mardi 29 novembre 2016

Fin d'une époque et solution spirituelle

Mardi 29 novembre 2016



Nous sommes à la fin d'une époque
Toute la question est de savoir comment traverser
 cette « crise » apocalyptique 
et en atténuer les effets. 
La vraie solution ne peut être que spirituelle.

Une nature ravagée. 
Une société déstructurée, 
un totalitarisme massif ou feutré : 
il s'agit de recréer des cadres de vie, des modes d'existence, 
des attitudes intérieures susceptibles
de sauver le meilleur de l'homme.

La nuit intellectuelle, celle du clonage mental 
et des philosophies réductrices ou nihilistes : 
il s'agit de redécouvrir les chemins
d'une connaissance métaphysique 
susceptible de fournir les « clés » 
et les références doctrinales communes 
aux grandes Traditions de l'humanité. 

La dissolution suicidaire de la psyché : 
il s'agit de retrouver la "psychologie des profondeurs" 
et le processus d'individuation par l'examen des rêves 
et la conciliation alchimique des contraires. 

La destruction du sacré : 
il s'agit de recouvrer les principes universels 
de la philosophia perennis
 et de la vie spirituelle par un ensemble de pratiques, 
telle, dans le christianisme, la « prière du coeur », 
ce yoga de l'Occident.

Tout espoir n'est donc pas vain. 
Mais plutôt que de vouloir sauver un monde 
en proie à d'insolubles contradictions, 
le moment est venu, 
à partir du patrimoine spirituel de l'humanité, 
d'oeuvrer à l'urgente préparation de l'avenir.
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vendredi 25 novembre 2016

Rêve 41 : Message hypnagogique

Vendredi 25 novembre 2016

Ce qui va suivre n'est pas à proprement parler un rêve, 
puisqu'il n'y a aucune image, aucun récit, mais seulement des mots, 
des mots qui me sont venus au petit matin...dans un demi-sommeil.

Je dois préciser que cela m'arrive de temps en temps...
Je reconnais que ces phrases ou ces mots 
ne viennent pas de mon conscient 
au fait qu'elles me surprennent et sont très différentes
de ce que j'aurais pensé consciemment.
Ce sont comme des phrases "tombées du ciel"...

Ce que je dois préciser aussi, c'est que les fois précédentes 
(qui remontent à plusieurs années), 
les propos reçus se sont révélés, à long terme, 
très profonds et très pertinents. 
Depuis, j'ai plutôt tendance à accorder foi 
à ce qui m'est "dit" de cette façon-là.


C'était donc le matin du 14 juillet 2008
J'étais en vacances dans les Pyrénées 
et j'ai "reçu" un message
de plusieurs phrases...
Dont ces deux-là :

Nos pensées sont agissantes, 
elles "font" la réalité.

Certains dangers 
(sous-entendu "pour la planète") 
pourraient être évités 
si un grand nombre de gens 
fixaient leur pensée 
sur une "solution positive".


Et puis tout de suite après, j'ai clairement visualisé 
une image du "danger" évoqué :
c'était une image du film "Le cinquième élément" (*)
(la boule de feu qui, au début du film, 
menace de percuter la terre)



Enfin, quelques heures à peine
après avoir reçu ce "message" sybillin,
j'ai vécu une synchronicité (**) :
j'ai trouvé chez un bouquiniste
un livre qui s'appelait
Ce livre m'a immédiatement passionnée
et il a fortement contribué
à changer ma vision du monde.

Car, il y a huit ans, l'idée que nos pensées
aient une influence directe sur la réalité
et qu' à plus ou moins long terme,
elles s'inscrivent dans la matière,
cette idée ne m'avait pas encore effleurée...:-)
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La Licorne
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(*) Le film de Luc Besson est visible ICI
La boule apparaît à 12mn15
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(**) Interview de Philippe Guillemant
sur le thème de la synchronicité :



Extrait de l'interview :
"Demande et tu recevras" dit-on...
S'il suffit de se pencher sur une prise de conscience
de ce que le pouvoir de la pensée peut faire,
on appellera ça aussi une manière de synchroniser 
les événements de notre vie".
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jeudi 24 novembre 2016

Les rêves inspirés

Jeudi 24 novembre 2016

(...)....nous venons de voir des exemples de rêves symboliques,
mais il existe des songes plus forts,
qui nous attrapent par les cheveux et nous jettent au petit matin
sur le bord de notre lit, hagards ou démunis
ou au contraire éblouis par le sentiment d'une soudaine découverte.

Notre réveil devient alors un éveil :
ce qui vient de défiler devant nos yeux intérieurs,
c'est la recette pour trouver notre harmonie,
longtemps recherchée sans succès.

Si nous n'avons pas encore compris, le rêve deviendra récurrent
jusqu'à ce que des changements véritables interviennent,
dans notre tête comme dans notre vie.


1. Les rêves messages
Souvent clairs et évidents, parfois plus complexes,
 ils sont semblables aux "grands rêves" que mentionnent les traditions. 
Ces songes semblent venus d'ailleurs pour nous délivrer 
un message, une prédiction, une révélation.

