mardi 16 janvier 2018

L'onirologie ou la science des rêves

Mardi 16 janvier 2018 

Rêveurs, réveillez-vous...



Le rêve est la clef de la plupart des sciences humaines ; mais si jusqu'à présent tous les mécanismes sont loin d'avoir été étudiés c'est que la faculté d'interpréter les rêves conduit à une introspection qui inquiète.

L'étude des rêves est en effet une remise en cause quotidienne non seulement sur le plan psychologique mais aussi sur notre conduite humaine et sociale.

Elle ouvre à tous les niveaux de conscience ; voilà pourquoi on a voulu voir jusqu'à maintenant dans l'approche des rêves que son aspect mantique.

L'importance de la science des rêves ne peut plus être négligée puisqu'il est maintenant possible de déceler dans ces messages de la vie nocturne, le caractère, le tempérament, la santé physique et psychique ainsi que le niveau de conscience de l'individu.

L'onirologie est la voie initiatique par excellence de la connaissance de soi, des autres et du monde ;
elle peut apporter progressivement une réponse aux interrogations sur notre existence, sur notre essence, notre raison d'être et notre devenir.

(...)
Pour se souvenir de ses rêves il suffit de prendre avant de s'endormir la décision de se les rappeler. Et si vous vous réveillez en pleine nuit ou au matin de les mémoriser et de les noter. Pour cela ayez du papier et de quoi écrire à côté de votre lit (une lampe de poche si vous ne dormez pas seul).
Si cela ne suffisait pas vous pourriez utiliser plusieurs techniques de mémorisation avant de vous endormir :
- le flash-back (ou retour en arrière) :
*soit compter à l'envers par exemple à partir du chiffre 50 jusqu'à 0 (50 – 49 – 48…0).
*soit revoir les évènements de la journée en remontant du coucher au matin : coucher, soirée, fin d'après-midi,…lever. Vous pouvez même revoir vos gestes et vos actes à l'envers. Au bout de quelques jours vous n'aurez plus de difficultés pour vous souvenir de vos rêves.
(...)
 
 
Et consultant le livre de nos rêves comme un récit découpé en épisodes, un jour après l'autre, il devient possible d'en changer le cours en modifiant notre style de vie ; c'est le libre arbitre ; il dépend de nous de changer notre désir.
Interpréter et faire interpréter ses rêves permet de comprendre ce qu'il y a à changer dans sa vie, ce qu'il y a à transformer au niveau du désir. Cette mutation entraînera une amélioration dans la vie diurne et se lira dans les rêves suivants.
 
Le mécanisme de prise de conscience :
 
            Étudier ses rêves c'est entreprendre un chemin initiatique à part entière.
L'inconscient, si nous ne le limitons pas aux définitions freudiennes, contient non seulement des messages sur notre vie diurne consciente mais aussi des messages sur notre vie inconsciente diurne et nocturne et sur notre supraconscience (dimension divine).
            Le rêve suivant contient l'indication de l'épreuve dépassée, il ne répète plus le message précédent si le problème a été résolu mais si nous n'avons pas su agir le message revient, semblable au précédent pour indiquer ce qui est à transformer.
 


 
(...)
Tous les rêves forment une seule et même histoire.
Pour la comprendre il faut utiliser la symbolique et les différentes grilles interprétatives. À travers l'étude quotidienne de la structure que montrent les rêves se dessine la progression de la psyché ;
les différentes étapes franchies suivant le fil d'Ariane nocturne.
Le mouvement de guérison d'un problème de santé, la transformation d'un défaut en qualité, le phénomène de rénovation intérieure peuvent ainsi être cernés.
Au mot Rêve, dans la plupart des dictionnaires on peut lire : "Ensemble d'images souvent incohérentes qui se présentent à l'esprit durant le sommeil".
Ce n'est pas exact : le rêve est d'une grande cohérence pour qui sait en lire les secrets.
 
Rêves et Symboles :
  
            Un symbole a toujours plusieurs significations ; pour faire un choix il faut relier le rêve à son contexte.
L'analyste doit avoir une grande pratique de l'interprétation pour repérer le sens archétypal d'un symbole, c'est-à-dire le sens qui selon le contexte du rêve revient assez souvent.
Mais c'est surtout par le rêveur lui-même et grâce à ses associations libres (les rapports qu'il effectue entre son rêve et son vécu diurne) que l'éclaircissement sur la signification des symboles d'un rêve pourra se faire.
           
En ce qui concerne la multiplicité interprétative voici quelques approches possibles :
                        - Interprétation par rapport au vécu de la veille.
                        - La santé.
                        - La vie sexuelle et les rapports de couple.
                        - Le métier, les activités, les violons d'Ingres.
                        - L'interrogation sur la vie et la mort.
                        - La direction des désirs, régression ou transformation.
                        - Les rapports avec les parents dans l'enfance.
                        - Les rapports entre l'enfant et la mère pendant la gestation.
                        - Les rêves se rapportant à une vie passée (théorie de la réincarnation).
                        - Les aspects prémonitoires ou divinatoires.
                        - Etc… 



lundi 15 janvier 2018

Evénements transformateurs

Lundi 15 janvier 2018
 


Le symbole, le grand rêve archétypique possède la fonction majeure 
d’être vecteur et transformateur d’énergie mentale. 

