jeudi 20 août 2015

L'eau et le feu

Jeudi 20 août 2015

Il est intéressant, je trouve, de comparer le rêve de Nicole (rêve 35)
avec celui de Marthe ("Le gouffre sous la maison").

Les deux rêves comportent des points communs
dans les deux cas, la rêveuse plonge 
et se retrouve dans une sorte de "grotte"...
dans les deux cas également , 
il y a une "ouverture" dans cette grotte...
pour y accéder, ou pour s'en échapper...

Mais la principale différence est , bien sûr, 
ce qu'elles trouvent dans le gouffre ou dans la caverne, 
qui représentent l'inconscient : 
la première se trouve confrontée  aux dangers de l'eau, 
la deuxième à ceux du feu...(*)
A chaque fois, le rêve propose à la rêveuse la rencontre 
avec "ce qui lui fait vraiment peur"...
et sans doute, aussi, avec "ce qui lui manque"...

Marthe, ayant cultivé ses facultés intellectuelles, 
se rend compte qu'elle recherche une voie plus "féminine"...
et Nicole, elle, à l'aise avec sa partie "féminine", réceptive,
ressent peut-être le besoin d'une plus grande affirmation d'elle-même, 
d'un comportement plus combatif, plus "masculin"...

L'eau du premier rêve est en effet clairement féminine 
et le personnage de feu et de flammes,
dans le rêve de Nicole, est de toute évidence "masculin"...

L'eau et le feu sont bien sûr deux éléments très différents...
mais ils ont en commun d'être tous les deux
des énergies "purifiantes" et "régénérantes"...
des énergies "vitales"...et indispensables.

A ce propos, voilà ce que dit Georges Romey
dans son livre "Le guide des rêves" :

"Pas plus qu'une personne en bonne santé 
n'éprouve le besoin de s'en rendre compte, 
le processus d'évolution psychique n'a de motif d'évoquer l'énergie vitale 
tant que celle-là remplit normalement sa fonction.

Quand la dynamique du rêve inspire les mots énergie, force ou puissance, 
c'est pour manifester un affaiblissement de celles-là 
et pour favoriser le rétablissement des conditions de leur pleine efficience. 
Chaque être vivant a pris vie dans le ventre de sa mère. 
C'est là qu'il a reçu l'étincelle ou la goutte initiale d'énergie.

L'état dépressif est caractérisé par une dangereuse réduction de l'énergie disponible, 
due le plus souvent à la persistance d'une attitude contraire au sens de la vie. 
Dans une telle situation, la personne aspire inconsciemment 
à retourner dans le ventre maternel pour y recevoir de nouvelles forces. 
Objectivement absurde, cette ambition peut être réalisée 
par la magie du rêve.

L'énergie, la force, la puissance, apparaissent fréquemment 
dans les séquences oniriques où se déroulent 
une scène de renaissance symbolique.

La mère, le ventre, le foetus, le cordon sont parmi les associations
 les plus remarquées autour de l'énergie. 
La renaissance symbolique exprime l'émergence d'un être 
débarrassé des éléments les plus lourds de sa problématique.

Le feu, l'eau, les deux éléments baptismaux, 
agents de régénérescence, 
figurent aussi parmi les corrélations 
observées près de l'énergie."
.



Le feu et l'eau, complémentaires,
peuvent donc tous les deux,
être des facteurs de transformation...
et de régénération.

On dirait bien que le rêve,
propose à chacun(e) de "plonger" à la recherche
de ce qui lui fait défaut, de ce qu'il n'a pas "intégré"...
Il est probable que ce qui lui inspire le plus de crainte est,
en même temps, ce qui pourrait faire de lui (ou d'elle),
un être plus complet, plus équilibré...
et aussi ce qui pourrait lui rendre, par la même occasion,
 toutes ses forces et toute sa vitalité...

La Licorne
.

(*) Dangers qui sont on ne peut plus réels...
l'exploration des grands fonds n'étant pas sans risques...
De même que ceux qui sondent les abysses
doivent prendre garde de pouvoir "remonter",
(Cf le film "Le grand bleu")
ceux qui se penchent sur leurs propres profondeurs
doivent aussi être prudents...et veiller,
à  "refaire surface"...
les tréfonds de l'être comportant toujours
"à la fois" des trésors...et des pièges.
.



