samedi 28 février 2015

Le symbole du martin-pêcheur

Samedi 5 juillet 2014
Peinture de Jane Adams

Juste après avoir fait le rêve de "Philémon", il arriva à Jung un événement qu'on peut qualifier de synchronistique...

Voilà ce qu'il en dit dans son autobiographie, "Ma vie" : 
"Comme je ne comprenais pas l'image du rêve, je la peignis pour mieux me la représenter. Durant les jours où ce rêve me préoccupa, je trouvai, dans mon jardin, sur le bord du lac, un martin-pêcheur mort !
Ce fut comme si la foudre  m'avait frappé. Car il est fort rare que l'on aperçoive des martins-pêcheurs dans les environs du lac de Zürich. C'est pourquoi j'étais tellement ému par cette coïncidence qui semblait ne relever que du hasard. Le corps de l'oiseau était encore frais ; la mort ne devait pas remonter à plus de deux, trois jours, et on ne voyait aucune blessure extérieure."



Au sujet du martin-pêcheur et son symbolisme, voici ce que j'ai trouvé : 

Comme son nom l'indique, c'est un pêcheur de premier ordre qui raffole des petits poissons.

Ainsi, on le voit survoler les rivières et les fleuves aux eaux pures et transparentes -  qui hélas, se font de plus en plus rares en France -, lançant son chant distinctif qui ressemble d'ailleurs plus à un long sifflement, et plongeant son très long bec dans l'eau pour attraper un poisson avec une habileté rare. 


Quand il n'en fait pas son déjeuner ou son dîner, le mâle l'offre à la femelle en guise de cadeau nuptial.
Le couple creuse son nid dans les rives de la rivière ou du fleuve qu'il fréquente.
Durant trois semaines environ, ils couvent ensemble leurs 6 à 8 oeufs, mais il leur arrive d'avoir jusqu'à trois nichées par saison. 
Il n'est pas vraiment rare de voir ces oiseaux voler en couple. C'est sans nul doute ce qui a amené nos ancêtres à faire du martin-pêcheur un symbole de fidélité conjugale, de bonheur amoureux, de joie de vivre à deux, mais aussi de beauté. 

En effet, on a surnommé le martin-pêcheur le joyau volant, à cause de ses ailes d'un bleu vert éclatant, contrastant avec le plumage roux de son torse.

Ainsi, au Moyen Age, en France comme en Angleterre, pensait-on que porter quelques plumes de martin-pêcheur était un gage de protection providentielle. On voit donc que les Indiens ne furent pas les seuls à croire aux pouvoirs bénéfiques et protecteurs des plumes de certains oiseaux.

On le nommait primitivement halcyon, emprunté au latin "alcyon", lui-même dérivé du mot grec,"alkuôn" désignant un oiseau mythique. 
Alcyoné ou Alkuôn était, selon la légende grecque, la fille d'Eole, le roi des vents, qui fut transformée en cet oiseau fabuleux.




Rapport avec Saint-Martin :

"En 371 à Tours, l’évêque en place, Lidoire, vient de mourir ; les habitants veulent choisir (Saint) Martin mais celui-ci s’est choisi une autre voie et n’aspire pas à l'épiscopat. Les habitants l’enlèvent donc et le proclament évêque le 4 juillet 371 sans son consentement ; Martin se soumet en pensant qu’il s’agit là sans aucun doute de la volonté divine."

Martin évangélisa, avec ses moines, les campagnes, christianisant les anciens lieux de cultes païens (mot signifiant paysans) Les chapelles et églises furent construites sur ces lieux. Il fit abattre et détruire nombre de mégalithes !

"Un jour, voyant des oiseaux pêcheurs se disputer des poissons, il explique à ses disciples que les démons se disputent de la même manière les âmes des chrétiens. Et les oiseaux prirent ainsi le nom de l'évêque ; ce sont les martins-pêcheurs."  (Wikipedia)

Sources ici et 


Doué d'un grand talent pour plonger dans les eaux vives et y  pêcher avec une rapidité et une dextérité folle les petits "poissons" (contenus de l'inconscient), oiseau lié au couple, à l'amour, oiseau évoquant la faculté d'aller "chercher les âmes humaines"...oiseau "rare" et "mythique" , le martin-pêcheur a finalement, quand on y regarde de près, bien des points communs avec la vie de Jung...et cela n'a rien d'un "hasard" si la figure de Philémon arbore, dans le rêve, ses ailes "hautes en couleurs"...d'un bleu inimitable.

