mercredi 26 août 2015

Rêves 36 et 37 : Retour vers le passé

Mercredi 26 août 2015

Rêve 36 :
Il y a quelques jours, j'ai fait le rêve suivant :

Je suis dans une salle de classe, je lis une revue, 
 soudain, en lisant un article, 
je me souviens avoir lu un autre texte du même auteur, 
et là, à ma grande surprise,  
je me retrouve soudain avec une autre revue, 
qui date de plusieurs années, 
et je retrouve l'article que j'avais bien aimé.

Je me pose tellement de questions, 
à savoir comment cela est possible, 
je retourne sans arrêt la revue, sans rien comprendre.
Je regarde autour de moi, les gens sourient, 
et me parlent par télépathie,
en me disant : "Ne t'en fais pas c'est comme ça..."

Je décide de relire l'article,
je me souviens d'avoir jasé souvent avec ma mère d'un certain sujet,
et soudain, je me retrouve dans la cuisine de ma mère 
qui est décédée depuis 1978.
Elle me demande ce que j'en pense du sujet de l'article,
mais moi, je suis incapable de répondre,
je suis stupéfaite de voir ma mère vivante,
de revivre cet instant où l'on jasait ensemble.

J'ai tellement de questions, je veux savoir ce qui arrive, et là, 
je me vois soudain à l'urgence d'un hôpital,
les gens tentent de me réanimer,
là, je me dis c'est ça une EMI ? (*)
J'entends une voix dire : "Que veux-tu au juste ?"...
je suis incapable de répondre, et le rêve se termine.
.


Rêve 37 :
Hier, j'ai rêvé à la mère de mon conjoint, 
elle est décédée depuis deux ans, 
dans le rêve, elle était venue nous visiter.
J'étais avec elle, nous regardions un arbre, 
et là, on a eu le plaisir de voir des beaux oiseaux,
dont un qui était gris avec du mauve sur les ailes,
et ça brillait,comme s'il avait des diamants sur les ailes.
Je dis à la mère de mon conjoint 
que je n'ai jamais vu un oiseau comme celui-là,
elle me dit qu'il faut le flatter sur les ailes,
pour qu'il se sente à l'aise,
pour qu'il ressente une belle chaleur,
et le rêve se termine ainsi.



Comme je l'ai déjà dit, 
j'ignore totalement si il y a un au-delà, 
toutefois, je peux dire 
que je pense souvent à la mère de mon conjoint, 
peut-être ressent-elle les bonnes vibrations, 
ce rêve m'a fait du bien.
.
Rêves reçus par Linda 
(début mars 2013)
.
(*) EMI : Expérience de Mort Imminente
.

Ces deux rêves illustrent à merveille, je trouve,
les "voyages dans le temps
que nous proposent parfois nos excursions oniriques...
ainsi que la rencontre parfois étonnante
avec nos chers "disparus"...

J'ai donc demandé hier à la rêveuse 
l'autorisation de les publier...
Toutefois, je ne souhaite pas qu'on en fasse 
une interprétation détaillée.
Merci de respecter cela.

(les commentaires généraux, eux, 
ne sont  pas interdits...bien entendu)
.
La Licorne
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lundi 24 août 2015

Le rêve , une machine naturelle à "voyager dans le temps"

Lundi 24 août 2015


En plus de nous transporter dans le passé ou dans l'avenir, 
du présent au passé ou du présent à l'avenir, quasiment sans transition, 
ou d'intégrer dans le présent ou dans l'avenir
des êtres ou des choses du passé
ou à l'inverse, dans l'avenir, des êtres ou des choses du passé, 
l'univers du rêve ne dissocie pas le passé, le présent et l'avenir.

En son sein, le temps n'a plus rien à voir avec le temps réel 
ou que nous concevons comme tel : 
hier, aujourd'hui, demain ou avant, pendant, après.

Véritable machine à voyager dans le temps
le rêve nous invite à revisiter notre passé, 
à revivre des événements antérieurs ou des expériences 
de notre enfance, de notre jeunesse ; 
il nous invite parfois même à vivre 
dans des temps historiques plus ou moins lointains.

Ou bien il nous projette dans le futur, quand il ne prévoit pas l'avenir.
D'autres fois encore, le temps semble se dilater ou se contracter selon le cas, 
et nous passons, d'un instant à l'autre, d'une époque à une autre 
de notre vie ou de l'histoire humaine, 
ou bien nous vivons en rêve une situation hors du temps.
.
Didier Colin
"Interprétez vos rêves"
.


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jeudi 20 août 2015

L'eau et le feu

Jeudi 20 août 2015

Il est intéressant, je trouve, de comparer le rêve de Nicole (rêve 35)
avec celui de Marthe ("Le gouffre sous la maison").

Les deux rêves comportent des points communs
dans les deux cas, la rêveuse plonge 
et se retrouve dans une sorte de "grotte"...
dans les deux cas également , 
il y a une "ouverture" dans cette grotte...
pour y accéder, ou pour s'en échapper...

Mais la principale différence est , bien sûr, 
ce qu'elles trouvent dans le gouffre ou dans la caverne, 
qui représentent l'inconscient : 
la première se trouve confrontée  aux dangers de l'eau, 
la deuxième à ceux du feu...(*)
A chaque fois, le rêve propose à la rêveuse la rencontre 
avec "ce qui lui fait vraiment peur"...
et sans doute, aussi, avec "ce qui lui manque"...

Marthe, ayant cultivé ses facultés intellectuelles, 
se rend compte qu'elle recherche une voie plus "féminine"...
et Nicole, elle, à l'aise avec sa partie "féminine", réceptive,
ressent peut-être le besoin d'une plus grande affirmation d'elle-même, 
d'un comportement plus combatif, plus "masculin"...

L'eau du premier rêve est en effet clairement féminine 
et le personnage de feu et de flammes,
dans le rêve de Nicole, est de toute évidence "masculin"...

L'eau et le feu sont bien sûr deux éléments très différents...
mais ils ont en commun d'être tous les deux
des énergies "purifiantes" et "régénérantes"...
des énergies "vitales"...et indispensables.

A ce propos, voilà ce que dit Georges Romey
dans son livre "Le guide des rêves" :

"Pas plus qu'une personne en bonne santé 
n'éprouve le besoin de s'en rendre compte, 
le processus d'évolution psychique n'a de motif d'évoquer l'énergie vitale 
tant que celle-là remplit normalement sa fonction.

