samedi 31 janvier 2015

Symboles : le langage de l'indicible

Samedi 9 mars 2013

La seule évocation de cet exemple  (la pyramide)
montre qu'un même symbole
peut être entendu de diverses manières
en fonction des points de vue adoptés.
Un symbole ne saurait avoir une seule signification
sous peine de se voir réduit au simple rang d'information.
Les interprétations variées d'un symbole
ne se contredisent nullement.
Bien au contraire, elles se complètent l'une l'autre,
offrant divers éclairages
d'une seule réalité métaphysique ou surnaturelle
située au-delà du monde physique ou naturel.
Un symbole est une représentation synthétique
de tout un ensemble d'Idées
auxquelles chacun peut accéder
en fonction de ses aptitudes
et de son degré de compréhension.



Le symbole constitue un objet de méditation
vers le monde supra-individuel ou supra-sensible.
Un monde au-delà des mots et de l'exprimable.
Entendu ainsi, le symbole est le langage du silence,
de l'indicible commun à toutes les cultures, à toutes les époques.
Il nous aide à approcher la vérité commune
à toutes les manifestations du Principe
et accessible par la seule initiation.
Marque de la descente de l'influence spirituelle,
l'initiation est source de révélation du seul véritable secret initiatique,
l'incommunicable, propre au monde nocturne
par opposition à la communication relevant du monde diurne.


Les symboles sont des représentations profondes de l'être humain,
susceptibles de prendre la forme de récits,
de dessins  (“yantra” ou “mandala”),
de gestes (“mudrâ”) ou de sons  (“mantra”).
Fruits de toutes les cultures et de tous les temps,
ils reflètent une réalité d'ordre supérieur
à partir d'une représentation d'ordre inférieur.
Ce n'est pas le dessin qui fait le symbole,
mais le symbole qui rehausse le dessin.
En ce sens, les symboles n'expriment pas, ils suggèrent.
Ils transcendent la diversité
du monde existentiel ou extérieur
pour atteindre l'universalité, l'unité
du monde essentiel ou intérieur.
Au-delà de la vie physique et psychique,
ils évoquent l'accès à la vie spirituelle.
.
Texte trouvé ici
.  

Un grand symbole : la pyramide

Mercredi 6 mars 2013




Le rêve 22, vous en conviendrez, dégage quelque chose de "fort", de presque "sacré"...(de "numineux" dirait Jung) qui fait, qu'immédiatement, on "sent" qu'il s'agit là d'un grand rêve.

Un homme tient dans la main une petite pyramide ...dont la forme régulière et la transparence évoquent un "cristal", un joyau ou un diamant...en tout cas, quelque chose de "précieux" et de pur.
Et puis il y a ce geste de transmission confiante, de "don"...qui est suivi du dégagement d'une lumière intense. 
Les mots qui me viennent sont "don de lumière" ou "illumination"...quelque chose s'éclaire soudain, devient "lumineux" ...

De plus, la lumière est verte...le vert fait penser à la vie de la nature, au printemps, à la croissance des plantes...c'est aussi la couleur de l'espérance.
Il est donc presque sûr que ce qui a été "donné" là est très positif...que c'est une lumière "d'espoir"...et une "belle énergie"...



Et puis, il y a cette pyramide...qui, elle aussi, est un symbole très fort.

"Sa base carrée repose solidement sur la terre tandis que son sommet lui fait rejoindre le ciel : la pyramide canalise, amplifie, transmet les énergies cosmiques et solaires. Elle permet aux hommes de se rapprocher des dieux. Elle apparaît dans les grands rêves initiatiques, ceux qui délivrent au rêveur un enseignement sur sa vie."
Hélène Renard -"Dictionnaire des rêves"



Ce symbole rejoint en partie celui de la montagne, lien entre Terre et Ciel...ce qui est confirmé par les pyramides "à degrés" qu'on rencontre en Amérique du Sud...(Cf pyramides mayas).
Les paliers,les marches, la forme en escalier évoquent tout de suite une progression, une ascension (spirituelle) ...
(on peut relire à ce propos ce qui a déjà été dit, sur ce blog, sur les symboles de la montagne et de l'échelle).



Les pyramides d'Egypte, elles aussi, évoquent "l'ascension"...puisqu'elles sont supposées participer à l'élévation du Pharaon vers le ciel, à son départ vers la vie éternelle...et vers Râ, le dieu Soleil.

La "mort" est là , bien présente... dans ce symbole qui évoque forcément un peu le "tombeau égyptien", mais avec l'idée sous-jacente de "passage vers une autre vie"...
Quand il apparaît à la suite du décès d'un être cher, on peut y voir une dynamique d'espérance...et peut-être l'évocation, comme le disait Fox, du "corps subtil" qui n'est pas "enchaîné" au corps matériel et qui lui survit. Le symbole est en rapport avec l'immortalité.
Il est aussi en rapport avec l'initiation, car les chambres internes furent sans doute des lieux de rituels initiatiques, consistant à passer par une "mort symbolique" avant de renaître à un état d'ordre plus élevé. 

