mercredi 27 décembre 2017

Le chamane : un praticien du rêve

Mercredi 27 décembre 2017



"Un grand chamane est avant tout un bon rêveur"
disait au début du siècle un chamane bouriate.
Et à la même époque, Nimuendajù le sorcier chipaya ajoutait en écho :
"les rêves sont l'origine de la sagesse du chamane".
 
La possibilité pour l'être humain d'échapper à son environnement
et d'accéder au "monde-autre" où résident les esprits
existe dans toutes les sociétés cultivant
l'idée d'une réalité à plusieurs étages,
  différents mais perméables.
 
Visite passive dans le rêve nocturne habituel,
ce contact prend la forme de voyages contrôlés, actifs
quoique tout aussi oniriques, lors de pratiques
rassemblées sous le terme général de chamanisme,
  que Mircéa Eliade définissait comme une "technique de l'extase".
 
  L'homme-médecine, le sorcier, le druide ou le chamane
remplissent la même fonction, marquée par leurs différences culturelles.
Ils régulent les relations entre nature et surnature en intercédant auprès des esprits.
Ils poursuivent aussi les mêmes buts : soigner les malades,
accompagner l'âme des morts, obtenir une divination
ou agir sur les éléments naturels.
 
Qualifié de "praticien du rêve" par l'ethnologue Michel Perrin,
le chamane utilise le rythme, la danse et les substances psychotropes
pour obtenir la transe et les rêves
qui lui permettent d'accéder au monde des esprits,
source de ses pouvoirs et terrain de son action.
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Mohamed Cheguenni
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