2. Les rêves "inspirés"
La lumière vient aussi quand nous la demandons. 
Nous nous couchons avec une question importante en tête, 
implorant l'univers tout entier de nous apporter une solution, 
et celle-ci nous arrive par le biais d'un rêve. 
Nous découvrons alors que le rêve peut être commandé 
pour apporter des réponses.

3. Les rêves récurrents 
sont ceux qui reviennent, identiques ou presque, 
pour nous indiquer qu'une évolution est à faire.

4. Les rêves refondateurs
Ces rêves importants accompagnent très souvent les moments de notre vie 
où nous nous remettons profondément en question, 
notamment lorsque nous effectuons une démarche thérapeutique.
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LES RÊVES MESSAGES

Ces rêves ont servi de fondements à toutes les traditions.

Ainsi, l'ascension vers le pouvoir de Temüjin, le futur Gengis Khan
est annoncée à son compagnon Qorci (Porte-Carquois) :



"Un esprit céleste est venu, et il m'a donné à voir
 de mes propres yeux la chose suivante :
 une vache fauve arrivait et tournait autour de notre allié Jamuga;  
elle donnait des coups de corne dans son chariot-tente, 
brisant l'une de ses cornes. N'ayant plus qu'une seule corne, 
elle meuglait et meuglait encore, en direction de Jamuga : 
"Rends-moi ma corne, rends-moi ma corne !"
 et elle faisait voler encore la poussière du sol.
Un boeuf fauve arrivait et soulevait le chariot supportant la Grande Tente. 
Il s'y attelait, le tirait et avançait derrière. 
Temüjin, dans les ornières des Grands Chariots. 
Il meuglait et meuglait encore : 
"D'un commun accord, le ciel et la terre ont dit : 
"Que Temüjin soit le maître de la nation !" 
Alors je charge la nation sur mon dos et je la lui apporte", 
meuglait-il. 
Voilà ce dont les esprits m'instruisent me le donna à voir de mes yeux. 
Temüjin, quand tu seras devenu le maître du peuple, 
quels bonheurs m'accorderas-tu pour t'en avoir averti ?

(Extrait de "Histoire secrète des mondes ,
traduit par Marie-Dominique Even et Rodica Pops )


Ce rêve prémonitoire semble bien lointain, 
mais on y rencontre des symboles archaïques
qui sont toujours d'actualité.

La vache et le boeuf sont des symboles
de l'énergie terrestre, de la force primale.
La corne est un symbole de force.

La couleur rousse symbolise le feu, l'énergie. 
Il est bien question d'un langage d'images communes à tous, 
venant d'un inconscient collectif de toute l'humanité.

Un tel langage n'est d'ailleurs pas inconnu dans notre propre civilisation. 
Tout le monde a -au moins - entendu parler
dont l'image nous vient de la Bible :


"Et étant venu en un certain lieu, comme il voulait s'y reposer, 
après le coucher du soleil, Jacob prit une des pierres qui étaient là,
 la mit sous sa tête et s'endormit dans ce même lieu. 
Il eut un songe. 
Il vit une échelle, dont le pied était appuyé sur la terre,
 et son sommet touchait au ciel, 
et des anges de Dieu montaient et descendaient le long de l'échelle. 

Et voici, l'Eternel se tenait au-dessus de l'échelle, et il dit :
-Je suis l'Eternel, le Dieu d'Abraham, ton père, et le dieu d'Isaac. 
La terre sur laquelle tu es couché, je te la donnerai, à toi et à ta postérité. 
Ta postérité sera nombreuse comme la poussière de la terre :
 vous vous étendrez à l'Orient et à l'Occident, au Septentrion et au Midi ; 
et toutes les nations de la terre seront réunies en toi et en ta postérité.
Je suis avec toi, je serai ton protecteur partout où tu iras; 
je te ramènerai dans ce pays et je ne te quitterai point 
que je n'aie accompli tout ce que j'ai dit.

Jacob s'étant éveillé après son sommeil, dit ces paroles : 
le Seigneur est vraiment en ce lieu-ci et je ne le savais pas." 
(Genèse, 28 : 12, 17)

Là encore, nous avons affaire à des symboles universels;

L'échelle est la possibilité de s'élever,
d'évoluer, de grandir en conscience.

"De la Terre jusqu'au ciel " signifie que cette évolution 
conduit de l'incarnation au développement de l'esprit.

Les anges symbolisent l'amour. 
Ils montent et descendent pour montrer que l'amour 
est ce qui permet l'échange entre le concret et le spirituel.

Chargé du symbole parfait de l'élévation et de la verticalité, 
ce message prédictif parle bien des relations entre le spirituel et le réel
La promesse divine est concrète, localisée.

Certains peuvent penser que ces révélations descendent du Créateur, 
d'autres préféreront dire qu'il s'agit de prémonitions, d'instructions 
qui découlent directement de nous-mêmes...

Ce qui est certain, c'est que de tels rêves
ne sont pas réservés à quelques élus
Il suffit souvent d'y prêter attention.

Leur sens, en effet, n'est pas toujours aussi évident 
que dans ces exemples venus du passé. 
Mais, par la forte impression qu'ils nous laissent, 
ils prennent pour nous la valeur de véritables messages.


Claude de Milleville
"Le secret des rêves" 
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mercredi 23 novembre 2016

La main à la pâte

Mercredi 23 novembre 2016



L'oeuvre n'est pas un objet, mais un sujet.
C'est un mouvement que l'on ne peut comprendre qu'en marchant,
c'est un bain dans lequel il faut se plonger.
Il faut avoir mis la main à la pâte pour acquérir le droit de parler.

L'alchimie n'est pas une doctrine.
Il n'y a pas de doctrine alchimique,
mais une réalisation intime, subjective.
Lorsqu'elle aura été menée à bien,
les concepts ou les images seront données pour la traduire,
s'il plaît à la Pierre, mais cette expression sera toute personnelle.

C'est la nature qui se charge elle-même,
si nous lui demeurons attentive, des différentes corrections nécessaires.
Pour parler comme Jung: la vie psychique est auto-régulation.
L'athanor en fonctionnement ressemble
aux machines à laver automatiques.
Tout s'y passe sans intervention de l'opérateur...
Il suffit de la mettre en marche.

L'esprit ne doit pas s'évader du corps,
l'ascension au septième ciel
n'est pas la réalisation de l'homme.

Le corps doit au contraire capter l'esprit
et le retenir fermement par des noeuds très forts...
En termes jungiens, le moi conscient ne doit pas demeurer
fasciné par les archétypes de l'inconscient,
mais il doit les intégrer.
C'est en cela qu'un travail matériel, quelle qu'en soit la forme,
est un support des plus précieux de la réalisation intérieure.

Désormais, le travail extérieur consiste essentiellement
à  mettre la vie concrète en accord avec les suggestions
formées de l’intérieur ou fournies par les signes que sont les événements,
car les plus belles images, les plus hautes aspirations demeureront
aussi stériles et aussi dénuées de réalité que celles d’un film ou d’un roman
tant qu’elles n’auront pas été traduites en acte.
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Etienne Perrot
"La voie de la transformation"
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mardi 22 novembre 2016

Responsabilité éthique

Mardi 22 novembre 2016


Je mis le plus grand soin à comprendre chaque image, 
chaque contenu de l'inconscient, à l'ordonner rationnellement 
- autant que faire se pouvait - et, surtout, 
à le réaliser dans ma vie
Car c'est cela que l'on néglige le plus souvent.

On laisse à la rigueur monter et émerger les images, 
on s'extasie peut-être à leur propos, mais, le plus souvent, on en reste là. 
On ne se donne pas la peine de les comprendre, 
et encore bien moins d'en tirer les conséquences éthiques qu'elles comportent. 

Ce faisant, on sollicite les efficacités négatives de l'inconscient. 
Même celui qui acquiert une certaine compréhension des images de l'inconscient, 
mais qui croit qu'il lui suffit de s'en tenir à ce savoir, 
est victime d'une dangereuse erreur.

Car quiconque ne ressent pas dans ses connaissances 
la responsabilité éthique qu'elles comportent 
succombera bientôt au principe de puissance.
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C.G. Jung
"Ma vie"
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lundi 21 novembre 2016

Les profondeurs du rêve

Lundi 21 novembre 2016


Le rêve est une porte étroite
dissimulée dans ce que l'âme a de plus obscur et de plus intime ; 
elle s'ouvre sur cette nuit originelle cosmique 
qui préfigurait l'âme bien avant l'existence de la conscience du moi 
et qui la perpétuera bien au-delà 
de ce qu'une conscience individuelle aura jamais atteint. 

Car toute conscience du moi est éparse ; 
elle distingue des faits isolés en procédant 
par séparation, extraction et différenciation ; 
seul est perçu ce qui peut entrer en rapport avec le moi. 
La conscience du moi,
même quand elle effleure les nébuleuses les plus lointaines, 
n'est faite que d'enclaves bien délimitées.
 Toute conscience spécifie.

Par le rêve, en revanche, nous pénétrons dans l'être humain
plus profond,  plus général, plus vrai, plus durable, 
qui plonge encore dans le clair-obscur de la nuit originelle 
où il était un tout et où le Tout était en lui, 
au sein de la nature indifférenciée et impersonnalisée.

C'est de ces profondeurs, où l'universel s'unifie, que jaillit le rêve, 
revêtirait-il même les apparences les plus puériles, 
les plus grotesques, les plus immorales. 
Il est d"une ingénuité fleurie et d'une véracité qui font rougir de honte
 nos flagorneries autobiographiques. 
Rien d'étonnant donc, à ce que, dans toutes les cultures antiques, 
on ait discerné dans le rêve impressionnant, 
dans le "grand rêve", un message des Dieux. 

Ce devait être un privilège de notre rationalisme 
d'expliquer le rêve et sa constitution par les seuls reliquats de la vie diurne, 
c'est-à-dire par les miettes 
du plantureux festin de la vie consciente tombée dans les bas-fonds. 
Comme si si ces profondeurs obscures n'étaient qu'un sac vide
ne recelant jamais que ce qui y est tombé d'en haut ! 
Pourquoi oublie-t-on toujours qu'il n'y a rien de grand ni de beau 
dans le vaste domaine de la culture humaine 
qui ne soit dû primitivement à une soudaine et heureuse inspiration ? 
Que deviendrait l'humanité si la source des inspirations tarissait ?