C’est au symbole qu’incombe la tâche centrale de révéler tels dynamismes, 
telles masses énergétiques qui sommeillent dans l’inconscient de l'être.

Elles jaillissent à chaque époque en un langage renouvelé
C’est l’interprétation du symbole qui permet au moi et au conscient 
d’acquérir quelque compréhension de ce qui se trame 
et se fomente inconsciemment au fond de l’homme et des hommes. 

Mais tant qu’un tel événement numineux 
(sous forme de rêves, d’imagination active) 
n’est pas intégré au conscient
il ne constitue encore qu’une modification potentielle.
.
C.G.Jung




Un mythe moderne

Dimanche 14 janvier 2018

C.G. Jung, quelques années avant sa mort,
s'est très fortement intéressé
au phénomène extra-terrestre
et, en 1958, il a publié "Un mythe moderne",
livre entièrement consacré au "mythe" des OVNI.




Jung :
"Cette rumeur, ces bruits et le problème de l'existence physique éventuelle
des objets volants qu'ils évoquent me paraissent tellement importants
que je crois de mon devoir de lancer un cri d'alarme,
comme je le fis à l'époque où se préparaient des événements
qui devaient frapper l'Europe au plus profond d'elle-même".
Il fait allusion ici à la seconde guerre mondiale
      (voir le chapitre Wotan publié en 1936,
Aspects du monde contemporain).

Il ajoute : "l'humanité doit s'attendre à des événements d'où sortira la fin d'un éon,
 la fin d'une ère, la fin d'une grande époque du monde."
Ce livre nous donne des indications précieuses sur le sens de ces événements
 qui sont aujourd'hui d'une première actualité.
Lorsque C. G. Jung s’attaque à la problématique des extra-terrestres,
plus personne n’ose sourire.
L’érudition et l’extrême finesse de raisonnement de ce grand homme
vont enfin mettre un terme aux deux attitudes radicalement opposées
qui s’attachent d’une part à nier, d’autre part à accepter totalement
 la réalité du phénomène.
A la limite, le problème est le même que celui de savoir
 si Dieu existe ou non (à une différence d’échelle près). 





« C'est ainsi que ce créa un situation dans laquelle‭ – ‬avec la meilleure volonté du monde‭ – ‬on ignorait si l'on avait affaire à une perception primaire suivie de phantasmes ou si,‭ ‬à l'inverse,‭ ‬il s'agissait de fantaisies inconscientes primaires qui,‭ ‬en gestation dans l'inconscient,‭ ‬assaillaient le conscient,‭ ‬l'inondant d'illusions et de visions.‭ »‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬



« Quoi qu'il en soit,‭ ‬une chose est sûre‭ ‬:‭ ‬un mythe vivant‭ ‬s'est constitué.‭ ‬Nous avons ici l'occasion de voir naître sous nos yeux une légende et d'observer comment,‭ ‬dans une époque difficile et sombre de l'humanité,‭ ‬se crée une histoire miraculeuse,‭ ‬celle d'un essai d'intervention‭ – ‬ou du moins de rapprochement‭ – ‬de puissances extra-terrestres,‭ ‬de puissances‭ «‬ célestes ‭» ; ‬et cela à un moment où l'imagination humaine se met à envisager on ne peut plus sérieusement la possibilité de voyages interplanétaires,‭ ‬la visite ou même l'invasion d'autres astres. »‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬
« La situation mondiale actuelle est on ne peut mieux faite pour susciter l'attente et l'espérance d'un événement supra-terrestre qui dénouerait les conflits latents.‭ ‬Si une telle attente n'ose pas trop visiblement montrer le bout de l'oreille,‭ ‬c'est pour la bonne raison que personne n'est plus assez imprégné de la philosophie des siècles passés pour qu'une intervention du ciel apparaisse comme un recours allant de soi. »‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬

Rêves de ce blog
évoquant des OVNI ou des extra-terrestres :
.

vendredi 12 janvier 2018

Rêve 56 : Visiteurs venus d'ailleurs

 
Vendredi 12 janvier 2018
 
La nuit je rêve beaucoup, des rêves qui n'ont parfois ni queue ni tête, d'autres qui doivent avoir certainement une signification......Dommage je n'y connais rien en matière d'interprétation des rêves. Certains me réveillent brutalement , d'autres s'effacent rapidement et  d'autres encore m'imprègnent profondément.
C'était le cas la nuit dernière. Vers une heure du matin je me suis réveillé en sursaut. Un rêve dont je me souviens dans les moindres détails m'a quelque peu interpellé.
 


