Cette vision erronée , rigide, et dépourvue de souplesse
a pour effet de figer l'inconscient.

Chaque fois que nous faisons une théorie à propos de l'inconscient
et que nous traitons les mots comme étant plus que des termes descriptifs,
 nous le pétrifions et agissons en sorte qu'il lui est impossible
de se manifester comme une force vivante.

N'importe quelle théorie peut l'affecter et le changer en une chose statique
à qui l'on interdit de se manifester soi-même."


Jacques de La Rocheterie
"La symbologie des rêves"



dimanche 7 octobre 2018

La pierre de Bollingen

Dimanche 7 octobre 2018


La pierre gravée par C.G. Jung à l'extérieur de la Tour de Bolllingen

La pierre et ses inscriptions
Tour C.G. Jung à Bollingen
« En 1950, j'ai élevé une sorte de monument en pierre
à ce que la tour représente pour moi. »

Inscriptions gravées par C.G. Jung sur la pierre de la Tour de Bollingen

Traduction des inscriptions figurant sur la pierre

Première face :
« Voici la pierre, d'humble apparence.
En ce qui concerne sa valeur, elle est bon marché,
Les imbéciles la méprisent,
Mais ceux qui savent ne l'en aiment que mieux. »
suivi de
« En souvenir de son soixante-quinzième anniversaire,
C. G. Jung l'a exécutée et érigée
 en témoignage de reconnaissance,
en l'an 1950. »
Deuxième face (photo de gauche) :
« Le temps est un enfant — jouant tel un enfant —
 comme sur un échiquier — le royaume de l'enfant.
C'est Télesphore qui erre par les régions sombres de ce cosmos
et qui luit comme une étoile s'élevant des profondeurs.
Il indique la voie vers les portes du soleil
et vers le pays des rêves »

Troisième face (photo de droite, face au lac) :
« Je suis une orpheline, seule; cependant on me trouve partout.
Je suis Une, mais opposée à moi-même.
Je suis à la fois « adolescent » et « vieillard ».
Je n'ai connu ni père, ni mère
parce que l'on doit me tirer de la profondeur comme un poisson
 ou parce que je tombe du ciel comme une pierre blanche.
Je rôde par les forêts et les montagnes,
mais je suis cachée au plus intime de l'homme.
 Je suis mortelle pour chacun et cependant
 la succession des temps ne me touche pas. »
Citations extraites de Ma Vie C.G. Jung p 263 - 266

Article du site cgjung.net
.


Jung explique la signification de la pierre (vidéo) :


lundi 1 octobre 2018

Tour de Bollingen : Les étapes de la construction

Lundi 1er octobre 2018



La Tour de Bollingen est un bâtiment
construit par le psychanalyste suisse C.G. Jung,
 ayant l'apparence d'un petit château garni de plusieurs tours,
et situé à Bollingen
sur la rive septentrionale du haut-lac (Obersee) de Zürich
dans le canton de Saint-Gall en Suisse.

Jung fait l'acquisition du domaine en 1922,
après la mort de sa mère.

Il construit d'abord une habitation en pierre
qu'il développe par la suite pour en faire sa « Turm » (tour).
 Sur une période de douze ans il ajoutera à la structure centrale
 trois bâtiments latéraux qui sont supposés rappeler
la représentation de la psyché selon sa conception.

(d'après Wikipédia)

La demeure restera, selon ses souhaits, assez "primitive":
on n'y installera jamais ni l'eau courante,
ni l'électricité.

Pendant la plus grande partie de sa vie,
Jung passa quelques mois par an à Bollingen au bord du lac,
et y réalisa maints travaux d'écriture,
de peinture et de sculpture.

Les étapes de la construction :


1. La tour, seule




2. Première extension

La deuxième phase, construite en 1927, 
commence à ressembler davantage à une maison familiale 
quand une aile de deux étages a été ajoutée à la tour solitaire. 
La maison s'ouvrait désormais davantage sur le lac, 
s'alignant approximativement sur le littoral, 
créant ainsi un espace extérieur entre le bâtiment et le lac.
 Cet ajout a ajouté de plus grandes fenêtres au niveau principal, 
une deuxième plus grande entrée et plus d'espace habitable. 
Jung «a divisé cet ajout en plusieurs zones, le foyer, 
l’étude inférieure et la chambre d’hôtes». 
Dans l’ensemble, ces développements suggèrent que Jung pouvait maintenant 
rester à Bollingen plus longtemps et que sa famille pouvait visiter 
«sans dormir dehors» dans des tentes usées. 

Bair, p. 323


En 1950, à l'occasion de son soixante quinzième anniversaire,
Jung installe au bord du lac, du côté ouest de la tour,
un petit monument de forme cubique en pierre de taille,
sur trois faces duquel il grave des inscriptions.

Un second étage fut ajouté après la mort de la femme de Jung en 1955,
qui symbolise une « extension de la conscience 
à laquelle il parvient dans sa vieillesse ».
Une chambre est alors élevée au milieu de l'édifice.




Après la mort de ma femme. . . 
J'ai ressenti une obligation intérieure 
de devenir ce que je suis moi-même.

Pour le mettre dans la langue de la maison de Bollingen, 
je me suis soudain rendu compte que la petite section centrale 
qui s'accroupissait si bas, si cachée, 
était moi-même ! 
.
C.G. Jung


3. Deuxième extension

Je voulais une chambre dans cette tour 
où je pourrais exister pour moi seul. 
Je pensais à ce que j'avais vu dans les maisons indiennes,
 dans lesquelles il y a généralement une zone - 
même si ce n'est que le coin d'une pièce séparée par un rideau - 
dans laquelle les habitants peuvent se retirer. 
Là, ils peuvent méditer pendant un quart ou une demi-heure 
ou faire des exercices de yoga.
Un tel domaine de retraite est essentiel en Inde, 
où les gens vivent très près les uns des autres. »

Dans ma chambre de retraite, je suis seul. 
Je garde la clé avec moi tout le temps; 
personne d'autre n'est autorisé à y entrer, sauf avec ma permission.
Au fil des années, j'ai réalisé des peintures sur les murs, 

et j'ai ainsi exprimé toutes ces choses qui m'ont conduit hors du temps 
dans l'intemporalité.
Ainsi, la deuxième tour est devenue pour moi 

un lieu de concentration spirituelle.
C.G. Jung




J'ai ajouté une cour et une loggia au bord du lac, 
qui formaient un quatrième élément 
séparé de l'éclat unitaire de la maison.
Ce quatrième élément ouvre le moi 
à la nature et au ciel, au divin et au cosmos.

La cour fait partie de la maison 
mais elle est également liée à quelque chose
 qui dépasse de loin le Soi. 
Regarder dans les yeux de Dieu.



Je pompe l'eau du puits.  
Je coupe le bois et fais cuire la nourriture.  
Ces actes simples rendent l'homme simple; 
et combien il est difficile d'être simple !
.

Mon nom bénéficie d'une existence 
quasi indépendante de moi-même. 
Mon vrai moi est en train 
de couper du bois à Bollingen 
et de préparer les repas, 
en essayant d'oublier l'épreuve 
d'un quatre-vingtième anniversaire.


C.G. Jung 


dimanche 30 septembre 2018

La demeure de Jung

Dimanche 30 septembre 2018


A Bollingen , la tour silencieuse est "vêtement de son âme",
son "corps de pierres"...

Chantal Delacotte
.



Les mots et le papier ne me semblaient pas assez réels. 
Pour mettre mes fantasmes sur des bases solides, 
il fallait quelque chose de plus. 
Je devais réaliser une sorte de représentation en pierre 
de mes pensées les plus intimes et des connaissances que j'avais acquises.
J'ai dû faire une confession de foi dans la pierre. 
C'était le début de la tour, la maison que je me suis construite à Bollingen. 
.

Dès le début, la tour fut pour moi, un lieu de maturation,
un sein maternel ou une forme maternelle
dans laquelle je pouvais être à nouveau comme je suis,
comme j'étais, et comme je serai.
La tour me donnait l'impression que je renaissais dans la pierre.
Je voyais en elle une réalisation de ce qui n'était que soupçonné auparavant,
une représentation de l'individuation.
.

On pourrait dire que j'ai construit la tour dans une sorte de rêve.
Plus tard seulement, je vis ce qui était né
et la forme pleine de sens qui en était résultée,
un symbole de totalité psychique.
Elle s'était développée comme une graine ancienne
qui avait germé.
.


C.G. Jung




dimanche 23 septembre 2018

La demeure de l'âme

Dimanche 23 septembre 2018


  
En résumé...
Immeubles et maisons apparaissent très fréquemment dans les rêves. A moins que le rêveur ne soit à la recherche d’un logement, les bâtiments symbolisent le moi dans les rêves.

