samedi 16 décembre 2017

Un rêve chamanique

Samedi 16 décembre 2017
 

"Rêver ne peut être qu'une expérience.
Rêver ne signifie pas seulement avoir des rêves.
Par l'acte de rêver, nous pouvons percevoir d'autres mondes,
que nous pouvons assurément décrire.
 
Mais nous ne pouvons pas décrire ce qui nous les rend perceptibles.
Néanmoins nous pouvons sentir comment rêver ouvre ces autres royaumes.
Rêver semble être une sensation - un processus dans nos corps,
 une conscience dans nos pensées."
.
"L'art de rêver"
Carlos Castaneda


Ainsi les chamanes, qui cumulaient plusieurs fonctions,
pouvaient utiliser l'état de rêve pour guérir une personne, ou l'exorciser.
D'après Jeremy Taylor, il s'agit de ce qu'on appelle le rêve lucide
et le pouvoir de guérison de ces rêves est très puissant.

Voici un exemple de rêve chamanique raconté par Jeremy Taylor
(cf. Where people fly and water runs uphill, Warner Books).
Il fit ce rêve alors qu'il travaillait comme thérapeute
 auprès de jeunes autistes et schizophrènes :


"Je me retrouve flottant dans un espace flou et gris. Eric, un des jeunes les plus perturbés et les plus violents, apparaît devant moi, riant en roulant les yeux comme quelqu'un de fou. Je le regarde pendant un long moment, puis je commence à voir son aura. Il est d'une drôle de couleur rose et il s'étend autour de lui jusqu'à une distance d'environ 20 pouces. L'aura ondule lentement et change de forme, comme un nuage de gaz. Je remarque qu'il y a d'étranges piquants noirs tout autour de lui. Ils ont à peu près un pied de long et un demi pouce d'épaisseur à leur base, là où ils sont attachés à son corps. Je me sens terriblement fatigué, j'ai envie de dormir. Comme je combats mafatigue, je me dis qu'il serait absurde de dormir puisque je dors déjà. Je réalise alors que je suis en train de rêver.
Maintenant je regarde Eric plus attentivement. S'agit-il d'une projection de moi-même, d'un aspect de moi ? C'est ce que je pense, mais j'ai pourtant le sentiment qu'il y a plus que cela. Mon épuisement augmente, et mon esprit est confus et lent. Pourquoi mon rêve m'offre-t-il cette image d'Éric couvert de piquants ? Quel est le sens thérapeutique de ce rêve ?
Je réalise que peu importe le sens du rêve, ces piquants ne devraient pas être là. Alors je me dis que quoiqu'ils représentent, je devrais les enlever. Je me déplace vers Eric et je lui dis télépathiquement que je vais "déraciner" les piquants de son aura. Je commence donc à arracher, déraciner les piquants avec mes mains, et déraciner est le terme exact car si je ne fais que les casser j'ai le sentiment qu'ils repousseront . Il faut donc les déraciner pour s'en débarrasser.
Je viens à bout d'enlever tous les piquants, et je ressens un immense soulagement. Alors je m'éloigne d'Éric et je quitte le rêve."

Le lendemain matin, alors qu'il n'avait raconté ce rêve à personne,
J.T croise Eric qui bondit vers lui, très fâché, et lui crie :
"Tu m'as volé quelque chose la nuit dernière !"
 J. T lui répond que la nuit dernière il dormait dans son lit,
mais l'autre insiste :
"Tu as enlevé quelque chose de moi ! Rends-le moi !"
J.T lui demanda de quoi il s'agissait.
Eric ne pouvait répondre. Alors J.T lui demanda comment il se sentait.
Surpris, Eric répondit qu'il se sentait bien.
Alors J.T lui dit : "Voilà qui est plutôt inhabituel, n'est-ce pas ?
Peut-être que tu ne veux pas vraiment ravoir
ce que tu as perdu la nuit dernière ?"
Ils se regardèrent un long moment, puis Eric acquiesca.

Voilà une expérience de rêve lucide chamanique
qui montre bien comment le chamane peut utiliser l'art de rêver
pour accéder à une autre énergie afin de modifier la réalité.

Ainsi plutôt que de considérer les rêves lucides
comme des expériences amusantes,
on devrait explorer leur potentiel de guérison,
dans la même optique que les chamanes guérisseurs,
pour notre bien et le bien de la communauté.
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Estelle Melanson-Leblanc

Qu'est-ce que la conscience humaine ?

 
Vendredi 15 décembre 2017
 


Jeremy Narby est anthropologue et écrivain.
Il a vécu de nombreuses années auprès des Ashanincas
en Amazonie Péruvienne afin de répertorier les utilisations
des ressources de la forêt pluviale par les indigènes
et aider à combattre la destruction écologique.