Sur une place une foule était rassemblée 
et j'étais au milieu de celle-ci.
Une grande inquiétude régnait car on venait de nous annoncer
que des extra-terrestres allaient bientôt arriver.
Nul ne savait s'ils allaient venir en conquérants ou en amis.
Devant la foule se tenait un grand bâtiment dont les portes s'ouvrirent.
 
Un être habillé tout en gris avec un foulard
lui cachait le bas du visage
s'avança vers nous : 
 
" Ne craignez rien nous sommes pacifistes
 et nous venons d'une autre planète.
Des êtres comme moi vont circuler parmi vous
et vous pourrez leur poser toutes les questions que vous voulez. "
A cet instant une grande fumée s'éleva dans le ciel et l'être dit:
" N'ayez pas peur, c'est un petit événement pour célébrer notre arrivée".
 



Une grande cloche en or descendit du ciel, 
resta quelques secondes en lévitation 
avant de se poser sur le sol.
Elle brillait de mille feux !
Les êtres venus d'ailleurs se disséminèrent dans la foule.
L'un était près de moi.
- D'où venez vous ?
- D'une autre planète.
- Est ce qu'elle est loin de la terre?
- Je ne peux répondre à cette question. C'est un secret.
- Comment vivez vous ?
- A peu près comme vous dans des maisons.
Les grandes différences, ce sont nos comportements,
notre manière d'être, nos relations sociales.
 
A  cet instant je me suis réveillé en sursaut
avec la sensation d'être complètement imprégné par ce rêve étrange
comme si je venais réellement de vivre cette situation.
 
Ah si seulement je savais interpréter les rêves !!!
.
Rêve reçu le 18 novembre 2017
.




mardi 9 janvier 2018

La symbolique du masque

 Mardi 9 janvier 2018
 
"Persona" en latin signifie masque, nous en avons gardé le mot "personne" pour dire soit qu'il n'y pas de gens, soit désigner un individu de sexe indifférencié.
 

 
Le masque, l'objet, cache ou révèle.
Il a été très tôt utilisé dans le cadre de rituels ou de fêtes.
 
Trois sortes de masques se distinguent:
le masque de théâtre en adéquation au caractère du personnage;
 le masque carnavalesque qui donne une caricature drolatique ou effrayante
 des hommes, des dieux ou des démons;
le masque funéraire pour statufier le mort dans ses plus belles heures de vie
et favoriser sa réintégration dans l'au-delà. 

 


Les danses du masque, que l'on peut voir ici ou là, lors de spectacles de danses africaines traditionnelles, sont normalement censurées dans le pays d'origine car elles sont réservées à des cérémonies très particulières: hommage à un défunt, une fête spécifique dans un village pour le libérer de cataclysmes,… Les danseurs dignes de ce nom savent que "sortir" le masque, c'est prendre des risques, pour eux, et pour les participants passifs, les spectateurs.

Le masque n'est jamais neutre, il a le pouvoir de cristalliser le négatif, du passé, du présent, et du futur, pour le renvoyer au loin, tout en aspirant les énergies positives au profit de ceux qui ont fait appel à lui.
L'utiliser, malgré les interdits traditionnels ou porté par un non-initié, prédispose le danseur à affronter de graves difficultés dans sa vie personnelle, maladie, revers de fortune, décès,… car n'ayant pas la maîtrise des puissances contradictoires contenues dans le masque, il endosse de lourdes responsabilités.
 Pareillement pour le spectateur, victime de l'inconscience du danseur pseudo-initié, il peut être imprégné à son insu de ces énergies bouleversantes et connaître de puissants chamboulements de vie, sans comprendre ce qui lui arrive.

Si le masque extériorise un trait de caractère attribué à homme, un dieu, un démon ou même un animal, il se charge de fait d'énergies spirituelles puissantes. Il est donc essentiel que celui qui le porte ait acquis un haut degré dans la connaissance ésotérique ou initiatique et qu'il soit maître de ces énergies.

Le masque a la double faculté de cacher, de neutraliser les traits, la nature profonde de celui qui le porte, et d'exposer les tendances archétypales des êtres de puissance supérieure. Qui dit archétype dit grossissement, pour que l'inconscient humain soit bien imprégné de la leçon qu'il doit retenir. C'est pourquoi on reconnaît volontiers une force surnaturelle au masque, une vie énergétique, bénéfique ou maléfique.



 Dans les confréries occidentales ou sociétés initiatiques, parvenus au 3e degré du parcours initiatique, les membres portent un masque, plus exactement un loup. L'objectif est, ceci dit en simplifiant, à la fois pour annuler les expressions du visage qui trahissent toujours la pensée et favoriser la concentration intérieure, favoriser le travail de différenciation de ses pensées-émotions, préjugés-instincts.

Enfin, dans un autre registre, le voleur, celui qui fait peur, qui rôde autour des maisons ou des banques pour mieux les vider, incognito, est toujours masqué.
Cette autre utilisation du masque renvoie à son interprétation générale, le mensonge et la peur. La peur de l'invisible, de l'inconnu, des instincts, des passions, des forces et des puissances non contrôlables par la raison, peur des démons intérieurs, … et peur de la vérité.