Quand la dynamique du rêve inspire les mots énergie, force ou puissance, 
c'est pour manifester un affaiblissement de celles-là 
et pour favoriser le rétablissement des conditions de leur pleine efficience. 
Chaque être vivant a pris vie dans le ventre de sa mère. 
C'est là qu'il a reçu l'étincelle ou la goutte initiale d'énergie.

L'état dépressif est caractérisé par une dangereuse réduction de l'énergie disponible, 
due le plus souvent à la persistance d'une attitude contraire au sens de la vie. 
Dans une telle situation, la personne aspire inconsciemment 
à retourner dans le ventre maternel pour y recevoir de nouvelles forces. 
Objectivement absurde, cette ambition peut être réalisée 
par la magie du rêve.

L'énergie, la force, la puissance, apparaissent fréquemment 
dans les séquences oniriques où se déroulent 
une scène de renaissance symbolique.

La mère, le ventre, le foetus, le cordon sont parmi les associations
 les plus remarquées autour de l'énergie. 
La renaissance symbolique exprime l'émergence d'un être 
débarrassé des éléments les plus lourds de sa problématique.

Le feu, l'eau, les deux éléments baptismaux, 
agents de régénérescence, 
figurent aussi parmi les corrélations 
observées près de l'énergie."
.



Le feu et l'eau, complémentaires,
peuvent donc tous les deux,
être des facteurs de transformation...
et de régénération.

On dirait bien que le rêve,
propose à chacun(e) de "plonger" à la recherche
de ce qui lui fait défaut, de ce qu'il n'a pas "intégré"...
Il est probable que ce qui lui inspire le plus de crainte est,
en même temps, ce qui pourrait faire de lui (ou d'elle),
un être plus complet, plus équilibré...
et aussi ce qui pourrait lui rendre, par la même occasion,
 toutes ses forces et toute sa vitalité...

La Licorne
.

(*) Dangers qui sont on ne peut plus réels...
l'exploration des grands fonds n'étant pas sans risques...
De même que ceux qui sondent les abysses
doivent prendre garde de pouvoir "remonter",
(Cf le film "Le grand bleu")
ceux qui se penchent sur leurs propres profondeurs
doivent aussi être prudents...et veiller,
à  "refaire surface"...
les tréfonds de l'être comportant toujours
"à la fois" des trésors...et des pièges.
.



mercredi 19 août 2015

Le symbole du crocodile

Mercredi 19 août 2015




(L'article précédent, dans le livre, traitait du symbole du crapaud)

Le crocodile, lui aussi, est un animal amphibie
Mais, cette fois, il s'agit d'un reptile. 
Est-ce lui qui a inspiré ceux qui, n'en ayant jamais vu de leur vie, 
ont cru reconnaître en lui, justement, un dragon ? 
C'est bien possible. 
Car, à l'instar du crapaud, et sans doute plus encore que lui, 
le crocodile, du fait même que c'est un reptile, est un animal primitif
d'autant plus qu'il est féroce, sauvage, imprévisible.

Ce n'est pas un hasard si les Egyptiens virent en lui un attribut de leur dieu Seth, 
la divinité de l'orage et de la guerre, aux colères redoutables et redoutées de tous 
parce qu'elles étaient annonciatrices de fléaux, de catastrophes , de destructions.



Mais il était surtout la figure symbolique de Sobek
le dieu créateur du monde, selon les Egyptiens toujours, 
qui justifiaient leur croyance par le fait qu'il n'était pas sorti 
du limon originel, des eaux matricielles. 
Toutefois, son rôle de créateur du monde n'excluait pas sa férocité.


Ainsi, dans un rêve, lorsqu'un crocodile apparaît,
c'est surtout aux principes et aux symboles 
qui se rattachent à la figure du dragon 
qu'il faut attribuer la présence de ce reptile venu du fond des âges.

Il révèle souvent que des forces obscures et sombres 
sont en train de surgir de la nuit de notre inconscience. 
Il s'agit alors d'émotions, de pulsions inhibées ou refoulées 
qui menacent de nous submerger et de nous induire 
à avoir des réactions primaires ou primitives.

A noter que la fascination qu'exercent sur nous 
les lointains ancêtres du crocodile, 
dont il semble bien qu'il soit un des descendants directs - 
à savoir les dinosaures-  
révèle à quel point des forces obscures et primitives sommeillent en nous, 
à notre insu le plus souvent, bien sûr, mais dont nous craignons toujours 
qu'elles se réveillent, nous envahissent et nous détruisent, 
comme furent détruits jadis les grands sauriens, 
d'une manière toujours inexpliquée à ce jour, 
malgré les spéculations des scientifiques à cet égard.

Sobek, le dieu crocodile créateur du monde, selon les Egyptiens, 
pouvait être aussi, toujours selon eux, le destructeur du monde.
.
Didier Colin
"Le dictionnaire des symboles, 
des mythes et des légendes"
.


Le crocodile est un symbole très archaïque.
C'est un des derniers grands reptiles qui peuplaient la terre.
 Son apparence endormie ou semblable à un tronc
flottant à la surface de l'eau est trompeuse.

Il représente les dangers contenus dans l'inconscient,
la frayeur que nous avons face à certains souvenirs qui reviennent,
ceux d'une histoire très ancienne, douloureuse,
et qui commencent à affleurer à la surface.

Quelquefois, les crocodiles sont sur le sol
et semblant  beaucoup moins menaçants.
Ils symbolisent des traces anciennes
que nous avons reconnues
mais dont nous n'osons pas trop nous approcher encore,
et dont nous ne savons que faire.
.
T-M Moir
"Images et symboles du rêve"
.


dimanche 16 août 2015

Rêve 35 : Préhistoire, guerre et feu

Samedi 15 août 2015

Ce rêve a été fait en mars 2000,
alors que j'étais hospitalisée pour des problèmes aux reins,
c'était une nuit où je crois j'ai été particulièrement fiévreuse .
 J'ai passé la nuit à enchaîner les rêves .
Me réveillant toute chavirée entre chacun d'eux.
Je ne sais si c'est mon état de santé qui a permis ces rêves très particuliers,
que je qualifierais de rêves lucides.


Au début du rêve, je suis assise sur une grosse pierre
sur le bord de l'eau, un lac peut-être car il est calme,
à mes pieds un marais et en face plus loin une île.
Sur laquelle je peux voir deux dinosaures à long cou,
ils semblent constituer un couple, ils sont l'un derrière l'autre.
 Je remarque que  le ciel a une couleur inhabituelle,
 il est rose, orange et violet,
c'est le jour mais l'ensoleillement est feutré,
et l’atmosphère lourde comme si l'air avait une autre densité.


