mardi 27 février 2018

Interprétation du rêve "Le Saint-Je" (2)

Mardi 27 février 2018 
 
 

La guérison du masculin

Le groupe d'hommes qui travaille au Grand Œuvre de la profondeur, c'est un peu la guérison du masculin dans l'être du rêveur. Justement, sortir de cette crispation, c'est la guérison du masculin. Qui peut, du coup, se tourner vers les profondeurs, sans crainte.
Dans le groupe, figure un homme blond aux cheveux longs et au visage angélique qui évoque au rêveur un ami voyageur, c'est-à-dire un homme qui dépasse les frontières. La quête des profondeurs, c'est ainsi le dépassement des frontières intérieures. On ne peut s'empêcher de penser à une sorte d'image archétypique du Christ ou d'homme divin. C'est une figure du masculin transfiguré par le Soi. C'est-à-dire qui intègre la lumière, qui n'est plus dans la crispation.

En descendant dans les profondeurs, le rêveur admire le travail qui est fait : des galeries  avec un soutènement solide, qui représentent ici un encouragement à emprunter cette voie : il n'y a pas de risque d'effondrement, mais une solidité de l'être.

Puis l'homme découvre cette ville. Une ville dans les profondeurs, dont il est dit qu'elle est en ruine. Souvent, dans les rêves, lorsqu'il y a des ruines, ça signifie qu'il y a une dimension inconsciente qui a été perdue depuis longtemps, ou même jamais rencontrée, et qui est donc à l'état de ruines, désaffectée. (Dès que le conscient rencontre cette dimension perdue, on voit arriver  souvent d'autres rêves où il n'est plus question de ruines, mais d'une ville bien vivante.)

Il y a toute une ville, toute une société symbolisant ce qu'on peut appeler les racines intérieures de l'âme. Pour le rêveur, ces racines évoquent le monde de la tradition juive dont il est issu, tradition qu'il méconnaissait jusque-là et qu'il découvre peu à peu à l'époque où il fait ce rêve.

A ce moment-là se passe quelque chose de capital dans le rêve. Le rêveur s'aperçoit que des gens ramassent avec avidité tous les objets qui sont là pour les vendre 600F. C'est justement le danger dans lequel il ne faut pas tomber : lorsqu'on rencontre la sphère lumineuse du Soi, il y a toujours un reste du moi crispé qui se dit : "Tiens, il y a plein d'énergie à récupérer. Et après je vais en faire mon commerce !" 600F, c'est le chiffre 6, qui, en numérologie hébraïque, est le nombre du masculin, ici le masculin aliéné, qui en est encore à devoir se prouver que, prouver que...Il peut y avoir une utilisation masculine négative de la grâce du Soi rencontré dans les profondeurs, qui serait d'en retirer beaucoup d'énergie pour plus s'affirmer, d'y gagner de la puissance rien que pour le moi, de faire commerce de l'énergie du Soi.
On peut explorer des choses magnifiques, des états de grâce intérieurs, mais ensuite le danger est de les utiliser dans une sorte d'affirmation narcissique, ce qui entraîne immanquablement des dérapages inflationnistes. L'on pourrait se prendre pour un grand personnage, un grand maître, pour le Messie !
Si ce dérapage se produit, la grâce du Soi se retire.

Mais ici, le rêveur affirme : "Cela ne m'intéresse pas !" Il n'est pas là pour se laisser piéger dans le narcissisme du moi. Il est averti du danger.

La question posée ici est aussi : "Est-ce qu'on fait les choses pour l'argent ?". C'est une question très concrète, qui interpelle en premier lieu le thérapeute : Est-ce qu'on fait ce travail pour l'argent ou en premier lieu pour être un véhicule de vie ? Ici aussi doit se produire une décrispation...


Pierre Trigano
"Le Sel des rêves"
 .
(à suivre)


 
 
 

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