En songe, la caricature reconnue dans le masque est évidemment très importante. Le masque d'un homme politique, le masque de Cendrillon, orientent l'interprétation dans un sens assez différent que celui de la sorcière.
L'absence de netteté des traits du visage, un personnage masqué par une cagoule ou un bas :
On cache soit quelque chose, soit quelqu'un. Craint-on que l'on découvre quelque chose sur soi ou que l'on a commis ?

        Par extrapolation, cacher dénonce la crainte du regard d'autrui, du jugement.

 Reste à étudier les circonstances où les masques sont apparus: spectacle, carnaval, rituels, bal masqué, …




Voir un masque : Attention ! Mise en garde sur des manipulations possibles et certaines. Piège et traquenards. Les apparences, mêmes joyeuses, peuvent être trompeuses... On a à faire la part des choses entre l'Être et le Paraître.

Un masque sur un Autre : Qui se cache derrière le masque ? La suggestion sur la distinction entre Être et Paraître est plus claire et plus forte que précédemment On doit se tenir sur ses gardes, rester sur la défensive et éviter toute confidence. Quand on a pensé à quelqu'un de précis, on peut pousser investigations de son côté. 


        Comme dans le cas de la marionnette, le masque sur un Autre montre que l'on croit en la bonne foi d'autrui alors qu'il n'y a que supercherie.

Porter soi-même un masque : Bon signe qui dit que l'on sait s'adapter à tous les milieux mais avec un gros risque de fatigue générale. A force de jouer, de ruser, on va se lasser et s'épuiser. Est-ce la goutte d'eau qui va faire déborder le vase?




        Dans un autre genre, le masque sur soi peut exprimer son besoin irrépressible de se montrer tel que l'on est et de se faire accepter. On en finit avec la représentation pour plaire aux autres.

Masque de carnaval :  Utilisé dans la période de grâce où les hommes peuvent se prendre pour des dieux et donner libre cours à leurs penchants, leurs instincts ou leurs enthousiasmes, il évoque la fête. Oui, mais la vigilance est de rigueur, car il est néfaste pour les affaires, les paroles données, les choses sérieuses de la vie.

Masque funéraire : Peut-être un indice sur un trait essentiel de caractère que l'on souhaite avoir ou que l'on souhaite  montrer pour mieux se faire comprendre des autres. Ou bien, peut-être un indice sur un trait de sa personnalité qui est gênant pour son évolution et qui va disparaître. A recadrer avec l'ensemble.

  Un bal masqué, costumé : On entre dans une phase de faux semblants, de tromperies, surtout amicales et sentimentales.

        Quand un personnage s'est nettement démarqué : On s'appuie sur les autres détails du scénario pour affiner l'interprétation. Qui se cache derrière le masque? Quel masque a-t-il choisi? Quelles sont ses intentions? Quel rôle joue-t-il?… Quelles sont les couleurs dominantes ?…
 


Un loup"L'homme deviendra un loup pour l'homme"… Est-ce pour cette raison que les sociétés initiatiques occidentales ont choisi de porter le loup au cours de leurs cérémonies? Possible mais c'est une raison parmi d'autres. Dans ce contexte, le loup rappelle que l'homme, parvenu au stade de son évolution la plus élaborée, ou jugée comme telle, c'est-à-dire en pleine possession de ses facultés raisonnantes, et en ayant développé autant son intellect que ses valeurs morales et aimantes et qui font de lui un être pensant et civilisé, peut se laisser dominer par ses instincts archaïques et se retrouver en proie à des pulsions viscérales occultées et oubliées, en une fraction de seconde.

Le masque appelé loup demande de se défier de ses réactions pulsionnelles et primitives, de se défier de son appréciation courante de son propre comportement. Des relents de sauvagerie peuvent nous trahir, quand on le porte.

L'apparence du sage, l'apparence de celui qui sait, l'apparence de la maîtrise et du contrôle, risque d'éclater, d'exploser ou d'imploser, pour laisser place à des pulsions débridées et des réactions pour le moins étonnantes.  

 Ce masque revêt aussi une signification plus anodine et veut simplement dire "méfiance, réfléchis, ne t'engage pas trop rapidement". Il peut également encourager à un travail d'intériorité quand on a tendance à ressasser des ressentiments ou des haines anciennes. 
 
 


 
Un Autre qui se cache derrière un masque : Trahisons, vols, escroqueries, tourments, duplicité dans le comportement, les actes et les paroles. Il est préférable de se préparer à anticiper des événements désagréables et se garder des faux-semblants.

C'est aussi l'occasion de travailler sur ce que l'on veut montrer aux autres de soi au regard de ce que l'on montre aujourd'hui.
 
 

 

Le masque, qui est un visage artificiel, est présent dans l’histoire des hommes depuis la préhistoire. Son usage a été et est toujours universel.


Pourquoi ?

