vendredi 13 février 2015

Le rêve selon Freud et Jung

Mardi 4 février 2014

Deuxième partie : Le rêve selon Freud et Jung

Depuis cet obscurantisme, les premiers penseurs capables de mener des investigations dans l'univers nocturne virent en lui tout ce que l'Eglise avait condamné. Là, les désirs de l'homme et la morale artificielle créée par ses institutions entrèrent en conflit. Les nécessités médicales et historiques ont joué et il a fallu peu à peu rendre sa valeur à ce monde caché qui se reflétait dans les rêves : l'inconscient.


Freud nous a fait retrouver la valeur significative des rêves et des processus psychiques. Bien qu'au début la seule interprétation qu'il ait donné aux symboles oniriques fût de type sexuel, en raison de la névrose dont souffrait à ce moment la société.
Plus tard, des disciples de Freud proposèrent d'autres significations, arrivant à la conclusion que le patient et les circonstances de sa vie avaient une grande importance, puisque le même symbole n'avait pas la même signification pour tous.

Dans l'antiquité, on parlait de trois états de conscience : animale, humaine et divine.
Freud se réfère au ça, au Moi et au Surmoi.
Jung parle d'inconscient, de conscient, de supraconscient ou encore d'anima, de persona et d'ombre.

Cela rappelle le modèle archétypal qui réclame à son ombre terrestre une plus grande perfection, afin qu'elle lui ressemble le plus possible, selon un processus que Jung décrit comme "l'individuation".
Ces images archétypales, de caractère universel, dont parle aussi Platon, entre autres, apparaîtraient en rêve, jalonnant les grandes étapes de l'évolution de l'âme humaine vers sa totalité.

Au début de chaque grande vocation scientifique, artistique, mystique ou politique, il se produit généralement une succession de rêves qui guident le sujet le long d'une route pour lui surprenante...
Les symboles oniriques - dont Jung a démontré qu'ils sont similaires à ceux qui apparaissent dans la mythologie -, constituent un message de l'inconscient au conscient, destiné à l'aider et à l'orienter.
Poursuivant la réalisation du destin historique en gestation, ils informent le rêveur de sa situation interne et montrent la sortie, l'avenir.

Le rêve serait comme une photographie de l'inconscient ; par lui nous apprendrions à connaître ce que l'autre - notre double - pense de nous et pour nous.
C'est durant le repos que les couches les plus profondes de notre psychisme - vers le haut et vers le bas - peuvent arriver à la surface comme un archipel qui affleure entre les eaux, ou comme des stalagmites formées par des stalactites au long du temps.

On voit généralement le rêve comme une sorte de compensation et de préparation.
Compensation parce que nous y trouvons tout ce qu'oublie, rejette ou ignore la conscience éveillée.
Préparation, parce qu'il cherche ce qui peut nous permettre de nous réaliser. En ce sens, il est fondamental de traduire son message, et le seul qui puisse le faire avec certitude est le rêveur lui-même.


A la différence de Freud, son disciple Jung explique que la "voix de la conscience" n'est pas un simple attribut culturel imposé par la civilisation extérieure, mais bien une loi intériorisée que chaque homme porte en lui et qu'il ne peut transgresser sans le payer d'une certaine manière. Cette "voix" ne prétend à aucun moment nous réprimer, en utilisant la peur comme outil, mais bien plutôt nous faire approcher la véritable connaissance des réalités supérieures.

Il est nécessaire pour notre organisme, non seulement de dormir, mais encore de rêver. La finalité du rêve est le rétablissement. Ne pas rêver, comme ne pas dormir, peut conduire à la folie et à la mort.

Laissons de côté les théories physiologiques et psychologiques qui ne font pas l'objet de notre présente étude, pour aborder les théories occultes.
Différents auteurs les ont rapportées, dont Hereward Carrington qui dit : "Nous n'arriverons jamais à une théorie satisfaisante sur le sommeil sans admettre la présence d'une force vitale et l'existence d'un esprit humain individuel qui se retire plus ou moins complètement du corps pendant les heures de sommeil, recevant nourriture et vigueur durant son séjour dans le monde spirituel."
.
D'après Dolores Villegas (traduction en français)

13 commentaires:

  1. « En ce sens, il est fondamental de traduire son message, et le seul qui puisse le faire avec certitude est le rêveur lui-même. », affirme Dolores Villegas.

