mercredi 22 juillet 2015

Le rêve selon Jung : Un point de vue finaliste

Mercredi 22 juillet 2015



LE RÊVE SELON JUNG

On présente souvent Jung comme un dissident du mouvement freudien
mais sa pensée profondément originale
n'emprunta que certains concepts au freudisme.

Refusant de faire de la libido (en latin: désir)
l'unique moteur énergétique de l'activité inconsciente,
et d'une sexualité érigée en dogme le seul objet de ses motivations,
 il aboutit à une conception du rêve 
beaucoup plus large que le modèle freudien.

Selon Jung, le processus de civilisation a provoqué une séparation
entre conscience et instincts fondamentaux.
Ceux-ci se sont réfugiés dans l'inconscient
et s'expriment sous la forme symbolique des images oniriques.
 "Il faut que la conscience et l'inconscient soient intégralement reliés
afin d'évoluer parallèlement, écrivit-il dans "L'homme et ses symboles".

S'ils sont coupés l'un de l'autre, ou "dissociés", il en résulte des troubles psychologiques.
A cet égard les symboles de nos rêves sont les messagers indispensables
qui transmettent les informations de la partie instinctive
à la partie rationnelle de l'esprit humain,
et leur interprétation enrichit la pauvreté de la conscience,
en sorte qu'elle apprend à comprendre de nouveau le langage oublié des instincts."

Le rêve n'est plus l'écume des désirs infantiles débordant d'un inconscient refoulé,
mais un messager faisant pont entre les deux éléments constitutifs de la psyché.

"Le rêve, dérivant de l'activité de l'inconscient, donne une représentation,
 non pas de tous les contenus qui y figurent,
mais seulement de certains d'entre eux qui,
 par voie d'association, s'actualisent, se cristallisent et se sélectionnent,
en corrélation avec l'état momentané de la conscience," écrivait Jung
dans "L'homme à la recherche de son âme".

Si le rêve fait appel aux souvenirs enfantins,
ce n'est pas parce qu'il repose sur des désirs censurés que le présent ravive,
mais pour exprimer des instincts dont les formes de pensée sont primitives,
voire archaïques, quoique toujours présentes dans l'inconscient.

A la pensée de Freud, reflet de la physique mécaniste du XIXème siècle,
Jung opposa une vision que l'on peut qualifier de quantique.

"Le déterminisme causal tend, estimait-il, vers une réduction univoque,
vers une codification des symboles et de leurs sens.
Le point de vue finaliste, au contraire,
voit dans les variations des images oniriques
le reflet de situations psychologiques infiniment variées."

"Le rêve dit ce qu'il est", ne cessait de répéter Jung.
Tous les objets longs ne sont pas des phallus.
Rêver d'une clé n'équivaut pas à rêver d'un sabre.
Tout rêve possède son sens propre. Il a surtout un but.

"La façon de voir finaliste, que j'oppose à la conception freudienne,
ne signifie pas une négation des causes du rêve,
mais elle n'en conduit pas moins
à une tout autre interprétation de ses matériaux associatifs.

Les faits en eux-mêmes, à savoir les associations, demeurent inchangés,
mais on les confronte avec une autre unité de mesure.
Posons-nous le problème de façon toute simple et demandons-nous
à quoi sert, à quoi rime le songe, que doit-il susciter ?"
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Sylvain Michelet - Roger Ripert- Nicolas Maillard
"Le livre des rêves"
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