Certaines situations empêchent l’homme de s’exprimer pleinement et complètement dans un langage direct. Le masque peut alors les aider.
 On peut dès lors considérer le masque comme un objet intermédiaire entre soi et le monde.

Le masque a servi dans différentes cultures à adorer les dieux, à guérir, à initier, à sauvegarder l’autorité et les coutumes, mais aussi à échapper à cette autorité.

On le retrouve dans la mythologie, le théâtre, les contes. Ils expriment bon nombre d’émotions l’amour, la peur, la mort, la colère, la joie, la folie…

Placé entre soi et le monde, le masque a une nature double, puisqu’il est tourné vers l’intérieur et l’extérieur en même temps. Il déguise, cache, recouvre, protège, ment, libère, illusionne, transforme, effraye, déconcerte, révèle …

Mais le masque peut aussi être identifié aux personnages et rôles que nous incarnons, avec lesquels nous entrons dans le monde réel et ces rôles servent à nous identifier.
Ex : l’épouse, l’artiste, le fils, le médecin, le professeur, le politicien …

Ces « masques » se dressent entre notre subjectivité et la communauté, l’autorité collective a une influence considérable sur eux.

Dans certains domaines, on peut parler de « mascarade » (ex : le monde des stars) de ce qui est montré et/ou caché, de ce qui est soumis à la pression sociale et aux conformismes.
Se conformer complètement à ce type de masque peut entraîner la perte de l’individuation, une sorte d’aliénation.
Mais d’un autre côté, l’absence complète de ce type de masque à incarner peut provoquer une extrême fragilité et des problèmes dans le développement psychologique des individus.


.
 

 
Le masque est la face divine telle que la voit l'imaginaire. Son usage remonte au paléolithique et ne s'est pas essoufflé.
Quintessence, à sa manière, de l'expression psychologique, le masque a la charge de représenter les "drames de la vie" humaine dans toute leur multiplicité, et plus singulièrement la quête fascinante et ambiguë, parfois révélatrice, souvent semée d'embûches, vers le "Soi" véritable - caché derrière les images familières que nous lui assignons.
 
A mesure qu'il plonge dans ses ténèbres, celui qui le porte devient l'archétype évoqué par le masque : ces représentations archétypales immuables viennent alors irriguer le présent du sujet et tenir lieu de modèles à son existence sociale et psychologique.
 
(...)
 
Il y a également quelque chose d'angoissant à être identifié avec la "persona" de nos rôles tribaux" contemporains - les masques à travers lesquels nous entrons et vivons dans le monde réel, en tant qu'"épouse", "médecin", "artiste" ou "mère".
 
Ces masques se dressent aussi entre la subjectivité et la communauté : l'autorité collective a sur eux une indéniable influence. Dans le même temps, ils reflètent la tendance sous-jacente (et archétypale) à l'adaptation et au jeu collectif, par l'incarnation des "dieux".
 
Le réaliser, autrement dit prendre conscience des masques et des identifications dont on s'est affublé, de la vivante "mascarade", de ce qui est caché et de ce qui est dévoilé, de ce qui est soumis à la pression excessive de la conformité et de ce qui émerge avec authenticité, fait partie du travail d'individuation.
.
 
"Le livre des symboles"
Réflexions sur des images archétypales
.

 
 
 

lundi 8 janvier 2018

Etapes du processus d'individuation

Lundi 8 janvier 2018


Devenir un individu libre et relié selon Jung


"L'individuation est le processus psychologique qui fait d'un être humain
un individu, une personnalité unique, indivisible, un homme total"

C. G. Jung  
 
 
 
1. La phase d’accommodation.
Elle correspond à l’enfance et aux premiers temps de notre vie d’adulte,
lorsque nous apprenons à obtenir une sécurité affective
 en réglant nos comportements en fonction de ce qui est attendu de nous.
Cette tendance nous conduit à adopter un personnage
qui ne reflète pas la totalité de notre être.
 
2. La prise de conscience.
Avec l’âge, ce personnage commence à nous étouffer.
Nous avons le sentiment de nous être perdus en route,
parfois d’avoir été bernés, ou encore d’être un imposteur.
Ce que Carl Gustav Jung appelle notre « ombre »
– ce qui sommeille en nous et que nous n’avons pas encore choisi d’être –
se rappelle par vagues de nostalgie. 
 
3. Le face-à-face.
C’est le temps du doute.
Nous commençons à réévaluer les fondements de notre existence,
jusqu’à remettre tout en question.
Nous vivons une tristesse qui s’apparente à un deuil :
nous croyons pleurer notre jeunesse,
nous pleurons le personnage que nous avons été.
 Celui-ci se fissure et laisse émerger le refoulé,
dans ses aspects positifs et négatifs.
La colère, les dérapages sont au rendez-vous.
 
4. Le début de l’intégration.
L’incertitude et la confusion perdent du terrain.
Les ajustements progressifs vont dans le sens d’une plus grande cohérence.
 La quête d’approbation a cédé le pas au désir de ne plus se trahir.
C’est le moment où nous pouvons choisir de réorganiser nos priorités,
trouver le moyen d’exprimer nos potentiels.
Ces transformations positives s’accompagnent de heurts relationnels.
 