On peut remarquer, d'autre part, que le nom de cet oiseau, en anglais, est "kingfischer" , king signifiant "roi" et fisher = "pêcheur"...
Le "Roi pêcheur" ou "Roi blessé", est une figure mythique liée à Perceval et à la quête du Graal...quête dont Jung dit, dans "Ma vie" :
"Depuis ma jeunesse, les histoires du Graal jouèrent chez moi un grand rôle. A quinze ans je lus pour la première fois ces histoires et ce fut un événement inoubliable, une impression qui ne disparut jamais plus ! Je soupçonnais qu'un mystère y était caché."

voir ici

Le martin-pêcheur apparaît aussi dans un rêve qu'il fit peu après la mort de Toni Wolff :

"...(Il vit) Toni apparaître dans un rêve qu’il reçut la nuit de Pâques :
elle paraissait beaucoup plus grande et jeune qu’au moment de sa mort, elle était très belle; elle portait une robe chatoyant des multiples couleurs d’un oiseau du paradis, avec, pour dominante, le merveilleux bleu du martin-pêcheur." 

La Licorne






Dialogues avec l'ange

Jeudi 3 juillet 2014

                                      


Les anges ne sont pas
comme on voit dans la peinture
des serviteurs aux mains de femme
des messagers aux manières tendres
aux ailes sucrées...
.
Christian Bobin
"La vie passante"
.

L’ange pour moi, c’est celui qui m’accompagne,
mon conseiller secret pour être meilleur,
mon arrêt vivifiant, mon intuition géniale,
mon rendez-vous secret avec la conscience,
mon intime conviction immédiate sans aucune intelligence,
ce qui répond sans concession quand j’ai une vraie question.
.
une voie spirituelle occidentale"
.

              
Qui est l’ange pour moi ?
Il est celui qui me connaît mieux que je ne me connais moi-même.
Celui qui m’aime mieux que je ne m’aime.
Celui qui, sans relâche, me pousse vers ma grandeur avec une infinie patience
car il est le seul qui sache ce pour quoi je suis faite.

Il est ma partie divine et je suis sa partie humaine,
et un infini nous sépare que je n’aurai de cesse
de traverser jour après jour pour le rejoindre.

A chaque instant il est autre car je suis autre à chaque instant.
Exigeant, sans concession, tendre, gentiment moqueur,
grave, éperdument amoureux, brûlant de Vérité.
.
Patricia Montaud

.
Plusieurs religions connaissent la représentation de l'Ange.
Qu'il soit appelé "génie", "ange",
"maître intérieur", "guide" ou "guru",
il est l'être le plus proche de l'homme.
En fait, ce n'est pas sa représentation
dans telle ou telle religion qui importe.
L'essentiel est que sa force
soit capable de transformer l'homme en HOMME.
.
Gitta Mallasz
"Les  Dialogues tels que je les ai vécus"
.

Conversation avec soi-même

Mercredi 2 juillet 2014



(...)
Nous aimerions toujours être "moi", moi seul et rien d'autre.
Mais nous sommes confrontés à l'ami ou l'ennemi intérieur,
et il dépend de nous qu'il soit l'un ou l'autre.

Il n'est pas nécessaire  d'avoir l'esprit dérangé pour entendre sa voix.
C'est au contraire la chose la plus simple et la plus conforme à la nature.
On peut par exemple se poser une question, et recevoir de lui une réponse.

Les pensées s'enchaînent alors comme dans une conversation ordinaire.
On peut nommer cela "conversation avec soi-même" ou "méditation"
au sens des anciens alchimistes qui définissaient l'interlocuteur
comme "quelqu'un d'autre à l'intérieur".
.
C-G Jung
"L'âme et le soi" p38
.

