lundi 22 février 2016

A propos du rêve "La machine à Jedi"

Lundi 22 février 2016


Ce rêve étant déjà fort bien commenté
par Guy Corneau, 
je n'ajouterai que quelques remarques personnelles...

Comme il le dit lui-même ,
ce rêve ressemble à un rêve alchimique, 
c'est-à-dire un rêve de transformation...

Le passage répété dans cette machine bizarre
sorte d'athanor de carton,
débouche sur un phénomène étrange :
les membres des deux "amis"
deviennent vert fluorescent !

Guy et Marie-Lise se mettent à irradier tous les deux
une lumière verte et cela les réjouit !
Bien sûr, c'est la couleur des "Jedi"...
et c'est très amusant de retomber un peu en enfance
et de se transformer, comme dans Star Wars, en Jedi...
en "guerrier de lumière"...
Mais cela fait aussi penser, dit Guy Corneau,
à des "radiations nucléaires"...

Or, voilà ce que dit Etienne Perrot
dans son livre
"Péril nucléaire et transformation de l'homme" :

"Le monde intérieur, c'est le monde nucléaire.
L'énergie intérieure libérée fait de nous des êtres irradiés et irradiants.
Ces termes reviennent dans les rêves.
Le problème est évidemment de faire que cette irradiation
ne soit pas brutale, explosive, mais contrôlée
et c'est là tout l'art alchimique,
celui qui préside à cette transmutation de l'homme,
à cette éclosion de la conscience cosmique.
Et en même temps, cette irradiation est contagieuse."
(...)
 "Cette irradiation, cette contagion est un phénomène important,
car il détermine, à partir de foyers isolés,
une propagation de la conscience nouvelle.
Il peut y avoir là le principe d'un changement collectif.
Si une révolution peut nous sauver,
ce sera une révolution partant des individus.
Elle partira de moi, elle partira de chacun de vous,
dans une action à la fois individuelle
et menée par un ensemble de personnes."
.

Il semble donc que ce rêve
annonce, d'une certaine façon,
le "sens" de cette maladie...
si terrible et si angoissante :
non pas tant la mort que la transformation,
le "changement profond" de tout l'être...

Changement qui ouvre la possibilité,
 - si la personne fait les efforts en ce sens,
et accepte cette "transmutation" -
de devenir ensuite naturellement "rayonnant"...
d'irradier une lumière verte,
une lumière qui vient du fond de soi,
du fond du Soi :
la lumière du renouveau et de l'espérance...
la lumière d'une "nouvelle conscience"...
et surtout celle d'une Joie...contagieuse !
.
La Licorne
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dimanche 21 février 2016

Symbolisme de la couleur verte

Dimanche 21 février 2016



Personne ne l'ignore, le vert expose les valeurs d'espérance.
Lié au renouveau de la végétation, à l'eau, au printemps, 
le symbole est porteur des notions de croissance
de renaissance, d'épanouissement.

L'imaginaire crée parfois quelque mise en scène insolite pour exposer le vert, 
mais, dans la très grande majorité des situations, 
celui-là doit se satisfaire d'une évocation d'herbe, de prairies, de forêt. 
Le symbole exprime la puissance de la nature
la force d'une vie végétale qui se renouvelle 
à travers des cycles immuables.
(...) 
Au plus haut degré, un vert translucide, lumineux,
 peut attester l'aboutissement d'un cheminement initiatique.
.
Georges Romey
"Le guide des rêves"
.



En analogie avec l'herbe qui renaît au printemps, 
la couleur verte est un symbole d'espérance, 
de jeunesse, de renouveau.
En  correspondance avec la surface des mers, 
elle est un signe de force, de puissance et de longévité. 
Le vert est une couleur à la fois rafraîchissante et tonifiante.

De nombreuses expressions populaires illustrent 
les caractéristiques et propriétés du vert, 
comme par exemple "se mettre au vert", 
c'est-à-dire se retirer pour se reposer, 
ou "être vert de rage", c'est-à-dire se mettre en colère, 
ou encore "être vert", c'est-à-dire jeune et fort
le latin "viridis", d'où est issu le mot vert, 
signifiant aussi frais et vigoureux.
 C'est de cette façon que l'on peut interpréter un rêve 
dans lequel cette couleur joue un rôle important.
.
Didier Colin
"Le dictionnaire des symboles"
.