5 commentaires:

  1. Cette comparaison et rapprochement que tu fais entre le rêve de Nicole et celui de Marthe, me rappelle que lorsqu’on s’intéresse à un rêve isolé il est utile et bon de connaître, si possible, les rêves qui précédèrent ou qui suivirent le rêve étudié, car la succession ou série des rêves permet bien souvent de mieux cerner le sens de tel ou tel rêve isolé de la série et d’éviter, le cas échéant, d’en tirer des conclusions et des extrapolations qui peuvent éventuellement s’éloigner du sens du rêve parce qu’elles peuvent répondre à un désir ou à un besoin d’interprétation qui satisfait un certain objectif d’ordre idéal auquel on est parfois soumis sans le savoir assez. La connaissance des rêves avoisinant le rêve étudié peut nous permettre d’échapper à cette possible dérive en nous évitant une amplification erronée ou abusive.
    Je ne veux bien sûr pas dire que toute amplification ou/et comparaison soit mauvaise et injustifiée, mais je suis convaincu qu’il faut se défier suffisamment de la tendance qu’on peut avoir à vouloir faire coller tel ou tel rêve à une certaine idée qui nous tient...dans sa main de fer dissimulée sous un gant de velours.

    Amezeg

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  2. Je suis bien d'accord...
    C'est juste une proposition...et je vais attendre de voir ce que Nicole en dit...

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    1. j'aime beaucoup ceci:

      Marthe, ayant cultivé ses facultés intellectuelles,
      se rend compte qu'elle recherche une voie plus "féminine"...
      et Nicole, elle, à l'aise avec sa partie "féminine", réceptive,
      ressent peut-être le besoin d'une plus grande affirmation d'elle-même,
      d'un comportement plus combatif, plus "masculin"...

      je confirme pour ma part que la combativité est un élément qui me manque ( encore )cruellement, et j'adhère à ce que dit Georges Romey, mon rêve rendait compte je crois de l'état des lieux, du déséquilibre entre le feu et l'eau, en surface une vie calme mais lourde...et en profondeur ,un feu qui me consume faute de trouver d'exutoire.

      il est vrai ,comme le souligne Amezeg que les rêves souvent ont des suites, et connaître ceux qui ont précédé peut être éclairant mais dans le cas de mon rêve , je crois que je ne pourrais de toute façon en faire la genèse onirique, mais à lui seul je crois qu'il contient déjà beaucoup d,informations .

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  3. C'est vrai , Nicole, que ton rêve est déjà très très riche et il y a encore des "détails" qu'on n'a pas du tout abordés : les "colonnes" travaillées...le couple de dinosaures sur son île, le nombre trois (3 crocodiles...etc).
    Il y a de quoi faire avec juste ce rêve-là...mais regarde, à l'occasion, si tu as noté un rêve dans les mois qui précèdent ou qui suivent...qui pourrait avoir un rapport avec celui-là...ça permet souvent de "rectifier le tir" si on a fait fausse route...

    Je vais aussi prendre le temps de nuancer ce que je dis ci-dessus...sur le "feu" régénérateur...

    Je pense qu'il peut l'être dans certaines conditions...mais on ne peut nier ton rêve met quand même l'accent sur son côté "menaçant"...et dangereux.
    Cette menace vient sans doute du fait qu'ayant été reléguées loin dans l'inconscient , les forces vives d'affirmation "masculine" sont sans doute restées dans un état assez "archaïque", peu différencié...dans "l'ombre"...
    Le danger est donc que, si elles viennent à la surface, il est probable qu'elles commencent par se manifester d'une façon disproportionnée, un peu comme cet homme qui "crache des flammes" de toute part à la façon d'un dragon...
    Le danger est que la "passion", longtemps inhibée, prenne le pas sur la raison et qu'elle amène à des colères, des ardeurs ou des actes incontrôlés...
    Le danger est que tout le psychisme prenne "feu"...

    Et la question cruciale est sans doute la suivante :
    "Comment faire pour laisser une place à ce "feu ardent", à ces pulsions masculines sans qu'elles soient excessives ou trop "agressives" ? Comment faire pour les ramener de l'état "archaïque" (cerveau reptilien ?) à une expression plus acceptable et plus civilisée ?
    Comment leur donner une place sans se laisser envahir par elles ? Comment ne pas (trop) les refouler, ce qui, à terme, ne fait que les exacerber ? Comment éviter d'alterner douceur, tempérance... et brusque "perte de sang-froid" ?
    Bref, comment les "maîtriser", pour n'en garder que le positif ?"

    Un peu comme aux temps préhistoriques d'ailleurs, quand le feu était à la fois un danger et un trésor, et qu'il fallait pour le garder... tout en le maîtrisant, faire preuve d'ingéniosité et de patience...

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  4. très juste Licorne, je crois que c'est juste maintenant, 15 ans plus tard que je crache du feu, que ma colère s'exprime parfois, et tout ce que tu dis sur le risque que tout flambe...je le sens très bien, je dois me contenir , contenir ce feu....le risque que la disproportion s,installe est bien réel. Le feu comme une épée demande à être maîtrisée....

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