Je vois soudainement près du rivage trois crocodiles préhistoriques,
le plus gros des trois s'approche de moi et ouvre grand sa gueule,
je prends peur et me jette à l'eau pour me retrouver beaucoup plus bas,
dans une grotte sombre ;
il y a  des colonnes, le lieu a été travaillé...


Je vois au début vaguement une personne qui se déplace à travers les colonnes,
ce lieu semble le sien, j'ai peur car l'individu est sombre,
je ne vois pas son visage, puis je le vois mieux soudainement
et je sens aussi qu'il m'observe, il porte un long manteau qui va jusqu'à terre,
à la place des mains du feu, à la place de la tête je crois aussi que c'est du feu
mais ne suis pas certaine, mais du feu aussi sort de son manteau
comme si il urinait du feu ou éjaculait du feu, je ne sais ,
il m'effraie vraiment...


Puis un homme torse nu arrive...
je ne vois pas son visage à lui non plus,
il me tend la main comme si il voulait que je le suive,
c'est alors que je vois sur ma gauche
une ouverture rectangulaire comme une fenêtre sans vitre,
je ne vois que du noir de cette fenêtre mais je trouve rapidement
qu'il vaut mieux que j'emprunte cette fenêtre plutôt que de rester avec eux.


Une fois la fenêtre traversée, je me retrouve
comme si j'étais les yeux de quelqu'un d'autre, je vois ce qu'il voit.
Nous sommes dans un camp militaire, nous sommes cachés derrière ces sacs
que l'on utilise en temps de guerre pour faire des remparts,
 je vois et j'entends surtout un escadron de soldats
qui marchent au rythme des cris de leur commandant,
j'entends le claquement synchronisé de leurs pas.
J'ai vraiment l'impression de me retrouver
dans ces années de guerre 39-45.


Puis je me retrouve sur le bord d'un fleuve,
il y a au loin un bateau qui brûle,
je me  promène aussi dans une ville qui est assiégée
et qui est aussi attaquée par l'ennemi,
ma mère est avec moi.
.
Rêve de Nicole
Mars 2000
.

Je me suis réveillée à la toute fin en pleurs,
j'avais l'impression que j'avais visité des zones  négatives,
je crois que la forte fièvre qui m'habitait a généré ces rêves de feu....


samedi 8 août 2015

Rêve : "Ma vie, mon destin"

Samedi 8 août 2015

Un  rêve, juste comme ça, pour le plaisir, 
juste parce que je l'aime bien...
et qu'il m'emmène très loin...
et aussi parce que, après être descendue si "profond",
j'ai envie de "monter très haut"...:-)

Il est tiré du livre
"L'interprétation des rêves"
de Pierre Daco
.



Seule dans une nacelle, je montais en ballon.
Sensation très forte de devenir semblable à mon destin,
de m'ajuster à ce destin, de ne faire qu'un avec lui.
Sensation que tout dans ma vie,
avait eu sa raison d'être,
dans la convergence vers l'instant présent.

Le ballon s'est immobilisé.
J'ai alors vu, avec enchantement,
une immense superficie de terres.
Dans ce rêve, cette surface représentait ma vie entière.
Une unité sans faille...
.
(Une femme de cinquante ans)
.


D'après les associations de cette personne,
l'impression la plus puissante fut de découvrir la terre 
dans une multi-direction quasi-infinie. 
Le ballon était ainsi le "centre" 
d'une gigantesque circonférence ; 
et nous retrouvons le thème du Mandala.
.
Elle dit aussi :
- C'était comme un carrefour 
sans nécessité de choisir une direction.
Toutes étaient bonnes. 
Il n'y avait ni passé, ni futur.
Tout s'emboîtait, tout allait de soi.
Comme je vous l'ai dit, 
c'était la représentation de ma destinée dans sa totalité,
depuis ma naissance jusqu'à ma mort.
La Totalité de mon Temps.
Il n'y avait plus de petits morceaux de temps, 
mais une durée sans cassures...
.

La Licorne : Vous pouvez bien sûr commenter, 
mais je ne suis pas là en ce moment...(vacances)
je répondrai à mon retour...
;

mercredi 5 août 2015

La "petite grand-mère" et l'archétype de la Femme Sage

Mercredi 5 août 2015

La "petite grand-mère" pleine de vitalité du rêve de Marthe,
grand-mère plutôt téméraire...qui ne s'effraie pas une seconde 
devant l'exploration des profondeurs, 
m'a fait penser à un autre livre de Clarissa Pinkola Estes
et à sa description de l'archétype de la Femme Sage
Je vous en copie quelques pages ci-dessous :


Ah...chère âme courageuse...
Bienvenue...
Entre, entre donc...
Je t'attendais...oui, toi et ton esprit !
Je suis heureuse que tu aies trouvé le chemin...
Viens, assieds-toi près de moi. 
Laissons un peu de côté "toutes ces choses qu'il nous reste à faire". 
Nous aurons le temps plus tard. 
Le jour lointain où nous nous présenterons à la porte du paradis, 
je t'assure qu'on ne nous demandera pas si nous avons bien manié le balai. 
On nous interrogera sur la profondeur de l'existence que nous aurons choisi de vivre 
plutôt que sur le nombre de "broutilles essentielles" 
par lesquelles nous nous serons laissé déborder.
(...)
Si tu es venue me voir, c'est peut-être 
parce que tu souhaites connaître le bonheur 
d'"être jeune dans la vieillesse et vieille dans la jeunesse", 
comme je le dis, 
c'est-à-dire d'avoir en toi un bel ensemble de paradoxes 
maintenus dans un équilibre parfait.
 N'oublie pas que le terme paradoxe est à prendre au sens d'idée contraire au sens commun. 
Cela s'applique à la grand-mère, la gran madre, la plus grande des femmes, 
car elle est en train de devenir une femme sage
qui assure la cohésion des capacités de la psyché profonde, 
illogiques en apparence, mais fondamentalement empreints de grandeur.


Ces grands attributs fondamentaux sont, globalement : 
posséder la sagesse tout en cherchant sans cesse à apprendre; 
être à la fois spontanée  et  fiable; follement créative et  vigilante ; 
entretenir la tradition et posséder une authentique originalité. 
Tu verras, je l'espère, que tu possèdes dans une certaine mesure tous ces attributs, 
que ce soit en puissance, en partie, ou intégralement.

