lundi 9 novembre 2015

La personnalité entière de l'Homme

Lundi 9 novembre 2015


Le Soi est un terme qui désigne la personnalité entière.
La personnalité entière de l'Homme est indescriptible.

Sa conscience peut être décrite, mais son inconscient ne peut l'être,
parce que l'inconscient — je dois le redire — est toujours inconscient,
vraiment inconscient et vraiment inconnu (rire).
 
Ainsi, nous ne connaissons pas notre personnalité inconsciente.
Nous avons des indices, certaines idées,
mais nous ne la connaissons pas réellement.

Personne ne peut dire où l'Homme s'arrête.
Et c'est la beauté dans tout ça ; c'est vraiment intéressant.
L'inconscient de l'Homme peut parvenir Dieu sait où ;
nous allons donc vers des découvertes.
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samedi 7 novembre 2015

Interprétation du rêve : "Les frontières du mystère"

Samedi 7 novembre 2015

Reprenons maintenant le déroulement
du rêve éveillé d'Estelle...

Dès le début, il y a une interrogation fondamentale :  
Qui suis-je ?
Suis-je ma personnalité ? 
Suis-je mon corps ?  Suis-je mon âme ?
Suis-je encore plus vaste ? Suis-je "partie du monde" ?

Et puis il y a le désir de quitter les limites quotidiennes de l'ego 
et d'approcher de plus près les "frontières du mystère"...
ce désir-là est profond...
mais il se heurte à de l'incertitude et à de la désorientation : 
"je ne sais pas dans quelle direction aller", "je n'y arriverai pas seule"...


La première image qui apparaît, au sommet de la montagne, 
ce sont "des morceaux de tissus blancs, avec des inscriptions" ...
des morceaux de tissu qui représentent des "pensées"...
qui "s'envolent au vent"...
Les pensées ne sont plus "attachées" à un fil, 
mais se mettent alors à voler "librement" dans les airs...

Comment ne pas penser, à l'évocation de cette image,
aux "drapeaux de prière" accrochés
sur les hauteurs du Tibet,
drapeaux dont les formules sacrées imprimées
sont, suivant les croyances locales,
"dispersées dans l'espace" par le vent qui les caresse ?


Et comment mieux décrire aussi
le détachement progressif des "certitudes"...
et le dépassement du mental...?

C'est la première étape pour s'approcher du mystère : 
arrêter de "s'accrocher" à des idées et des conceptions figées...
laisser le "vent" du changement emporter les pensées là où elles doivent aller...

Et puis la neige se met à fondre...
là encore, c'est une image de fluidité retrouvée...
la neige blanche et froide, glaciale... redevient eau qui court...
Le "mouvement de la vie" peut repartir...
et on passe de la couleur blanche, unie ...
à de grands foulards multicolores qui bougent, qui "dansent", 
qui sont dans un mouvement perpétuel...


La "danse de la réalité" est entraperçue...
mais la rêveuse se sent encore trop "tendue", trop crispée,
pour y participer elle-même...
elle se contente de la regarder et d'admirer 
sa beauté, sa pureté et sa vérité...

Ce n'est qu'au moment où les foulards se transforment 
en danseuse hindoue, en femme...
que la rêveuse, enfin, se met à "entrer dans la danse"...
une danse qui fait irrésistiblement penser 
à la "danse de Shiva" avec ses multiples bras...
...c'est une "danse d'énergie",
une danse qui embrasse tout ce qui existe...


D'ailleurs la rêveuse se sent grandir, grandir, se déployer...
jusqu'à atteindre une taille gigantesque...
jusqu'à rejoindre ce sentiment d'union avec "le tout"...
comme si son corps et ses membres s'allongeaient à l'infini 
et qu'elle pouvait "toucher" tout ce qui est.

C'est aussi une danse lascive...à la fois énergétique et corporelle, 
un mouvement qui inclut aussi la dimension sexuelle, 
C'est une danse à la fois féminine et cosmique, 
une danse de "tout l'être"...
une danse qui lui rappelle l'immensité
de ce qu'elle est...


Et puis, il y a une "séparation" qui se produit en elle...
une séparation entre la droite et la gauche, 
une sorte de "dédoublement" qui est aussi une "ouverture"...
et la sensation de ne plus "être son corps" mais d'être bien plus...
Ce qui se révèle essentiel, c'est ce qui est "dedans", à l'intérieur...
c'est  le "coeur", le "centre"...