    Rêve(s) de Philémon

    Samedi 28 juin 2014

    Philémon peint par Jung lui-même...
    Cette image figurait sous forme de fresque
    sur l'un des murs de sa chambre, à Bollingen.

    Dans "Ma vie" (p 212), Jung raconte ce rêve :

    Il y avait un ciel bleu, mais on aurait dit la mer.
    Il était couvert, non par des nuages, mais par des mottes de terre.
    On avait l'impression que les mottes se désagrégeaient,
    et que la mer bleue devenait visible entre elles.
    Mais cette mer était le ciel bleu.
    Soudain, apparut un être ailé qui venait en planant de la droite.
    C'était un vieil homme doté de cornes de taureau.
    Il portait un trousseau de quatre clés ont il tenait l'une
    comme s'il avait été sur le point d'ouvrir une serrure.
    Il avait des ailes semblables à celles du martin-pêcheur,
    avec leurs couleurs caractéristiques."
    .
    C'est la première fois qu'il "rencontre" ce personnage...
    qu'il appellera "Philémon"
    et qui deviendra, peu à peu, son "guide intérieur".

    Illustration d'Ephême
    trouvée chez Ariaga
    .
    "Philémon, ainsi que d'autres personnages de mon imagination, m'apportèrent la connaissance décisive qu'il existe dans l'âme des choses qui ne sont pas faites par le moi, mais qui se font d'elles-mêmes et qui ont leur vie propre.
    Philémon représentait une force que je n'étais pas.
    En imagination, j'eus avec lui des conversations et il dit des choses que je n'aurais pas pensées consciemment.
    Je perçus très exactement que c'était lui qui parlait et non pas moi.

    Il m'expliqua que je procédais avec les pensées comme si je les avais créées moi-même alors qu'à son avis, elles possédaient une vie propre, tels les animaux dans la forêt, des hommes dans une pièce, ou des oiseaux dans les airs :
    "Si tu vois des hommes dans une pièce, tu ne prétendras pas que tu les as faits  ou que tu es responsable d'eux." m'enseigna-t-il.
    C'est de la sorte qu'il m'apprit petit à petit l'objectivité psychique, la "réalité de l'âme".

    Grâce aux dialogues avec Philémon, la différenciation entre moi et l'objet de ma pensée se clarifia. Lui aussi, Philémon, s'était en quelque sorte dressé objectivement en face de moi, et je compris qu'il y avait en moi une instance qui pouvait énoncer des dires que je ne savais pas, que je ne pensais pas, voire des choses qui allaient à l'encontre de moi-même.

    Psychologiquement parlant, Philémon figurait une intelligence intuitive des choses, supérieure à celle dont disposait le moi. Il était pour moi un personnage mystérieux. De temps en temps, j'avais l'impression qu'il était comme physiquement réel.
    Je me promenais avec lui dans le jardin et il était pour moi ce que les indiens appellent un guru."
    .
    C-G Jung "Ma vie"
    .
    A propos de Philémon, je vous recommande
    la lecture d'un article très intéressant de Pierre Trigano,
    dans la revue "Je serai".
    Vous pouvez le lire ici :
    .

    Il y parle de ce rêve qu'il a eu un jour :
    " J'entre dans le jardin
    de la Tour de Bollingen.
    Je rencontre le vieux Jung
    avec son tablier de cuir.
    Il est en train de graver dans la pierre
    le visage de Philémon.
    Il m'accueille mais sans parole.
    Je le regarde oeuvrer en silence.
    A un moment, il me dit :
    l'important est de restituer avec fidélité
    son sourire."
    (!)
    .
    Pour l'auteur, le nom de Philémon signifierait
    "l'expression de l'amour unique"
    (de philé : amour et monos : unique)

    Peut-être peut-on traduire aussi :
    "l'amour de l'UN" ou "l'amour-UN" ?
    .
    La Licorne
    .

      vendredi 27 février 2015

      A Bollingen

      Vendredi 20 juin 2014
      .
      Dès le début, j'eus la certitude qu'il fallait bâtir au bord de l'eau.
      ...
      .