Si tu es intéressée par ces contradictions divines,
tu es intéressée par l'archétype mystérieux et fascinant de la femme sage, 
dont la grand-mère est l'une des représentations symboliques. 
L'archétype de la femme sage appartient aux femmes de tout âge 
et il se manifeste de manière unique, particulière, dans la vie de chacune d'elles.
(...)

Ecoute, ma chérie, 
Ne sous-estime pas l"endurance de la vieille femme sage. 
Même déchirée et maltraitée, elle possède un autre soi sous celui qui est assiégé,
 un soi primaire, rayonnant et incorruptible, un soi lumineux à jamais entier.
(...)

Chaque arbre possède sous la terre une version primaire de lui-même. 
L'arbre vénérable abrite un "arbre caché souterrain, 
constitué par un réseau de racines vitales
qui s'abreuvent en permanence à des eaux invisibles
A partir de ces racines, l'âme cachée de l'arbre fait monter l'énergie 
afin que sa vraie nature, sage et audacieuse, puisse s'épanouir au-dessus du sol.
Il en va de même avec l'existence d'une femme. 

Malingre ou flamboyante, quel que soit l'état dans lequel elle se trouve en surface...
il y a en-dessous d'elle une "femme cachée" qui entretient l'étincelle d'or, 
cette énergie éblouissante, cette source d'âme qui ne tarit jamais.
La "femme cachée" tente toujours de faire remonter cette force vitale...
à travers le sol aveugle pour nourrir sa partie haute et le monde à sa portée. 
Ses périodes d'expansion et de réinvention dépendent de ce cycle.
(...)
Toutes celles qui ont noté leurs rêves 
et la façon dont ils animent et influencent leurs journées , 
savent qu'il existe une relation complémentaire 
entre leur vie intérieure et leurs activités extérieures. 
Quand cet échange fonctionne bien,
il y a apport mutuel de nourriture et de sagesse. 
Le fondement inextinguible que chacune possède en elle 
fait monter la "force vitale" jusqu'à son coeur, son âme et son esprit. 
Si elle y prête attention, si elle écoute, elle "aura des idées" ; 
en d'autres termes, elle donnera naissance à des "filles" 
sous la forme d'idées nouvelles et vibrantes 
pour vivre avec plus d'amplitude une vie plus riche de sens.


Au fur et à mesure que la femme croît
au-dessus du sol dans la réalité consensuelle, 
elle commande à ses racines de s'étendre,
 de sorte que sa vision profondément sensible
sa capacité d'écoute accrue et sa pensée intuitive augmentent d'autant.
 C'est un double processus éternel et sacré,
qu'elle déclenche en prêtant consciemment attention 
à la manière dont la psyché va passer de l'état d'adolescence
 à une sagesse mûrie, vibrante et dansante.

On peut avancer que ce cycle d'accumulation de l'énergie 
a son site dans l'inconscient psychoïde, 
décrit par Jung comme le lieu de la psyché où la biologie et la psychologie 
s'influenceraient mutuellement. 
Mais à dire vrai, nous n'avons pas éclairci le mystère des origines de cette force 
en perpétuel surgissement qui tend non seulement vers une existence plus remplie, 
mais vers une vie en expansion, une vie dans laquelle les arbres-filles
 poussent à partir de la vieille et sage racine-mère.

Sans doute savons-nous où et quand cela a lieu, mais nous ne pouvons pas vraiment l'affirmer. 
Pour expliquer la force vitale d'une femme, la poésie est nécessaire ; 
tout comme sont nécessaires la danse, la peinture , la sculpture, le tissage, 
la poterie, la théâtre, la parure, l'invention, l'écriture passionnée, 
l'étude des livres et de ses propres rêves,
les échanges verbaux avec des personnes sages, 
une perception, une pensée, des sensations attentives...
des réalisations et des apports en tous genres...
car les mots ordinaires ne suffisent pas à exprimer certains éléments mystiques, 
mais les sciences, la contemplation de ce qui est invisible mais palpable, et les arts 
y parviennent.

Pourtant, dans les orages comme dans les moments de satisfaction, 
la femme cachée continue à veiller sur la magnifique force vitale 
et elle se démène pour faire savoir qu'au moment même où nous sommes détruites, 
la reconstruction a commencé. 
Ainsi, cette force intérieure agit comme une grande mère,
 la plus grande des grands-mères, l'essence de la santé et de la sagesse de l'âme 
qui nous guide toujours et ne nous quittera jamais.


Nous faisons l'expérience de cette source mystérieuse 
par l'intermédiaire des connaissances précises et précieuses, d'une origine indiscernable, 
qui se présentent inopinément dans les rêves nocturnes clairs ou complexes, 
dans l'irruption d'idées et d'énergies apparemment surgies de nulle part, 
dans la certitude soudaine que notre affection, notre opinion, ou notre contact physique 
est réclamé quelque part, dans la détermination imprévue d'intervenir, 
ou de nous détourner, ou d'aller vers.

Comme la vieille femme sage qui apparaît dans les contes,
la source protectrice de l'étincelle d'or,
se manifeste par l'intermédiaires d'exhortations intérieures 
à agir dans la discrétion ou au contraire de manière éclatante, 
d'une impulsion judicieuse à créer de nouveau,
à chérir plus fort, à réparer plus complètement, 
à répandre plus largement, à protéger une vie nouvelle.

On peut constater cette manifestation intemporelle également chez les femmes de chair ; 
celles qui cherchent toujours à faire le choix de ce qui a du sens 
au détriment de l'union avec ce qui est périssable ; 
celles qui ont hâte de s'épanouir et développent avec une certaine conviction des ovaires 
qui vont leur permettre de fleurir pleinement et souvent ; 
celles qui se donnent du mal pour s'appartenir sans se couper du monde ; 
celles qui se battent pour devenir des réserves de graines et, 
au propre comme au figuré, voyagent loin de chez elles 
car elles ont besoin d'espace pour les semer.

On sent la force et la présence de la plus grande des femmes,
la vieille femme sage, la grande mère, la plus grande des mères, 
chez celles qui sont plus ou moins dangereuses, 
en ceci qu'elles repèrent les idées et les existences dénuées d'âme, 
et qu'elles ont l'intention de les mettre en péril.

On trouve toujours la preuve de l'existence, au niveau des racines, 
de cette source mystérieuse et sage 
chez les femmes qui apprennent et veulent apprendre toujours plus, 
développent leur vision intérieure, écoutent leur intuition, 
ne se laissent jamais ni arrêter ni bâillonner, et qui,
 face à une perspective prometteuse ou enrichissante, 
mais intimidante au premier abord, 
ne vont pas dire : "Je n'y arriverai jamais", 
mais se demanderont au contraire : 
"Quelle énergie dois-je rassembler pour pouvoir y arriver ?"