Et ce qui est important,
c'est ce qui "sort" de ce coeur :
une immense "liane" qui se présente 
comme un "axe" ou une "échelle" qu'on peut gravir...
une liane qui est aussi un "guide" : une liane qui montre le chemin...
et autour de laquelle la rêveuse monte "en spirale"
...vers l'infini...



Elle retrouve à ce moment-là à la fois
son identité ("je suis une âme") et le "chemin intérieur", 
le "chemin vers le mystère de l'être et du monde", 
ce "chemin d'évolution en spirale"
qui emmène toujours plus loin 
vers le "Mystère" de ce que nous sommes, 
Mystère qui rejoint celui du monde extérieur...celui du cosmos...
Mystère avec lequel elle sent ne faire qu'UN.

Mystère qui s'inscrit au plus profond d'elle-même, 
jusque dans la moindre de ses cellules...
et sans doute jusque dans son...ADN
ADN qui lui aussi est une spirale interne mystérieuse, 
une double spirale qui n'a pas encore livré tous ses secrets.



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Et c'est là un très beau rêve, je trouve, 
un rêve qui nous parle vraiment de ce qu'on peut atteindre 
quand on accepte de "lâcher" notre ego et nos fixations
de ce qu'on peut vivre et ressentir quand on accepte 
d'accueillir les énergies dansantes de la Vie...
ces énergies vivantes et toujours en mouvement 
qui nous guident, de façon mystérieuse mais sûre,
toujours "plus haut",
vers une conscience toujours plus grande,
 dans une évolution qui n'aura sans doute...
pas de fin.

Et c'est peut-être là la définition même d'un grand rêve
un grand rêve, c'est un rêve qui nous emmène "au-delà"...
au-delà de ce que nous connaissons de nous-même, 
au-delà des images toutes faites que nous avons 
de notre personne et de notre existence, 
au-delà des définitions limitées et sclérosantes habituelles...
En résumé : au-delà de l'ego et du mental...

Un grand rêve est un rêve 
qui nous redonne accès au "Mystère de la Vie"...
et à notre véritable dimension.

Et n'y a-t-il pas plus merveilleux Mystère
que cette "reliance par le coeur"
à la partie transcendante de notre être...
 que ce "mouvement permanent",
cette "danse" du Moi autour du Soi...
cette "danse" de l'Ephémère autour de l'Eternel ?

Un Mystère que, sans doute,
nous ne comprendrons jamais dans son intégralité...
mais avec lequel nous sommes appelés,
comme nous y invite la fin du rêve,
à "rester en lien"...

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La Licorne
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jeudi 5 novembre 2015

Spirale et individuation

Jeudi 5 novembre 2015

Voici un texte dans lequel Etienne Perrot explique 
comment Jung visualise le processus d'individuation :
il le voit comme le trajet en spirale du Moi
autour de l'axe du Soi...(*) 

Rembrandt (philosophe en méditation)


L'individuation fait monter au premier plan de la personnalité
 un ordre supérieur à celui de l'ego et, 
selon toute apparence, destiné à lui survivre
Elle constitue ainsi une préparation toute naturelle au terme de l'existence, 
qui en est aussi le but. 
Jung attache une grande importance psychologique au phénomène de la mort 
et lui attribue une valeur positive, bien qu'en homme de science
 il se refuse à se prononcer sur une éventuelle survie.

L'individuation est le prix d'un long voyage fertile en péripéties : 
c'est le trésor gardé par des dragons, la Toison d'or, le saint Graal. 
Auprès des monstres, le chemin qui y mène est peuplé de figures secourables 
qui aident à franchir les passages périlleux : 
ainsi l'anima psychopompe (Ariane et son fil), 
le vieux sage, l'animal guide : rainette, tortue, lièvre, cerf.

L'arrivée s'annonce bien à l'avance 
par l'apparition de symboles de la totalité 
arbre, joyau, sphère lumineuse, pierre cubique, mandala 
(terme sanskrit désignant des figures circulaires ou carrées 
servant à la méditation). 


Cette totalité est en somme le centre virtuel 
autour duquel la révolution intérieure reliant les opposés 
s'effectue en spirale, et qui s'actualise peu à peu. 