Il est certain qu'on touche, avec la pyramide, à quelque chose de très "mystérieux"...
Aujourd'hui encore, la forme pyramidale n'a pas livré tous ses secrets.
Il semblerait bien qu'elle ait de surprenants "pouvoirs", et entre autres des pouvoirs "énergétisants"...et "régénérants".




Les pyramides sont d'ailleurs utilisées  dans certaines formes de thérapie...
Les cristaux aussi. Il est question là d'un "pouvoir de guérison"...

"...une conception géométrique synthétique et claire fournit toujours un bon plan régulateur ; celui-ci a l'originalité d'enchaîner dans la rigidité cristalline et abstraite de la Pyramide une pulsation dynamique, celle même qui peut être regardée comme le symbole mathématique de la croissance vivante." nous dit Matil Ghyka.
    
D'après le "Dictionnaire des symboles" de Chevalier et Gheerbrant, "la pyramide est l'image la plus sobre et la plus parfaite de la synthèse"...elle est aussi le lieu de rencontre entre deux mondes : le monde magique et le monde rationnel...et elle symbolise la dialectique de la terre et du ciel, du matériel et du spirituel.
Cette synthèse est peut-être contenue dans le mot lui-même : en "langue des oiseaux", pyr-amide n'est pas loin de "pyr-humide"..."pyr" voulant dire "feu" en grec...on retrouve le "feu aqueux" ou "l'eau ignée" chère aux alchimistes, l'union des contraires ! (*)
Certains disent aussi que les quatre faces de la pyramide, convergentes au sommet...représentent la synthèse alchimique des quatre éléments.



On comprend donc bien pourquoi Marie-Louise Von Franz , dans le passage confié par Amezeg dans les commentaires, dit que "la pyramide onirique est un symbole du Soi...un Soi qui n'est pas le moi, mais une personnalité intérieure plus vaste, éternelle...", "la totalité consciente et inconsciente de l'être humain"...

Et je suis d'accord avec Amezeg quand il dit qu' "on peut envisager comme hypothèse que ce rêve vient informer Linda que la potentialité de réalisation du Soi (représentée par la pyramide encore "transparente"), prend corps, prend couleur (le vert de la croissance) et rayonne en ce monde lorsqu'elle est "reçue" par l'homme qu'il faut,  par celui (ou par celle) qui s'ouvrira à cette réalité du Soi et lui donnera de rayonner en ce monde en s'effaçant devant la grandeur du Soi qui le dépasse.
(l'éblouissement de l'homme n'étant sans doute que le premier pas vers la reconnaissance du Soi pour ce qu'IL est : Le Plus Grand, le divin en l'homme).

Nous orienter vers la reconnaissance en nous-même du Soi, vers le Soi qui est notre part immortelle, notre "divinité intérieure rayonnante"...
n'est-ce pas là le plus beau "cadeau" , le plus beau "don" qu'on puisse nous faire ?

La Licorne



(*) Autre étymologie du mot "pyramide" : le feu du milieu 
("pyr" = feu en grec, "mid" = milieu... cf midi, middle, médian...etc) :
l'énergie du centre ?

P-S : Vous pouvez aussi lire un excellent article
 sur le symbolisme de la pyramide ici.
Ainsi qu'une vidéo sur un fait incroyable...
la découverte très récente de pyramides
.



    vendredi 30 janvier 2015

    Rêve 22 : La pyramide lumineuse

    Mardi 26 février 2013


    Un homme avait une petite pyramide en verre dans sa main...
    elle était transparente au début du rêve...
    Soudain, il s'approche d'un autre homme en lui disant :
    « Je sais que je peux te faire confiance,
    c'est pourquoi je peux te donner ceci.»
    Il s'avance doucement et lui tend cette pyramide,
    qui soudain devient verte !
    Sa lumière est éblouissante,
    et l'homme est ébloui ,
    et le rêve se termine...
    .
    Rêve reçu par Linda
     le 16 février 2013
    .


    Yin Yang Jung ou la conjonction amoureuse des contraires

    Samedi 23 février 2013

    Comme je l'ai déjà dit, je n'analyserai pas dans le détail les deux derniers rêves...20 et 21.
    Mais je m'attarderai juste un peu sur un symbole 
    qui apparaît dans le deuxième :
    celui du Yin-Yang.
    Magnifique image que celle de ces deux chiens, rencontrés au bord du chemin, 
    blottis l'un contre l'autre dans une position rappelant celle du célèbre "Taijitu".