Comme pour toute couleur perçue en rêve, 
chacun doit faire ses propres associations d'idées.
Que suggère pour le rêveur la couleur verte ?

Quelquefois, elle symbolise la régénération, l'espoir, la croissance.
Et pourtant, dans certaines superstitions, elle est censée porter malheur !
Et cette mauvaise réputation est telle que les couturiers 
et les gens de théâtre hésitent à s'habiller de vert.


Dans son "Dictionnaire des couleurs de notre temps",
Michel Pastoureau explique qu'elle est ambivalente,
à la fois couleur de la fortune et de l'infortune,
de la chance et de la malchance,
d'où ses attaches avec les circonstances et les rituels 
où le hasard intervient. Les tables de jeu sont vertes 
depuis le XVIème siècle au moins.
Le vert est donc lié au destin.

Mais autre aspect de la symbolique, 
le vert évoque bien entendu la nature, la santé
l'écologie, l'hygiène, la fraîcheur...
Les croix des pharmaciens sont vertes 
et les écologistes se font appeler "Les Verts" !

Enfin, la permission est symbolisée par..
un feu vert.
.
Hélène Renard
"Dictionnaire des rêves"
.



Dans les rêves, le vert est la couleur terrestre et printanière.
C'est celle de la renaissance après l'hiver et de la pérennité.
C'est également la couleur de la patience, de l'attente
et de l'espoir immédiat (et non pas de l'espoir métaphysique comme le bleu).

C'est une couleur nourricière (comme la végétation) et maternelle...
et aussi celle des amours enfantines et printanières.


Mais le vert possède aussi un climat maléfique. 
C'est la teinte des eaux profondes,
menaçantes dans leur silence, engloutissantes.
"Vert, j'espère ? " sans doute, mais c'est aussi la teinte
de la dégradation, de la folie, de la menace,
comme la couleur traditionnelle des yeux de Satan,
 de la femme fatale...et du chat."
.
Pierre Daco
"L'interprétation des rêves"
.


Pour l'initié, cette couleur est l'arcane des connaissances profondes
des mystères de la Nature et du Destin des êtres et des choses.

Couleur féminine englobant le principe vital masculin (le feu rouge),
le vert est la couleur de la fertilité et de l'Imagination cosmique
retranscrite en partie dans le règne végétal.

La plante et sa couleur à dominante verte sont de nature matriarcale
et jadis, nombre de femmes exerçant leur royauté magique
portaient du vert et des pierres précieuses vertes.
Accordée à la sensibilité de la terre,
la femme est détentrice du puissant mana vert,
cette indicible force magique, sorte de feu végétal
qui élève et transmute ceux qui savent le recevoir.



Sang de Dragon pour les chinois, sang du Lion vert pour les alchimistes,
le vert est le creuset de toutes les Energies cosmiques,
creuset dont le Graal (vase d'émeraude) est une des expressions.

Rêver du vert signifie un apport de nouvelles Energies...
.
Marco Mercier
"Le monde magique des rêves"
.




vendredi 19 février 2016

Rêve : "La machine à Jedi"

Vendredi 19 février 2016

Vous souvenez-vous de la série de films 
Star Wars, La guerre des étoiles ?
On y trouve Yoda, le fameux guerrier Jedi. 
Ce petit nain vert à la peau ratatinée, 
a l'air d'avoir mille ans et il manie allègrement 
le sabre de lumière
en disant : "Que la force soit avec toi !"
Eh bien,  le premier rêve que je fais
à la suite de ma première chimiothérapie
le fait intervenir.