Le sac, ce serait bien plutôt au contraire la conscience, 
qui ne contient jamais plus que ce qui vient à l'esprit.
C'est quand la pensée nous fuit et que nous la cherchons en vain 
que nous mesurons combien nous dépendons de nos inspirations. 
Le rêve n'est rien d'autre qu'une inspiration 
qui nous vient de cette âme obscure et unificatrice.

Qu'y aurait-il de plus naturel, une fois que nous sommes perdus 
dans les détails infinis et dans le labyrinthe de la surface du monde, 
que de nous arrêter au rêve pour y rechercher les points de vue susceptibles 
de nous ramener à nouveau à proximité 
des faits fondamentaux de l'existence humaine ?

Mais nous nous heurtons ici aux préjugés les mieux enracinés : 
"Songes, mensonges" dit-on, les rêves sont sans réalité, 
ils mentent ou ne sont que des réalisations de désirs ; 
voilà les échappatoires alléguées pour ne pas prendre les rêves au sérieux, 
ce qui serait singulièrement incommode. 
L'audace présomptueuse de la conscience aime le cloisonnement, 
en dépit des inconvénients qu'il suscite ; 
c'est pourquoi on est peu enclin à octroyer quelque réalité 
à la vérité du rêve.
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C.G. Jung
"L'homme à la découverte de son âme"
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dimanche 20 novembre 2016

Rêve 40 : Ascension et descente

Dimanche 20 novembre 2016


Je vois une personne de ma famille 
(que je nommerai D. par discrétion)
devant une sorte de tableau noir.

Sur ce tableau, il y a une sorte de schéma technique
qui représente une maison avec une cheminée.
Sur ce dessin, on voit la fumée sortir de la cheminée,
s'élever, puis redescendre (!)
et rentrer à nouveau dans la maison
par un 2ème conduit, situé un peu plus loin.

D. S'exclame :
"Tu as vu ? C'est incroyable ce qu'ils m'ont dit !"
(Le pronom "Ils" désigne deux amis à moi A. et P.
Dans la vraie vie, D. ne les a jamais rencontrés...)
"Tu as vu comment ça marche, 
continue D., sur un ton enthousiaste,
C'est une sorte de cheminée "à évacuation secondaire !"

Je dis que oui, que A. m'en a déjà parlé, que je connais ça...
Tout ça ne m'étonne pas autant que lui.
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Rêve de La Licorne
reçu le 14/8/2002
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Précisions :
D. est quelqu'un de très "pratique" et de rationnel, 
passionné de technique et de bricolage...

A. et P. sont des amis qui s'intéressent 
tous deux à la spiritualité et à la psychologie.
P. est psychologue.
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La cheminée peut représenter la "communication"
entre le bas et le haut,
entre la personnalité (maison) et le ciel,
et la  fumée représente alors  l'âme
qui s’élève pour communier avec le principe divin.
Ici, se dissout momentanément le monde matériel.
L’homme s’ouvre à une autre dimension.
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samedi 19 novembre 2016

La "réaction du bas" ou la moitié obscure de la Vérité

Samedi 19 novembre 2016


(Le chercheur) s'est mis en route parce qu'il avait besoin d'autre chose. 
Il a fait des essais de silence mental et il s'est aperçu 
que le seul fait de son effort provoquait une Réponse;  
il a senti une Force qui descendait, une vibration nouvelle en lui, 
qui faisait la vie plus claire, plus vivante : 
peut-être même a-t-il eu l'expérience d'une déchirure soudaine des limites 
et d'émerger à une autre altitude. 
De mille façons le signe peut venir indiquant qu'un nouveau rythme s'installe.


Puis, soudain, après ce départ en flèche, tout s'est voilé, 
comme s'il avait rêvé ou qu'il s'était laissé entraîner 
par un enthousiasme assez puéril, après tout 
-quelque chose est en train de se venger de lui par une levée 
de scepticisme, de dégoût, de révolte. 
Et ce sera le deuxième signe, peut-être le vrai signe 
qu'il est en train de progresser et qu'il s'empoigne avec les réalités de sa nature, 
ou plutôt que la Force descendante a commencé son travail de barattage.
Le progrès, en définitive, ne consiste pas tant à s'élever 
qu'à  décanter tout ce qui encombre 
-quand on est clair, tout est

Et le chercheur découvre ses multiples encombrements. 

On a souvent l'impression, sur la voie du yoga intégral, 
de s'être mis en route pour le meilleur et de découvrir le pire, 
d'avoir cherché la paix et la lumière, et de découvrir la guerre.
En fait, c'est une bataille, il ne faut pas se le cacher.

 Tant que l'on nage avec le courant, on peut se croire bien gentil, 
bien propre, bien intentionné ; dès que l'on renverse l'allure, tout résiste.
On comprend alors tangiblement
  les énormes forces d'abrutissement 
qui pèsent sur les hommes
-il faut avoir essayé d'en sortir pour voir.

