dimanche 22 février 2015

"La flamme de la vie" : interprétation du rêve

Dimanche 9 mars 2014

      Vous réalisez que ce n’est pas vous qui vivez votre vie,
mais la vie qui vous vit.
La vie est le danseur et vous, la danse.
.
Eckhart Tolle
.

Pour l'intelligence de ce rêve, il convient de se souvenir que Priestley venait de travailler à ses pièces sur le Temps et qu'il avait quarante-deux ans. Il cite lui-même cette réflexion du philosophe Whitehead : "Il est impossible de méditer sur le temps et le passage créateur de la nature sans éprouver une indicible émotion devant les limites de l'intelligence humaine."

En travaillant à ses pièces, Priestley devait s'être livré à une méditation de ce genre sur le temps, et les "limites de l'intelligence humaine" devaient lui être devenues évidentes. C'est-à-dire, en langage psychologique, que les limites de l'effort individuel vis-à-vis des grandes lois de la vie -les limites du moi vis-à-vis des images de l'inconscient collectif - lui étaient apparues, tout au moins inconsciemment.

Son rêve formulait la tâche correspondant à la phase de la vie qu'il avait atteinte, à savoir l'obligation de relier consciemment aussi l'individu aux images de l'inconscient collectif. En songe, le "noble spectacle" de "tous les oiseaux du monde", de toutes les idées, de toutes les activités qui sont si essentielles à l'esprit créateur, se transforme soudain en un "aveugle effort biologique dépourvu de signification". Ces activités révèlent leur caractère préliminaire: légitimes dans leur propre sphère et pendant une période limitée de la vie, elles deviennent, à partir d'un certain moment, dépourvues de sens. mais soudain apparaît, derrière ce gaspillage et ce déclin, une signification nouvelle, le sens vrai de l'expérience.


Ce n'est plus l'effort individuel qui importe, c'est la "quintessence même de l'être", la "flamme de vie", qui se révèle au regard  chercheur du rêveur. La vie, qui avait perdu toute signification sous son premier aspect, s'est chargée d'un sens nouveau et incorruptible en se reliant au supra-personnel, en se confondant avec l'éternelle flamme de l'existence.

Il n'est guère étonnant qu'en décrivant l'impression que lui laissa ce rêve, Priestley s'exprime ainsi:
"Jamais encore je n'avais éprouvé de bonheur aussi profond que celui que je connus à la fin de mon rêve de la tour et des oiseaux, et si je n'ai pas su garder ce bonheur en moi comme une atmosphère intérieure et un sanctuaire pour le coeur, c'est que je suis un homme faible et sot, qui permet à un monde stupide de l'envahir en piétinant les vertes pousses de la sagesse.

Et pourtant, je n'ai plus été tout à fait le même homme depuis. Un songe avait passé au milieu du tourbillon de mes activités."
.
Gerhard Adler "Le moi et le cycle de la vie"
"Etudes de psychologie jungienne"

.
Grande flamme
Peinture de Jung -Livre rouge p 64

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire