lundi 29 décembre 2014

Le grand rêve : une vue d'ensemble

Mardi 6 mars 2012



...il faut le redire une fois encore : le grand rêve, le rêve archétypique, le rêve de totalité, vient souvent au début de l'itinéraire : c'est une vue d'ensemble.

Ainsi cette personne qui a rêvé de renaissance nous a envoyé d'autres rêves six mois après. Ce sont des songes où sa vie quotidienne est en cause d'une façon très concrète : des problèmes de ménage, de relation avec l'homme, etc.

Alors, je reprendrai une fois de plus l'image, que d'autres ont utilisée avant moi, de l'ascension en montagne. D'abord le paysage se déploie, on voit la cime vers laquelle on se dirige et puis, dès qu'on se met en route, on ne voit plus que les cailloux, les quelques mètres qui suivent et la crevasse à franchir.

Cela se passe souvent ainsi à l'intérieur et c'est pourquoi les personnes qui s'intéressent à leurs rêves ne doivent pas trop s'attacher au côté pittoresque, esthétique, grandiose du rêve, ni se décourager si leurs rêves se contentent pendant un temps, de rectifier leur vie de tous les jours.

Souvent le rêve le plus enrichissant est celui qu'on aurait tendance à laisser de côté, parce que, justement, il est pauvre, quelconque et humiliant. J'ai travaillé avec quelqu'un qui "écrémait" ses rêves : je ne m'en suis pas aperçu tout de suite, et la conséquence était qu'il stagnait, qu'il piétinait.

- Il ne vous parlait pas des rêves qu'il ne jugeait pas racontables ?
- Tout ce qui n'était pas digne de lui était mis de côté. Finalement, on ne faisait rien de bon, puisque l'oeuvre intérieure est la transmutation et que la transmutation, c'est de faire sortir la lumière de l'ombre.

Cela ne veut pas dire que si vous avez une vision extraordinaire, vous n'en serez pas secoué et peut-être marqué pour toute la vie : c'est du surhumain, qu'il faut réussir à intégrer dans la vie concrète.

Mais pour cela, il faut prendre aussi tout ce qui nous assaille comme problèmes pratiques : le travail, l'adaptation à l'entourage, le passé familial ou sentimental, les petits défauts qui m'humilient et que j'essaie de passer sous silence le plus possible. C'est finalement la porte étroite par lequel passera l'immense, le surhumain, l'ange ou le dieu, et par laquelle il pourra venir s'incarner.
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Etienne Perrot
"Les rêves et la vie"
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4 commentaires:

  1. Voici une très salutaire mise au point sur l’intérêt respectif des grands rêves et des rêves « banals », quotidiens. Très pertinente et bienvenue sur ce blog dédié aux Grands Rêves ! Je ne dirai pas qu’elle me comble, mais crois-moi, La Licorne, je me retiens à grand peine de le faire... ;-)
    Commentaire n°1 posté par Amezeg le 06/03/2012 à 23h54

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    1. ...merci, Amezeg...En fait, ne croyez pas que je "nage" dans les "grands rêves" toute la journée ! J'ai chez moi, dans une douzaine de cahiers, 1300 rêves environ... dont 1275, au moins, sont...des rêves de tous les jours !
      Et je ne les "écrème" pas !
      Ils sont les mêmes que les vôtres...c'est-à-dire, la plupart du temps, pleins de choses pas du tout "grandioses"...très terre à terre...parfois tristes, parfois crues, parfois cruelles...
      Si j'ai choisi d'étudier les "grands rêves", ce n'est pas par refus du "trivial" ou par fuite dans l'"idéalisme"... mais parce que ce sont ceux qui concernent les autres, ceux qui valent vraiment le coup d'être partagés...et aussi ceux qui peuvent être étudiés, interprétés... sans entrer forcément dans la vie privée du rêveur...
      J'ai une certaine "pudeur"...à étaler ma vie et celle des autres, oui...c'est vrai, mais ne prenez pas cela pour un refus de ce qui est "trivial", "noir" ou "difficile"...ce n'est pas cela...je n'ai pas du tout, mais alors pas du tout... une vision "rose bonbon" du monde...et de l'existence.
      Même si le côté très "esthétique" du blog pourrait le faire penser...
      En fait, je connais les difficultés d'avancer au jour le jour sur le chemin...mais dans mes mots et mes photos, j'essaie de donner le meilleur...j'essaie de donner "ce qui peut faire du bien"...
      Ceci dit, je suis sûre que nous aurons aussi sur ce blog des rêves moins "roses", des rêves plus inquiètants aussi...car même les "grands rêves" prennent de nombreuses "couleurs"...
      Réponse de La Licorne le 07/03/2012 à 00h45

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  2. Bonjour La Licorne,

    Je ne doutais pas que quelqu’un qui suit le fil des rêves depuis une vingtaine d’années ou plus s’intéresse de près aux rêves « ordinaires », mais les visiteurs de passage sur ce blog n’ont sans doute pas tous ce profil et c’est pourquoi je trouve que le point de vue exprimé à ce sujet par Étienne Perrot est si opportun et si bienvenu ici.

    Pour ce qui est de la pudeur, je suis assez ou même très d’accord, même si je découvre parfois que d’autres vivent cela différemment et que des « cas d’espèces », des impressions ou invites particulières, me font « déroger à la règle de la pudeur » tout en restant attentif aux signes d’avertissement qui, je l’espère, se manifesteraient si nécessaire assez fort pour que je les entende.

    Amezeg :-)
    Commentaire n°2 posté par Amezeg le 07/03/2012 à 09h54

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    1. Oui, Amezeg, ce passage d'Etienne Perrot relativise bien les choses...il montre bien la place du "grand rêve"...et son image de montagne à gravir est très parlante , je trouve.
      Il rappelle, et c'est nécessaire, que le "grand rêve" n'est pas l' "arrivée" mais le "départ"...
      Le grand rêve nous montre le panorama, le but à atteindre...et puis, ensuite, il y a tous les petits pas à faire, les uns après les autres, tous les obstacles à franchir pour rejoindre la "vision" de départ...et ce sont bien les "petits rêves" qui vont donner les indications pour franchir les obstacles quotidiens...
      Reste que le "grand rêve" par sa "vue panoramique" aide quand même drôlement à avoir une "vision claire" de la situation générale...situation personnelle ou collective !



      Réponse de La Licorne le 07/03/2012 à 17h40

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