Son séjour lui inspirera trois livres,
dont le best-seller "Le serpent cosmique"
dans lequel il examine les systèmes de connaissances indigènes
et l’utilisation de l’Ayahuasca.
 
 
 

jeudi 14 décembre 2017

La vraie réalité selon les Jivaros

 Jeudi 14 décembre 2017
 
 

Pour les indiens Jivaros (Shuars) de l'Amazonie équatoriale, 
l'existence que nous connaissons à l'état de veille est illusoire. 
Elle est ce que nous appelons une fantasmagorie.

La "vraie" réalité,
celle où se trouve les causes des bonheurs, des malheurs, 
des maladies et des multiples événements du quotidien 
appartient à l'invisible
Cet autre univers fermé aux sens peut être abordé en rêve 
ou en état de transe à l'aide de certaines drogues.

Ainsi, les Jivaros, comme beaucoup de peuples d'indiens d'Amérique, 
ont-ils renversé notre manière de voir : 
ce qui est réel pour eux est illusoire pour nous 
et inversement, ce qui est illusoire pour nous est réel pour eux. 
Ce qui montre le caractère relatif de notre "vision du monde".
 
L'ethnologue américain Michael Harner
prit la boisson hallucinogène des Jivaros 
à base de lianes (la banistériopsis)
et expérimenta cet univers invisible 
qui est pour eux la réalité. 
Il rencontra des hommes à tête d'oiseau, des créatures dragons 
et la multitude des "esprits alliés".

Ils apparaissent sous forme de papillons géants, de jaguars, de serpents
Ils protègent ou attaquent, donnent la maladie, la mort 
ou bien la guérison ou la vie.

Ces êtres lui apparurent comme les vrais dieux de notre monde, 
des créatures capables de manipuler notre pauvre "réalité matérielle"; 
Pour les Shuars, nous vivons la mauvaise face de l'univers, la face obscure. 
Celle qui est aveugle.
(...)
.
Erik Sablé
"L'univers est un rêve"
.




mercredi 13 décembre 2017

Renouveau du chamanisme

Mercredi 13 décembre 2017
 
Dans l'avenir l'esprit de l'homme rouge,
qui avec amour et vénération respecte tout ce qui vit,
s'emparera de vos enfants et pénétrera en ceux
qui ne savent rien de lui.
.
Seattle, chef Dawnish
1855
.


Le renouveau du chamanisme n'est pas seulement le fruit
          des mouvements psychédélique, hippie ou New Age.

 Inspiré par le réenchantement du monde
auquel invite la science de pointe,
           il fut amorcé par des scientifiques
et porte la marque de leur cartésienne méthode,
qui conduit en un premier temps à étudier séparément
chaque élément d'un phénomène observé.

 Des biologistes s'intéressèrent aux effets des substances psychotropes.
Des ethnologues décidèrent d'explorer les états de conscience
auxquels le chamanisme fait appel.
Des thérapeutes voulurent adjoindre à la médecine moderne
 une démarche inspirée des pratiques chamaniques.

Tous rencontrèrent sur leur route l'onirisme.

Article complet sur le site Oniros
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lundi 11 décembre 2017

Le problème psychophysique

Lundi 11 décembre 2017

L'aventure de l'inconscience aboutit à la science.
L'aventure de la conscience aboutit aussi à la science :
 .
Basarab Nicolescu
.
  


Le problème psychophysique, si central dans la pensée
de Jung, de Pauli et de Lupasco, 
pose avec acuité la question de son conflit avec le réductionnisme.
(...)

Le fond du problème :
nous nous sommes trop enfoncés dans le 17ème siècle.
La difficulté d'une réponse est augmentée par le fait
que nous sommes confrontés à de véritables mutants.

Jung est un mutant, nécessairement solitaire,
dans le domaine qui est le sien,
appartenant aux sciences dites "humaines" ou "molles".
Pauli est aussi un mutant, dans le domaine qui est le sien,
appartenant aux sciences dites "exactes" ou "dures".
Quant à Lupasco , il est le mutant des mutants, 
avec sa logique de la contradiction.


 

Il est vrai que Pauli est un mutant moins solitaire,
car la physique a subi une mutation collective sans précédent,
 par l'apparition de la mécanique quantique.
Mais les trois mutants sont confrontés strictement au même problème :
 la non-conformité  entre les phénomènes qu'ils étudient
et le modèle de Réalité qui régnait sans partage, à leur époque.

Deux attitudes étaient possibles devant cette situation
ressentie certainement, sur le plan personnel, comme dramatique.
La première solution revient à éluder le problème, en mettant, tout simplement,
la Réalité entre parenthèses, comme un concept ontologique obscur
 et non nécessaire pour le progrès scientifique.
 C'est la voie qui a été suivie et qui est encore suivie par la majorité des scientifiques.