    Cette formulation est, à mon avis, très ambigüe car elle peut laisser supposer au lecteur de ces mots que chacun a la possibilité de comprendre seul tous ses rêves, sans jamais avoir besoin de l’aide d’un tiers pour les comprendre. Or il est fréquent qu’un bon interprète de rêves soit plus à même que le rêveur de comprendre le sens d’un rêve, sens qui échappait très largement au rêveur parce que l’objectivité nécessaire à la saisie du sens lui faisait défaut : les rêves nous parlent de ce qui se tient " dans notre dos", là où nous ne pouvons regarder aisément et efficacement tandis qu’un autre peut voir "notre dos".

    Que signifie donc le mot « traduire » employé dans cette phrase de Dolorès Villegas ? Signifie-t-il saisir le sens du message adressé par le rêve ou signifie-t-il PRENDRE VÉRITABLEMENT EN COMPTE le sens de ce message et le faire passer dans la réalité quotidienne, c’est à dire, en somme, l’intégrer à la personnalité du rêveur ; ce que ce dernier est en effet le seul à pouvoir faire lorsque le sens a été perçu ?

    Commentaire n°1 posté par Amezeg le 04/02/2014 à 21h59

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    1. Bonjour Amezeg...merci de ton commentaire...
      Je crois me souvenir que nous avons déjà parlé plusieurs fois de ce sujet...
      Certes, le rêveur n'est pas toujours le mieux placé pour découvrir le sens de son rêve, puisque celui-ci traite, par définition, de points qui sont "inconscients" chez lui...et il est toujours plus difficile d'entrapercevoir la significatuion de ses propres rêves que celle des rêves des autres...mais le rêveur est bien le seul, par contre, qui puisse dire si une interprétation fait "sens" pour lui ou pas...
      Et puis, réfléchissons un peu : si le rêveur n'était pas du tout capable de s'approcher lui-même de ce "sens caché", alors pourquoi l'inconscient lui enverrait-il des "messages" ?
      Envoie-t-on des "lettres" à quelqu'un qu'on sait incapable de lire ou analphabète ?
      Je me dis que, si l'interprétation demande un "effort" au rêveur (celui de passer par-dessus ses résistances et ses a-'priori conscients), cela n'en est que plus bénéfique pour lui, ensuite...et qu'il en tire d'autant plus de bénéfices qu'il a "trimé" pour y arriver !
      Quant à l'intégration (nécessaire), elle est elle aussi plus "motivée" si l'"illumination" vient de soi-même...
      (il est bien connu que l'on ne suit pas toujours les "bons conseils" d'autrui...)
      Ceci dit j'ai averti, au départ, que le texte (et peut-être surtout dans cette deuxième partie) comportait des approximations au niveau du vocabulaire et qu'il ne fallait pas trop "chercher la petite bête" dans ce qui est dit, mais voir l'esprit général...L'auteur, manifestement, n'est pas une spécialiste de Jung.
      Bonne nuit à toi...je te souhaite de très beaux rêves ! :-)

      Réponse de La Licorne le 05/02/2014 à 00h25

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  2. Bonjour La Licorne,

    « Et puis, réfléchissons un peu : si le rêveur n'était pas du tout capable de s'approcher lui-même de ce "sens caché", alors pourquoi l'inconscient lui enverrait-il des "messages" ?
    Envoie-t-on des "lettres" à quelqu'un qu'on sait incapable de lire ou analphabète ? »

    Entendu, réfléchissons un peu... :
    Les animaux, chiens et chats par exemple, rêvent, on le sait. Sont-ils capables "d’approcher eux-mêmes le sens caché de leurs rêves" ? Pourquoi rêvent-ils ? Quel est leur degré de conscience face à ces messages inconscients qu’ils reçoivent ? De quelle façon "lisent-t-ils ces lettres" ? Les rêves ne sont-ils pas dans ce cas un phénomène inconscient qui participe à l’entretien des fonctions vitales instinctives ?
    Les humains rêvent aussi et les rêves assurent sans doute pour eux aussi l’entretien des fonctions vitales instinctives, mais pas seulement cela. Les humains sont pourvus d’une conscience remarquable que les rêves produits par l’inconscient semblent vouloir entretenir et développer également. Ce deuxième aspect demande un travail particulier qui réclame de regarder le rêve de façon suffisamment objective, ce dont un rêveur qui n’a pas une longue pratique de la voie des rêves est généralement incapable sans le concours d’un tiers compétent dans ce domaine. La subjectivité conduit à de nombreuses erreurs d’interprétation des rêves.