Qu'importe le lieu où nous vivons et en quel état, qu'importe notre mode de vie...
nous pouvons toujours compter sur cette alliée suprême, 
car même si notre structure extérieure est insultée, attaquée, terrorisée, voire pulvérisée, 
personne ne peut éteindre l'étincelle d'or ni tuer sa gardienne souterraine.
.
Clarissa Pinkola Estes
"La danse des grands-mères"
.




mardi 4 août 2015

L'âme profonde des femmes

Mardi 4 août 2015



On peut se demander, en lisant le rêve de Marthe
ce qui est vraiment recherché "tout au fond du gouffre"...? 
Quelle est cette richesse si profondément enfouie ?
Qu'est-ce qui a été relégué si loin ?
Qu'est-ce qu'une femme en recherche
peut trouver dans une couche aussi lointaine
du psychisme ?
Quel est l'archétype qui, dans l'inconscient collectif,
lui "manque" autant ?
De quelle "eau" a-t-elle si soif
qu'elle doive aller la chercher
dans de telles profondeurs inaccessibles
et dans un environnement aussi inhospitalier ?

Lily Jattiot nous dit bien que la rêveuse ressent,
dans sa recherche spirituelle, un "manque"...
Cela n'est pas étonnant quand on sait que
"...tout le symbolisme traditionnel,
 notamment celui du Yoga hindou et chinois,
est basé exclusivement sur la psychologie masculine..."
et que "...nous entrons avec l'étude des évolutions féminines
et leur symbolisme, sur un terrain presque inexploré..."
(Ania Teillard - Le symbolisme du rêve- p 204)

Cette citation est assez ancienne,
mais je ne suis pas sûre que les choses
aient tellement changé aujourd'hui...
La spécificité de l'évolution psychologique et spirituelle
de la femme est encore un continent presque vierge...
même si on y a posé, hâtivement, quelques "balises"...
en supposant un peu vite que cette évolution
était le symétrique de celle de l'homme...

La Nature profonde du Féminin,
mystère total pour l'homme,
l'est souvent également pour la femme elle-même...
étant donné le peu de références
qu'on lui donne pour se comprendre elle-même...
et le vide culturel abyssal entourant le sujet.

Comme le dit très justement M-L Von Franz :

"Dans notre civilisation judéo-chrétienne,
c'est-à-dire dans une tradition strictement patriarcale,
l'image archétypique de la femme ne figure pas (...).
Il en résulte que, d'une part, l'anima de l'homme est négligée,
et que, d'autre part, la femme est incertaine
quant à sa propre essence;
elle ne sait ni ce qu'elle est,
 ni ce qu'elle pourrait être."
("La femme dans les contes de fée")
.
De plus, ils sont bien loin les "rituels d'initiation féminine"...
ils ont disparu dans les oubliettes de l'Histoire...
Plus rien de cet ordre n'existe de nos jours.




Chaque femme se retrouve donc bien seule
et comme devant une sorte de "gouffre obscur"
quand elle se questionne sur son âme profonde...
(il n'y a pas si longtemps d'ailleurs
qu'on lui en prête une, d'âme...;-)
Il lui faut en général bien du courage
(et bien des années aussi) pour oser enfin
y "aller voir d'un peu plus près"
et se différencier de l'approche masculine
et de ce qu'on dit d'elle...depuis toujours.

Parmi les rares auteurs, qui, courageusement,
ont tenté une approche "différente", originale,
il y a Clarissa Pinkola Estes qui,
dans son livre "Femmes qui courent avec les loups"
amène l'archétype novateur de la "Femme sauvage"...
(le mot sauvage n'étant pas employé ici dans son sens péjoratif,
d'"échappant à tout contrôle"
mais dans le sens de "vivant d'une vie libre et naturelle")


La "Femme sauvage", telle qu'elle la définit,
c'est la force instinctuelle, viscérale du Féminin,
sa force intérieure et profonde,
qui jaillit spontanément et vigoureusement
chez la femme ayant "fait la paix" avec son animus...

 C'est une "force naturelle, riche de dons créateurs,
de bons instincts et de savoir immémorial"...
C'est la nature "innée, foncière, intrinsèque" de toute femme.
C'est l'âme profonde et cachée.
C'est le "numen féminin ineffable".
 C'est la force puissante de Vie-Mort-Vie,
sans laquelle la femme s'étiole et dépérit...

"Toute psychologie qui échoue à prendre en considération
cet être spirituel inné au centre de la psychologie féminine,
 nous dit Clarissa Pinkola Estes, passe à côté des femmes,
de leurs filles, des filles de leurs filles, et de leurs descendantes..."

"Certaines personnes vont demander des preuves de son existence. (...)
Les preuves, ce sont les expériences que nous avons d'elle et de son manque.
 Les vérifications, ce sont nos millions de rencontres avec elle,
dans notre psyché, à travers nos rêves nocturnes et nos pensées diurnes,
 nos aspirations et nos inspirations; La manifestation de son passage,
 c'est que nous nous languissons d'elle quand nous en sommes séparées..."

"En réalité, dans l'inconscient psychoïde
-une couche de la psyché d'où ce phénomène émane-,
la Femme Sauvage n'a pas de nom.
Elle est trop vaste."

"Qu'englobe donc la Femme Sauvage ?
Elle est, tant du point de vue de la psychologie archétypale
que des anciennes traditions, l'âme féminine.
Et pourtant, elle est plus encore.
Elle est la source du féminin.
Elle est tout ce qui est de l'ordre de l'instinct,
des mondes visible et invisible-
elle est le fondement.
Nous recevons d'elle une cellule lumineuse
où sont contenus tous les instincts, tous les savoirs
dont nous avons besoin pour vivre."


Mon petit doigt me dit
que c'est quelque chose de cet ordre
qui attend Marthe au fond du gouffre obscur...
dans les profondeurs secrètes du lac souterrain.
C'est là, au plus profond d'elle-même,
 que se trouve ce qui lui manque,
cette "âme sauvage et originelle",
cette "sagesse ancestrale", 
cette "eau vivifiante"
dont on ne lui a jamais parlé
mais dont elle pressent l'existence.