Et quand le chercheur aura eu une première ouverture décisive sur le haut, 
qu'il aura vu la Lumière, il sentira presque simultanément 
un coup de boutoir en bas, comme si quelqu'un lui avait fait mal ; 
il saura alors ce que Sri Aurobindo entendait 
par cette obscurité blessée qui proteste contre la lumière.

Et il aura appris sa première leçon : 
on ne peut pas faire un pas en haut sans faire un pas en bas.

Au lieu de prendre ces incurvations brutales comme une sorte de fatalité, 
le chercheur en fera la base de son travail.
constitue le processus fondamental du yoga intégral :
à chaque hauteur conquise, nous devons revenir sur nos pas 
pour faire descendre l'illumination et le pouvoir nouveaux 
dans le mouvement mortel d'en-bas, 
c'est à ce prix seulement que la vie se transforme, 
sinon nous restons à poétiser et à spiritualiser sur les sommets, 
tandis qu'en dessous la vieille vie cahote.
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Satprem
(Le Secret)
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jeudi 17 novembre 2016

Le contact avec le Soi : Danger ?

Jeudi 17 novembre 2016


Autres images du Soi

De même que le règne végétal culmine en l'arbre, le règne minéral culmine dans les pierres précieuses.

Si les pierres ont servi de repères pour marquer les hauts lieux de l'humanité, c'est l'arbre ou le bois qui ont marqué les grands moments : le pommier de L'Eden, l'arche de Noé, l'arbre de Jessé (Isaïe), l'arbre de la croix, l'arbre sous lequel Bouddha a connu l'illumination, l'arbre de vie de l'Apocalypse.

Il y a dans les rêves des allusions plus discrètes au grand homme, sous forme d'hommes puissants qui nous aident. les images des vieux sages sont aussi des images du Soi.

Passé la quarantaine, les rêveurs reçoivent plutôt l'image d'un jeune homme, beau comme un prince, pour manifester la présence du Soi. Il s'agit de l'affirmation de la vie intérieure en face des forces extérieures qui déclinent.


Le Soi prend encore pour se représenter l'image de la pierre dressée (origine des pierres tombales), qui est minérale par la matière et végétale par son port, comme nous l'avons vu dans le  rêve du Mont Athos
(grand rêve à lire en fin de page)


Le contact dangereux avec le Soi

Toute évolution suppose changement et tout changement comporte des risques. C'est surtout la découverte et l'acceptation pratique de la quatrième fonction du psychisme, l'intuition, qui mettent en branle un nouveau dynamisme. Cette pierre de base repose sur le sol de l'inconscient et y ouvre une percée.(...)
Cette percée nous met en communication avec l'immense réservoir de l'inconscient.


Mais là où attendent les trésors, attendent les gardiens des trésors. Car du jour àù nous nous ouvrons à l'inconscient et que l'inconscient est ouvert, nous sommes en relation avec l'inconscient collectif duquel s'écoule une énergie pure, mais qui devient positive ou négative selon nos dispositions.
Nous servons de filtre transformateur de cette énergie et nous en déterminons la nature. Voilà ce qui fait dire qu'il y a, comme dans les contes, un gardien dangereux qui veille sur un trésor.
Comme nous ne sommes pas parfaits, nous parviennent habituellement des effets négatifs avec les effets positifs.
Notre première réaction est de croire que nous sommes punis. Mais ce n'est le fait que d'une autre loi qui s'applique, que nous ignorons et qu'on pourrait appeler la loi de la distorsion personnelle.
Quand on vient en contact avec la source d'énergie à l'état pur, cette énergie produit des effets positifs ou négatifs selon le facteur des dispositions personnelles.

La nocivité des effets s'accroît d'autant que nous ne traduisons pas en action les nouvelles conclusions auxquelles nous arrivons grâce au contact avec l'inconscient. Les effets positifs se traduisent surtout en éclairage nouveau qui demande une nouvelle conduite. C'est une connaissance qui oblige.
Se contenter de comprendre fait encourir des dangers certains.

Jung considère que"...toute forme de vie, même élémentaire, contient sa propre antithèse.", soit ce qu'il faut pour son existence et son anéantissement. Il en conclut que l'inconscient collectif contient autant de mal que de bien.
Certes les rêves nous avertissent des dangers encourus quand ils nous mettent en présence du lion. " (...) qui représente le danger d'être englouti  dans et par l'inconscient".
Mais il s'agit là d'avis de danger, comme on en place à côté des centres électriques importants. Croire dès lors que l'inconscient contient autant de mal que de bien, c'est commettre une erreur de perspective.