    « Je me dis que, si l'interprétation demande un "effort" au rêveur (celui de passer par-dessus ses résistances et ses a-'priori conscients), cela n'en est que plus bénéfique pour lui, ensuite...et qu'il en tire d'autant plus de bénéfices qu'il a "trimé" pour y arriver !
    Quant à l'intégration (nécessaire), elle est elle aussi plus "motivée" si l'"illumination" vient de soi-même... »

    Même avec le concours d’un interprète de rêves, l’effort de compréhension de la part du rêveur est bien réel et la nécessité de vaincre ou de faire taire ses résistances inconscientes l’est tout autant. De plus, que cela se produise dans le cadre d’un échange avec un tiers favorise le développement d’une certaine humilité chez le rêveur ou la rêveuse, or je crois que cette humilité est très propice à la poursuite de l’œuvre de développement de la conscience, qu’elle est même vraiment indispensable à la poursuite de cette œuvre. Sans cette humilité le développement de la conscience trouve très vite sa limite et ne peut se poursuivre dans de bonnes conditions, harmonieusement.
    Je crois également que lorsque le rêveur ou la rêveuse perçoit que la compréhension née d’un dialogue avec un tiers est aussi "illuminante" que la compréhension née d’un dialogue avec lui-même ou avec elle-même, perçoit que l’une et l’autre compréhension sont une seule et même compréhension, le rêveur ou la rêveuse à compris que l’autre c’est aussi lui-même ou elle-même et qu’en dialoguant avec l’autre c’est, en quelque sorte, avec lui-même ou avec elle-même qu’il ou elle dialogue, mais avec une part d’objectivité en prime.

    « .......pas trop "chercher la petite bête" »

    Je ne souhaite pas chercher la petite bête dans ces textes intéressants que tu mets ici à notre disposition de visiteurs et de lecteurs. Je crois seulement utile de rappeler (encore et encore...) le risque présenté par l’interprétation trop subjective d’un rêve par le rêveur lambda qui manque d’expérience et de pratique.

    Merci à toi pour toutes les bonnes choses que tu nous fais découvrir ici et là, sur tes blogs ! :-)

    Amezeg

    Commentaire n°2 posté par Amezeg le 05/02/2014 à 09h07

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    1. Je crois, en te lisant, qu'on est assez d'accord, sur le fond...
      Que le recours à un tiers (psychanalyste, psychothérapeute, ou simplement "ami"...) soit, au départ et même pendant un certain temps,utile et fécond, je ne le nie pas non plus...la "science" des rêves n'est en rien "facile"...
      Là où je veux en venir, c'est que le but FINAL de tout ça...est quand même l'apprentissage du dialogue avec SOI-MEME...ou en tout cas, avec la partie de nous qui peut nous "aider"...
      http://ariaga.hautetfort.com/archive/2014/02/04/consulter-notre-ami-interieur-5289988.html

      Tous les obstacles, dérives et erreurs que tu décris existent bien entendu, comme cela existe dans tout apprentissage...mais, dans une perspective large (dans laquelle le rêve est un compagnon de tous les jours et non seulement un support thérapeutique), je tiens à ma version, qui est que le rêve peut être apprivoisé, petit à petit, et devenir un "guide intérieur"...en dehors de toute "théorie préétablie"...
      Pour moi, ce n'est pas une affaire de "spécialistes" mais quelque chose qui peut devenir, après avoir acquis certaines bases, assez "naturel"...
      On ne saura sans doute jamais ce qui se passe dans la tête d'un chat ou d'un chien qui rêve, mais je suppose qu'il s'agit de quelque chose qu'ils vivent "naturellement"...et qu'ils n'éprouvent pas le besoin de se référer à un "Freud canin" ! :-))
      Sinon, je suis tout à fait d'accord sur deux points : oui, le rêve contribue aussi à l'entretien des fonctions vitales...et oui, pour l'être humain, c'est le DIALOGUE avec l'autre est enrichissant ! C'est l'intersubjectivité et la communication d'inconscient à inconscient qui permettent de progresser...et la véritable humilité consiste peut-être à tantôt conseiller et tantôt "être conseillé"...dans une interaction à "double sens"... :-)
      http://grandsreves.over-blog.com/article-l-inconnu-99302289.html

      Personne n'étant infaillible...et un rêve ayant rarement un sens "unique", je crois à la méthode par "essais et erreurs"...les erreurs faisant partie de l'avancée vers plus de clarté...

