samedi 21 février 2015

La crise du milieu de la vie

Samedi 1 mars 2014



La crise

Vers la quarantaine chaque homme se pose certaines questions existentielles qui viennent semer le trouble dans la conception qu'il avait de la vie jusqu'alors...
Pourquoi est-ce que je travaille tant ? Pourquoi est-ce que je continue de m'épuiser sans même trouver du temps pour moi ? Pourquoi, comment, dans quel but, pour quoi, pour qui ? Autant de questions qui ouvrent une crise du sens, une crise spirituelle...

Cette crise du "tournant de la vie" peut avoir des conséquences douloureuses pour soi et son entourage : séparations, divorces, dépressions nerveuses, affections psychosomatiques variées...


Dans un petit livre de 70 pages ("La crise du milieu de la vie"), le père Anselm Grün nous rappelle que cette crise existe depuis Mathusalem, qu'elle touche aussi bien les religieux que les laïcs et... qu'elle peut être salutaire : en permettant à l'homme de renaître spirituellement !


Pour l'expliquer, le père Grün fait appel aux travaux du plus célèbre dissident freudien, le psychiatre suisse Carl-Gustav Jung (1875-1961).
Car Grün pense que si « Freud est le psychologue de la première moitié de la vie », Jung est celui de la seconde...
Pour Freud, les « conflits névrotiques de l'être humain » se résument le plus souvent à des problèmes relatifs aux « pulsions généralement développées dans l'enfance ».
Au cours de ses consultations, Jung découvre au contraire « qu'au-delà de 35 ans, la plupart des problèmes sont de nature spirituelle... »
C'est pourquoi, plutôt que de se polariser sur l'enfance pour régler les problèmes de l'adulte, Carl-Gustav Jung préfère « trouver des voies pour l'aider ici et maintenant ».



Pour comprendre la « crise du milieu de vie » vue par Jung certains concepts sont nécessaires. 
Il faut savoir, par exemple, que le processus qui crée la personne humaine, l'individuation, comportedeux phases:
l'expansion - qui concerne la première partie de la vie - et l'introversion - relative à la seconde moitié.

Tout pour le "moi"

Au cours de la première, l'homme tente de "fortifier son « Moi conscient " en se faisant une place au soleil dans la société, et en essayant de s'y maintenir. Dans ce but, il développe une persona, « figure adaptée aux attentes de l'entourage »...
Mais forcément, tout occupé à muscler cette persona, il néglige beaucoup d'autres parties de sa personnalité, souvent plus personnelles, plus intimes.
La conséquence ? Une ombre se forme en lui, composée « des aspects psychiques de l'être humain ayant été en partie refoulés, non vécus ou très peu vécus...»

Un "big" problème

Dans la première partie de sa vie, pas de problème existentiel ! L'homme est si accaparé par l'affirmation de soi, qu'il s'identifie avec son « Moi conscient ». L'ombre, l'inconscient, sont refoulés sans qu'il en résulte de grands dommages...
Mais tout change dans la seconde moitié avec la fameuse crise du milieu de la vie ! Car il s'agit à présent d'intégrer cette ombre. De faire en sorte que « le Moi se retourne vers son origine, vers le Soi, pour recevoir une nouvelle force vitale...»
« Le problème essentiel, écrit le père Grün, est que nous pensons maîtriser les tâches de la seconde moitié de la vie en conservant les méthodes et les principes de la première » !


Et d'expliquer cela par une image superbe :
« La vie humaine peut se comparer au périple du soleil. Il se lève le matin, illuminant le monde. Dès qu'il a atteint à midi son point culminant, il se met à baisser et son rayonnement diminue.»
« L'après-midi est tout aussi important que le matin. Mais il suit tout simplement d'autres lois. Pour l'être humain, reconnaître et admettre la courbe de sa vie consiste à s'adapter à partir de son midi, à la réalité intérieure et non plus à la réalité extérieure. »

La quête vers l'essentiel

« Ce n'est plus l'expansion qui est exigée de lui, mais la réduction à l'essentiel, le cheminement vers l'intériorité, l'introversion », poursuit Grün.
Comme l'écrit Carl-Gustav Jung, « ce que la jeunesse a trouvé et devait trouver à l'extérieur, l'homme de l'après-midi doit le trouver en lui. »
Cette quête vers l'intériorité est "une tâche pleine de dangers mais aussi riche en promesses."

à propos du livre d'Anselm Grün "La crise du milieu de la vie"

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