Certains rêveurs retournent à la maison de leurs rêves nuit après nuit et la connaissent presque aussi bien que leur demeure réelle. Dans la mesure où cette maison rêvée les représente, corps et âme, et dans la mesure où ils n’ont pas une connaissance totale d’eux mêmes, il n’est pas surprenant que cette maison comporte de nombreuses pièces, dont certaines sont fermées à clé.
On peut aussi y trouver des escaliers secrets, des couloirs, des greniers pleins de trésors et des caves où ils n’osent pas descendre. Chaque partie du bâtiment reflète un aspect différent de notre vie, telle la carrière, nos passe-temps et nos buts. Un bureau ou une usine peuvent représenter le lieu de travail et les problèmes qui y sont liés. Les pièces symbolisent les compartiments de notre esprit, correspondant à nos différents approches des situations et des circonstances. 
Ainsi, la cuisine traduit le souci des dispositions domestiques, tandis qu’une chambre suggère généralement qu’une relation intime est minutieusement examinée.
En revanche, si vous vous trouvez dans un grenier, cela prouve que vous avez des idéaux élevés, mais aussi qu’il serait peut-être nécessaire de descendre les trésors cachés dans cette pièce à un niveau plus accessible.
La cave est l’endroit où vous gardez ce que vous voulez oublier ou cacher.
Article ICI


Quelques rêves de maison publiés dans ce blog :

Dans la cave, sous la maison:

vendredi 7 septembre 2018

Le symbole de la maison dans les rêves (4)

 Vendredi 7 septembre 2018
Les rêves concernant l'habitat sont fréquents.
La plupart des approches interprétatives des rêves s’accordent
à associer la maison à l’individu lui-même.
La maison dit ce que l’on est,
ce que l’on voudrait être ou ce que l’on a peur d’être.
C’est une représentation existentielle de soi.
De ce fait, rêver d’une maison est un bon moyen
pour faire un bilan de ses ressentis intérieurs
qu’ils soient conscients ou non.

 

La maison en rêve, une représentation de soi

 

Scénario-type

 

Rêver de maison correspond à un besoin de sécurisation du moi.
Ce sont aussi les besoins fondamentaux qui se traduisent dans ce type de rêve.
La famille, les enfants, le conjoint ou la conjointe sont souvent convoqués dans ces rêves.
Ils symbolisent le havre de paix dont on a besoin pour affronter les vicissitudes de la vie.
Dès lors, on peut interpréter toute effraction comme une peur sécuritaire :
voleurs, saccage, disparition des meubles…
On peut aussi voir de manière similaire une angoisse sécuritaire
dans le fait de ne pas pouvoir retrouver sa maison,
de l’avoir perdue ou de ne pas la reconnaître.

 

Variantes de ce rêve

Rêver que l’on vit dans une grotte,
rêver d’une pièce, rêver de cambriolage,
 rêver de partir de chez soi, rêver de perdre sa maison,
rêver de sous-sol, rêver de portes ou de fenêtres…

Signification du rêve de maison


Interprétation freudienne

Pour Sigmund Freud, rêver de maison est rêver de l’organisation de son moi.
La maison est une représentation directe de soi et de son psychisme profond.
Ne dit-on pas "mon intérieur" ?
Une maison avec un balcon peut représenter une femme.
Si un homme fait ce type de rêve, c’est peut-être une tendance homosexuelle qui s’exprime.
Lorsque la maison n’a ni terrasse ni balcon, c’est alors l’homme qui est représenté.
Freud voyait dans les événements que subit une maison dans un rêve
tout ce que le sujet pense de lui ou voudrait penser.
Maison en ruine, en bois, maison mal rangée ou maison brinquebalante…
 Tout cela parle des difficultés du moi à tenir debout
face aux pulsions et aux fantasmes inconscients.
 C’est la lutte du moi pour exister et être solide malgré les turbulences.


Interprétation jungienne

La vision jungienne de la maison dans les rêves est liée à l’athanor,
c’est-à-dire le chaudron alchimique dans lequel les éléments se mélangent et se transforment.
C’est une source potentielle de transformation comme un chaudron magique
dans lequel les ingrédients de la réalisation de soi seraient précipités et mélangés.
Etre en difficulté dans sa maison, y être mal à l’aise ou ne pas s’y sentir chez soi,
c’est refuser les changements que les couches profondes de l’Etre réclament.
 A l’inverse, être bien dans sa maison c’est être parfaitement en accord
avec son chemin de vie et sa possible accession au Soi.