      .
      .
      Par moments, je suis comme répandu
      dans le paysage et dans les choses
      et je vis moi-même dans chaque arbre,
      dans le clapotis des vagues,
      dans les nuages,
      dans les animaux qui vont et viennent
      et dans les objets.
      .
      C-G Jung  "Ma vie"
      .

        Un autre monde

        Mercredi 18 juin 2014



        Commence d’abord par comprendre tes rêves
        si tu veux tout comprendre sur toi-même.
        .
        Souviens-toi de tes rêves,
        observe-les comme un territoire inconnu
        car ils viennent des profondeurs de toi-même,
        porteurs d’un conseil, d’un message ou d’un avertissement.
        .
        Rêver n’est pas dormir,
        mais veiller, se déplacer, agir, vivre autrement.
        Considère le monde des rêves comme un second monde,
        avec ses lois, ses personnages, sa réalité.
        Ton esprit n’est pas enfermé dans ta conscience de tous les jours.
        Il s’étend sur les deux mondes à la fois,
        au même moment, à chacun des instants de ta vie.
        .
         Durant  ton sommeil, tu es dans un autre monde,
        à l’intérieur de ton corps, dans un territoire immense à l’horizon illimité.
        Apprends à ressentir ce vertige, cette vision d’infini dans ton propre corps.
        Redeviens l’univers tout entier.
        .
        De la même façon que le Grand Esprit rêve le monde
        et le fait exister par le seul pouvoir de son désir,
        le dormeur rêve à des univers qui se mettent à vivre.
        Le rêve est créateur d’univers.
        .
        Entraîne-toi à penser dans deux mondes à la fois,
        de deux manières différentes.
        Dis-toi que, la nuit, le dormeur observe ses rêves,
        mais qu’une fois réveillé ce sont ses rêves qui l’observent,
        le suivent et se mêlent à sa vie.
        Essaie de modifier ta perception
        et tu verras le monde avec des yeux magiques.
        .
        Le rêve n'est pas enfermé dans le cerveau du dormeur.
        Il s'échappe, comme le vent sur la prairie,
        et se déplace sur de vastes étendues.
        Celui qui rêve ne dort pas.
        .
        "Préceptes de vie
        issus de la sagesse amérindienne"
        .

          Symbolique du noeud...et "arbre à cordes"

          Dimanche 15 juin 2014

          Dans le rêve 27 apparaissent des "cordes nouées" (à leur extrémité) qui pendent à un arbre...
          J'aimerais revenir sur cette image qui me paraît très "riche". Et en particulier sur la symbolique des noeuds, car celle de la " corde" a déjà été abordée dans un article précédent.


          Voilà ce qu'en dit le "Dictionnaire des symboles" de Chevalier-Gheerbrant :

          "La corde relève, de façon générale, de la symbolique de l'ascension,
          comme l'arbre, l’échelle, le fil d'araignée.
          La corde représente le moyen, aussi bien que le désir, de l'ascension.
          Nouée, elle symbolise toute forme de lien
          et possède des vertus secrètes ou magiques."

          Et aussi : 
          "Dans les hiéroglyphes égyptiens,
          la corde nouée désigne le nom d'un homme
          ou l'existence distincte de l'individu :
          c'est le symbole d'un courant de vie réfléchi sur lui-même
          et se constituant en tant que "personne".
          (Les cartouches égyptiens sont toujours
          "fermés" par...un noeud.)

             
            
           A l'article "noeud", on trouve :
          "Les significations du noeud sont fort diverses,
          mais on retiendra surtout la notion de fixation dans un état déterminé,
          de condensation ou, en terminologie bouddhique, d'agrégat
          On parle de "noeud de l'action", de dénouement, de "noeud vital".

          Le défaire correspond, soit à la crise ou à la mort,
          soit à la solution et à la délivrance.
          Ce qui fait apparaître aussitôt l'ambivalence du symbole,
          car le noeud est contrainte, complication, complexe, entortillement.
          Mais les noeuds sont, par la corde, reliés à leur Principe."


