samedi 10 février 2018

Le Soi comme intelligence globale supérieure

 Samedi 10 février 2018
 
 
 
Des informations d'une grande clarté pré-cognitive surviennent parfois en rêve,
 alors que la personne n'est ni confrontée à un problème majeur, ni même en questionnement.
Au contraire, un rêve prémonitoire peut parfois
déranger la vie tranquille et satisfaisante du conscient.
 
Rappelons-nous que, dans l'état de rêve, le rêveur et par définition inconscient,
 et que le rêve exprime des matériaux de l'inconscient.
Or, nous verrons que le rêveur est capable de penser, d'inventer,
de se rappeler et d'analyser (dans l'état de rêve) un rêve précédent
et d'en tirer des conclusions...
 
Dans d'autres occasions, il s'agit de ce que l'on pourrait appeler
des rêves-guides ou rêves de guidance,
 présentant au conscient une nouvelle voie d'activité possible
(Utilisons "guidance" pour signifier : capable de conseiller, de guider,
dans un sens large laissant la place à la liberté du sujet de suivre ce conseil ou non)
 
Dans ces rêves de guidance, l'inconscient ou plus précisément son sujet, le Soi,
 transmet l'information au conscient de son propre chef pourrait-on dire,
puisque celle-ci ne correspond à aucune demande, formulée ou non, du conscient.
 
Dans ce type de situation, on saisit sur le vif
 que l'intention ou l'impulsion ne vient pas de notre conscient mais de l'inconscient.
Et si l'inconscient démontre une intention, on a impérativement besoin de considérer
 un sujet de l'inconscient,
c'est-à-dire un agent intelligent capable d'impulser des dynamiques
 dans le champ sémantique d'un individu.
 Ce sujet, c'est ce que Jung nomme le Soi.
 
De fait, l'inconscient fait preuve de pratiquement toutes les capacités
attribuées au mental et à l'intelligence, donc au conscient
(auquel Jung se réfère quand il parle de "la conscience" dans l'extrait ci-dessous).
C'est là précisément le postulat qu'a posé Jung pour cette même raison :
 
"Si l'inconscient peut contenir tout ce qui est connu comme fonctions de la conscience,
 la possibilité s'impose qu'à la fin il possède également comme le conscient
un sujet, c'est-à-dire une sorte de moi.(...)
 
"En même temps l'hypothèse d'un subconscient
auquel vient immédiatement s'adjoindre un "supraconscient"
laisse présager ce qui m'importe particulièrement ici,
à savoir le fait que l'existence d'un second centre psychique
 existant à côté de la conscience
 -quelles que soient les propriétés dont nous le soupçonnions -
 est d'une signification absolument révolutionnaire,
étant donné que l'image que nous avons du monde
pourrait s'en trouvée transformée de fond en comble.
 
Si nous pouvions faire passer dans la conscience du moi,
ne serait-ce que les perceptions qui se produisent
dans un second système psychique (le Soi),
nous obtiendrions la possibilité
 d'élargissements inouïs de l'image du monde".
(C.G. Jung "Les Racines de la conscience")
 
Nous voyons dans cette citation que Jung va beaucoup plus loin
que de simplement attribuer au Soi une intelligence et une volonté propre de sujet.
Il le dote de capacités "supraconscientes"
et dans "Ma vie", nous trouvons de nombreux exemples
du fait que Jung a vécu une large gamme d'expériences
de nature psi ou supraconscientes.
 
Par exemple :
plusieurs précognitions  de la première guerre mondiale,
ainsi que d'accidents ou de décès dans la famille (en rêve ou par vision directe);
apparition de Richard Wilhelm juste avant la mort de ce dernier;
états de contemplations; une expérience du seuil de la mort lors d'un infarctus,
des phénomènes spirites et psycho-kinétiques
 (une sonnette est mystérieusement actionnée), etc.
 
C'est en cela qu'il nommait le Soi un spiritus rector -un esprit à la fois guide et directeur -
et qu'il lui attribuait l'impulsion de l'évolution intérieure et spirituelle des êtres
 (et donc de l'humanité).
.
Christine Hardy
La prédiction de Jung"
.

 
 

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