      Bonne journée, Amezeg, et merci pour tes "trouvailles poétiques" sur Fabulo...


      Réponse de La Licorne le 05/02/2014 à 13h23

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  3. Bonjour ici, La Licorne ! :-)

    Le rêve est PAR NATURE un guide intérieur, en dehors de toute théorie préétablie. Mais la difficulté est de comprendre de façon juste, de façon suffisamment objective, les indications données par ce guide intérieur. Pour cela, le concours d’un tiers " qualifié" est souvent indispensable.
    Ce qui qualifie le tiers n’est pas sa connaissance théorique des rêves et du monde intérieur, c’est sa PROPRE PRATIQUE et la valeur de son expérience personnelle concrète dans ce domaine, c’est le degré de sa propre réalisation qui importe. Ce degré est aussi le point au-delà duquel il ne pourra pas "conduire" le rêveur ou la rêveuse qu’il guide sur la voie des rêves. [Il pourra peut-être l’accompagner au-delà, mais ne sera plus le guide ou « l’aîné" sur la voie.] Il ne s’agit donc pas de réalisation théorique ni conforme aux théories mais de réalisation intérieure concrète, qui ne se soucie pas de coller aux théories.

    La nécessité d’être accompagné ou guidé pour comprendre ses propres rêves n’a donc, pour l’essentiel, sur le fond, rien à voir avec les "théories préétablies" des uns ou des autres au sujet des rêves.

    Ceci ne s’oppose pas au développement d’une relation de plus en plus intime et "personnelle" avec ses propres rêves, ne s’oppose pas au développement d’une autonomie, mais au contraire la favorise au fur et à mesure que progresse le travail de connaissance de soi et de Soi.

    Amezeg

    Commentaire n°3 posté par Amezeg le 10/02/2014 à 08h42

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    1. Amezeg... tout cela me paraît juste et sensé et il n'y a pas de contradiction en effet...
      (juste une petite remarque, parce que je suis d'humeur malicieuse : si un guide extérieur est nécessaire pour des questions d'objectivité...alors qui a soutenu le "premier" rêveur ? C'est le problème de la poule et de l'oeuf... ! :-) )
      Je ne conteste absolument pas le bien-fondé de tes dires...
      Reste, et je n'en démords pas, que le GUIDE final et incontestable, le seul vraiment qualifié pour soi-même, celui qui sait ce qui nous convient...est le SOI de chacun.

      Réponse de La Licorne le 11/02/2014 à 19h48

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  4. « ...celui qui sait ce qui nous convient...est le SOI de chacun. »

    La Licorne, si tu me lis bien, ici et ailleurs, tu verras que c’est aussi ce que je dis et que je ne dis jamais le contraire. Mais le Soi parle un langage que le moi d’un rêveur comprend parfois de travers lorsqu’il est seul face à cette parole essentielle issue de sa propre profondeur (c’est à dire : née du Soi), et donc...euh...lire ce que j’ai déjà souligné plus haut, car je m’en voudrais de le redire ce soir. ;-)

    Bien amicalement,

    Amezeg

    Commentaire n°4 posté par Amezeg le 11/02/2014 à 20h23

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    1. "Mais le Soi parle un langage que le moi d’un rêveur comprend parfois de travers lorsqu’il est seul face à cette parole essentielle issue de sa propre profondeur (c’est à dire : née du Soi)"
      Je le sais bien, Amezeg...mais je sais bien aussi, à quel point ce que tu appelles "regard objectif" de l'autre...ne l'est pas toujours (et même s'il est apparemment très qualifié...et très "avancé"...) ! Au terme d'"objectivité" , je préfère celui d'"intersubjectivité"...
      En plus, le Soi utilise, souvent, des symboles et un langage "personnalisé"...que l'autre peut comprendre "de travers" parce que, justement, il n'a pas la même expérience, les mêmes ressentis par rapport à certains sujets, les mêmes références et souvenirs...que le rêveur.
      Nous sommes là dans un domaine extrêmement complexe ...et comme tout ce qui touche au mystère profond de la vie, on ne peut émettre de généralités...sans risquer de se tromper.
      Ce qui est vrai et bon pour quelqu'un ne l'est pas forcément pour quelqu'un d'autre, ne l'oublions pas...je crois qu'il faut toujours en revenir au cas particulier...de chacun.
      Car ce qui constitue pour l'un une aide précieuse sera peut-être un frein pour un autre...
      Je te prends un exemple très connu : la rupture de Freud et de Jung. Freud (apparemment le plus ancien, l'aîné en la matière et celui qui semblait plus "avancé"...) analysait les rêves de Jung...(et Jung analysait aussi parfois les siens).
      A un moment donné, Jung s'est senti viscéralement en désaccord avec ce que lui renvoyait Freud (pourtant figure "paternelle" pour lui) et il a décidé de suivre sa propre intuition et son propre chemin, sans soutien "extérieur". Il s'est alors retrouvé seul "face à la parole essentielle issue de ses propres profondeurs..."
      Certes, ce n'était pas "prudent"...mais penses-tu qu'il ait eu tort ?