5. L’individuation.
C’est, dans l’idéal, le moment où l’on devient un individu complet,
doté d’une meilleure connaissance de soi.
 Nous accueillons avec plus de souplesse nos qualités et nos défauts,
nos désirs contradictoires, nos conflits intérieurs.
Et accédons à l’intégrité : la capacité à nous voir tels que nous sommes
en tant qu’individus, mais aussi membres de la communauté humaine,
 reliés au vivant et à l’ensemble de l’univers.
 
.



 
 
 

vendredi 5 janvier 2018

La musique et le rêve

Vendredi 5 janvier 2018


Je pense que toute impulsion créatrice
d'un écrivain ou d'un artiste
vient de cet ancien pays de l'ombre
où naissent les rêves.

.
Anne Rivers Siddons
.

 
 
Toute une tradition occidentale, voyant avant tout dans la musique
l’expression du sentiment, en fait une parente
de l’irrationnel, de l’inconscient, du rêve.

Les philosophes, les poètes, les musiciens lui reconnaissent
 la possibilité de franchir le miroir,
de révéler un sens caché du monde...
.

  Elisabeth Giuliani

.



Rêves de ce blog
dans lesquels la musique joue un rôle :

Un rêve étrange et déroutant
Soleils
Le magicien créateur
Roc et rock
 
  

lundi 1 janvier 2018

Rêve 55 : Un rêve étrange et déroutant

 Lundi 1er janvier 2018
 
 
Tout commence, là où tout se termine habituellement. Le dernier morceau de l'un de mes concerts.

Un concert dans un café sordide. L'absence de réactions du public me rend fou. Je m'interromps, je crie, rien, le temps semble long. Tout se déroule pourtant en quelques secondes. Seul au milieu des gens. Mes doigts se crispent sur ma guitare que j'abandonne dans un coin de la scène. L'organisateur du concert se dirige vers moi. Il est embarrassé. L'expression de son visage me confirme que cela ne s'est pas bien déroulé. Il aurait pu se passer quelque chose, il aurait dû se passer quelque chose, mais il ne s'est rien passé. C'est comme ça, ça arrive. Quelle erreur d'avoir voulu parler au public, me glisse l'organisateur. Il est très attendri finalement. Lui non plus ne comprend pas. Ses narines frémissent. Il faut recommencer le concert, m'annonce-t-il. Incrédule, je pense avoir mal compris, mais non, il va falloir remonter sur scène. Ailleurs. Une larme coule sur ma joue gauche. J'aimerais m'enfuir, m'extirper de ce rêve, mais rien n'y fait.

Nouvel endroit, nouvelle scène, le même concert. Dans un château cette fois. Le cadre et le public sont différents.

J'ai droit à des applaudissements cette fois, mais tout cela reste très poli, discret, étriqué. L'organisateur s'approche de moi. Encore. Cette fois, j'ai peur. Je sens qu'il va se passer quelque chose. La bouche de l'organisateur s'ouvre, mais aucun son n'en sort. Un immense larsen de guitare emplit l'air. L'organisateur sursaute, si on peut appeler comme ça le mouvement grotesque qu'il fait. Je me retourne, attiré par ce bruit agressif, cherchant du regard l'origine de la source sonore. Comme toutes les personnes présentes ici, j'aimerais que ce son s'arrête, que l'ambiance redevienne agréable. Se détendre. Je veux demander à l'organisateur s'il a une idée d'où peut provenir ce son, mais il a disparu.

Le public aussi disparait. Et l'endroit change encore.
 
 


Une ville gigantesque sortie du futur et construite à la verticale m'engloutit.

C'est la nuit. J'observe ces petits points de lumière que sont les fenêtres de ces buildings qui s'étirent vers le ciel et se sont multipliés comme des champignons dans un bois humide. À perte de vue. Je pourrais perdre la raison à force de regarder ces petits points colorés devant moi et en bas. En bas ! Je distingue enfin le lieu qui m'a englobé. Je suis dans un de ces buildings du futur. Je panique. Je me moque bien de mes récents concerts manqués et de l'organisateur disparu. Tout est loin derrière, oublié. Seul compte maintenant l'endroit où je me trouve. J'ai peur. Pour l'instant, je suis face à un ascenseur.

Je suis face à cet ascenseur, dans cet immeuble au look futuriste. J’attends ce fichu ascenseur qui n’arrive pas. Mes yeux sont fixés sur le petit écran vert au-dessus des portes métalliques où devraient défiler les numéros rouges des étages, seulement voilà, rien ne se passe, l’ascenseur est bloqué au niveau 33. L’attente est latente, interminable.