 

Symbolique de la maison

 

La maison dans la tradition judéo-chrétienne

 

La maison, c’est la famille.
C’est le lieu des retrouvailles des parents et des enfants.
 C’est aussi le territoire de l’intimité familiale où se bâtit
la cellule primordiale de l’adoration de Dieu.
La maison est également une représentation de l’Eglise, du Temple.
Elle est la représentation miniature du lieu de culte collectif.
Une maison solide est une famille stable.
Analyse du rêve d’Isabelle, 40 ans : Rêver de  sa maison d’enfance
"Nous sommes devant la maison de notre enfance mon frère et moi,
 mais nous ne sommes pas d’accord pour y entrer.
Je voudrais retrouver ma chambre d’enfant
mais lui pense que nous allons déranger nos parents
(qui sont décédés dans la "vraie vie").
Ce que je trouve étrange, c’est que nous avons 7 et 10 ans dans le rêve
mais que nous réfléchissons avec nos esprits d’adultes que nous sommes… ".
 
Isabelle, 40 ans.
"La rêveuse veut revenir à son enfance
et revisiter des sensations et des émotions de son passé.
 Elle veut aussi se retrouver face à ses parents,
peut-être pour leur dire des paroles qu’elle n’a pas pu prononcer autrefois.
Son frère est la représentation de la partie d’elle-même qui a peur de ce retour au passé
 (et de la réaction parentale !) et qui résiste.
Le fait qu’elle réfléchisse en tant qu’adulte laisse entendre
qu’elle fait un travail sur elle-même et veut comprendre a posteriori
des éléments d’elle, fillette, qui lui échappent encore.
La maison représente et englobe tous ces conflits internes
qui se juxtaposent et n’arrivent pas à se concilier".

Article complet ICI

  

mercredi 5 septembre 2018

Le symbole de la maison dans les rêves (3)

 Mercredi 5 septembre 2018


La maison est une représentation symbolique
de notre intérieur, de notre psyché.
Elle est aussi le corps que nous habitons, celui que nous connaissons,
imparfaitement ou dans ses moindres détails.

Chaque pièce est une dimension intérieure,
une facette de la personnalité et un potentiel.
Les pièces nouvelles que nous découvrons
(configuration fréquente dans les rêves)
 sont des aspects ignorés de nous-même jusqu’ici.
 C’est la connaissance de soi qui nous permet de les découvrir et de nous y ouvrir.
  
Les étages de la maison peuvent représenter des endroits physiques
 situés à des hauteurs différentes, comme le ventre ou la tête.
Plus fréquemment, les différents étages représentent
les différents niveaux de consciences
ou les centres énergétiques (chakras) qui parcourent le corps.
Les différents moyens de communication – portes, escaliers – 
entre les pièces et les étages sont révélateurs de la bonne interaction
 entre nos différentes dimensions,
et de la bonne circulation de nos énergies internes.
 
La maison est le corps que nous pouvons observer au moment du rêve,
que nous percevons de l’extérieur.
Son apparence est aussi importante que son aspect intérieur.
Si le rêve offre la vue de plusieurs maisons,
c’est un groupe de personnes qui est ici représenté.
Dans une ville, la maison est un symbole féminin et maternel,
tandis que les immeubles représentent le monde masculin.
 
Chaque pièce qui possède une fonction déterminée
a aussi un symbolisme particulier.
Il convient de se reporter à chacune pour interpréter le rêve
qui fait mention de l’une ou de plusieurs d’entre elles.
 
Tous les rêves de maison seront en rapport
avec notre épanouissement personnel,
révélateurs de notre bonne santé morale et physique.
Plus la maison est solide et saine, plus la représentation inconsciente
que nous avons de notre structure psychique est à l’avenant.
L’histoire des Trois Petits Cochons symbolise parfaitement
les trois stades de notre personnalité.
La maison de paille l’enfance, la maison de bois l’adolescence,
 la maison de pierre l’acquisition de la personnalité adulte.
Ces représentations sont fréquentes en rêve
et nous dépeignent tel que nous nous ressentons,
 ce qui n’est pas forcément corrélatif à notre âge.
 
Dans la lecture d’un rêve, les maisons réelles,
tous les lieux dans lesquels nous avons résidé
et que nous revisitons dans nos rêves
 sont relatifs à la période de notre vie concernée par ce lieu.
Ce sont des repères temporels qui nous connectent
 avec la période de notre histoire évoquée.
Il est très fréquent de se retrouver dans la maison
ou l’appartement de notre enfance.
La maison natale symbolise la cellule familiale
dont nous sommes issus.