C'est là qu'elle peut rencontrer sa nature et son savoir innés,
ses pouvoirs féminins, ses dons intuitifs et créateurs.
C'est là qu'elle peut se guérir et se régénérer,
retrouver un peu de "lumière" quant à ce qu'elle est ,
et enfin..."rentrer chez elle"...:-)
.
La Licorne
.

lundi 3 août 2015

Interprétation personnelle du rêve de Marthe

Lundi 3 août 2015

Après avoir "médité" quelques jours
autour des symboles du rêve de Marthe, 
je vais vous offrir maintenant une interprétation plus personnelle...
interprétation qui, comme vous allez le voir, 
n'est pas en contradiction avec ce qui a déjà été dit auparavant, 
mais qui en est plutôt un complément ou un approfondissement.


Tout d'abord, que nous dit-on de la rêveuse ?

Avec son mari, elle suit un enseignement spirituel 
sous la direction d'un maître indien, 
maître qui est sur une voie 
de la connaissance et de la conscience claire, 
une voie d'esprit plutôt masculin...
et bien que cela lui convienne en partie, elle ressent, 
comme elle l'a déjà ressenti pendant ses études 
et dans l'exercice de son métier, 
une sensation de "manque"...

Ce qui lui "manque" manifestement ,
et qu'elle recherche sans forcément le savoir, 
c'est une voie plus "féminine", une voie certes spirituelle, 
mais qui soit en contact avec ce qu'elle ressent, 
avec sa nature féminine qui ressent avant de comprendre. 
Une voie qui n'aille pas directement vers la "clarté de l'esprit",
 ou vers la connaissance intellectuelle ...
mais qui passe par l'exploration de sa propre intériorité, 
et de ses propres profondeurs. (*)

Et elle cherche aussi une manière qui lui soit propre 
de voir et de sentir les choses; 

C'est-à-dire qu'elle cherche à se dé-fusionner 
de la façon de voir de son mari et aussi de la vision du monde habituelle. 
Elle cherche sa voie propre, unique, son chemin particulier (individuation).

Son rêve va venir, d'une certaine façon, lui donner la réponse...
et le chemin pour y parvenir.


Le rêve lui montre qu'il y a, sous sa  maison, 
un immense gouffre mystérieux et sombre, 
qu'il serait peut-être intéressant d'aller explorer. 
Il y a là quelque chose de mystérieux, de "caché"...
une grande grotte, un lieu peut-être lié au sacré...
ou peut-être même un secret ou un trésor à découvrir ?

La maison étant la personnalité visible, 
apparente aux yeux de tous, la cave représentant l'inconscient personnel...
elle voit que cette cave "ouvre" sur quelque chose de plus vaste, de plus grand : 
un immense domaine souterrain et inconnu qui l'attire et lui fait peur à la fois.
On pense bien sûr à l'inconscient collectif décrit par la psychologie des profondeurs...
cet inconscient qui n'est pas limité mais qui s'étend de façon souterraine, 
à la façon d'une nappe phréatique, 
et sur lequel débouche, comme autant de "puits" particuliers,
tous les inconscients personnels.
C'est la "couche" la plus profonde du psychisme.
On lui demande donc de ne pas rester à la surface,
d'approfondir et d'aller le plus loin possible dans sa recherche personnelle.

Le rêve parle de descendre sous sa propre maison
veut-il dire qu'il s'agit de chercher ses racines
là où elle est ...là où elle habite...là où elle vit (en Occident)
et qu'elle y trouvera tout autant de richesses spirituelles
que dans des endroits exotiques (Inde ?).


Marthe a envie de descendre (ou de plonger on ne sait pas), 
mais son mari lui dit qu'elle est folle :
qu'elle va attraper la mort ou être aspirée par la rivière souterraine 
qui alimente le lac de la grotte.


On comprend très bien que le masculin, en elle,
 représenté par son mari, s'effraie à cette perspective. 
Rien de rassurant, en effet, pour un masculin épris de clarté, 
à la vue de cette eau sombre et inquiètante. 
Il pense immédiatement au danger,
à un danger de noyade ou d'engloutissement...
Il faut être "fou" (ne plus avoir toute sa "raison") pour s'y risquer.
Et c'est vrai que la raison ou l'intellect 
n'est pas l'équipement adéquat pour s'aventurer là...

Il lui dit qu'elle est folle,
qu'elle n'y arrivera pas, qu'elle va y laisser sa peau...
Je crois que ces paroles sont très exactement 
celles que de nombreuses femmes "entendent en elles" 
quand elles veulent faire quelque chose de nouveau, 
quelque chose qui les tente vraiment...
Elles sont tentées, attirées et , en même temps, 
une petite voix (celle de leur animus) leur dit : 
"Tu es folle ! Tu n'y arriveras jamais !
C'est trop dangereux !  Tu n'y penses pas ! 
Ce n'est pas la peine d'essayer, c'est perdu d'avance...
Tu n'es pas capable de le faire...etc..."
C'est une voix insistante, perfide, très convaincante...
qui revient régulièrement et qui empêche une femme
de se lancer dans l'action : 
c'est la voix facilement reconnaissable de l'"animus négatif".


Dans ses écrits, Jung a parfois décrit
les manifestations de l'animus négatif et, 
étant un homme, il en a surtout décrit
les manifestations extérieures, visibles : 
c'est lui, dit-il, qui peut rendre une femme têtue, butée, 
aigrie, agressive, acariâtre ....
Ce n'est pas faux.

Mais "vu de l'intérieur", 
l'"animus négatif" est aussi souvent un animus...
qui ne fonctionne pas bien 
et qui, au lieu d'aider la femme à s'exprimer et à s'affirmer, 
la maintient dans l'inertie
en lui envoyant des pensées "décourageantes"...
chaque fois qu'elle essaie d'entreprendre quelque chose.
C'est un animus qui ne joue pas son rôle  
et qui conduit à la résignation et à l'impuissance.
C'est un critique, un saboteur et un censeur.
C'est le "mari intérieur" qui, au lieu de soutenir l'élan,
s'empresse de le briser...
et qui, dès qu'il le peut, vous dit :
"Je te l'avais bien dit !"

C'est un animus faible et inaccompli,
qui finit par "empoisonner" la vie de la femme 
en la faisant stagner et en freinant toute avancée personnelle, 
toute création ou réalisation valorisante. 
Avec ce genre d'animus, on ne "plonge" pas dans la vie...
on reste au bord et on attend, on attend...
ou alors on reste "fusionnée" au masculin, à son mari 
ou à une figure d'autorité (spirituelle ou autre) 
qui représente celui qui sait, celui qui peut, celui qui fait...
Et au bout d'un moment, cela ne peut que se manifester
par de l'amertume et un caractère plus ou moins désagréable, 
ainsi qu'on le disait plus haut.