Je suis avec Marie-Lise Labonté.
Nous devons nous faire tomber à la renverse
dans une sorte de machine en carton 
comme dans un jeu d'enfant.
Nous atterrissons un étage plus bas
et remontons tout excités tels des mômes
qui grimpent de nouveau 
en haut d'une glissoire pour recommencer.
A chaque passage, un de nos membres
est transformé et nous nous montrons
les parties de notre corps
qui ont déjà pris la couleur de l'espèce Jedi,
soit un vert fluorescent.
Je lui fait voir mon bras 
et elle me présente son avant-bras.
Un guerrier Jedi supervise toute la manoeuvre.
Nous recommençons dans une sorte de course euphorique
pour arriver à transformer toutes les parties de notre corps.
Non seulement nos membres sont verts
mais ils irradient comme s'ils avaient été exposés 
à des radiations nucléaires.
L'atmosphère du rêve est délirante.



Je vois ce rêve comme la tentative de mon inconscient
de traduire ce qui est en train de se produire dans mon organisme.
En effet, les rêves constituent des autoportraits
de ce qui nous arrive à différents niveaux, 
qu'ils soient organiques, émotifs, mentaux ou spirituels.

Mon être est plongé en plein délire chimique,
avec des poisons mortels d'un côté 
et de la cortisone euphorisante de l'autre ;
les songes tentent de m'en donner une image.
Il y a tout de même un côté encourageant :
alors que la procédure est si triste sur le plan conscient;
elle provoque du rire dans l'inconscient !

De plus, le vert est la couleur de la guérison.
Cette machine en carton digne d'un jeu pour enfants géant
et apte à fabriquer des guerriers Jedi
est définitivement de bon augure :
la force doit être avec moi 
si je veux passer au travers.

J'ai également un autre association qui va dans le même sens :
durant mes études à l'institut C.G. Jung de Zurich,
j'ai eu l'occasion d'analyser des planches alchimiques.
L'une d'elles représentait un immense athanor
dans lequel les gens entraient par le haut
et d'où ils ressortaient par le bas, rajeunis.
C'était une sorte de fontaine de Jouvence.

Jung a noté que les rêves ont souvent une fonction prospective
et je me dis que toute cette entreprise servira peut-être
à un rajeunissement de mon être.
En effet, comme je l'ai déjà compris
dans le premier songe de cette série,
une partie de moi doit mourir
et je dois la laisser aller
plutôt que de mourir avec,
si je veux sortir renouvelé
de ce passage pénible et angoissant.

Finalement, je constate combien les rêves,
dans leur aspect compensateur,
essaient de me donner une perspective plus vaste
par rapport à ce qui se passe.

Au niveau conscient, je vis tristesse et angoisse : 
de son côté, l'inconscient présente la chose
comme un jeu enfantin.
Il vient ajouter ce qui manque à ma position consciente,
contrastant avec elle. En somme, ni l'attitude consciente 
ni l'attitude inconsciente ne sont justes.
La vérité se trouve entre les deux.

Je me suis réveillé en riant,
heureux de cette aide inattendue.
.
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jeudi 18 février 2016

Guy Corneau "La guérison" (2)

Jeudi 18 février 2016




Toute forme d’écueil vient remettre en question
des croyances  et des prétentions
que nous avons par rapport à l’existence. 
Nous sommes convaincus qu’en vivant de telle ou telle façon, 
nous arriverons à éviter les écueils de la vie. 
C’est même là notre transaction fondamentale avec notre destin : 
je serai joyeux, courageux et optimiste 
à condition que l’existence ne soit pas trop dure avec moi.

Mais voilà que la vie nous sert des épreuves quasi impossibles à traverser, 
des épreuves qui abattent nos résistances et nous montrent l’illusion de nos positions. 
Nous nous retrouvons alors déprimés, suicidaires, craignant de ne plus rien valoir, 
ayant l’impression que personne ne peut nous aider et que nous ne nous en sortirons jamais.
  
Si nous ne trouvons pas la force
de remettre en question de tels mouvements,
 nous allons mourir de l’épreuve. 
Nous n’en aurons pas saisi le caractère initiatique, 
celui qui peut engager une véritable transformation. 
Car il faut que notre survie même soit menacée
 pour qu’une épreuve permette un réel changement.

