dimanche 24 septembre 2017

Continuité et relativité du rêve

Dimanche 24 septembre 2017
 
 Jung écrit dans Sur la méthode de l’interprétation des rêves que
« la série onirique est comparable à une sorte de monologue
qui s’accomplirait à l’insu de la conscience.
Ce monologue, parfaitement intelligible dans le rêve,
sombre dans l’inconscient durant les périodes de veille,
 mais ne cesse en réalité jamais.
 
Il est vraisemblable que nous rêvons en fait constamment,
même en état de veille,
mais que la conscience produit un tel vacarme
que le rêve ne nous est alors plus perceptible »
.
"Le rêve en psychologie analytique"
Wikipédia
.
 

 

... si le récit et l'analyse du rêve sont si importants,
ce n'est pas tant, le plus souvent, parce que le rêve serait la clef,
l'expression ou la projection de la vie de veille,
 que parce qu'il est à la fois le précédent et la suite d'une aventure
qui se vit aussi à l'état de veille.
 
Les péripéties du rêve et celles de l'état de veille
s'interprètent en continuité.
.
Marc Augé
 
On pourrait imaginer,
pour représenter concrètement cette "continuité",
une ligne sinusoïdale :
la ligne des abscisses (ligne horizontale) 
représentant le niveau minimal
de la conscience diurne :
alternativement, au fil des jours et des nuits,
notre attention se déplace 
au-dessus de cette droite ou en-dessous...
du conscient à l'inconscient,
sans que jamais la ligne ne soit rompue...
 
Simplement, notre mémoire ne garde, en général,
que le souvenir des événements situés "au-dessus" du 0,
La seule exception étant la mémoire des rêves, qui, elle,
 est une mémoire (sans doute partielle et déformée)
de ce qui s'est passé "en-dessous"...pendant que nous dormions...
 
Mais la vie, notre vie, n'est pas limitée à la partie "positive" et visible,
elle est, dans sa définition "large",
la somme de nos expériences diurnes et nocturnes.
Elle est la somme de ce que nous connaissons de nous-mêmes...
et de ce que nous ne connaissons pas.
 
Elle est beaucoup plus "vaste" et plus profonde,
que ce que notre conscience habituelle,
marquée par le voile de l'oubli,
peut nous en dire...
 
Et c'est pourquoi, dans la quête
pour retrouver la "totalité" de nous-même,
les rêves, qui sont, en quelque sorte, les "bribes de vie"
arrachées à la perte mémorielle de cet "autre côté de nous",
sont une aide extrêmement précieuse...
 
On peut d'ailleurs se demander, aussi,
si la situation n'est pas une situation "en miroir" :
 
alors que, pour le "moi qui veille" ,
les aventures de nos nuits
restent en grande partie, un mystère...
il n'est pas impossible que, pour notre "être nocturne",
pour le "moi qui rêve" (*), pour le moi du "dessous",
notre vie quotidienne  soit vécue, de la même façon,
comme quelque chose d'étranger, de mystérieux,
comme une "ombre" aux contours flous,
à peine entr'aperçus...
 
 
Notre vie "de surface" serait alors le "rêve" de notre "double". 
 
Dans ce cas, la notion de rêve serait juste
une question de "point de vue" :
ce qui est nommé "rêve", ce serait , simplement, 
ce qui ne fait pas partie du "côté"
 que nous sommes en train de "vivre"...:-) 
 
Et tous les "événements", diurnes et nocturnes,
ne formeraient, au final,
qu'une grande et unique "aventure",
une odyssée "entre deux mondes"...
.
La Licorne
.
 
(*) Selon l'analyste américain James Hillman
le moi qui rêve n'est pas le même que le moi éveillé.
 
Les deux Moi entretiennent en effet une relation de gémellité
et sont, employant un vocabulaire jungien, « les ombres l'un de l'autre »
 explique-t-il dans "La Beauté de Psyché, L'âme et ses symboles"
.
 
 

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