Tristan Frédéric Moir 
"Nouveau dictionnaire des rêves"
.

samedi 1 septembre 2018

Le symbole de la maison dans les rêves (2)

Samedi 1er septembre 2018



Voir une maison dans votre rêve représente votre propre âme.
Certaines pièces dans la maison montrent un aspect spécifique de votre psychisme.
En général, le grenier représente votre intellect et le sous-sol représente l’inconscient.

Si la maison est vide, cela indique un sentiment d’insécurité.

 Si la maison change, cela suppose que vous passiez par quelques changements personnels et votre système de croyance peut aussi être modifié.

Rêver que la maison n’a pas de murs représente un manque d’intimité. Vous sentez que tout le monde regarde au-dessus de votre épaule pour traquer vos gestes sur le plan personnel ou professionnel.

Voir une maison abandonnée dans votre rêve implique que vous avez laissé derrière vous votre passé. Vous êtes prêt à aller de l’avant pour mieux affronter votre avenir.

Rêver que vous nettoyez votre maison signifie votre besoin de vider vos pensées et de vous débarrasser des vieilles habitudes. Vous êtes à la recherche de l’auto-amélioration.

Si vous vivez avec d’autres personnes dans votre vie active mais que vous rêviez d’être seul à la maison, cela suppose que vous avez besoin de prendre de nouvelles mesures en ce qui concerne votre indépendance. Vous devez accepter les responsabilités et être plus autonome

Voir une vieille maison délabrée dans votre rêve représente vos vieilles croyances, attitudes oufaçon façons de penser ou ressentir. Une situation dans votre vie actuelle peut vous amener vers ces mêmes vieilles attitudes et sentiments.

Autrement, la vieille maison peut symboliser votre besoin de modifier votre mode de pensée
Si vous voyez le désordre et des maisons délabrées dans votre rêve, cela implique qu’un aspect de votre vie est dans le chaos. Vous pouvez souffrir d’un certain désordre émotionnel ou psychologique. Vous devez libérer ces sentiments afin de reprendre le contrôle de votre vie.

Voir une nouvelle maison dans votre rêve indique que vous entrez dans une nouvelle phase ou une nouvelle zone dans votre vie. Vous êtes de plus en plus mature sur le plan émotionnel. Si vous êtes bloqué hors de la maison, le rêve représente le rejet et l’insécurité.

Rêver qu’on fait irruption dans votre maison implique que vous vous sentiez brusqué. Cela peut se référer à une relation particulière ou situation particulière dans votre vie. Sinon, cela signifie que certains contenus inconscients tentent de se faire connaître. Il y a certains aspects de vous-même que vous avez refusé d’admettre.

Rêver d’une maison hantée représente des relations émotionnelles inachevées liées à votre enfance, des parents morts ou des souvenirs et sentiments refoulés.

Rêver que votre maison a disparu indique que vous vous sentez perdu face à une situation ou relation complexe. Vous sentez que vous êtes déraciné et que vous n’avez plus de repère.

Voir dans votre rêve que l’eau envahit votre maison implique que vous êtes débordé par vos propres émotions.
Article complet ICI


mercredi 29 août 2018

Le symbole de la maison dans les rêves (1)





Mercredi 29 août 2018



La maison dans les rêves, qu'elle soit simple cabane, manoir imposant, appartement vaste ou étriqué, elle représente toujours la personne du rêveur.
La maison est l'image de la personnalité et de l'identité du rêveur, de la rêveuse.

Si la maison est belle, grande et cossue, c'est le signe d'une certaine valeur personnelle pour la rêveuse. Cela peut venir équilibrer ou compenser un sentiment inverse dans l'existence. C'est une façon de remettre la notion de sa propre importance au bon niveau. A l'inverse, une minuscule maison, un peu défraîchie ou à l'abandon, indique la nécessité de s'occuper mieux de soi-même. La maison représente toujours un message important pour la relation de soi à soi, pour le sentiment que nous avons de notre existence et de notre valeur.
(...)