De quel changement s’agit-il ?
De celui qui consiste à abandonner de larges pans
de ce que nous sommes et de ce que nous avons cru être jusqu’ici 
pour découvrir l’être vrai qui vit au cœur de nous. 
Cet être véritable, ce soi authentique au sens de Jung, 
vit dans la joie profonde et l’émerveillement
peu importe ce qui lui est donné à vivre. 

Même au sein d’une tempête sans précédent dans notre monde intérieur, 
il se réjouit encore de la puissance des éléments qui sont déclenchés. 
Le moi de surface prie,
pour qu’une telle intensité s’essouffle et que la paix revienne, 
mais  pas le soi profond qui comme l’eau du fond d’un océan 
est à peine touché par les courants de surface.

La clé de tels imbroglios qui mènent au bord de la perte de sens 
et de la confusion totale réside 
dans la découverte que nous pouvons choisir nos états intérieurs 
et que nous demeurons maître de ce qui se passe en nous.

Après les protestations intérieures,
les vociférations contre le destin adverse, 
l’assurance que cette fois-ci c’en est trop
et que nous ne pourrons pas passer au travers, 
vient tout de même la révélation que notre réaction à l’épreuve 
est en grande partie notre création et que l’événement lui-même 
n’est pas survenu de façon si anodine dans notre vie. 
Se révèle alors cette terrible réalité : peu importe la gravité de ce qui arrive, 
il n’y a aucune raison de ne pas vivre dans la joie. 

Nous sommes des êtres de lumière 
venus exprimer sur le plan terrestre notre pouvoir de créer
pour notre plus grande joie et pour celle des autres. 
Quel plus beau cadeau pour nos proches en effet que celui d’exprimer 
notre essence d’enseignant, d’artiste, de soignant, de gestionnaire ou de constructeur.
Ainsi la joie est trouvée et le bonheur de vivre malgré les difficultés vient avec elle. 
Lorsque ce point de vue est bien compris, quelque chose se détend en nous, 
un détachement salutaire est expérimenté qui permet à la fois 
l’engagement concret et une contemplation sereine de l’existence.
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mardi 16 février 2016

Guy Corneau "La guérison" (1)

Mardi 16 février 2016

La maladie est l'effort que fait la Nature pour guérir.
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C.G. Jung
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Une véritable guérison,
on ne peut l'attendre que du traitement
de la personnalité totale.
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C.G. Jung
"L'homme à la découverte de son âme"
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 « La maladie nous demande un effort amoureux »

Quelles sont nos capacités de réparation intérieures, 
et comment pouvons-nous nous connecter à elles afin de nous guérir ? 
D’après Guy Corneau, survivant d’un cancer, il nous faut commencer 
par renouer un lien d’amour et de joie avec nous-mêmes.

Psychanalyste québécois formé à l’Institut Carl Gustav Jung de Zurich, 
bien connu du grand public, Guy Corneau a été diagnostiqué en 2007 
d’un cancer de grade 4, potentiellement terminal. 
Suivant différents traitements pour se soigner, à la fois conventionnels et holistiques,
 il a surtout contacté à travers cette épreuve la profonde nécessité
 de se reconnecter à la vie créative. Puissamment humain, 
son récit a impacté le public du congrès Nouvelle approche du vivant 
de Quantique Planète en novembre 2013. 
Témoin légitime qu’une guérison est possible, 
Guy Corneau nous parle de cet effort amoureux envers nous-même, 
que la maladie nous invite à faire. 

- Vous parlez de la maladie comme d’un signal pour nous réveiller à la vie...

 - Oui. La maladie vient nous déranger et nous cherchons bien sûr à la guérir. 
Mais nous ne pouvons pas changer une chose en nous-mêmes, 
si nous ne sommes pas tout d’abord capables de la respecter 
et d’être à l’écoute de ce qu’elle veut dire.

Qu’est-ce que la maladie vient éclairer ? 
Souvent elle parle d’une partie en soi que nous avons abandonnée, 
d’une partie de notre élan créateur qui est négligée, pour toutes sortes de raisons.
 Et si à la longue ces éléments-là ne sont pas écoutés, 
bien sûr ils se transforment en maladie
 pour que nous puissions les ressentir avec un peu plus d’acuité.