L'inconscient collectif est un réservoir de matière énergétique à l'été pur. Sa nature ne nous autorise pas à affirmer qu'il contienne quoi que ce soit de négatif. Autrement, c'est comme si l'on affirmait que l'électricité en soi est bonne ou mauvaise. l'électricité est une énergie qui est de nature neutre. On ne saurait dire du Soleil, par exemple, qu'il est en soi bon ou mauvais. Ses effets peuvent l'être.
De même , ce sont les effets de l'électricité qui sont positifs ou négatifs. Selon l'usage qu'on en fait, cette énergie peut produire la torture, faire briller la lumière ou rayonner la chaleur.
(...)
La fascination qu'exerce le Soi est évoquée par la présence aussi du serpent ou du dragon, gardiens traditionnels des trésors.le serpent qui se mord la queue ne décrit-il pas d'ailleurs le cercle de la totalité du Soi ?



Les contacts forts avec le Soi amènent maintes fois l'individu à subir une sorte d'inflation de personnalité, qui se signale extérieurement par des vertiges et des chutes : on n'a plus les pieds sur terre !
Une personne qui se trouve dans cet état croira, par exemple, avec une exaltation croissante qu'elle a percé les grandes énigmes de l'univers, perdant ainsi tout contact avec la réalité humaine. Un symptôme caractéristique de cet état est la perte du sens de l'humour et des contacts humains.
L'émergence du Soi peut donc mettre en danger le Moi conscient.

Il s'agit alors d'une surestimation de la personnalité consciente : le Moi se prend pour le Soi.
Un vent de mégalomanie nous identifie au grand homme."En pareil cas, le Moi ne peut se défendre qu'en prenant une conscience complète de sa faiblesse ou de son dénuement en face des puissances de l'inconscient et en se les avouant. Pour se garantir au mieux, "(...) il est d'une importance essentielle que le Moi continue de fonctionner normalement. 
Ce n'est que si je demeure un être humain ordinaire, conscient de son incomplétude, que je deviens réceptif aux processus significatifs de l'inconscient."

Toute action du haut déclenche une réaction du bas. Cette compensation est naturelle et donc inévitable..De sorte qu'une chute suit toute élévation et à toute chute peut succéder une élévation. N'est-ce pas là la suite, le schéma répétitif du "péché originel" ? Toujours est-il que c'est ainsi fait. Les vibrations élevées du monde d'en haut commandent la même intensité de vibrations du monde d'en bas. C'est comme si les grands vents qui agitent la ramure de l'arbre en transmettaient les vibrations jusque dans les racines. On pourrait appeler cela la loi de l'alternance.


Pour pallier le plus possible le contrecoup normal du contact avec l'inconscient, on peut soi-même créer, et partiellement mieux contrôler, ce retour au monde d'en-bas, si l'on s'astreint à des besognes bien terrestres, à du travail manuel, à toute activité qui implique surtout le corps : sport, danse, sexualité, travail...(...)
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Laurent Lachance
"Les rêves ne mentent pas"
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 (*) Grand rêve de l'auteur 
"Le Mont Athos"

Je dois refaire le Mont Athos. 
Il se dresse devant moi, 
comme un menhir tout couvert de diamants. 
C'est sous la terre, mais la luminosité des diamants 
me permet d'apercevoir la voûte 
au-dessus de la pierre dressée. 
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mercredi 16 novembre 2016

Manifestations du Soi dans les rêves

Mercredi 16 novembre 2016



Notre Inconscient apparaît dans nos rêves sous plusieurs images différentes. (...)

Pour nous signifier que nous laissons dans l'Ombre certaines de nos énergies, il peut prendre la forme d'un mendiant, d'un gros dégueulasse, d'une prostituée ou de tout être marginal que nous rejetons. Il s'agit des rêves de l'Ombre dont nous avons déjà parlé.
L'inconscient emprunte la forme de femmes et d'hommes pour nous faire savoir que nous négligeons de développer notre complémentarité masculine ou féminine (Animus, Anima)
(...)
Il arrive aussi que l'inconscient se manifeste plus directement. Pour le distinguer du moi subjectif conscient, Jung qualifie l'inconscient de Soi, qui apparaît capable d'objectivité, constituant un autre centre, une sorte d'instance supérieure de l'individu.

Quelles figures prend donc le Soi qui se présente alors en rêve ?

Comme il ne s'agit pas d'un être corporel (il n'est qu'énergie), il s'accommode très bien des représentations géométriques, comme le carré, le cercle et la sphère, qui sont des symboles de totalités équilibrées.
Mais il emprunte aussi l'image du mandala



Il s'agit d'un cercle à centre rayonnant connu depuis des siècles. C'est la manifestation du centre psychique de notre personnalité complète. Les mandalas apparaissent en rêve ou à l'état d'éveil quand l'équilibre psychique est compromis, car ils signalent la recherche du centre, le besoin de se recentrer.

LE GRAND HOMME

Le Soi peut également apparaître sous une forme personnifiée, celle du Grand Homme par exemple. Il s'agit d'une personne vraiment gigantesque, comme un géant de conte de fées. Il est capable de prouesses surhumaines.
Sans doute parce qu'elle exprime une grande force, cette figure humaine n'a pas son équivalent au féminin : qu'on soit homme ou femme, c'est un grand homme qui représente le Soi.
Son apparition ne paraît pas fréquente. Je ne l'ai vu que trois fois dans mes rêves. Lors d'un rêve, il me tenait dans sa main. C'est vous dire jusqu'à quel point il peut être grand.