    Remarquons , au passage,
    que le mot "chien" est l'exact anagramme 
    du mot "Chine"...est-ce un hasard ?
    Peut-être...peut-être pas...
    (La Chine apparaissait déjà à la fin du premier rêve.)

    Les animaux, l'un noir, l'autre blanc, sont blottis l'un contre l'autre, 
    dans une attitude sans doute tendre et confiante...
    Peut-on trouver plus belle illustration de cette notion centrale 
    qu'est l'union des contraires ?


    Les opposés, ici, ne se combattent pas...aucun des deux ne cherchent à dominer l'autre...
    ils sont "ensemble" et ne forment qu'UN.
    La sempiternelle dualité se résout en une belle Unité.

    Dans cette marche "initiatique" qu'est l'ascension de la montagne, 
    croiser ces deux chiens n'est pas étonnant car le chemin d'individuation est toujours dirigé vers cela même : vers l'union des opposés, vers la réconciliation du rêveur avec lui-même et avec le monde qui l'entoure, 
    vers l'intégration de tous les aspects de lui-même, de toutes ses "facettes", 
    y compris celles qui semblent contradictoires.
    La psychologie de Jung tourne d'ailleurs toute entière autour de ce concept 
    qui rejoint le symbole "Yin et Yang" des Orientaux.(*)

    Il ne s'agit pas de faire "disparaître" les côtés antagonistes en nous mais, 
    après les avoir reconnus, de les harmoniser, de les "unir", de les "marier" en quelque sorte...
    il s'agit, par la conjonction, de les "transfigurer" afin de donner naissance
     à une conscience personnelle toujours plus "différenciée", toujours nouvelle...
    fruit de l'union du conscient et de l'inconscient.

    Il s'agit de dépasser la dualité, le conflit, le "choc des contraires" 
    pour aller vers une réunification harmonieuse qui amène 
    la paix et la fécondité dans notre vie psychique.

    Union du Roi et de la Reine
    (Alchimie)

    Et pour ce faire, le Soi nous envoie généreusement, au travers des rêves, 
    de nombreux symboles, symboles qui sont toujours parfaitement adaptés 
    à notre situation actuelle...
    Les symboles sont très précieux car ils sont riches, complexes 
    et capables d'exprimer une "totalité", 
    ils ont la capacité  de "faire l'union" entre le conscient et l'inconscient
    de "faire l'union" entre les opposés. C'est là leur fonction et leur rôle.

    (voir article écrit précédemment : ICI)

    Le problème est que, très souvent, au lieu d'aborder les rêves par la pensée symbolique, 
    on a tendance à les aborder par une pensée "conceptuelle"...
    réduisant ainsi l'infinie richesse de leur contenu à du "déjà connu"...du "répertorié"...
    Chaque fois que l'on agit ainsi, c'est la "vie" du rêve qui s'échappe...

    Ce qui venait du Soi est alors accaparé par le moi conscient, 
    qui, soutenu par l'intellect,  ramène tout à ses vues personnelles et étroites 
    et s'empresse de "cataloguer", de "ficher" ce qu'il rencontre, 

    En refusant de se laisser interpeller et déranger dans ce qu'il croit, 
    dans ce qu'il sait, le Moi "rate" ainsi l'apport de l'inconscient...
    il passe à côté de la partie "invisible", "ombragée"
     et "encore incomprise" du message onirique et ce faisant,  
    il rate l'accès à l'unité possible,
     à l'union "féconde" du conscient et de l'inconscient.

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    Voici un texte qui résume bien cela...
    Il est tiré du livre "Le sel des rêves" de Pierre Trigano et Agnès Vincent :

    " Le chemin d'individuation est une expérience de vie qui ne peut être inféodée à un a priori doctrinal. Lorsque l'unitéralité du concept prétend le connaître, le posséder, le conduire, il s'évanouit.

    Le pouvoir de maîtrise du concept peut certes renforcer de manière défensive le moi conscient, 
    mais en le privant de l'intégration vivifiante de l'inconscient.


    Jung écrit dans un texte extrait de son livre "Psychologie du Transfert", 
    que les théories intellectualistes qui prétendent fonder une connaissance scientifique de la psyché
     ne voient pas en réalité la vraie nature de l'inconscient, 
    car "elles se servent d'un langage conceptuel qui n'a pas la moindre affinité
     avec le symbolisme dense et fort de l'inconscient."

    Pour Jung, la pensée qui seule peut être en mesure d'approcher vraiment l'inconscient 
    doit elle-même être imagée et symbolique.
    Elle doit prendre, nous dit-il, dans un langage alchimique, "la forme ignée de l'eau véritable",
     c'est-à-dire "procéder de l'expérience vécue des contenus inconscients", 
    loin du domaine de l'abstraction et de l'intellect.