Donc je parle de la maladie comme faisant partie de la santé,
 comme une parole de l’intelligence intérieure, mais aussi universelle, 
qui vient nous interpeller.
Car la maladie parle de toutes sortes de choses, 
de nos zones de fragilités personnelles certes, mais aussi de notre environnement, 
de nos lignées familiales et de la relation que nous entretenons avec tout ça.
Les épreuves m’ont par exemple permis de trouver des ressources, 
autant extérieures qu’intérieures, que j’ignorais complètement.

Notre corps est donc comme un témoin de notre union ou de notre désunion avec la vie. 
Il témoigne de notre rapport ou de notre absence de rapport avec l’unité fondamentale 
qui sous-tend notre monde.
Les maladies sont des invitations à des retrouvailles avec la sensation, 
pas juste le savoir, mais la sensation, d’une union avec la vie en nous et autour de nous. 

- Qu’en est-il de nos capacités d’auto-guérison ?

- J’ai découvert, à travers le cancer, que rien ne pouvait me sauver de moi-même. 
J’ai eu à sortir d’une attente irréaliste et magique, celle que la chimiothérapie, 
les médicaments, mon acupuncteur, mon homéopathe, 
mon énergéticien, mon tai chi, pouvaient me sauver.

J’ai avant tout compris que toutes ces approches rassemblées 
constituaient un environnement soignant,
favorable à l’éveil du médecin intérieur en moi.
 L’environnement soignant est absolument nécessaire
pour stimuler nos mécanismes d’auto-réparation, 
mais il est important de prendre conscience
que ces mécanismes viennent de l’intérieur.

Les mécanismes de guérison sont constamment là, prêts à nous aider.
Il n’y a pas besoin de les inventer. 
Tout en nous veut guérir et tout veut se régénérer.
Il s’agit d’accompagner de notre volonté, de nos intentions conscientes, 
ce que la nature fait déjà.

Notre état intérieur est donc primordial dans cette remise en santé, 
pour ce processus de régénération.
J’ai vu l’importance de renouer avec une présence à moi-même 
beaucoup plus respectueuse, tendre, qui amène inévitablement de la joie. 
Et c’est cette joie intérieure qui guérit.
Elle donne le message à nos cellules qu’il y a de la vie, 
et nos cellules répondent en fabriquant de l’immunité, parce qu’elles veulent vivre. 

- Devons-nous donc agir sur notre état intérieur pour guérir ?

- Notre état intérieur est la seule chose sur laquelle nous avons un peu de maîtrise. 
Nous avons structuré des façons d’être, des façons de faire, des croyances, des peurs, 
pour éviter l’impact de la répétition des blessures. 
Donc chez chacun, une personnalité s’est mise en place à notre insu, 
au départ parce qu’il fallait survivre.

Mais avec le temps cette personnalité devient aussi une prison,
 elle se rigidifie. Alors nous cherchons le bonheur et l’ouverture, 
mais en même temps, nous craignons de nous ouvrir. 
Nous voulons changer mais ne pas bousculer notre zone de confort. 
Du coup, sans vraiment le vouloir,
nous sommes aussi beaucoup dans la fermeture.

Donc oui, il faut agir sur nos états intérieurs
pour stimuler la vie et nos capacités de guérison qui n’attendent que nous.
Je ne dis pas que c’est facile, mais nous sommes beaucoup plus
 que le petit personnage auquel nous nous sommes identifiés.

Donc ça commence par se concevoir
comme un ensemble énergétique intelligent et en évolution, 
qui donne naissance à l’être que nous sommes, et qui est connecté au monde 
et à d’autres champs énergétiques intelligents visibles ou invisibles.

Il faut élargir le connu pour se redécouvrir,
et redécouvrir la réalité dans laquelle nous baignons. 
De toutes façons, si nous restons avec nos rigidités nous allons mourir avec elles 
alors qu’il est peut-être encore temps de suivre le chemin de la vie, de retrouver la fluidité
Mais c’est vrai que ça va toujours demander une sorte d’effort 
parce que le personnage a prouvé son efficacité par rapport à la survie, et on y est attachés.
Et la peur de ne pas être aimé est aussi très ancrée en nous. 
Une voix nous dit « si tu changes, si tu oses autre chose, on ne va plus t’aimer, 
tu vas être rejeté, tu vas de nouveau souffrir ». 
Changer nous demande un effort amoureux envers nous même. 