Sa présence ne passe pas inaperçue : les rêves qui le présentent sont intenses et on reste impressionné par sa présence bienfaisante.
Symbole judicieux du Soi, le Grand Homme annonce un élargissement de la personnalité (Jung).
Il se manifeste à des moments difficiles et à des moments clés.

L'ARBRE

L'arbre est le végétal qui dépasse la taille de l'homme de plusieurs coudées. Comme l'homme, il est bien enraciné dans la terre où il se tient debout. Quand il est de dimension respectable, c'est l'équivalent du Grand Homme. La longévité remarquable de certains arbres (jusqu'à dix mille ans pour un arbre découvert récemment ) évoque l'éternité, qui est la nature même du Soi.
Certains rêves nous mettent en présence d'un arbre majestueux qui nous inspire un sentiment d'exaltation et de transcendance. Sous cette forme, le Soi évoque également la stabilité, la force, la croissance de notre personnalité et notre lien avec le ciel où l'arbre établit sa frondaison.




Le grand arbre 
(rêve de l'auteur)
J'aperçois le grand arbre séculaire. 
Il est gigantesque et surmonté d'une maison, 
et, par-dessus, de rochers clairs. 
magnifique. 
Jamais je ne l'ai vu aussi distinctement. 
Je pense qu'il faudrait davantage en protéger la base. 
Je trouve horrible la coutume de pratiquer un trou dans l'arbre
 pour y faire passer un chemin, 
mais l'arbre n'a pas l'air de trop souffrir.
 La base du tronc me paraît grise et découverte. 
Puis écorcée à coups de hache.

Mon admiration devant cet arbre important signale la présence du Soi. Il s'agit de mon double qui est ma vraie "maison" et la vraie "pierre". Mais la base est mal assurée : j'ai du chemin à faire !
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Laurent Lachance
"Les rêves portent conseil" 


mardi 15 novembre 2016

Le mandala, le rêve et l'ange

Mardi 15 novembre 2016



Tout comme l’ange est l’intermédiaire entre les hommes et Dieu 
ou comme le psychanalyste peut être l’intermédiaire
entre un autiste et le monde extérieur, 
certains rêves seraient les images-écran du Soi (Jung) 
et le seul moyen de sentir sa présence sans risquer la folie.

« Les rêves sont une source d’images et de mises en scènes symboliques 
qui font apparaître l’inventivité et l’originalité de celle ou celui qui rêve 
en même temps que la richesse de l’inconscient. 
Le refoulé ne constitue qu’une partie de la matière du rêve ;
 l’autre semble provenir d’un « lieu commun » en soi, 
souvent non expérimenté, qui ne demande pourtant qu’à se faire connaître.

Les rêves qui proviennent de ce lieu commun se signalent 
par l’impossibilité de les interpréter de manière satisfaisante 
tout autant pour le thérapeute que pour le rêveur. 
Les images symboliques qui les composent
sont trop synthétiques et trop abstraites 
pour être interprétées : Ils instaurent le silence.
 C’est une réflexion sur leur ininterprétabilité 
que nous souhaitons partager ici. »

« Pourtant (les) images géométriques (de ces rêves) hantent les cavernes de la préhistoire 
où elles sont le plus souvent attribuées à des interventions chamaniques ;
 elles apparaissent également dans les peintures sacrées de toutes les religions, 
dans les architectures du monde entier, 
ou bien encore dans les dessins de tous les jeunes enfants
 avant qu’ils aient atteint l’âge de la figuration, 
quelle que soit leur race ou leur culture. »

« Partout où ces images apparaissent, que ce soit dans les fresques, 
les icônes ou la structure des bâtiments religieux,
 elles révèlent la dimension ésotérique et mystique des religions qui les utilisent. 
Comme les rêves, les religions font appel à toutes sortes de symboles végétaux ou animaux, 
mais dès qu’elles expriment l’universalité et l’intemporalité, ou la globalité homme-univers,
 ce sont des carrés, des cercles et des triangles équilatéraux qui apparaissent. 

Pour n’emprunter d’exemples qu’à la seule chrétienté : l’hostie est circulaire
Dieu est trinitaire, la Jérusalem céleste un cube d’or. »

« Aussi il ne semble pas possible d’interpréter
un mandala ou toute autre image centrée 
qui se présente à la conscience à travers le rêve
Mais ce qui nous questionne, en plus de leur ininterprétabilité, 
et peut même nous émerveiller, c’est que ces images puissent être produites 
de manière inattendue et par n’importe qui.

Elles semblent indiquer au psychanalyste une sorte d’alchimie inconsciente, 
une réorganisation des diverses instances psychiques 
chez l’auteur du rêve en quête de réunification.
 Jung a nommé ces images centrées, images du « Soi ». 
Si le Soi se laisse deviner, n’est-ce pas pour informer le Moi de sa présence? »

« L’apparition d’une figure centrée dans un rêve serait-elle l’annonce
 d’une présence inexprimable du « Soi » tout aussi insaisissable 
que le souffle d’air annoncé par la clochette ? 
Annonce d’une réalité que le « Moi » ne parvient pas à saisir, 
peut-être parce qu’il est trop sollicité par le monde extérieur, 
ou trop occupé à se défendre d’un environnement trop présent. 
Le « Moi » ne parviendrait donc pas à saisir l’immatérialité du « Soi ». 