          ... le parti de Jung n'est en rien un dénigrement de la pensée. 
    Il met simplement en garde contre une pensée qui prétend réduire le symbole au concept,
     c'est-à-dire assécher l'eau de l'inconscient, 
    se faisant ainsi l'expression du désir de toute-puissance du moi 
    au lieu d'intérioriser le point de vue qui vient du coeur de la psyché 
    et qui est "l'eau ignée", la conjonction du feu et de l'eau, du masculin et du féminin, 
    l'alliance vivifiante du conscient et de l'inconscient.

    C'est ce coeur que Jung appelle le "Soi", qui cherche à s'exprimer au travers du rêve.

    Ce point de vue est  l'union, la conjonction des contraires 
    qui vise à faire de la vie psychique une unité vivante 
    transcendant l'unilatéralité dans laquelle le moi conscient risque toujours de s'enfermer.

    La pensée conceptuelle ne peut faire que renforcer l'abstraction de cette unilatéralité 
    et risque toujours de manquer le contact avec ce "feu" (humide !) 
    de la conjonction amoureuse des contraires 
    qui recherchent leur alliance dans notre être."



    Alors quels sont les "amoureux contraires" évoqués par ces deux chiens noirs et blancs, 
    qui dorment paisiblement l'un contre l'autre et que la rêveuse croise 
    juste avant de pénétrer dans une magnifique forêt, une forêt "magique" ?
    Je la laisserai se pencher sur la (longue) "liste" des possibles 
    et répondre elle-même à cette question...
    et  je me contenterai de lui dire "merci" pour cette splendide image symbolique, 
    qui, j'en suis sûre, parlera à beaucoup !

    La Licorne


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    (*) Pour ceux et celles qui ne seraient pas familiers avec la pensée chinoise,
     voici un petit rappel concernant le Yin et le Yang :
    Tout peut être classé selon la théorie du Yin et du Yang.

    Par exemple, le féminin est yin et le masculin est yang; 
    la nuit est yin, le jour est yang; 
    la faiblesse est yin, la force est yang.
    Le concept du Yin et du Yang symbolise les deux forces opposées
     présentes en chaque être vivant.

    C'est l'interaction de la totalité du Yin et Yang 
    qui a donné la vie et lui a permis de se développer.

    Le modèle du Yin et du Yang permet de rendre compte de la naissance, 
    du développement, du déclin et de la renaissance de toute chose créée.
    Le Yin et le Yang sont deux expressions d'une même réalité, ils sont inséparables tant que dure la manifestation ; s'ils se séparent, c'est la fin de cette manifestation.

    La représentation du Yin et du Yang est un cercle et une ligne courbe séparant le Yin et le Yang, 
    suggérant qu'ils sont tous deux produits et contenus dans la rondeur.

    La ligne harmonieuse qui les sépare indique 
    qu'ils interagissent sans heurts et efficacement.



    Rappelons aussi que l'équilibre entre le Yin et le Yang 
    n'est pas un équilibre statique
    mais un équilibre dynamique, vivant...
    les contraires y effectuent la "danse de la vie"...








    Le symbole et la liberté du sens

    Lundi 18 février 2013

    photos de Chema Madoz

    Qu'est-ce qu'un Symbole ?...
    Une représentation qui fait sens...

    Voici une définition qui ne peut toutefois apporter une réponse satisfaisante
    car nul n'est réellement autorisé à définir formellement le symbole
    sous peine de le restreindre et de lui ôter sa puissance.

    Lorsque la question du Sens se pose,
    il existe entre l'homme et le divin une passerelle
    que l'on franchit grâce au symbole.
    Cette voie symbolique universelle est cependant unique
    pour l'individu en quête de lui-même
    et lui offre une traversée exceptionnelle,
    un voyage initiatique aux paysages multiples.

    Ce lien issu d'une mémoire collective et que chacun utilise tel un fil d'Ariane,
    permet l'accès au trésor personnel car entrer dans l'univers du symbole
    c'est accorder l'incursion de l'inconscient tumultueux et révélateur.

    Le symbole véhicule la pensée en suggérant,
    en interpellant, en dérangeant, en déroutant...

    Il n'impose ni ne commande jamais, il sollicite simplement l'âme
    et sa compréhension procède de la foi et du ressenti
    mais en aucun cas d'un quelconque raisonnement ou d'une subtile analyse.
    En se manifestant, le symbole,
    présence vivante au plus profond de la psyché humaine,
    fait et donne Sens au devenir de l'être.
    .
    Carole Sedillot
    "ABC du symbole"
    .

    ...la pensée symbolique peut aider à comprendre l'indicible,
    à peser l'impondérable, à mesurer ce qui échappe au double décimètre.

    Mais malheureusement, cette forme de pensée n'est pas enseignée
    dans nos universités et dans nos grandes écoles.
    (...)
    D'une certaine manière, il est infiniment plus simple
    de s'exprimer symboliquement que de proférer des paroles explicatives
    qui, même brillantes, restent toujours très en-deçà
    de l'inépuisable richesse sémantique de la parabole.