Jung, Pauli et Lupasco ont choisi la voie infiniment plus difficile et plus éprouvante
 - celle de l'invention (ou peut-être de la découverte)
d'un nouveau modèle de Réalité.
"Quand l'homme de la rue dit 'réalité',
il pense que c'est quelque chose d'évident et bien connu - écrit Pauli.
En revanche, pour moi, la formulation d'une nouvelle idée de réalité
est la tâche la plus importante et la plus ardue de notre temps.
[…]

Ce que j'ai en tête - d'une manière provisoire
- c'est l'idée de la réalité du symbole.
D'une part, un symbole est le résultat d'un effort humain
et, d'autre part, il indique l'existence d'un ordre objectif dans le cosmos,
dont les humains sont seulement une partie."
(...)
.
.


samedi 9 décembre 2017

L'inconscient et la matière

Samedi 9 décembre 2017
 
Mon opinion personnelle est que la réalité,
dans la science du futur,
ne sera ni "psychique" ni "physique",
mais un peu et aucune des deux...
Quelle satisfaction si la physique et le psychisme
pouvaient être considérés
comme des aspects complémentaires
d'une même réalité.
.
.
 
 
 
Nous devrions à présent aller de l'avant
pour trouver un langage neutre ou unitaire,
où chaque concept utilisé peut s'appliquer
aussi bien à l'inconscient qu'à la matière,
afin de dépasser cette vieille conviction
qui consiste à croire
que le psychisme inconscient et la matière
sont deux choses distinctes.
.
.
 
 

jeudi 7 décembre 2017

Déchirures dans le tissu de la réalité

Jeudi 7 décembre 2017



Le Dr F. David Peat de la Queen’s University au Canada 
explique les synchronicités grâce au modèle holographique.

Pour lui, elles confirment la théorie
de “l’ordre impliqué” du physicien David Bohm
et prouvent l’unité sous-jacente
entre le monde physique et le monde mental. 

Pour Peat, les synchronicités seraient 
des déchirures dans le tissu de la réalité 
qui nous permettent d’avoir, à de brefs instants, 
un aperçu du principe absolu de la matière

La rareté relative de ces expériences montre non seulement 
combien nous nous sommes coupés du “champ de conscience général”, 
mais aussi combien nous nous sommes exclus de l’infini potentiel 
des ordres plus profonds de l’esprit et de la réalité.
.



mardi 5 décembre 2017

Le "dedans" et le "dehors"

Mardi 5 décembre 2017

Etre dehors est peut-être une illusion permanente :
il n'y aurait que du dedans
et nous nous acharnerions à ne pas le savoir.
.
Philippe Sollers
"Eloge de l'infini"
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Nous savons comment le psychanalyste Jung
fut amené à la notion de synchronicité,
cette curieuse corrélation qui s'établit parfois
entre un état de la psyché et un événement extérieur.

Un jour, une de ses patientes lui racontait un rêve
 qui l'avait particulièrement impressionnée.
 Dans ce rêve, un inconnu lui donnait un scarabée d'or
 sous la forme d'un bijou très précieux
A ce moment, Jung entendit quelque chose
qui tapait discrètement contre la fenêtre derrière lui.
 Il se retourna.
C'était une cétoine vert doré qui cherchait à entrer.
 Elle ressemblait étrangement au scarabée
que décrivait au même moment sa patiente.

La présence de ce scarabée à la fois
dans le rêve et dans la réalité sensible
 était pleine de sens.
 En Egypte ancienne, le scarabée symbolise
 la transformation, la renaissance.
Or, la patiente de Jung était précisément
dans une phase de grande métamorphose intérieure et extérieure.

Le philosophe et romancier Raymond Abellio
raconte une aventure semblable
qui l'avait bouleversé dans sa jeunesse.
Il se promenait dans une forêt des environs de Genève
en méditant sur un "nombre biblique"
particulièrement important en Kabbale.
A ce moment, il croisa une voiture arrêtée sur une allée.
Par hasard, son regard tomba sur la plaque minéralogique :
c'était très exactement le nombre sur lequel il méditait.

En fait, toute personne qui entretient
un lien magique avec sa propre vie,
 sait que de tels faits existent en profusion.
Si nous sommes suffisamment attentifs, c'est réellement
une "forêt de symboles" qui s'ouvre.
Tout parle. Tout est signe.

L'univers reflète nos états intérieurs,
et la destinée peut s'interpréter comme un rêve s'interprète.
Cette étrange osmose entre le "dedans" et le "dehors"
suggère que le monde extérieur se déroule en fait
à l'intérieur de notre conscience ...
comme un rêve.

Comme si la substance du rêve et la substance du monde
étaient deux cristallisations différentes
de la même et unique substance.
Si le monde parle comme un rêve,
c'est qu'il est un rêve.
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Erik Sablé
"L'univers est un rêve"
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