- Il y aurait un choix de vie à réitérer constamment ?

- Oui, petit à petit, nous apprenons à dépasser les peurs et les rigidités. 
Cela demande une attention consciente pour être en mesure 
de choisir la joie, l’amour, l’ouverture. 
C’est pour cela que les tibétains parlent du guerrier de lumière.

Nous devons choisir et cultiver nos états intérieurs, et les nourrir.
Vous pouvez choisir aujourd’hui d’aller vers la sérénité 
et tenter de rester dans cette position intérieure, 
qui est joyeuse et qui est tranquille en même temps. 
Et là, toutes sortes de choses vont venir vous percuter.

 Toutefois, à chaque fois, vous allez choisir
de retrouver votre axe de sérénité consciemment. 
Peut-être faudra-t-il le faire 100 fois dans la journée
 pour que ça s’installe de façon plus permanente. 
C’est un peu comme faire du sport, même si on sait que c’est bon pour nous,
 il y a toujours un petit effort à faire.

Je pense que la chose la plus radicale qui puisse arriver sur notre chemin
 c’est de pratiquer un amour sans conditions et sans attentes, 
de pratiquer une joie sans raison, comme une offrande à l’univers. 
Peu importe ce qui arrive aujourd’hui,
je choisis d’être joyeux et c’est une sorte d’ascèse.
Ce qu’il faut comprendre c’est que ce choix, qui demande une auto-discipline, 
est au final un cadeau que l’on se fait à soi-même. 
Et ce cadeau, personne d’autre que nous ne peut nous l’offrir.
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mercredi 10 février 2016

La naissance du soleil : heure sacrée

Mercredi 10 février 2016


Le lever du soleil, à cette latitude, 
était un événement qui me subjuguait chaque jour à nouveau. 
C’était moins le jaillissement déjà en lui-même magnifique 
des premiers rayons que ce qui se produisait ensuite. 
Immédiatement après le lever du soleil, 
j’avais pris l’habitude de m’asseoir avec mon pliant sous un acacia-parasol. 
Devant moi, au fond de la petite vallée, s’étendait 
une bande de forêt vierge d’un vert sombre presque noir, 
et au-dessus, de l’autre côté, apparaissait le bord du plateau. 

Au début tout n’était que violents contrastes entre le clair et l’obscur ; 
puis tout prenait forme et contours dans la lumière
 qui remplissait toute la vallée d’une clarté qui paraissait compacte. 
Au-dessus, l’horizon rayonnait de blancheur. 
Peu à peu la lumière qui montait semblait s’insinuer dans les objets mêmes 
qui s’éclairaient comme par le dedans 
et finissaient par être transparents comme des verres de couleur, 
tout se transformant en cristal scintillant.

L’appel de l’oiseau « sonneur de cloche » remplissait l’horizon. 
En ces instants j’avais l’impression d’être dans un temple. 
C’était l’heure la plus sacrée du jour. 
Je puisais dans cette splendeur d’insatiables ravissements 
ou plutôt une extase intemporelle.
Tout auprès de ma place, 
il y avait un grand rocher habité par de grands singes (babouins, papions). 
Chaque matin ils étaient assis tranquilles, presque immobiles, sur la crête, 
du côté ensoleillé du rocher, alors que tout le long du jour
 ils remplissaient la forêt de leur caquetage et de leurs cris perçants. 
Comme moi, ils semblaient honorer le lever du soleil. 
Ils me rappelaient les grands cynocéphales du temple d’Abou Simbel en Egypte, 
qui répètent les gestes d’adoration. 
Ils racontent toujours la même histoire : 
depuis toujours nous avons vénéré le grand dieu qui sauve le monde en surgissant, 
rayonnante lumière céleste, de la grande obscurité.