L’image centrée serait alors, en quelque sorte, avons-nous pensé, 
le signe annonciateur de l’insaisissable présence d’une absence 
qui ne pourrait être perçue que dans le silence. »

« C’est surtout entre les sixième et treizième siècles qu’on a représenté des anges,
 aussi bien dans la religion chrétienne que musulmane, bouddhique ou hindouiste. 
Et là où il n’y avait pas d’anges, il y avait des esprits. 
Après une longue absence d’anges, entre la fin de la Renaissance et aujourd’hui, 
ils semblent apparaître à nouveau. Ils envahissent la littérature ! 
Que représentent-ils dans la psyché individuelle et collective ? 
Pourquoi les hommes font-ils appel à nouveau à l’image de l’ange ? 
Quelque chose serait-il en train de changer collectivement ? 
Qu’annonce son retour? »

« Pourquoi l’apparition si inattendue d’un ange qui annonce la venue de l’Esprit 
faisait-elle irruption dans notre champ de conscience juste au moment 
où nous constations l’impossibilité d’expliquer des images du « Soi » ?


Peut-être parce que ces images géométriques centrées (nommées « mandala » par Jung) 
seraient des images-limites au-delà desquelles il n’y aurait plus de représentations possibles. 
Elles seraient donc, non pas des images du « Soi », mais des images-écran du Soi. 
Autrement dit elles évoqueraient le Soi tout en le masquant… 
Elles seraient en quelque sorte l’indication de l’absence d’une présence, 
images qui, par contre, aideraient, 
dans le cadre de la méditation tantrique, 
le méditant à réaliser le « Soi ».

« Il est écrit dans le Coran que 70 000 voiles masquent la face de Dieu, 
et que pour la sauvegarde du fidèle ils ne peuvent être retirés qu’un à un. 
Cela ne veut-il pas dire que pour que soit sauvegardé le « Moi », 
le « Soi » doit être masqué ?

N’est-ce pas ce que signifie l’expérience spirituelle de saint Paul sur le chemin de Damas: 
le Christ lui apparut sous la forme d’un disque de feu qui le jeta à terre. 
L’icône de la Transfiguration représente les apôtres 
terrifiés et renversés à la vue du Christ transfiguré. 
Aussi le « Soi » serait inaccessible au « Moi » sans intermédiaire… 
et l’ange serait alors la représentation d’une instance psychique inconsciente 
pourtant perçue par le sujet qui assurerait un lien entre « Soi » et « Moi ».

« (Les enfants autistes) sembleraient avoir la connaissance 
sans avoir les moyens d’en faire part. 
Récemment, une neurologue australienne
a inventé une communication non affectée, 
résultat de ses observations et de son intuition fulgurante. 
Par sa méthode, elle prouve, de manière inexplicable,
que l’enfant posséderait de manière innée la connaissance ;
et avec la connaissance aucun besoin de savoir. 
C’est ce qu’ont toujours proclamé les paroles et les écrits des mystiques. »

« Ni fou, ni mystique, l’autiste, comme le bébé,
serait dans un monde « unitaire », originel, 
qu’il leur faudrait quitter pour venir parmi nous, 
ce que réussit le plus souvent le bébé,
mais que ne parvient pas à réaliser l’autiste. 
Le Moi, si insaisissable soit-il, n’est pas brûlé
par le rayonnement du Soi chez le mystique, 
mais il l’est chez celui qui devient fou ;
 il n’est pas encore formé chez le nouveau-né 
qui utilise celui de sa mère pendant que s’élabore le sien ; 
il semble n’avoir pu se former qu’à peine chez l’autiste 
qui reste un Soi à l’état presque pur.

Le Soi n’est pas le propre de l’homme
l’animal comme la plante sont des manifestations du « Soi » universel. 
Mais il faudrait être François d’Assise pour pouvoir communiquer 
de « Soi » à « Soi » avec les oiseaux. 
Séraphim de Sarov avec les ours, ou saint Jérôme avec un lion, 
ou encore un tout petit enfant.
Au XIVe siècle, les moines du désert, défendus par Grégoire Palamas 
avaient des pratiques bien particulières pour réaliser l’Unité : 
les brouteurs mangeaient l’herbe comme le font les chèvres,
 les « dendristes » cherchaient à ne faire qu’un avec l’arbre 
dans lequel ils se réfugiaient à vie. 
Ces « fous en Dieu » cherchaient à réaliser un état sans différence 
 tentant de s’identifier à leurs frères animaux ou à leurs soeurs plantes.

Cette digression sur l’autisme et la mystique ne nous éloigne pas de notre sujet : 
elle nous permettra peut-être de sentir un peu mieux encore
 ce qui se joue dans l’impossibilité que l’on rencontre 
d’exprimer le contenu de certains rêves qui hantent nos nuits. »
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Marina Margherita
Revue Française de Yoga
« Rêver »
 janvier 1998
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