    Le symbole est par excellence le langage de la liberté
    car il n'impose aucune vérité.
    Il se contente de suggérer à celui "qui sait voir"
    et à ceux qui "sont prêts à entendre".
    .
    Luc Bigé

    Rêve 21: Le mont

    Jeudi 7 février 2013

    Voici le deuxième "grand rêve" de Maria.
    Il est récent.
    J'attends vos commentaires... 

    J’ai rêvé que mon compagnon et moi,
    nous devions gravir les pentes d’un mont.
    Au début on suivait le chemin qui serpentait
    jusqu’à ce qu’on soit arrivé à un grand mur en pierres
    qui entourait le mont.
    Puis on est passé par une entrée.



    Soudain je me suis vue  tenir dans mes mains trois photos
    que j’avais faites quelques secondes auparavant.
    Sur l’une des photos, il y avait une amie.
    Elle était passée à côté de nous et avait poursuivi sa montée.
    C’est grâce à cette photo que j’ai compris qu’elle était là.

    On a continué sur notre chemin mais cette fois devant moi,
    il y avait un sentier qui menait droit au sommet.
    De loin, à ma droite, j’ai aperçu quelque chose en noir et blanc.
    Je m’en suis approchée et j’ai distingué deux chiens,
    un noir et un blanc, qui dormaient blottis l’un contre l’autre.
    Leur position me rappelait le symbole de Yin et Yang.


    On est ensuite entré dans une très belle forêt, presque magique.


    Tout d’un coup on s’est retrouvé à l’intérieur d’une grotte
    ou une chapelle qui se trouvait au sommet.
    Elle était faite de matériaux naturels, couleur ocre.


    A côté de nous il y avait beaucoup de gens
    qui fêtaient l’anniversaire d’un garçon.
    Dehors il pleuvait très fort,
    et j’ai vu que l’amie de la photo
    se trouvait à l’extérieur sous un parapluie.
    Elle nous regardait, j’ai senti qu’elle était fâchée
    car on avait réussi à arriver jusqu’en haut.


    Rêve reçu par Maria
    le 27/12/2012
    .
    P-S : Pour les deux rêves, j'ai ajouté des "liens"
    vers des symboles déjà étudiés dans ce blog...
    .


    Rêve 20 : Le nouveau monde

    Jeudi 31 janvier 2013

    En tout début d'année, on m'a envoyé deux grands rêves...
    J'ai d'abord hésité à les publier, 
    car je n'ai guère le temps de gérer ce blog en ce moment...
    Mais, à la réflexion,  je trouve que ces rêves sont vraiment dignes d'attention...
    alors je vais vous les confier...
    en vous laissant le soin de les commenter...
    Toutes les réflexions seront les bienvenues...

    Voici le premier :
    .
    .

    J’ai rêvé que mon compagnon et moi étions sur une île.
    Tout autour de nous il n’y avait que de l’eau.
    Sur cette île on entendait de la musique et il y avait des gens qui dansaient.
    Ils étaient divisés en différents groupes selon leur âge.
    Je voyais un groupe de personnes âgées,
    un autre avec des personnes de mon âge (vers la trentaine).

    Dans mon rêve j’avais l’impression de me trouver dans un jeu
    que je pourrais arrêter quand je le voulais.
    Tout d’un coup on s’est retrouvé à bord d’un énorme et gigantesque paquebot
    qui était en train de flotter.
    J’avais le sentiment que le bateau et moi ne faisions qu’un tout.


    J’ai vu que le ciel commençait à se couvrir de nuages et devenait gris.
    Le bateau continuait de flotter et tout d’un coup
    je me suis aperçu qu’on avait atteint la fin de la mer,
    c’était comme si le monde finissait.

    Je me suis penchée et j’ai vu en bas
    une plage couverte de sable et une autre mer.
    Mais là-bas, à la différence de ce qu’on voyait autour de nous,
    tout était très lumineux,
    il y avait du soleil et le ciel était d’un bleu clair.


    Mon compagnon avait, commencé à s’inquiéter.
    A côté de moi, je voyais un bouton avec lequel, je pouvais,
    si je le voulais, tout arrêter, seulement, moi je tenais à continuer
    et à descendre dans l’autre mer à bord du bateau.
    Mon compagnon et moi, nous nous sommes pris par la main,
    et j’ai senti comment le bateau s’est lancé pour tomber dans la mer en bas.
    J’ai vu d’immenses vagues qui remontaient
    provoquées par le choc entre le bateau et l’eau,
    pourtant ces vagues n’entraient pas dans le bateau.