En ce temps-là, je compris que depuis les tout premiers commencements 
une nostalgie de lumière et un désir inépuisable 
de sortir des ténèbres originelles habitent l'âme.
Quand vient la grande nuit, 
tout se teinte de profonde mélancolie 
et d'indicible nostalgie de lumière.

C’est cela qui s’exprime dans les yeux des primitifs 
et que l’on peut voir aussi dans les yeux des animaux. 
Il y a dans l’œil de l’animal une tristesse 
et l’on ne sait jamais si cette tristesse tient profondément à l’âme de l’animal 
ou si c’est la signification douloureuse et poignante qui émane de l’être primitif. 
Cette tristesse est l’atmosphère de l’Afrique, l’expérience de ses solitudes. 
Ce sont les ténèbres des tout premiers temps, un mystère maternel. 

C’est pourquoi la naissance du soleil, au matin, 
est l’événement qui subjugue les Noirs. 
L’instant où la lumière se fait est Dieu. 
Cet instant apporte la délivrance. 
C’est l’expérience originelle du moment vécu 
et elle est déjà perdue et oubliée 
quand on pense que le soleil est Dieu. 
« Nous nous réjouissons que la nuit, 
où rôdent les esprits, soit maintenant terminée ! » 
disent les indigènes. 
C’est déjà une rationalisation. 
En réalité, une obscurité pèse sur le pays, 
toute différente de la nuit naturelle. 
C’est la nuit psychique primitive, 
les innombrables millions d’années 
durant lesquelles tout fut toujours tel qu’aujourd’hui. 
La nostalgie de la lumière est la nostalgie de la conscience.

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C.G. Jung
(Expédition en Afrique)
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dimanche 7 février 2016

Le symbole de la lumière

Dimanche 7 février 2016


Thème central des religions et des mythologies
la lumière évoque l'aspect créateur et civilisateur. 
Elle est la première création
l'élément primordial établi et manifesté.

Présidant à l'organisation du monde par son apparition, 
la lumière inaugure aussi la mort par son absence
Aucune vie n'est possible sans lumière. 
L'extinction de la lumière signe le terme de l'évolution, 
la mort transitoire ou définitive.

Aussi, dans le rêve, éteindre une lampe, la radio, la télévision
 ou tout autre objet équivaut à un retrait ou à un abandon symbolique, 
à l'intériorisation, à l'entrée en soi 
jusque dans les noirceurs de sa psyché.

Dans la symbolique des couples d'opposés complémentaires, 
la lumière s'oppose aux ténèbres,
à l'obscurantisme, au néant. 
Elle en constitue le révélateur et dans l'interaction des forces, 
elle est elle-même révélée par eux.

La lumière intérieure procède du même sens. 
Elle lève le voile de l'obscurité
et permet d'accéder à la compréhension
à la vérité et à la connaissance.
Elle est le vecteur de l'illumination.

Dans cette mesure, tout ce qui produit la lumière 
à commencer par le soleil et le feu
mais aussi les bougies, les lampes,
les lanternes, les flambeaux, etc. 

Au plan analytique, la lumière figure la conscientisation
c'est-à-dire l'émergence de contenus inconscients, 
et la compréhension des profondeurs de la psyché 
qui fonde la connaissance de soi

Néanmoins, si la lumière est trop forte, si elle éblouit, 
elle induit un accès brutal et violent à la vérité, 
c'est-à-dire une révélation soudaine d'un secret ou d'un fait.

L'éblouissement peut également révéler
le refus d'admettre une vérité
l'activation d'un déni et donc une attitude défensive.

Le faisceau de la lampe ou de la torche permet 
de concentrer et d'orienter la lumière 
et témoigne de la vérité qui vainc les ténèbres
.
Corinne Morel
"ABC de l'interprétation des rêves"
.

P-S : Par les liens insérés dans le texte ci-dessus,
vous pouvez accéder aux nombreux rêves
publiés dans ce blog,
qui font intervenir la lumière
sous ses différents aspects..

(étant donné son symbolisme, 
on ne s'étonnera pas trop du fait
qu'elle soit vraiment omniprésente
dans les "grands rêves"...)
.