L'intérieur de la maison illustre notre vie interne et les différents éléments de notre personnalité. Un vaste appartement représente une riche vie intérieure. A l'inverse un petit studio symbolise une dimension interne étriquée où l'on peut se sentir à l'étroit ou parfois protégée.
Un intérieur harmonieux et soigné montre un accord avec soi-même, tandis qu'un chez soi en pagaille évoque un certain désordre dans nos idées et notre façon de mener notre existence. Un appartement ou une maison vide représente un sentiment d'isolement ou un besoin de nettoyage interne pour repartir à zéro.
  Un intérieur plein de meubles et de choses diverses, symbolise un passé chargé, cela peut être positif comme négatif. Un intérieur étranger nous fait découvrir des aspects de soi jusqu'alors méconnus. L'ambiance de la maison est à l'image de notre ambiance interne, agréable, pénible, nette ou encombrée, accueillante ou désolée etc.

L'extérieur d'une maison représente notre propre aspect extérieur ou du moins le sentiment et l'idée que nous en avons. C'est notre apparence au monde et la façon dont nous nous présentons aux autres. Cela illustre notre sens de la sociabilité et nos valeurs dans ce domaine.
Ainsi une maison joliment fleurie montre une personnalité avenante, une maison sombre et cachée derrière des arbres symbolise au contraire des difficultés relationnelles. Une maison imposante avec de nombreuses fenêtres, représente une forte personnalité très ouverte sur les autres.
Une maison haute et étroite avec de petites fenêtres est le signe d'une personnalité exigeante qui trie beaucoup ses relations. P
lus la maison a de portes et de fenêtres, plus la rêveuse est accessible aux autres et communique bien avec l'extérieur. A l'inverse plus les ouvertures sont petites ou inexistantes, plus la rêveuse se renferme en elle-même et ne recherche pas le contact avec autrui.
La taille de la maison représente notre importance sociale. Une grande maison nous confère une grande importance dans la société, une petite maison nous représente de façon humble parmi les autres.

La cuisine est une pièce en relation avec la mère. Elle représente le rapport psychologique que nous avons avec ce que représente notre mère. Il y est question de la façon de se nourrir, aussi bien matériellement que moralement.
 C'est une pièce qui véhicule les notions de soins et d'amour. Ainsi une cuisine agréable représente une bonne relation à ses besoins et un sentiment d'estime personnelle suffisant. Tandis qu'une cuisine sombre et laide symbolise un rapport dégradé aux besoins de son corps et de son âme, des difficultés avec sa mère et à être mère soi-même.
La cuisine est aussi le lieu du feu, celui qui transforme les aliments. De ce fait elle représente toutes les capacités à se transformer soi-même. Une grande cuisine propre permet une transformation dans de bonnes conditions. Une petite cuisine très intime offre une transformation de soi à l'abri du regard des autres. L'absence de la cuisine symbolise une grande difficulté à se transformer, donc à évoluer dans sa vie.

La chambre est un des lieux de l'intimité dans la maison. Elle représente notre capacité à nous ressourcer et la qualité de nos relations intimes, affectives et sexuelles. La chambre symbolise notre vie avec l'autre, le compagnon. Une grande chambre claire représente des relations ouvertes et sans arrière pensée avec l'autre. Une chambre sombre et très décorée montre une relation riche et complexe à la fois. Une chambre qui ne ferme pas, symbolise la difficulté à s'isoler pour se retrouver et pour avoir les rapports que l'on souhaite avec l'autre. Une chambre en désordre représente le désordre des sentiments à l'égard de la relation amoureuse, c'est une confusion interne. Une chambre trop rangée montre une trop grande rigidité dans sa vie sexuelle.

La salle de séjour, la salle à manger, le salon toutes ces pièces représentent le lieu des relations avec les autres membres de la famille ou les amis. Elles symbolisent notre façon de communiquer avec ces autres personnes et la qualité des échanges existants dans une famille.
Un grand salon clair symbolise une bonne entente familiale ou amicale, sans cachotteries. Un petit salon sombre sera le signe de relations difficiles.
Un salon tout en longueur représente des relations étirées, voire intermittentes.
L'ambiance du salon est à l'image de l'ambiance dans la famille ou avec les amis. La pièce peut être chaleureuse ou froide, hautaine ou simple, naturelle ou raffinée etc.

La salle de bain est le lieu de l'eau, symbole des sentiments et de l'inconscient. Elle représente la relation avec son corps, notamment avec sa sexualité. Elle symbolise aussi notre capacité à nous laver, soit nous débarrasser de certains évènements et ainsi à nous ressourcer.
Une salle de bain agréable est le signe d'un bon rapport à soi-même et à ses désirs sexuels.
Une salle de bain trop petite représente une vie sexuelle trop étriquée.
Une salle de bain sombre signifie une difficulté à comprendre ses propres besoins.
Une salle de bain colorée, fleurie est signe de plaisir. Une salle de bain qui ne ferme pas représente le manque d'intimité pour vivre un vrai ressourcement.