    Je suis restée immobile pendant quelques minutes,
    ensuite j’ai vérifié s’il y avait des dégâts.
    On a continué à naviguer,  direction la Chine,
    et j’éprouvais un sentiment de satisfaction et de bonheur.


    Rêve reçu par Maria
    le 14/7/2011
    .

    Bonne année !

    Mercredi 2 janvier 2013


    Je vous souhaite à tous, en ce début d'année,
    de beaux et grands "rêves",
    des rêves qui vous permettent d'avancer,
    d'aller toujours plus loin sur le chemin de votre vie...
    .
    J'ai également envie de partager avec vous
    cette interview de Christiane Singer (ici), 
    auteur que j'aime beaucoup,
    et en particulier cette phrase qui me paraît très juste :

    ...Si la psychanalyse ne débouche pas sur un univers agrandi , 
    c'est qu'elle a "foiré" ! 
    .
    En 2013, restons donc à l'écoute de la voix de l'inconscient, 
     et travaillons à élargir notre conscience, notre univers...
    le reste suivra... j'en suis sûre !
    .
    Amitiés à toutes et à tous !
    La Licorne
    .


    Merci à vous visiteurs...

    Mercredi 19 décembre 2012


    Bien que la rédaction de ce blog ait été interrompue 
    depuis plusieurs mois,
    je constate qu'il reçoit encore la visite
    de plus de cinquante personnes par jour...
    (à ce jour, il y a eu 10 000 visites en tout
    et plus de 25 000 pages vues).
    .
    Cela me fait plaisir car j'y vois la confirmation
    que l'inspiration qui m'a guidée en le créant était bonne
    et que ce blog avait une raison d'être et de venir au monde !
    .
    Merci donc à vous tous qui passez par là...
    Mon souhait le plus cher est que les rêves déposés ici
    puissent vous aider dans la compréhension des vôtres...
    et dans la compréhension du monde !
    .
    La Licorne
    .
    P-S : N'hésitez pas à laisser un commentaire...

    Le message des rêves

    Vendredi 1 juin 2012


    En fait, les rêves sont des produits de l'âme inconsciente;
    ils sont spontanés, sans parti pris,
    soustraits à l'arbitraire de la conscience.
    Ils sont pure nature, et, par conséquence,
    d'une vérité naturelle et sans fard;
    c'est pourquoi ils jouissent d'un privilège sans égal
    pour nous restituer une attitude conforme
    à la nature fondamentale de l'homme,
    si notre conscience s'est éloignée de ses assises
    et embourbée dans quelque ornière ou quelque impossibilité.
    .
    Méditer ses rêves, c'est faire un retour sur soi-même.
    Au cours de ces réflexions,
    la conscience du moi ne médite pas sur elle seule;
    elle s'arrête aux données objectives du rêve
    comme à une communication ou à un message
    provenant de l'âme inconsciente et unique de l'humanité.
    On médite sur le Soi et non sur le Moi
    sur ce soi étranger qui nous est essentiel, qui constitue notre socle
    et qui, dans le passé, a engendré le moi;
    il nous est devenu étranger, car nous nous le sommes aliéné
    en suivant les errements de notre conscience."
    .
    C-G Jung

    .

    Le futur de cette planète dépend des femmes

    Jeudi 31 mai 2012


    Dans un discours prononcé en octobre 2002 au Palais des Nations à Genève,
    Amma, une sainte contemporaine, a lancé un appel
    pour que les femmes et les hommes partout dans le monde
    se réveillent et prennent conscience de ce pôle féminin.
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    La femme dans les contes de fée

    Jeudi 31 mai 2012


    Marie-Louise Von Franz, collaboratrice de C-G Jung pendant trente ans, s'est particulièrement intéressée aux contes et à leur symbolisme. Sur ce thème, elle a écrit, entre autres,  "La femme dans les contes de fée".
    Voici le début de la conclusion de ce livre :
    "Ces pages ont cherché à mettre en lumière la façon dont le Principe féminin se reflète dans les contes de fées. Elles ne prétendent pas apporter de réponse aux multiples questions que les femmes se posent aujourd'hui, mais, par une meilleure connaissance de leurs fondements psychologiques, elles voudraient aider à les bien poser.

    On a vu que le rôle prépondérant que les contes attribuent à la sorcière traduit le refus, dans nos sociétés, du Principe Féminin rendu, par là même, négatif. Gardienne du seuil, la sorcière incarne la peur de la vie et de son mystère, la crainte de l'inconscient qu'il faut consentir à affronter pour entrer dans l'aventure intérieure.
    Le but ultime que nous proposent les contes correspond à ce que Jung a nommé l'individuation, cette réalisation de la totalité psychique, union des deux principes, masculin et féminin. Cette union apparaît, entre autres, dans l'image de l'union du roi et de la reine qui conclut nombre de contes..."