Il est alors intéressant  et réconfortant de constater 
que la rêveuse n'en reste pas là et que la suite du rêve 
amène une autre image d'"animus" ...
avec le personnage du mari de la voisine, 
qui, lui, est une figure bien plus positive, plus dynamique, 
qui n'hésite pas à "encourager" ouvertement sa femme ...
et à la soutenir.

Il y a donc une possibilité d'évolution : l'animus négatif
 peut se transformer (avec le temps ?) en animus positif.

Le rêve montre donc à la rêveuse une autre possibilité,
toute proche (maison mitoyenne) :
Si son masculin intérieur évolue positivement,
elle peut dépasser sa crainte, ses doutes, 
affronter le danger et...plonger. 
Il est possible d'avoir "confiance",
et d'aller à la rencontre de ses aspects inconscients enfouis,
de cette "réserve d'énergie inconsciente" (lac souterrain)
sans s'y noyer.

Ce qui se passe alors, au fond du fond, on n'en sait rien :
on n'entend rien , on ne voit rien...
on ne peut qu'imaginer...
mais ce qu'on sait, c'est qu'on en revient !
Là où le masculin craint l'engloutissement...
le féminin a confiance et sait qu'on peut y "nager"...
il est dans son "élément" (l'eau est "féminine").

Certes, ce n'est pas facile...le "saut" demande un grand courage...
il ne s'agit ni plus ni moins que de descendre dans l'antre inconnue, 
dans les "entrailles de la terre", 
dans le "ventre obscur"...de la Mer-Mère.


C'est l'histoire de Jonas avalé par la baleine, 
celle de Pinocchio à l'intérieur du monstre marin 
ou celle du Petit Chaperon Rouge avalé par le loup...

C'est le thème de nombreux mythes et de nombreuses histoires,
anciennes ou récentes 
qui, toutes, racontent la même chose...
il faut "descendre avant que de monter", 
(phrase leitmotiv du très beau roman 
de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos : 

On pourrait dire aussi "il faut mourir pour renaître", 
ce qui est le principe même de
toutes les voies ou traditions initiatiques...

Dans l'Evangile, Jésus disait à Nicodème
"Il te faut naître de nouveau..." et celui-ci lui répondait : 
"Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? 
Peut-il une seconde fois entrer dans le ventre de sa mère et naître ? »

Il n'arrivait pas à comprendre que la première naissance est "terrestre",
et que la seconde est d'une autre nature :
 c'est une naissance par l'Esprit, une naissance "spirituelle"...

C'est là la signification première du baptême (par immersion) :
une quasi-noyade...puis un retour à la vie, à une "nouvelle" vie...
dans l'Esprit.
C'est en rapport avec tous les cultes à mystères, 
celui de Démeter, par exemple, qui parle
du "grain qui doit s'enfouir sous terre, y mourir, 
avant de renaître à la lumière"...

C'est aussi l'invitation à "visiter l'intérieur" :
« Visite l’Intérieur de la Terre, 
et en Rectifiant Tu Trouveras la Pierre Cachée »


Et c'est, dans la Bible, l'aventure bien connue de Jonas :
Englouti par le monstre-baleine, il y reste trois jours et trois nuits
avant d'être "vomi" au sec sur le rivage.

Bon, on ne sait trop ce qui s'est passé dans ce ventre-gouffre...
dans cette "bouche d'ombre",
lieu d'initiation et de transformation (**),
mais ce qui est sûr , c'est que la petite vieille, elle aussi,
se retrouve "au sec" à la fin du rêve...
et cela signifie qu'elle a franchi l'épreuve,
et que, sortie des eaux,
elle est en quelque sorte "re-née"...

Il ne s'agit pas (on le voit bien dans l'histoire de Jonas,
on le voit aussi dans celle de Pinocchio...)
de s'attarder trop longtemps dans le "ventre humide",
même si l'on s'y plaît...
mais de revenir sur terre 
et de "ramener" ce qu'on a découvert 
dans la vie de tous les jours. 
A un moment donné, il faut "rentrer à la maison".


A la fin du rêve, le gouffre s'est transformé :
il est devenu bassin carrelé...et coloré.
Le lieu semble "sécurisé", il fait moins peur...
il est moins "sauvage", plus "abordable"
et on dirait qu'après cette exploration des recoins
les plus obscurs de la psyché,
le lieu a "repris des couleurs"...
Cette petite vieille pimpante et bonne nageuse
ne manque d'ailleurs pas de "vitalité"...
A-t-elle "attrapé la Mort"...
ou l'a t-elle dépassée pour "attraper la Vie" ?

Le bassin ainsi décrit, avec ses carrés de couleur,
me fait un peu penser aux bassins des "thermes"...
Le thermalisme existe depuis l'Antiquité et déjà, à l'époque romaine,
on se soignait par l'eau et on construisait ce genre de bassin
orné de mosaïques ou de petits carrés colorés.

On dirait que l'eau synonyme de danger est devenue
 "eau qui baigne" et "eau qui guérit"...
on dirait qu'elle est devenue bienfaisante et guérisseuse...
piscine naturelle dans laquelle on aime aller et nager
 pour se sentir bien, se soigner, se régénérer.

Le Principe féminin , la Nature féminine
"profonde", "sauvage" et "universelle"
(en lien avec la force archétypale que
Clarissa Pinkola Estes appelle Vie-Mort-Vie)
n'est plus vu(e) comme quelque chose
de sombre et de dangereux,
mais comme quelque chose de naturel,
de fréquentable et de bénéfique.

L'obscurité inquiètante du début a été explorée (ressentie ?) 
et elle a laissé place à des flots de lumière...

L'expérience personnelle des profondeurs (psychiques)
a été transformatrice et elle a amené une clarté
qui n'est pas celle de quelqu'un d'autre,
ou celle d'une spiritualité "étrangère",
 mais le fruit d'une transformation personnelle,
 la lumière d'une connaissance "vécue".



Expérience des profondeurs qui a permis
de relier le haut (ciel) et le bas (eaux souterraines),
 de relier le conscient et l'inconscient
et d'acquérir la Sagesse recherchée...
Sagesse qui est également due 
à l'union d'un féminin authentique...
et d'un masculin "positif", 
représentés tous deux par le couple âgé (***),
image d'union des contraires et de totalité,
image du Soi.