Soudain, je sens une présence derrière moi. Je me retourne. Un homme grand et fort au visage paré d’un méchant rictus se rapproche. Ce n’est pas son regard trouble comme pour un crime qui m’interpelle, mais l’arme qu’il porte à sa ceinture. Immédiatement, je sens qu’il en a après moi. C’est moi qu’il vient chercher. Je m’enfuis dans un couloir. Il me poursuit. Je cours dans un dédale de couloirs sans fin et pense l’avoir semé, un temps. Je suis essoufflé. Je reprends ma respiration.

Là, au bout du couloir, un autre homme grand et fort. Il ressemble trait pour trait au type que je viens de semer, mais ce n’est pas lui. Son complice sans doute. Il n’a pas d’arme, lui, mais compte bien m’arrêter en usant de la force. Il saisit à mains nues un immense tuyau au-dessus de sa tête. Sans doute, une canalisation de chauffage. De l’eau bouillante et de la vapeur s’en échappent puis un craquement retentit au moment où le tube de cuivre est arraché. L’homme ne ressent rien. Aucun effort, aucune douleur. Il court vers moi avec son trophée canalisation et me le lance en plein visage. J’esquive de peu, mais je comprends qu’il est impossible de lutter. Déjà sa main se referme sur mon épaule et me repousse vers l’ascenseur.

Là, il retrouve son complice qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, à moins que ce ne soit l’inverse, et il le traite d’incapable. Comment a-t-il pu me laisser m’échapper alors qu’il est armé et moi pas ? Les deux hommes en viennent presque aux mains. J’hésite durant une fraction de seconde et pourtant je sens qu’il faut tenter quelque chose. Je sais que si l’ascenseur arrive à mon étage et que je suis contraint d’y rentrer, ce sera ma fin. C’est une certitude qui remplit mon être. Profitant de la discorde, j’emprunte le couloir de gauche et pousse la première porte qui se présente à moi.
 
 
 


La salle où ma fuite m’a mené est remplie de gens qui font la fête. Ils dansent, ils boivent, ils chantent dans une semi obscurité. Parmi les fêtards, je distingue des têtes familières. Des condisciples principalement. Je me mêle à eux, même si ceux-ci ne semblent pas me reconnaitre. À l’autre bout de la salle, là d’où je viens, la porte s’ouvre et les deux hommes à ma poursuite paraissent. Ils ont revêtu chacun un uniforme de policier. Que me veulent-ils ? J’ai peur qu’ils ne surprennent mon regard, me reconnaissent, et tout serait perdu ? Ce serait ma fin, très certainement. Je longe les murs et me dirige vers une seconde pièce que je n’avais pas remarquée d’abord, attenante à l’endroit où tout ce monde fait la fête. Cette deuxième salle est séparée de sa voisine par un lourd et épais rideau rouge. Je me prépare à écarter ce rideau et voir ce qu’il y a derrière, mais un pressentiment m’en empêche, me paralyse sur place. J’observe.
 

 

Un couple écarte le rideau et me permet de distinguer la scène suivante. Lorsque les deux amoureux passent dans l’autre salle, la deuxième salle entièrement plongée dans une obscurité malsaine, un flash de lumière rouge les éclaire brièvement. Eux qui étaient quelques instants auparavant si pleins de vie, tout sourire, perdent au contact de cette lumière toute joie et expression. Leur comportement change. Leurs regards se vident.
Ils rejoignent une trentaine d’autres personnes assises à terre, en tailleur, et ils se mettent, comme leurs nouveaux compagnons d’infortune, à réciter des prières. Face à eux, sur une scène, un personnage leur fait face et dirige leurs incantations, donne les ordres. Les prières durent un temps. Le gourou, on va l'appeler ainsi, qui s'agite face à tous ces gens priant assis par terre, s'immobilise. Il sort un objet de sa poche. Dans l'assemblée, les prières ont cessé. Tous les yeux scrutent cet objet que le gourou agite frénétiquement.
C'est un briquet. Un briquet en argent sur lequel est gravé un mot. Ce nom ne m'évoque rien. Je l'ai déjà oublié. Une flamme sort du briquet. Le gourou rapproche dangereusement la flamme de son visage.
"Les visages sont la révulsion et la révulsion, c'est le succès", crie-t-il. À cet instant précis, tous les disciples assis face à lui l'imitent, tendant un briquet enflammé vers leurs visages. Au même moment, tous les visages s'enflamment. Un volume de matière en fusion égal à celui de la chair des visages fuse et s'écoule, laissant paraitre les os du crâne d'une blancheur terne.
 
 
Je suis livide, comme fou, comme ayant perdu la raison. Je tremble. Je me perds dans mes pensées. Je me réfugie sous une table, mais la solution n’est que très provisoire. Quel choix me reste-t-il ? Si je passe le rideau, je subirai moi aussi un lavage de cerveau après avoir été exposé quelques secondes à ce flash de lumière rouge. Si je reste dans cette salle des fêtes, les deux policiers à mes trousses finiront par m’attraper. Je me demande si tout est vraiment perdu ?
Pour l'instant, je suis sous cette table, dans cette salle où l'on fait la fête, et dans cette salle, on s'agite, on danse comme si rien n'avait d'importance, comme si ce monde, le monde de la salle voisine, n'existait pas. J'attends. C'est la fin. J'imagine déjà le désespoir de ma petite-amie.