          Je trouve vraiment intéressante l'idée que le fait d'être un "individu"
          soit comparé, chez les égyptiens, à un "noeud sur une corde"...
          (Jung parlait d'ailleurs de "complexe du Moi",
          il disait que le Moi conscient était un "complexe"),
           et cela m'a amené à voir le rêve de Patricia sous un nouveau jour.

          La personne, l'individu serait donc une sorte d'"agrégat psychologique",
          qui paraît exister par lui-même, mais qui, en fait,
          est toujours "au bout de la corde", donc toujours "relié".
          Relié à quoi ?
          A un Principe invisible..."en haut" ...au Ciel...
          ou à une branche de "l'arbre" ...


          Ainsi, on pourrait imaginer que les différents "individus"
          sont en fait tous reliés à  un "même arbre" (*)
          (Arbre du Monde ? Arbre de Vie ?
          ou "Arbre sacré", "Arbre des âmes"
          du genre de celui qu'on trouve dans le film "Avatar" ? )...
          mais, qu'habituellement, ils ne perçoivent pas ce "lien"
          (tout comme dans le rêve, on ne perçoit pas
          la façon dont chaque corde est "attachée", on l'imagine seulement).

          Et il y aurait dans ce rêve comme une invitation à "remonter" le fil...
          à "retrouver" ce lien avec ce qui est en haut,
          avec l' "origine céleste cachée"... ( le Soi ? la "Source" ?)
          et en même temps, avec l'unité fondamentale des êtres.


          L'"être individuel" serait comme une émanation temporaire,
          comme une "descente sur terre" ou "vers la terre" du Soi divin...
          et il serait sans cesse "relié" , en "relation" avec lui, 
          Chaque être serait , en permanence, "rattaché à l'infini"...

          Finalement, au lieu d'essayer de "réaliser l'ascension "
          il s'agit peut-être d'inverser notre point de vue sur ce que nous sommes, 
          et de comprendre que , comme le disait Pierre Teilhard de Chardin :
          « Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle,
          nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine. »

          Il s'agit moins "d'accéder au spirituel" par nos propres efforts d'élévation, 
          que de réaliser que nous sommes déjà des êtres spirituels,
          et que nous sommes déjà reliés entre nous et au divin...
          et qu'il suffit peut-être juste de redécouvrir ce "lien" oublié...

          Chaque corde est plus ou moins longue,
          il y  en a de toutes sortes, de toutes "dimensions"
          comme il existe toutes sortes d'individualités et de destins différents,
          tous reliés au même "Principe de vie".

          Et comme dans un instrument de musique (merci Amezeg !),
          chaque corde, de longueur différente, émettrait sa "note" particulière...


          De plus, chaque corde est  blanche ...
          ce qui fait penser à la "corde d'argent"
          dont on dit qu'elle relie le corps et l'âme durant la vie.
          Lors de la mort, la corde se rompt et l'âme s'élève, à nouveau libre...
          C'est le "dénouement", le moment où le "noeud vital" se défait
          et où l'âme se "détache" et retourne à la liberté .

          On retrouve dans plusieurs traditions spirituelles,
          cette notion de "défaire le noeud"...
          Il existe par exemple, chez les catholiques, une prière
          (qui résout les difficultés)
          et dans les Upanishad, "défaire le noeud",
          c'est atteindre à l'immortalité".

          On pense aussi au "noeud d'Isis" ,
          signe de vie, d'immortalité ...
          mais évoquant aussi les "liens"
          qui attachent l'être à la vie mortelle et terrestre.


          Marie, Isis...Eywa :
          ce sont elles, les "déesses"
          qui, tout comme les Parques,
          s'occupent du "fil du destin"...
          de la Vie et de la Mort.
                Et ce sont elles qui sont responsables
          de la grande "toile" de la vie.