Est-ce que la rêveuse réalisera concrètement  cela...
dans les années suivantes ?
Rien n'est jamais sûr...
cela dépendra de ce qu'elle décidera de vivre...
mais le rêve semble dire que c'est...possible !
Que cette évolution existe "en potentiel"...
dans son inconscient...
et qu'elle n'attend qu'elle pour se concrétiser...
.
La Licorne
.
(*) Si  l'on ose reprendre une expression populaire et imagée,
on pourrait dire : une voie qui passe "par les tripes"

(**) De même qu'on ne peut qu'imaginer ce qui se passait
durant les "initiations" aux mystères d'Eleusis,
dont les rituels sont toujours restés...secrets...

(***) Et aussi peut-être, par la présence simultanée
des deux formes géométriques :
le rond (rondeur du bassin)
et le carré (carreaux colorés)
.

dimanche 2 août 2015

Symbolisme des gouffres, grottes et cavernes

Dimanche 2 août 2015


Le gouffre : 
Le mot "gouffre" vient du grec "kolpos" ou "pli" 
confondu jusqu'au XIIe siècle avec le terme "golfe". 
Le gouffre serait donc à la terre ce que le golfe, la baie 
est à la mer, c'est-à-dire, symboliquement, 
une ouverture sur le sein maternel de l'inconscient collectif.
.
Jacques de La Rocheterie
"La symbologie des rêves" 
(La nature)
.




Antre, aven, caverne, cavité, crypte, 
gouffre, trou, tunnel, cache, tanière, creux, terrier…
tous ces termes induisent l'impression d'un certain mystère, 
l'idée de caches, de trésors…. 
Cette notion de « cacher » est à relier
aux mythes liant les grottes et l'histoire : 
repaires de brigands, de contrebandiers, caverne d'Ali baba,
 parcours initiatique et mystérieux, 
monstres maléfiques ou non, qui gardent un trésor.

Grotte :
mot datant de 1537 de l'italien grotta issu du latin crypta
lui-même dérivé du grec krupté, souterrain
Ce mot a remplacé l'ancien français croute qui signifiait la même chose.

vient directement du latin caverna et cavus qui signifie creux.




Mais surtout,  les cavernes et les grottes sont 
les plus anciens lieux de culte de l'humanité
(Lascaux, Chauvet). 
Ce sont des lieux sacrés, les premiers temples, 
et des lieux d'initiation
Ce sont des lieux mythiques qui ont donné naissance 
à des histoires imaginaires et extraordinaires 
qui permettent d'apprendre sur les Hommes et le sens de la vie, 
et qui ont une valeur universelle.



1) l’élévation de l'âme vers les dieux 
ou au contraire la descente aux enfers  
Son toit arrondi représente la voûte du ciel. 
Jésus est inhumé dans un tombeau creusé dans la roche. 
Elle est la porte du royaume des ténèbres et des esprits, 
l’entrée du royaume des morts.
 
Chez les Egyptiens ou les Grecs,
on aborde le royaume des morts par une grotte 
qui mène au fleuve souterrain des enfers
sur lequel on navigue en bateau.



2) Elle est parfois perçue comme le centre du Monde :  
lorsque la stalactite rejoint la stalagmite,
elles forment alors le Pilier du monde, 
celui  qui relie le ciel et la terre.
Elle devient un lieu où se concentre l’énergie vitale
venue des profondeurs de la terre. 
Elle est aussi souvent associée à la montagne.

3) Dans la mythologie européenne,
elle est souvent l’antre d’un monstre
cyclope de l’Odyssée, un dragon,  gnome ou monstre 
qui garde un trésor sacré (légende de Siegfried par exemple).


4) En psychanalyse, elle est interprétée 
comme un symbole féminin, utérin, maternel : 
(voir Michel Tournier, Robinson ou la vie sauvage).
Elle devient l’entrée du labyrinthe maternel
de nos pensées et de notre inconscient
Se réfugier dans une grotte signifie alors le retour au stade fœtal. 
C’est la Terre-mère (Gé) en opposition au Ciel-père (Zeus). 
C’est pourquoi la grotte est utilisée dans les rites initiatiques 
qui accompagnent la naissance
ou le passage de l’adolescence à l’âge adulte.

En tant que symbole maternel, la grotte est souvent 
le lieu de naissance de dieux ou de héros (Jésus, Mithra) , 
ou bien encore de vierges (Notre Dame de Lourdes). 
La naissance de l’enfant dieu est alors 
le symbole de la Lumière qui surgit des ténèbres et de l’ignorance. 
C’est pourquoi Mahomet eut ses premières révélations 
dans la Grotte du Mont Hira.


5) La grotte est le lieu de vie des chamans 
et autres sorciers (La Pythie à Delphes) : 
ils sont ainsi en communication étroite entre les vivants et les morts, 
entre les dieux et les hommes, ce qu’illustrent les peintures rupestres.
.
Article complet ici
.
Dans un rêve, se trouver à l'intérieur de la caverne
a généralement moins d'importance que ce qu'on y fait.
Car la caverne elle-même représente un lieu archaïque,
 très ancien, symbolique, donc, de notre lointain passé,
un endroit où il peut et doit se produire quelque chose
de neuf, de nouveau, d'inédit, d'imprévu.
 
En effet, dans nos songes particulièrement,
la caverne est souvent en analogie
avec le ventre maternel, la gestation,
 tout ce qui précède une naissance.
.
Didier Colin
"Dictionnaire des symboles, 
des mythes et des légendes"
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Beaucoup d'initiations et de mystères antiques 
se célébraient dans les grottes : 
cultes de Démeter, d'Hécate, de Mithra, d'Attis, 
des premiers chrétiens dans les catacombes, etc, 
et Cybèle (appelée également Rhéa) signifie,
étymologiquement, "déesse des cavernes".

De nombreuses églises consacrées à Notre-Dame 
(assimilée peu à peu à la Grande déesse Mère 
qui n'existe pas dans les religions judéo-chrétiennes) ont été, 
à l'origine du christianisme,
édifiées à l'emplacement d'anciens temples d'Isis 
qui possédaient des cryptes où l'on procédait aux initiations : 
Chartres, Paris, Metz, Saragosse, etc.
.
Jacques de La Rocheterie
"La symbologie des rêves"
(La nature)


P-S :  De toutes les grottes "lieux de culte",
l'une des plus célèbres de nos jours est bien sûr...
la grotte de Lourdes.
Comme c'est très souvent le cas,
elle est totalement associée à l'élément eau.
(et à la guérison)
.