      Réponse de La Licorne le 11/02/2014 à 20h55

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  5. L’objectivité d’un tiers interprète de rêves n’est sans doute jamais parfaite car il demeure lui aussi un sujet. Mais si les rêves de ce tiers l’ont invité réellement et avec une insistance suffisante à interpréter les rêves d’autrui – ce qui n’est pas à coup sûr le cas pour tous les "psy" qui se proposent d’interpréter les rêves... – la probabilité que son regard soit suffisamment objectif est bien plus grande que si ses propres rêves, c’est à dire: la parole du Soi en lui, ne l’y avai(en)t pas invité. Il s’agit donc de s’adresser, à mon avis, à un interprète de rêves que ses rêves ont "mandaté" pour assumer ce rôle d’interprète et qui dispose à ce sujet d’une meilleure part d’objectivité que celui qui se déclare interprète de son propre chef (parole du moi et non pas parole du Soi en lui).

    Les associations fournies par le rêveur à propos de tel et tel élément du rêve permettent généralement à l’interprète de saisir, pour l’essentiel, ce à quoi cela se rapporte pour le rêveur et ce que le rêve suggère ou souligne à ce propos.

    On peut parler de généralités sans se tromper si l’on sait que les exceptions existent aussi. Mais l’exception est la personne rare qui, comme Jung et quelques autres, doit et peut s’en sortir (presque) seule avec ses rêves. C’est un destin particulier et un cas particulier, exceptionnel.
    C’est l’exception qui ne doit pas être généralisée en disant que tous peuvent se débrouiller vraiment seuls avec leurs rêves car, pour le commun des mortels, cela ne correspond à la réalité.

    Jung était à l’écoute de sa profondeur, bien plus qu’à l’écoute d’une théorie ou d’un dogme qu’il aurait voulu imposer. Il était donc à l’écoute des rêves sans préjugés les concernant, et en cela, je crois qu’il était bien différent de Freud QUI N’ÉTAIT DONC PAS SON AÎNÉ DANS CETTE APPROCHE LIBRE ET SANS PRÉVENTION DES MESSAGES ISSUS DE LA PROFONDEUR. À l’époque du désaccord avec Jung, Freud ne reconnaissait pas, les rêves comme parole du Soi en l’homme.

    Amezeg

    Commentaire n°5 posté par Amezeg le 11/02/2014 à 22h37

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    1. Je vois les choses d'une façon légèrement différente, Amezeg : pour moi, Jung n'est pas quelqu'un de "rare" et d'"exceptionnel" dont l'expérience n'est pas reproductible par le "commun des mortels" , c'est quelqu'un qui a ouvert une nouvelle voie de dialogue intérieur...voie dans laquelle d'autres ont pu ensuite le suivre (à leur façon, bien entendu, et non en l'imitant).
      Et je crois aussi que de nos jours, les gens capables de se pencher eux-mêmes sur leurs profondeurs sont beaucoup plus nombreux que du temps de Jung. Les temps ont changé. Jung était un pionnier...mais beaucoup d'aventuriers de l'âme ont suivi, se tournant vers l'intérieur et cherchant le contact avec ce qui les habite, avec succès.
      Je crois aussi qu'en matière d'interprétation, ni "l'interprète désigné" dont tu parles, ni le rêveur ne peuvent prétendre "connaître" le message d'un rêve...encore une fois, le mot "objectivité" dans ce domaine ne me parle pas...
      Un point de vue "extérieur et expérimenté" est certes précieux pour complèter les "points aveugles" du rêveur mais il s'agit d'un point de vue complémentaire et...subjectif lui aussi.
      Pour moi, il ne peut y avoir là de vérité "objective", il ne peut y avoir qu'une approche progressive du sens...par approximations et corrections successives, celles-ci étant déclenchées par l'intérêt porté au rêve, par le désir de comprendre...et ensuite confirmées (ou pas) par tous les moyens possibles : rêve ultérieur venant "corriger" ou "infirmer" une première interprétation, synchronicités, hasards et signes de tous les jours, conversations avec quelqu'un autour du rêve (ce quelqu'un pouvant être "interprète"...mais pas forcément, puisque les inconscients, de toute façon, vont se répondre...), lectures...etc.
      Mon expérience personnelle m'a montré qu'il fallait souvent faire confiance...au temps et que c'était une affaire de longue haleine...mais que si on persévérait, "un" sens (et pas forcément "le" sens) finissait par montrer le bout de son nez...
      Le "passage par l'erreur" n'est pas toujours négatif.
      Dans ce blog, quand je tente une interprétation, je ne prétends absolument pas que ce soit la bonne ou la seule mais je la "lance" en espérant un "retour" (soit du rêveur, soit de la vie...), qui m'oriente vers plus de clarté...et de précisions.
      D'autre part, je vois les rêves comme un système de poupées russes : derrière chaque signification, on peut en trouver une autre, plus profonde...il y a différents niveaux. Et donc pas d'interprétation "unique" mais une sorte de "mille-feuilles" de significations...ce qui en fait un "univers" aux potentialités presque infinies...Un rêveur pouvant revenir encore et encore sur une même image pour en explorer toutes les facettes...