    Et en voici un autre extrait :
     "Dans notre civilisation judéo-chrétienne, c'est-à-dire dans une tradition strictement patriarcale, l'image archétypique de la femme ne figure pas (...).
    Il en résulte que, d'une part, l'anima de l'homme est négligée, et que, d'autre part, la femme est incertaine quant à sa propre essence; elle ne sait ni ce qu'elle est, ni ce qu'elle pourrait être.
    (...)
    Dans une structure matriarcale (...), les femmes ont une confiance spontanée en leur nature féminine (...). Elles ont une assurance toute naturelle dans leur existence et leur comportement humains.


    L'auteur dit aussi, à la toute fin du livre :

    "Des germes de changement dans l'attitude collective apparaissent sous la forme de l'intérêt croissant porté à l'irrationnel, à l'inconscient, à l'aspect Eros qui est celui du principe féminin. Les thèmes que l'on voit se développer dans ce sens sont, entre autres, ceux de l'écologie et du retour à la nature, et surtout de l'expérience immédiate vécue sans référence à des grilles d'évaluation préexistantes. Ce ne sont là, évidemment, que des indices, des amorces de transformation.

    Leur valeur et leur portée dépendront de ce qu'ils seront ou non intégrés et de ce que l'on ne se contentera pas de les garder au stade de vélléités, de réactions inconscientes qui seraient à leur tour, unilatérales.
    Tout individu, homme ou femme, qui travaille à produire en lui-même l'union du principe féminin avec le principe masculin apporte sa pierre à la construction d'un ordre nouveau."
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    Marie-Louise Von Franz - "La femme dans les contes de fée"
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    J'avoue avoir cet espoir un peu "fou" que le rêve que j'ai fait ("Terre qui lève") annonce la possibilité d'un changement réel...d'une sorte de "réveil" du Principe féminin qui permettrait cet ordre et ce monde nouveau, monde dans lequel les valeurs masculines seraient enfin rééquilibrées par les valeurs féminines...
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    La Licorne
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    P-S :  - Sur le même thème, il peut être intéressant de relire le grand rêve que Jung fit à l'âge de quatre ans (ici) et qui parle d'un phallus souterrainement "mis sur un trône"...il s'agit, selon mon point de vue, de la prémonition du "problème central" de notre société : si l'on va "au fond des choses", sous la "surface", on rencontre partout le "règne" (dévorateur) du Principe masculin...érigé en souverain unique et absolu...

    - Article à découvrir : La femme, l'espoir de la terre
    - Lire aussi ce texte : Une femme, une vraie, un homme, un vrai...
    Ou encore cet excellent article :   Yin-Yang cerveau droit cerveau gauche
    Et celui-là : La femme et le génie


    Kirikou et la sorcière

    Mercredi 30 mai 2012


    Kirikou et la sorcière - Film Complet en... par racontemoi80

    Pour voir juste la fin de l'histoire, la guérison finale,
    pointer directement à 58 min.
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    Debout

    Mardi 29 mai 2012

    La fin du rêve montre un mouvement général qui est aussi un "changement de posture"...et donc un changement d'attitude. Les femmes qui étaient couchées face contre terre, une par une, lentement, se redressent...et se mettent debout.
    Le passage de la position horizontale à la position verticale est en lui-même un symbole  fort : les femmes quittent leur position recroquevillée, apeurée, soumise...et retrouvent leur dignité perdue...elles montrent enfin leur visage, leur véritable identité. Elles montrent une féminité fière et authentique.



    Dans leur nudité sombre, elles sont belles, magnifiques...comme le sont en général les femmes africaines à la silhouette élégante et au port altier (j'ai toujours admiré la grâce, la souplesse de la démarche des femmes noires, leur beauté et leur sensualité, leur joie et leurs danses aussi).

    La "blessure" est oubliée, c'est une sorte de "guérison" collective à laquelle nous assistons. Le mouvement de la première femme a entraîné celui des autres, comme si elles n'attendaient que ce signe, cet "exemple" pour se lever à leur tour.
    Et là, j'ai l'impression que c'est la "terre" elle-même qui se lève, qui re-vit...c'est comme un grand printemps, une croissance, une "floraison" longtemps attendue...

    (Cf Histoire de "Kirikou et la sorcière" : tout se met à refleurir quand la "Puissance féminine" - vue jusque-là comme "mauvaise" et "sorcière" - est enfin guérie...et aimée. C'est la fin de la sécheresse et de la stérilité...les "hommes-choses" redeviennent humains...c'est le retour tant attendu de l'abondance, de la joie et...de l'amour ! )


    A la fin du rêve, c'est comme si l'inconscient collectif (représenté par le champ), ayant longtemps gardé les graines enfouies, germait et donnait enfin son "fruit" : l'éveil et l'épanouissement du Féminin.
    C'est comme si le Féminin sortait du sommeil, de l'indifférencié (materia prima) et trouvait enfin son expression, sa "forme humaine"...et sa beauté.