Les wc, ou toilettes symbolisent le lieu de l'évacuation. Il est ici question de notre capacité à nous débarrasser de certains sentiments ou de certaines idées négatives qui nous encombrent. Les wc qui ne ferment pas nous empêchent toute évacuation et signifient notre difficulté à tourner la page ou à pardonner.
Des toilettes trop étroites ou trop vastes représentent un côté inadapté pour se sentir débarrassée des aspects gênant du passé. Aller aux wc est un acte positif qui nous soulage de certaines choses de notre histoire qui pesaient sur nous ou notre humeur. Il est toujours bon de se soulager aux wc, même en public.

Le grenier représente le lieu de nos idées. C'est tout ce qui nous trotte dans la tête et que nous n'avons pas encore bien déterminés. Ces idées sont encore en haut, elles n'ont pas pris consistance, mais elles existent. Le grenier est un espace de notre esprit où sont aussi rangés nos souvenirs. Aller dans le grenier peut représenter une certaine nostalgie. C'est aussi le signe d'une activité mentale, positive ou pas.
 Du bruit dans le grenier signifie que des idées nous travaillent à notre insu. Un grenier encombré représente une tête trop pleine et surmenée. Un vaste grenier agréable est une capacité intellectuelle positive.

La cave représente le sous-sol de notre conscience. C'est le lieu où nous refoulons certains aspects de notre vie. La cave symbolise notre zone d'ombre, ce que nous avons laissé derrière nous et oublié, mais pas complètement.
Descendre à la cave signifie aller voir en nous-mêmes les contenus oubliés et refoulés de notre vie. Une cave encombrée représente de nombreux aspects refoulés dans sa vie et qui risquent de réapparaître. Une cave inquiétante signifie que nous avons peur de nous-même et notamment de certains de nos désirs.

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dimanche 26 août 2018

L'étoile mystérieuse des rêves

Dimanche 26 août 2018 

 

L’étoile mystérieuse des rêves

 

« L’homme a du génie quand il rêve », clamait le cinéaste Akira Kurosawa. Aux frontières de la conscience, le rêve nous veille et nous éveille. Initiatique autant qu’énigmatique, il nous invite à traverser le miroir pour décrypter ses messages...

 
« Dans mon rêve, j’ai sept ans, mais le raisonnement de l’adulte que je suis.
Je navigue dans un monde futuriste, où la guerre a tout détruit.
Je tombe sur la maison de mon enfance, qui, bizarrement, tient debout dans les ruines.
Je descends à la cave et je découvre un mausolée.
Sur les murs couverts de moisissures, des photos épinglées de mon passé
 et des membres de ma famille, sur plusieurs générations,
y compris ceux que je n’ai pas connus.
 
 Alors que je déteste les caves, je ressens une profonde sérénité,
comme si plus rien ne pouvait m’arriver.
Je sens la présence de mes proches, même morts.
Émue de voir que les traces du passé ont subsisté,
en dépit du monde anéanti, je me réveille, des larmes plein les yeux.
 
Une grande force m’accompagne depuis ce rêve,
comme si mes fondations étaient consolidées »,
 
partage Brigitte, alors en pleine phase de transition.


À fortiori lorsqu’il est saillant,
le rêve ferme la boucle d’un certain temps de notre vie,
 pour en ouvrir un autre.
Il est le signe que quelque chose arrive...
Révélateur, il amène à la conscience, sous forme sensible d’images, de mots,
 sensations et symboles crépusculaires,
ce que l’on ne peut encore (se) formuler dans la lumière des jours.

 

Un pouvoir immense

Mystérieux, foisonnant, souvent extravagant, le rêve égrène des énigmes sibyllines, des détails de génie pour le moins cocasses, des intuitions et messages phares, au fil d’improbables scénarios.
 
« Ce que peut le rêve est immense. Réparer, se remémorer, prophétiser, écouter, mettre en garde, terroriser, apaiser, dévoiler, libérer. Et nous permettre d’oublier », relève la psychanalyste Anne Dufourmantelle. Loin des interprétations toutes faites, forcément restrictives, c’est un chemin de connaissance de soi. D’évolution.
 