          A l'appui de cette interprétation, jusque-là assez personnelle...
          et un peu hasardeuse,
          j'ai trouvé ce texte de René Guénon (**) 
           (traitant de  la symbolique des liens) :

          "Dans un article récent , M. Mircea Eliade a parlé de l’« ambivalence » du symbolisme des liens et des noeuds, et c’est là un point qui mérite d’être examiné avec quelque attention ;
          on peut naturellement y voir un cas particulier du double sens qui est très généralement inhérent aux symboles, mais encore faut-il se rendre compte de ce qui en justifie l’existence en ce qui concerne plus précisément ceux dont il s’agit ici.
          Tout d’abord, il y a lieu de remarquer à cet égard qu’un lien peut être conçu comme ce qui enchaîne ou comme ce qui unit, et, même dans le langage ordinaire, le mot a également ces deux significations ; il y correspond, dans le symbolisme des liens, deux points de vue qu’on pourrait dire inverses l’un de l’autre, et, si le plus immédiatement apparent de ces deux points de vue est celui qui fait du lien une entrave, c’est qu’il est en somme celui de l’être manifesté comme tel, en tant qu’il se regarde comme « attaché » à certaines conditions spéciales d’existence et comme enfermé par elles dans les limites de son état contingent.

          A ce même point de vue, le sens du noeud est comme un renforcement de celui du lien en général, puisque, comme nous le disions plus haut, le noeud représente plus proprement ce qui fixe l’être dans un état déterminé ; et la portion du lien par laquelle il est formé est, pourrait-on dire, tout ce que peut en voir cet être tant qu’il est incapable de sortir des bornes de cet état, la connexion que ce même lien établit avec les autres états lui échappant alors nécessairement.

          L’autre point de vue peut être qualifié de véritablement universel, car il est celui qui embrasse la totalité des états, et il suffit, pour le comprendre de se reporter à la notion du sûtrâtmâ : le lien, envisagé alors dans toute son extension , est ce qui les unit, non seulement entre eux, mais aussi, redisons-le encore, à leur Principe même de sorte que, bien loin d’être encore une entrave, il devient au contraire le moyen par lequel l’être peut rejoindre effectivement son Principe et la voie même qui le conduit à ce but.

          Dans ce cas, le fil ou la corde a une valeur proprement « axiale » et l’ascension à une corde tendue verticalement peut, tout comme l’ascension à un arbre ou à un mât, représenter le processus de retour au Principe.

          D’autre part, la connexion avec le Principe par le sûtrâtmâ est illustrée d’une façon particulièrement frappante par le jeu des marionnettes : une marionnette représente ici un être individuel, et l’opérateur qui la fait mouvoir au moyen d’un fil est le « Soi » ; sans ce fil, la marionnette demeurerait inerte, de même que, sans le sûtrâtmâ toute existence ne serait qu’un pur néant, et, suivant une formule extrême-orientale, « tous les êtres seraient vides »."


          Qu'en pensez-vous ?
          Est-ce que cette "autre interprétation" suscite un écho en vous ?

          La Licorne

          (*) On peut aussi penser à "l'arbre généalogique" qui est l'expression des "liens" qui unissent les personnes d'une même famille. L'arbre du rêve peut être "l'arbre des ancêtres" ou celui...de toute l'humanité.
          Ce n'est pas par hasard qu'on parle de "fil" iation...
          Les liens généalogiques sont, comme les autres, "ambivalents"...ils "unissent" et, en même temps, "enchaînent"...

          (**) Je ne sais pas pourquoi, mais pour "monter dans l'arbre", c'est le nom de cet auteur qui m'est venu... :o)


          A l'instant où tu es venu au monde, une échelle est devant toi.
          Cette ascension n'est pas celle d'un homme vers la lune
          mais celle de la canne à sucre jusqu'au sucre.
          Rûmi

          La voie des rêves (2)

          Samedi 14 juin 2014




          Les rêves portent en eux une intelligence supérieure,
          une sagesse et une ingéniosité qui nous guident.