L'être qui y est parvenu a le sentiment 
que l'axe de sa personnalité s'est déplacé. 
Le nouveau centre, appelé Soi (Selbst), 
est situé au-delà du moi qui occupe par rapport à lui 
la position d'un satellite
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(*) Le processus inconscient se meut en spirale autour d'un centre,
en s'en rapprochant lentement,
tandis que les caractéristiques du centre
se dessinent avec de plus en plus de clarté.
C.G. Jung 
"Psychologie et Alchimie" 
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Ainsi, la spirale, dynamique de Vie, est aussi la forme symbolique
du développement psychologique et du cheminement spirituel...
Si la spirale descendante nous emmène vers nos profondeurs,
la spirale ascendante, elle, conduit vers la lumière...

Elle est la forme privilégiée du chemin entre la Terre et le Ciel,
elle relie la Matière et l'Esprit...
et elle nous rappelle la nécessité de passages successifs,
de transformations graduelles...sur l'axe de l'évolution...
vers le Soi.
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Bon, j'ai développé très longuement le sujet...
J'espère fort, qu'après tous ces articles "hélicoïdaux",
je ne vous ai pas trop "donné le tournis"... ;-)
mais que tout cela vous...inspire !
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La Licorne
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Dessin de Kelilan
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mardi 3 novembre 2015

La Spirale, le Féminin, le Masculin, le Yin et le Yang

Mardi 3 novembre 2015

Dans l'imaginaire, la spirale apparaît souvent, de façon spontanée,
en liaison avec le Féminin :






Certains disent même qu'à l'origine,
la spirale aurait été un symbole spécifiquement féminin...
En tant que symbole de Vie, de Création et de Croissance,
on peut le comprendre...
mais voyons cela d'un peu plus près :


Le Féminin :
La femme, naturellement,
est accordée avec l'aspect cyclique de la vie :
chaque mois, son corps lui rappelle
qu'elle est alignée sur le cycle de la lune...
Elle est accoutumée à vivre, jusqu'au plus profond de son être,
les "cycles répétitifs" et la "roue" des saisons...
qui fait alternativement croître et décroître,
vivre et mourir...
dans un renouvellement infini...


Le Masculin :
L'homme, est, en général, impliqué
dans un processus plus "linéaire" :
il est celui qui cherche à faire "avancer"les choses...
il va de l'avant et souhaite du "nouveau", de l'"inédit"...
il "construit", il aime être facteur de "progrès"...


Alors, oui, quand quelque chose "tourne" et effectue des cycles,
(spirale plane), cela semble plus spécifiquement féminin...


Mais quand le masculin et le féminin s'entendent
et oeuvrent de concert,
quand la rotation et la translation se marient,
on retrouve le mouvement universel de la Vie,
le "mouvement dynamique" de l'évolution,
la spirale 3D (ascendante) :




C'est d'ailleurs ainsi
que s'effectue la croissance des plantes :



...la montée de la kundalini
le long des chakras :


...ou le parcours des planètes...



Rotation et ascension, révolution et élévation, 
tels sont donc les mouvements qui semblent animer l’univers.

C'est la fameuse danse du dieu Shiva,
la danse de l'énergie cosmique :




C'est aussi la danse perpétuelle du yin et du yang...
(le symbole du Tao peut en effet être vu
comme deux formes serpentines se "poursuivant"
autour d'un centre ou d'un axe central...)

Ce symbole d'union "dynamique" des opposés ...
est étroitement connecté  au symbole de la "double spirale" :











Ainsi, comme on le voit en partie dans le dessin ci-dessous,
l'évolution "en spirale" s'avère commune
au cosmos, à la nature...et à la psyché...
à ce qui est physique, psychique
et même spirituel...

(mot dont l'étymologie : "spiritus"
est la même que celle du mot "spirale" !)




Ne serait-elle pas, au final,
une structure naturelle fondamentale...
et, en quelque sorte, l'expression géométrique
du "mouvement primordial de la Vie" ?

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La Licorne
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dimanche 1 novembre 2015

Le symbole de la spirale (4)

Dimanche 1er novembre 2015

En Europe, à la Renaissance,
on connaît encore bien le symbolisme de la spirale, 
et il est souvent attesté, dans un contexte qui n’est guère ambigu.