« La voie royale vers l’inconscient », dixit Freud. Une invitation à l’action à même de nous sortir de la glaise de l’immobilisme et de nos schémas récurrents. Selon Roland Pec, somnologue et psychologue – qui travaille à l’articulation entre la biologie et la psychologie du rêve – interpréter signifie donner un « sens » au rêve, dans ses deux termes : signification et direction.

« L’enjeu n’est pas de chercher la vérité des rêves. L’essentiel, selon moi, c’est la direction : vers quoi ce rêve tend-il ? Quelle orientation indique-t-il, en état vigile ? Le thérapeute, lui, est un facilitateur, un maïeuticien. »
 Cette ouverture magique offre une perspective élargie de notre quotidien, de notre conscience, un autre angle de vue, décalé, sur la réalité. « Plus on travaille l’inconscient par le biais du rêve, plus la conscience devient claire », avertit la psychologue et psychothérapeute Monique Tiberghien... et plus les rêves nous éclairent !
Si tant est que l’on puisse « éveiller » le rêve. Des sages de l’Antiquité aux peuples traditionnels, en passant par les yogis ou les pères de la psychanalyse, le travail sur les rêves a traversé les âges.
 
Ces enseignements trouvent leur écho contemporain dans les recherches menées sur les rêves lucides. On peut ainsi apprendre à développer la conscience du rêve – le convoquer, l’orienter, voire le maîtriser ou le modifier, telle une voie d’éveil. Si les récentes découvertes sur le sommeil, portées par le développement des neurosciences, ont fait progresser la compréhension de la mécanique onirique, la substance même du rêve demeure nimbée d’une importante part de mystère...La part du rêve !
 
 


 

L’histoire rêvée du songe

Ce réel, si cher à la science, s’entrouvre alors sur un monde extraordinaire.
Pour l’écrivain argentin Jorge Luis Borges, « le rêve est l’art premier ».
« Les textes les plus anciens, sans exception – mésopotamiens, grecs, égyptiens, latins, chinois, etc. – portent mention de récits de rêves », relève Roland Pec, qui mène des recherches sur le sujet.

Même la préhistoire n’est pas en reste. De nombreuses peintures rupestres, parfois vieilles de plus de 30000 ans, témoignent de cette activité onirique. « Selon des paléontologues de renom, une proportion importante de scènes de chasse représenterait davantage des scénarii de rêves que des faits réels », observe Roland Pec. Dans le cours de l’histoire, l’avènement de l’écriture a permis de conserver des traces quant à l’usage et l’interprétation des rêves.

L’une des premières traces écrites d’un rêve proviendrait de Mésopotamie. Elle remonterait au IIIe millénaire av. JC. Gravée sur la stèle dite « des Vautours », elle raconte comment le roi sumérien Eannatum reçut en songe l'ordre de prendre le pouvoir.

L'antiquité est une période faste pour les rêves, perçus comme des portes prophétiques, divines, entrebâillées sur le futur.
« Le dieu a créé les rêves pour indiquer la route au dormeur dont les yeux sont dans l’obscurité », peut-on lire sur le Papyrus Insinger, ce manuscrit phare, daté approximativement du IIe siècle av. J.-C., qui condense la sagesse de l’Égypte antique.
Les prêtres égyptiens, appelés « maîtres des choses secrètes », étaient considérés comme des intermédiaires, à même d’interpréter et de délivrer la clé des songes.
 
Le rêveur grec antique, lui, ne fait pas un rêve, il voit le rêve :
Oneiros (littéralement « qui voit le rêve »), le dieu des rêves, venait en effet visiter le dormeur, dans le but de lui transmettre un oracle.
« Dans les modèles oniromythiques (biblique, antique, mais aussi traditionnel), le monde d’où surgissent les rêves est invisible. Il est surnaturel et extérieur au dormeur.
Soit l’âme du rêveur rend visite à un être surnaturel, soit c’est ce dernier qui lui rend visite. Et les rêves ont pour fonction d’annoncer l’avenir », poursuit Roland Pec.
 
Mais ces visites divines dans le repli du sommeil ne font pourtant pas de l’homme un sujet passif – il est amené à faire des choix et poser des actes. « C’est typique de l’Antiquité : le message symbolique du rêve est totalement ignoré, seule compte la prédiction concrète », relève Roland Pec.
Une exception, cependant, à cette vision : Aristote, auteur de deux ouvrages sur ce thème, affirme haut et fort, au VIe siècle av. J.-C., que le rêve n’est pas issu d’une révélation surnaturelle, mais qu’il découle de l’esprit humain.
De nos jours, cette théorie « intérieure » prévaut largement en Occident. (...)