jeudi 22 février 2018

Le Moi, le Soi et les rêves

 Jeudi 22 février 2018


 
C'est dans le temps de son auto-analyse, de 1913 à 1917,
après la rupture avec Freud et la profonde régression quelle déclencha
que Jung fit l'expérience d'un autre centre de la personnalité que le moi,
d'un centre virtuel, dont il conclura, de nombreuses années plus tard,
 qu'il agit comme un organisateur inconscient.
 
Ce fut avant tout une expérience et non une idée
qui découlerait d'une réflexion théorique ou d'une pensée déductive :
un fait psychique récurrent, s'imposant à l'esprit malgré sa radicale nouveauté
impliquant l'existence d'un inconscient impersonnel
qui n'est donc plus celui dont Freud a fait la théorie.

Aussi faut-il attendre la publication des Types psychologiques, en 1921,
pour que le Soi soit nommé et sommairement décrit dans sa relation au moi
( « le Soi est beaucoup plus vaste que le moi ;
il comprend aussi l'inconscient tandis que le moi
est surtout le point central de la conscience »).
 
Par cette découverte empirique, la complexité est acceptée pour elle-même
sans avoir à la réduire, comme l'a fait dans ses débuts la psychanalyse,
au point de vue souvent unilatéral du moi.
  C'est l'homme total, conscient et inconscient, corps et esprit,
qui reçoit cette expérience.
 
Le moi gagne toujours à s'ouvrir aux mouvements souterrains du Soi,
à ses cheminements aléatoires que l'on peut suivre à travers les rêves
 et qui l'engagent dans d'heureuses bifurcations,
mais il demeure celui par qui,
dans les limites humaines de l'espace et du temps,
le réel nous parvient.
 
C'est lui seul, comme le remarque Jung à la fin de sa vie,
qui peut donner « une voix et un nom au monde et à lui-même ».

Aimé Agnel


Guy Corneau nous explique le Moi et le Soi : 




 
 

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