 Détail du Christ de Vézelay

Perpétué au Moyen Age 
(comme le montrent par exemple les forces cosmiques en spirale 
pénétrant le corps du Christ, dans un crucifix irlandais daté du VIIe siècle 
et conservé à Dublin au National Mu­seum of Ireland), 
puis par Dante 
(à travers les cercles concentriques
de son Enfer et de son Purgatoire)



et par Jean de la Croix (avec sa Montée du Carmel), 
il se retrouve chez nombre d’artistes, parmi lesquels Dürer, Botticelli 
(qui a composé un célèbre vortex inversé en illustra­tion à l’Enfer de Dante) 
ou Paolo Uccello, dont le saint Georges, 
émergeant du labyrinthe et de la forêt obscure de l’inconscient, charge le dragon, 
et crée ainsi une véritable situation cosmique archétypale, 
rappelée par le tourbil­lon de nuages en spirales accumulé derrière lui.


 Sur le plan architectural,
le célèbre plafond de Saint Charles aux quatre Fontaines, 
ou la lanterne en forme de spirale
de Santo Ivo della Sapienza 
(qui n’est pas sans évoquer le minaret spiralé
de la mosquée irakienne de Samarra, 
ou le vaste mandala qu’est le temple de Borobu­dur), 
construits par Borromini, nous rappellent 
que l’évolution de l’esprit est un chemin 
en spirale ascendante vers Dieu.


À partir de la Renaissance, 
la société euro­péenne connaît de profondes mutations, 
qui seront fatales à la connaissance traditionnelle des symboles, 
et à la transmission initiatique en général.

Mais, au milieu de cette « laïcisation » des symboles, 
il est très troublant de voir des résurgences en quelque sorte spontanées, 
chez des créateurs – et non des moindres 
– qui ressentent le besoin d’introduire la spirale dans leur univers imaginaire, 
et renouent, à travers leur propre phantasmatique, 
avec cet archétype immémorial : 
E. Poe nous raconte, dans Une descente dans le Maelström, 
l’histoire d’un marin qui, absorbé par ce tourbillon, 
en com­prit la nature spiralée, et réussit à remonter à la surface ;


Van Gogh peint une extraordinaire « nuit étoilée », 
nous restituant la vie cosmique sous une forme véritablement visionnaire, 
à travers les énormes volutes animant son ciel nocturne d’un souffle puissant.

Et lorsqu’Apol­linaire écrit, dans Alcools,
Descendant des hauteurs où pense la lumière
Jardins roulant plus haut que tous les ciels mobiles
L’avenir masqué flambe en traversant les cieux,
il retrouve le même symbolisme : 
tant il est vrai que les créateurs se définissent avant tout 
par cette aptitude à s’immerger dans ces courants de forces fondamentales, 
et à les transcrire à travers leur art, leur ascèse, leur coloration personnelle. 


Un peu plus tard, les progrès de la psychologie et les travaux de C.G. Jung 
mon­treront d’ailleurs que nous sommes tous habi­tés, sans le savoir, 
par ces symboles fondamen­taux, dans ce que nous appelons notre inconscient : 
les mandalas dessinés par ses patients s’organisent souvent autour de spirales, 
et lui-même définira la spirale 
comme l’archétype du processus de développement de la psyché. 

Ainsi, la boucle est bouclée : des spirales néolithiques de Gavr’inis 
à celles des sujets étudiés par C.G. Jung, c’est bien le même psychisme humain 
qui fait effort pour se comprendre, et comprendre le cosmos, 
à travers ce splendide symbole à la fois vivant 
(car il nous implique, comme d’ailleurs tous les symboles) 
et puissamment unificateur : 
car c’est une belle source d’espérance de penser que, 
depuis l’aube de notre société jusqu’à notre période « moder­ne »,
 des hommes de cultures, de périodes, d’horizons différents ont médité, 
parfois de façon très savante, parfois plus inconsciem­ment, 
mais avec toute leur application, leur ferveur et leur honnêteté, 
sur le symbole de la spirale, 
c’est-à-dire sur eux-mêmes et sur le sens profond de leur vie. 


C’est sans doute un moment important 
(et dont nous n’avons peut-être pas encore perçu toutes les implications) 
que cette rencontre, caractéristique de notre époque, entre la science 
(qui découvre expéri­mentalement des spirales, 
dans l’infiniment grand comme dans l’infiniment petit, 
et y reconnaît une des structures fondamentales de l’univers) 
et la symbolique, qui n’a cessé, par tradition et par intuition, 
d’organiser et de reproduire des formes spiralées : 
il y a là, à tout le moins, matière à réflexion.
 .
Joël Thomas
"La spirale symbole de la vie et du temps"
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Images de belles spirales :
ICI