Perdu dans mes pensées, les doigts crispés, je me demande combien de temps encore il me faudra attendre ici, caché, sous cette table. Soudain, une main tenant un pistolet fait son apparition à quelques centimètres de mon visage. C'est un choc. Mes yeux regardent l'arme puis remontent vers le bras et le visage de l'homme qui m'a repéré. Je reconnais son méchant rictus, celui que j'ai aperçu il y a quelques minutes, devant ce fichu ascenseur bloqué à l'étage 33.
L'arme glaciale ressemble à un micro tenu ainsi si près de ma bouche. Je panique. Je me moque bien de l'indiscrétion que pourrait provoquer l'arme à feu si elle était devenue un micro, capturant ma peur et mon angoisse. Prouvant au monde que je ne suis qu'un froussard caché sous une table, incapable d'exorciser un tel souvenir pour les années à venir. Le rictus de l'homme devient rire, cynique, encore plus froid que son arme.

- Je refuse de gaspiller une balle pour toi, sa bouche articule.


D'un geste, il m'ordonne de sortir de ma cachette. Il me tend un curieux masque en bois dont les yeux sont recouverts d'un épais voile noir. Alors que je glisse les élastiques derrière mes oreilles et recouvre mon visage du masque, je vois que l'homme au rictus possède l'exacte réplique de mon masque et fait de même. Il presse le canon de l'arme dans mon dos et me pousse vers le rideau, non sans avoir pris le temps de me glisser : - Ne regarde jamais vers la lumière rouge.

Nous traversons la pièce, protégés par nos masques. Alors que nous allons quitter cette pièce et que mes pas m'entrainent vers un destin probablement funeste, je remarque un trou dans le sol, comme un rectangle permettant le passage d'un homme, que l'on dirait découpé dans le plancher. Tout se déroule en quelques secondes. Je décide de tenter ma chance. J'arrache mon masque et saute dans le vide.
 
J'entends la déflagration. L'homme au rictus a pressé la détente, mais la balle me manque et finit sa course dans un mur. Je tombe. À moitié inconscient, je pense à me recroqueviller. Peut-être qu'ainsi je ne me casserai aucun membre ? Je tombe à la vitesse d'une pierre précipitée d'un pont dans le lac glacé de la nuit. Je n'ai aucune chance de m'en sortir. Cela ne s'est jamais vu.

On ne sait par quelle grâce, par quel hasard, tout à coup, je suis assis dans mon lit. Encore fou de peur, je saisis une bouteille d'eau posée à terre, à côté de mon lit. Mes mains, encore tremblantes, dévissent le bouchon. L'eau apaise le feu de ma bouche. Tout est terminé. Ce n'était qu'un cauchemar. Je vais pouvoir me rendormir et terminer ma nuit dans le calme et la tranquillité.
Je repose la bouteille d'eau, toujours assis dans mon lit. J'ai très froid. Je distingue sur les couvertures quelque chose qui n'y était pas quelques instants auparavant. Ma main s'avance, telle une tête chercheuse voulant en savoir plus. C'est du givre. Je lève les yeux. Il neige. Rapidement, mes draps, mon visage, mon corps, sont recouverts d'un manteau blanc. Je me résigne. Je me couche dans la neige. Le lit a disparu.
 
 

J'ai maintenant l'impression de voler, comme somnambule, tout à coup. J'ai pourtant cru que j'étais réveillé. J'ai envie de crier, regardant vers le ciel puis vers le sol. Je survole une ville recouverte de neige, des montagnes de glace.
Ce noir et blanc m'évoque la scène de l'enfant qui joue avec sa luge dans Citizen Kane.

 



Je distingue l'enseigne brisée d'un magasin qui annonce TABINS ou TAWILS. Qu'est-ce que ce mot peut vouloir dire ? Je sais que maintenant, dans ce rêve, il a un sens, dans cette réalité seulement.
 
 Mon vol se termine face à une maison en bois dans laquelle j'entre. L'homme au rictus est là, mais son visage est devenu amical. Nous discutons.
- Qu'allons nous manger, me dit-il, il n'y a presque plus de pain. Cela dure depuis des mois et il n'y a plus de réserves.

Je meurs à petit feu. Je m'éloigne. Tout s'éloigne.

J'ouvre les yeux. Une sonnerie. Il est 7 heures. Mon réveil. Je dois aller en cours.
.
 
Rêve reçu par Will Z
le 13 décembre 1999
 
 
Le rêveur, qui m'a envoyé ce texte, est musicien professionnel.
Il a travaillé sur ce grand rêve, un rêve qui l'a profondément marqué,
et il l'a mis en paroles et en musique. Le résultat est remarquable.
Vous pouvez aller l'écouter ICI
  
Ce morceau fait partie de l'album
"The Woman Who Took a Flying Leap Over The Fence"