    Le Principe Féminin retrouve sa liberté et sa splendeur,  sa valeur spirituelle et sacrée (verticalité entre Terre et Ciel)...celle qu'il avait perdue depuis des millénaires, dans l'esprit des hommes...et des femmes aussi...puisque, pendant tout ce temps, seul le Principe masculin était honoré et respecté.

    Et dans cette "guérison" et cette "ascension" du Principe féminin, c'est aussi la Nature et toute la Terre qui guérissent et qui ascensionnent...qui s'élèvent à un autre niveau.


    Quand la Vie féminine retrouve sa dignité, quand elle est à nouveau respectée, la Nature l'est aussi...automatiquement. On cesse de vouloir la contrôler, la dominer, l'asservir... la Terre redevient la "Terre-Mère", la Déesse antique et nourricière, la "Grande Mère universelle" qui détient les secrets de la vie et de la mort...
    Elle n'est plus "ressource à exploiter", "matière obscure", "motte sans âme", elle redevient une entité "vivante" (Gaïa).

    Quand les valeurs féminines ne sont plus méprisées, ni haïes, quand elles sont reconnues, admirées, le monde redécouvre la valeur des relations humaines, du partage, de la coopération et...de l'amour.
    Le Principe Féminin et le Principe Masculin ayant retrouvé chacun leur dignité et leur juste place, les hommes et les femmes retrouvent également la leur et peuvent avancer main dans la main. Leur union redevient source vivifiante, source d'eau vive, source de joie.


    C'est une évidence, c'est une urgence aussi... et je ne suis pas la première à l'annoncer :
    "la femme est l'avenir de l'homme" :

    ''Si les femmes s'unissent dans le but sublime de régénérer l'humanité,
    elles gagneront l'estime des hommes. 
    De nouveau, ils seront obligés de les respecter, de les admirer,
    de les estimer, et d'être inspirés par elles...
    L'époque qui vient sera celle de l'amour : cela signifie que ce sera l'époque de la femme.''
    O-M AIVANHOV

    En se mettant à l'écoute de soi-même, chacun, homme ou femme, peut recevoir un écho de cette réalité profonde : la femme est la dépositaire d'une dimension sacrée que des siècles d'oppression ont engloutie mais qui demande aujourd'hui à resurgir pour le plus grand bien de tous.
    Paule Salomon
    "La femme solaire"

    Dans la grande entreprise de laminage de l'ère patriarcale, la femme n'a pas seulement été soumise et infériorisée sous le joug, la loi du masculin, elle a aussi perdu sa valeur d'initiée ou, du moins, elle l'a engloutie sous les eaux de l'inconscient. Comme Blanche Neige ou la Belle au bois dormant, elle est la princesse endormie, protégée d'un destin plus funeste par son sommeil même.
    Elle dort et veille sur le possible tout à la fois comme la graine enfouie dans le sol pendant les froidures de l'hiver et elle attend le printemps de son âme. La femme se garde et a placé au plus profond de son coeur le message de l'amour, et nul ne sait qui viendra la délivrer et libérer le passage. C'est toute l'histoire du Graal et des chevaliers en quête de la coupe de la féminité, du vase sacré.


    Mais les chevaliers de la Table ronde se sont évanouis à l'horizon. Ils ne reviendront pas car il n'appartient plus aux hommes de sauver l'âme malade du monde, malade d'un manque d'amour. Les femmes commencent à savoir que le chevalier, le prince tant attendu, surgira en elle et que l'attente doit se convertir : d'extérieure elle doit devenir intérieure. 
    Une musique très lointaine se fait entendre, plaintive encore, souffrante et discordante. Celle des femmes qui se relèvent et se réveillent dans un ballet incertain.

    Comme elles sont mutilées et incomplètes, ces femmes ; comme elles se cherchent, comme elles s'auto-détruisent, comme elles s'entre-détruisent, ignorantes de leur beauté et de leur sororité. Pourtant, des mains s'élèvent, se rejoignent, esquissent la forme d'une coupe, font naître un soleil. Ce soleil pâlit et l'on peut croire qu'il va disparaître, mais à nouveau il brille au-dessus des têtes.
    Les chants deviennent plus mélodieux, plus puissants. Une onde se déverse en pluie fécondante sur l'humanité assoiffée. Le chant de l'être se répand et irrigue toutes les âmes. L'espoir de ce monde est entre les mains des femmes.

    Paule Salomon  (en 1997)
    (suite du texte ici)


    La Licorne


    P-S : Le film "Kirikou et la sorcière", de Michel Ocelot, peut être vu en intégralité dans l'article suivant.


    Autre article en lien avec le sujet : La femme, l'espoir de la terre