          Ils nous montrent quand nous avons tort,
          quand nous sommes inadaptés ;
          ils nous avertissent d'un danger ;
          ils prédisent des événements à venir ;

          ils nous suggèrent quel est le sens profond de notre vie
          et ils nous transmettent des éclairages
          qui sont comme des illuminations. 
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          Marie-Louise Von Franz
          "La voie des rêves"
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          La voie des rêves (1)

          Mercredi 11 juin 2014



          La voie des rêves,
          c'est la voie de la connaissance et de la sagesse
          telle qu'elle s'offre à nous aujourd'hui.
          Je m'en persuade de plus en plus
          et je l'ai découvert tardivement.

          Dans cette déliquescence des églises, des philosophies,
          dans cet assèchement que produit souvent l'enseignement ésotérique,
          le rêve nous apporte un afflux de vie immense
          qui ne peut pas être contesté,
          parce qu'il vient du plus intime de nous-même.
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          Etienne Perrot
          "Les rêves et la vie"
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            Prendre le temps

            Jeudi 5 juin 2014



            PRENDRE LE TEMPS

            Alors qu’autour de moi il y a course effrénée
            A la guérison, à la réalisation ou à l’ascension
            J’ai décidé de prendre le temps qu’il faut.
            On dit que ça presse, allons, dépêchez-vous
            Sinon quelque chose va nous tomber dessus...

            Pourtant Mère Nature il me semble
            N’a pas encore changé ses cycles.
            La marée prend toujours six heures à remonter
            Un bébé prend neuf mois à se former
            Une graine prend le temps de germer
            Un arbre ne se dépêche pas de pousser.

            Tout ce qui désire monter très haut
            Doit d’abord descendre très bas
            Sinon lorsque vous vous croirez rendu
            Tout l’échafaudage s’écroulera.
            On saisit un concept à la vitesse de l’éclair
            Mais c’est au rythme de la tortue
            Que ce concept devient du vécu.

            Il y a des étapes à toute démarche de croissance
            On ne passe pas de la germination à la transmutation
            Sans avoir incubé, digéré, assimilé, plongé dans ses profondeurs
            Sans avoir appris à se confronter, à se vider, à se révéler.
            Il faut toucher à la mort avant de pouvoir renaître
            Pour faire peau neuve, il faut laisser aller l’ancienne.
            Pour atteindre la lumière, il faut passer par le tunnel.

            Ça va très mal ici-bas et on dit qu’il faut s’élever au plus vite
            Pour ne pas être englouti par toute cette négativité qui monte
            Mais le lotus, lui, pousse toujours dans les marécages.
            Et si au lieu de s’élever pour atteindre
            Le Dieu qu’on croit toujours là-haut
            Il fallait justement le chercher
            Dans ces endroits qu’on essaie d’éviter.

            Prendre le temps…..
            Prendre le temps d’écouter mon corps
            pour apprendre à le guérir
            Prendre le temps de toucher à la rage
            avant de croire que j’ai tout pardonné
            Prendre le temps de découvrir la haine
            avant de penser que je sais aimer
            Prendre le temps de ressentir ma tristesse
            pour enfin trouver la joie
            Prendre le temps de reconnaître mon ego
            avant de m’imaginer l’avoir transcendé
            Prendre le temps de devenir humain
            au lieu d’essayer d’être divin.

            Peut-être me sera-t-il alors donné de découvrir
            Qu’il n’y a rien de plus divin
            Que d’être tout simplement humain.
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            Rêve 27 : L'arbre à cordes

            Samedi 31 mai 2014




            Je vois un arbre, et, accrochées je ne sais trop comment à cet arbre ,
            des cordes blanches avec chacune un noeud au bout .
            Elles sont toutes de tailles différentes.
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             Rêve reçu le 24 avril 2014
            par Patricia
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            Echange tes rêves

            Mardi 27 mai 2014




            Echange tes rêves avec tes amis,
            raconte celui que tu viens de faire
            si tu veux laisser une porte ouverte sur l'autre monde.

            Deux amis qui échangent leurs rêves
            communient par l'esprit 
            en explorant le même territoire.

            Ils se retrouvent autour du même point d'eau,
            se penchent sur la même flamme.
            Ils se comprennent pour la première fois.
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            "Préceptes issus de la sagesse amérindienne"
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