dimanche 8 octobre 2017

La vie en double

 Dimanche 8 octobre 2017
 
Quand j'étais cloué au lit, à l'hôpital des vétérans,
avec ce trou béant au milieu de ma vie,
 j'ai commencé à faire ces rêves où je volais...
J'étais libre.
Mais un jour ou l'autre, il faut se réveiller...
.
Monologue de Jake
au  tout début du film "Avatar"
.
 
 
 
Le thème de la vie "en double",
et d'une "existence parallèle pendant le sommeil"
apparaît dans  plusieurs œuvres de cinéma
 et entre autres dans le célébrissime film "Avatar".
 
Dans ce film, on peut remarquer que Jake Sully et son "avatar" entretiennent 
plus ou moins le même rapport que  le "moi de veille" avec "le moi de rêve"...
Chaque fois que Jake "s'endort" dans son caisson,
il se réveille dans un autre corps, dans un autre monde
et vit une vie parallèle, une "deuxième vie"...
dans laquelle il est à la fois lui-même et un autre.
 
C'est évidemment un film riche et foisonnant qu'on peut aborder de bien des façons,
 mais l'approche sous l'angle du rêve est, je trouve, des plus intéressantes :
 
OUVRIR LES YEUX
 
"AVATAR débute par un homme réel qui ouvre les yeux
et s'achève par un homme totalement virtuel qui ouvre les yeux
et qui a renoncé définitivement à son ancien monde.
L'Homme nouveau est là et il est de rêve.

 

 
POUVOIR DU RÊVE
 
"Vous n'êtes plus au Kansas" 
C’est sur cette réplique faisant référence au
Magicien d’Oz
que le Colonel Quaritch débute son discours de bienvenue
aux nouveaux arrivants sur Pandora.
Classique absolu pour le public américain,
Le Magicien d’Oz de Victor Flemming (1939)
est une des œuvres sur le rêve les plus iconiques du cinéma américain.
Par conséquent une telle réplique placée à un tel point du récit
devient une véritable note d’intention et indique sans détour
 que le film de James Cameron revendique l’appartenance
à cette famille que sont les films sur le rêve.

Il n’y a donc alors rien d’étonnant d’entendre les Na’vis appeler
les humains utilisant des avatars des dreamwalkers
(littéralement "marcheurs de rêve"). 
 Pour les humains (et le spectateur),
Pandora est une terre de rêve
où la barrière avec la réalité est confuse,
à l’image du premier plan du film :
une vision vue du ciel de Pandora avec une voix off de Jake
 évoquant son rêve de voler et s’achevant par son réveil.
 Quelle est la place dans le récit de ce plan :
appartient-il à l’imaginaire de Jake qui rêve de Pandora
ou bien est-ce une vision "réelle" de Pandora,
raccordée narrativement au réveil de Jake ?
Le propos du film est posé.
 
 
AVATAR parle de rêve et cherche à réveiller cette envie d’imaginaire
qu’il y a en chacun de nous en ressuscitant des émotions primordiales :
explorer un monde fantastique, voler au dessus des arbres et des montagnes,
 vivre une histoire d’amour hors du commun,
dompter un dragon ou encore se battre contre un ennemi redoutable et cruel.
Ce sont ces émotions liées à l’imaginaire et au rêve,
et qui n’existent pas dans la réalité,
qu’Avatar cherche à faire vivre au spectateur.
 
 
Les Na’vis et Pandora ne sont ni plus ni moins que des archétypes,
des images qui transcendent une définition fermée et limitée
car ils sont avant tout rêve et fantasme. (*)
Ils sont à la fois tous les êtres imaginaires et aucun en particulier,
 et ils n’ont pas besoin de conquérir l’imaginaire collectif car ils en font déjà partie :
être un Na’vi et expérimenter la vie sur Pandora,
c’est avant tout se laisser aller au rêve et aux émotions primordiales.

AVATAR
 se veut une expérience du rêve, et c’est l’émotion du rêve
qui est au cœur de chaque plan et de chaque scène du film.
Celui qui a toujours rêvé au plus profond de lui de voler
sera transporté lors du premier vol de Jake
et celui qui a toujours rêvé d’un amour hors norme sera bouleversé
lorsque Neytiri prendra le petit corps humain de Jake dans ses bras.
 
Avatar conte un retour aux sources,
celui aux images primordiales du rêve et sa force,
 son essence et sa substance, c’est cette force iconique du rêve
qui est le but même du récit.
 

Ainsi lorsque dans l’ultime scène, Jake renonce définitivement
 à son corps d’humain pour son corps de Na’vi,
si nous nous raccrochons à la scène d’ouverture,
alors nous voyons un homme qui renonce à la réalité pour le rêve."
.
Ange bleu
Article complet ICI
.
 
 (*) L’apparence des Na’vi,
 les personnages natifs du monde dépeint dans le film,
 a été inspirée d’un rêve que la mère de Cameron
 avait fait longtemps avant qu’il n'écrive Avatar.
Elle avait rêvé d’une femme bleue de 12 pieds de haut
et James Cameron se disait : « C’est une image cool ! ».

C’est ainsi qu’en 1976 ou 1977, il mit dans son premier scénario une planète
avec une population autochtone « sublime » à la peau bleue
ayant une taille de 12 pieds,
ce qui constituera plus tard la base du peuple Na’vi dans Avatar.
 Concernant le choix du bleu pour la couleur de peau des Na’vi,
Cameron dit : « J’aime simplement le bleu. C’est une bonne couleur…
 de plus, il y a un rapport avec les dieux hindous
ce qui me plait sur le plan conceptuel. »
.

 
 
  

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