      Oui, tu as raison, Jung fut certes beaucoup plus "libre et sans préventions" face aux rêves que Freud...
      Quand je parlais d'aîné, je voulais juste dire "dans son esprit" à l'époque et pas de façon absolue.
      Mais ce que Freud fut pour Jung...Jung le sera peut-être pour un autre...encore plus "libre" ! ;-)
      Personne n'est parfait !
      Et la vie avance... :-)

      Amicalement.

      Réponse de La Licorne le 12/02/2014 à 00h57

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  6. « ......encore une fois, le mot "objectivité" dans ce domaine ne me parle pas... »

    Les rêves nous parlent objectivement de notre situation, de ce que nous vivons et de ce que nous sommes. La parole du Soi est objective, celle du moi est subjective.
    Les rêves tendent à ouvrir peu à peu le moi à la réalité et à l’expression du Soi à travers le moi.
    Le regard porté par un individu sur les êtres et sur les choses devient plus objectif à la mesure du progrès de cette ouverture au Soi et la parole objective du Soi peut ainsi s’exprimer de plus en plus librement à travers le moi-sujet.
    C’est ainsi qu’une certaine objectivité peut exister dans ce domaine de l’interprétation des rêves.
    Cela n’exclut pas de reconnaître que les rêves contiennent différents plans ou niveaux d’information qui ne sont pas à coup sûr tous perçus et exprimés par une interprétation. L’important est que soit exprimé le plan ou niveau que demande l’heure présente à l’intention du rêveur et à la mesure de sa capacité présente à le prendre en compte, à l’intégrer. Pour cela, on peut aussi compter que la bonne inspiration sera donnée par le Soi à l’interprète qui est suffisamment ouvert à la réalité du Soi en lui.

    Je crois que la seule véritable liberté, la liberté de notre accomplissement, est celle de la soumission et de la fidélité au Soi en nous. Le reste est..."liberté" du moi qui se veut libre... :-)

    Amezeg

    Commentaire n°6 posté par Amezeg le 12/02/2014 à 10h35

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    1. Je suis d'accord là-dessus, Amezeg...je contrebalançais juste l'idée un peu simple que le rêveur est "incapable" de s'en sortir sans aide et que l'interprète, lui, est assez avancé pour ne pas se tromper...et pour transmettre, dans ses propos, "l'objectivité du Soi"...à coup sûr.
      Dans une interprétation à deux, je perçois plutôt une rencontre entre deux Soi (deux "mystères personnels", conscients + inconscients), qui, par leur rencontre, font jaillir une certaine "inspiration"...je vois un rapport plus "égalitaire" si tu veux...sans l'être totalement, évidemment.
      Chacun a à apprendre de l'autre...il n'y a pas de "supériorité" acquise...une fois pour toutes. Jung était d'ailleurs très clair sur ce sujet.
      Ouvrons-nous donc au Soi...et qu'il nous inspire !

      Réponse de La Licorne le 12/02/2014 à 11h07

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  7. Oui ! consentons à nous laisser ouvrir par Lui !

    Commentaire n°7 posté par Amezeg le 12/02/2014 à 12h40

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